Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

lundi 29 juin 2009

Jopitoutou


Jopitoutou...

Le nom Jopi vient d'une marque d'oursons de qualité fabriqués dans les années 20. J'en possède un, légué par ma grand-mère, et je trouvais que le petit poussinot dans la vitrine lui ressemblait. Çà allait de soi. Il avait déjà son nom. Une petit coup de coeur. Jopitoutou avec son petit poil doré qui brille au soleil et son mowak sur la tête, Jopi l'unique... Il est parti tout doucement lui aussi, dans mes mains chaudes, et collé contre mon coeur...

Au revoir mon p'tit blondinet...

jeudi 25 juin 2009

Au revoir...

Je vivais avec mon conjoint de l'époque, Coco. C'est lui d'ailleurs qui m'avait annoncé la mort de Lennon, en rentrant à la maison. J'étais tout simplement effondrée de chagrin.

Il n'y avait pas d'ordinateurs à l'époque, ni guichets automatiques. Puis, les cassettes vidéos sont arrivées. On avait le choix entre le BETA et le VHS. On a choisi la qualité du BETA. Bip... Erreur. le VHS a pris le marché... Par la suite, ce fut le début des vidéos-clips. J'étais déjà adulte mais, j'avoue que j'appréciais. C'était vivant, rafraîchissant.

Je garde en mémoire cette semaine où nous attendions, fébriles et impatients, le nouveau vidéo-clip de Michael Jackson... Thriller... C'était d'autant plus captivant qu'il y avait des rumeurs à l'effet que ce clip durait très très longtemps et qu'il était vraiment spécial. Tellement spécial que les chaînes de télévision nous avertissaient à l'avance de la date et l'heure à laquelle le fameux vidéo allait être présenté pour la première fois à l'Amérique toute entière! Quand le moment fut venu, nous étions installés bien confortablement, et, bien honnêtement, il n'aurait pas fallu que personne vienne troubler notre attention!

Quelle performance, c'était génial... Encore cet hiver, j'ai insisté pour que Fafouin regarde ce clip. Il en était tout simplement sidéré. Aujourd'hui, j'étais assise simplement dans la balançoire quand...

J'ai toujours ressenti cet attachement spécial qui me lie aux gens qui sont nés la même année que moi. Çà me fait l'effet d'un jumeau ou d'une jumelle, d'un frère ou d'une soeur. 1958-2009. Tiens, terminé, fini... La dégradation physique et mentale, d'années en années, de ce talentueux chanteur et danseur me rendaient profondément triste. Quel homme en mal de vivre. Mais quel grand talent...L'argent ne pansera jamais les plaies du coeur...

Michael Jackson
Au revoir..
...

mercredi 24 juin 2009

Notre St-Jean



En cette journée de la St-Jean-Baptiste
Force est de constater
Qu'une grande majorité d'entre nous
Avons encore et encore oublié
Qui nous sommes.

Comme dit la chanson

"On y parle encore la langue de chez nous"

Peut-être... et pour combien de temps encore?

"Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs"

Alors, ici je viens chanter ma peine
Et mes espoirs aussi

PEINE

Ma peine de constater
Que le peuple québécois
De souche
Et de langue française,
Soyons francs
Ne jouons pas avec les mots,
S'est encore noyé dans la foule
Comme un pauvre idiot sans visage
Et se perd et se perd...

Ma peine de constater
Qu'on est si accommodant, si gentil
Au péril de perdre notre propre identité culturelle
Tellement on manque de colonne et de respect
Envers nos propres racines et traditions.

ESPOIR

Espoir qu'on se rappelle toujours d'eux
Braves et courageux
Et de ce qu'ils ont souffert
Afin de nous permettre à nous
D'être encore là
Ici et maintenant
Parce que sans eux
Nous serions déjà un peuple éteint

ESPOIR

Aurons-nous enfin notre fête
Notre vraie fête à nous un jour
Et... notre pays?

Et que ceux et celles
Qui viendront se joindre à nous
Pour venir fêter NOTRE langue et NOTRE culture
Soient les bienvenus!

Nanoulaterre

La chasse- galerie

..........


La langue de chez nous
(extraits)


"Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre des trésors de richesse infinie
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

Et de l'Île d'Orléans jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie"


Yves Duteil

mardi 23 juin 2009

Les petits culs secs


C'était il y a un peu plus de vingt ans, quelque part dans un recoin du bas St-Laurent, Le Bic, dans une salle paroissiale très reculée, je ne me rappelle plus laquelle, fouille-moi, en plein champs, la rencontre des familles XYZ. De là s'étaient rassemblées environ 300 convives, remplies de bonne volonté mais manquant un petit peu d'initiative, ma personne ne faisant pas exception. Nul ou presque ne se connaissait. Beau rassemblement en perspective. En fait, tout le monde était un peu coincé sur sa chaise. On ne savait trop quoi dire, ni comment donner un petit brin d'étincelle à l'athmosphère déjà alourdie par la gêne. Maudite gêne tient! Parler du beau temps, hein...Et après? C'était, franchement emmerdant et timidement repliant sous la chaise.... Secrètement, on se demandait comment allait se passer la soirée. On avait tous l'air de beaux beignets attendant qu'une âme charitable et intelligente sorte du placard une petite idée brillante...C'est là que les petits culs secs sont arrivés... Puis un, puis deux puis 3 petits culs secs! Faut dire que les organisateurs étaient très très généreux. Encore un petit peu de Caribou? Allez, çà fait du bien! Ils nous l'offraient avec un si beau sourire... Bien oui, encore un s.v.p... Ai-je besoin de vous signaler que l'atmosphère était passablement détendue au bout de 45 minutes? C'était l'euphorie totale. Les mots, éclats de rires, poignées de mains et becs s'entremêlaient, résonnant dans une harmonie parfaite de convivialité sans précédent! À un moment donné, fallait faire descendre tout çà et bouger un peu. Je peux vous dire que le petit timide, s'il en restait un sous la table, bien "y était pu là, tu penses bin" et à la limite, en train de danser sur la table voisine desservie! C'est là que les violoneux se sont mis de la partie pour nous faire danser dans un rythme que même le diable n'aurait pas pu suivre. Au petit matin, le diable n'y était pas mais le réveil oui, et assez brutal merci... Disons que j'ai regretté un petit brin l'abus des petites "gorgettes" de caribou mais bon... Je dis bien un petit brin, car le souvenir de cette mémorable soirée, j'en aurai de rappels heureux comme c'est pas possible...

Qui dit qu'il ne se passe jamais rien dans les vieilles salles paroissiales reculées et abandonnées au beau milieu des champs...

Ce souvenir enfoui me fut inspiré par une remarque d'une lectrice assidue...
Pur Bonheur, ce texte t'est dédié, merci...





dimanche 21 juin 2009

La grange

C'était l'été dernier. Je reviens tranquillement de je ne sais où quand, tout bonnement, je décide de quitter l'autoroute pour longer la rivière jusque chez moi. J'avais envie de liberté mais surtout, le besoin vital de prendre mon temps, tout mon temps. Ce petit coin, beaucoup plus à l'ouest, m'était inconnu. Alors, je ferme les valves de mon cerveau qui pense toujours trop pour simplement admirer, savourer et goûter le paysage qui s'offre à moi. Le fait de décider là, d'une trajectoire précise, en étirant le temps, me fait ce petit velours, l'effet d'un contrôle absolu sur ma vie. J'adore...
Tiens, qu'est ce que c'est? Une pancarte toute mignonnette fabriquée maison m'indiquant une grange... Curieuse, mon regard se pose sur l'endroit en question. Une étable immensément grande, est-ce possible, et, c'est ouvert! Empressons-nous... Je me précipite donc, stimulée par mon appétissante curiosité.

En entrant, un petit vent de fraîcheur bien installé vient à bout de l'humidité accablante de la journée, et pourtant, aucune trace d'air climatisé. Trois immenses salles où s'entassent des milliers d'objets de toutes sortes. Je sens que je vais m'y reposer, ma vie vibre au ralenti, je m'apaise, le temps de découvrir et de réfléchir sur tous ses objets qui dorment, hors du temps avec chacun un passé, une histoire. Et puis le chant des oiseaux rempli de l'écho des boisés, venant de la petite porte toujours ouverte... Margaret tient cet endroit, elle y habite même...Une gentille britannique d'origine, au français impeccable dans son accent charmant. Elle me raconte l'histoire de la grange, depuis ses débuts. Puis, je repars avec quelques petites bricoles, le coeur tout rempli de ces beaux moments inattendus et tendres.

J'y vais maintenant régulièrement... Comment pourrais-je me passer de la gentillesse de Margaret et de son accueil toujours aussi chaleureux... Et dire que j'aurais pu ce jour-là continuer sur l'autoroute terne sans même jamais avoir eu vent de cet endroit unique... La vie a de ces petits mystères bienheureux quelques fois...

Ce billet est dédié à Lulu, au fils du temps
et à tous ceux qui aiment les vieilles granges...


mardi 16 juin 2009

Papa...

-Nanou?

-Papa...

Il m'a réveillé brusquement de mon sommeil. Sa voix murmurait mon nom. Dans son intonation, j'avais le sentiment profond qu'il voulait bien s'assurer que je l'entendais, que son système de communication fonctionnait.

-Papa, tu es là...

Je n'ai pas cherché à savoir le pourquoi du comment. Depuis 3 jours, je m'endormais avec le nounours de mon garçon sur mon coeur, rituel de protection oblige. Et là, pour la première fois en 4 ans, papa était là, tout près de moi, si près... Je suis restée comme çà, me laissant transporter par sa présence, rassurée d'avoir enfin la certitude qu'il continue d'exister quelque part, encore et encore...

En ce matin, je regarde sa photo, mes larmes n'ont plus de fin. J'étais convaincue que ce papa, tourmenté par la maladie mentale et si déroutant dans la vraie vie, ne pouvait m'offrir une sécurité bienveillante dans l'au-delà. Secrètement, je me refusais cette ouverture, convaincue qu'il en était incapable, que sa souffrance terrestre avait été bien assez grande. Je n'osais le lui demander. Je m'étais résignée, je me suis trompée... Parce qu'à présent je sais, c'est une certitude... Il ne m'a jamais quitté, jamais oublié, m'enveloppant discrètement de sa présence.

Il n'attendait que mon signal. Il a vu juste...





lundi 15 juin 2009

En parlant des enfants...

Voici un texte tiré d'un livre que j'aime beaucoup et que je relis souvent. Il me soutient lorsque mon univers intérieur ferme les portes du soleil et que mon inquiétude de maman m'habite trop souvent...

"Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit: "Parlez-nous des Enfants"

Et il dit :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
De l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous,
Ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour
Mais non point vos pensées
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
Mais pas leurs âmes
Car leurs âmes habitent la maison de demain
Que vous ne pouvez visiter
Pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux
Mais ne tentez pas de les faire comme vous
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,
Comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini
Et Il vous tend de Sa puissance
Pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole
Il aime l’arc qui est stable."

Khalil Gibran, Le prophète



samedi 13 juin 2009

Les cimetières


Les cimetières ne sont pas des endroits aux morts, mais un hymne à la vie des gens qui ont comptés, qui ont fait une différence dans notre existence et, il s'y cache des trésors...Des êtres qu'on a le devoir de ne jamais, jamais oublier... Certains d'entre eux ont fait de nous de meilleures personnes...

mardi 9 juin 2009

Des briques sur ma tête

Fafouin venait coucher à la maison Dimanche soir car je l'accompagnais en cour lundi matin. Il devait effectivement passer pour une offense commise l'an dernier. La semaine précédente, j'avais communiqué avec son avocate pour lui demander s'il existait, en cour de la jeunesse, des peines directement reliées au méfait et pouvant aider le jeune dans ses difficultés. Dans le cas de mon Fafouin, c'est sa consommation excessive de cannabis. Elle avait été très gentille. Oui, effectivement, on peut suggérer ou même imposer une peine qui insite le jeune à se questionner, à se prendre en mains pour ses problèmes de consommation. Encore faut-il qu'il admette et qu'il veuille bien s'en sortir...

Donc, Fafouin arrive vers 22 hres 30 Dimanche soir. Il entre dans sa chambre et s'empresse de me montrer le petit débardeur rose en dentelle de sa petite amie. Il me regarde puis le presse sur son coeur...

-Tu l'aimes ta Catou n'est-ce pas?

-Oui maman...

-Je pense que c'est ton premier vrai amour?

-Oui...

-J'aime te voir comme çà. Je te trouve bien tendre, je trouve que c'est une bien belle qualité.. Je suis heureuse pour toi.

Je m'approche et l'embrasse tendrement sur la tête puis je quitte la pièce.

Le lendemain matin, nous déjeunons et quittons la maison pour mon endroit préféré...le palais de justice...

C'est long, çà s'éternise. Entrés dans la salle d'audience nous en ressortons sans avoir passé, son avocate étant occupée à régler à l'extérieur de la salle une affaire urgente. L'audience reprend dans 30 minutes. Je suis en pleine forme, calme, sereine et disponible pour mon garçon. L'équilibre quoi. Il est déjà tard, je n' ai pas prévu et c'est presque l'heure du diner. La fringale me prend et je demande à mon garçon s'il a de l'argent sur lui pour manger.

-Mais oui maman, pas de problème.

Il vide alors ses poches devant moi et me montre plusieurs liasses de billets de 20 dollars. Çà y est, mon équilibre disparaît, je vais m'écrouler. Je ne vois plus rien. Lorsque la surprise fait place à un choc brutal, provoquant à coup sûr et, simultanément, déception, colère, inquiétude et peine profonde on doit réajuster le tir rapidement, momentanément, pas le choix. Je suis dans un lieu public, au milieu d'autres jeunes, parents et avocats. La douleur intérieure si intense provoque en moi l'envie d'un long crie strident et primale. Au dedans, çà hurle comme c'est pas possible. Le rayonnement de mon équilibre disparait de mes yeux, je le sens, Fafouin aussi...Ils parlent le langage de la tristesse et la boule au fond de ma gorge s'établit en permanence. Je me sens incapable de m'ajuster. Intérieurement, mon équilibre me quitte.

Je savais que cet argent ne venait pas de son travail. Il en devait à son père et c'est ce dernier qui gérait momentanément ses finances. Donc, il venait d'ailleurs...

-Cet argent ne vient pas de ton travail Fafouin...

-Non...

-Alors, d'où vient-il?

-Je me suis débrouillé...

Çà suffisait, c'était déjà trop. Il venait de s'acheter un cellulaire, recevait beaucoup d'appels extérieurs, des inconnus. Son père avait des doutes et...voilà, je savais qu'à cet instant même il venait de déraper mais cette fois-ci, un pas risqué, dangereux, mon grand garçon, mon bébé...

Il est allé fumer une cigarette, je suis descendue en bas prendre un café. Mes sentiments étaient confus. Tout se bousculait. J'avais envie de le planter là et de lui dire de se démerder avec ses problèmes, la colère parlait. J'avais aussi l'idée de le brasser et de lui dire de se réveiller. Je ne l'ai pas fait, ce n'était pas le moment Je me suis tue, entrant, zombie, dans la salle d'audience, accompagnée de mon fils, entendu la sentence. Allez, qu'on en finisse, mon seul souci étant de sortir d'ici au plus vite. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. L'extérieur, l'extérieur, prendre l'air, vite çà presse... J'enfilai d'un pas rapide, mon fils suivait, inquiet et penaud, je le sentais...


-Il semble que ce soit ton choix de vie...

-Non maman...

-Alors, t'as de sérieuses difficultés au niveau de ta consommation!

-Pas tant que çà....

-Pas tant que çà? D'accord. Alors, tu te fais pincer dernièrement dans une voiture, à voler son contenu, nous venons de sortir de la cour tout juste à l'instant pour un délit de l'an dernier et là, j'apprends que... T'as raison, t'as pas de problèmes. Que puis-je y faire de toute façon!!!

-Mais oui, Ok, j'en ai un problème!

Alors là je m'effondre, çà sort comme çà, sans que j'y pense....

-Tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière de toutes tes belles qualités. Tu es un jeune garçon fantastique, avec une force incroyable. J'étais et je suis encore tellement fière de constater que tu possèdes une détermination à toute épreuve. J'en parle souvent à ton père, en fait, je n'ai jamais cessé de lui en parler, de tes belles qualités, ta sensibilité, ta créativité et je me demande maintenant comment tu comptes utiliser tout çà!!! Mais qu'es-tu en train de faire de ta vie Fafouin!!! C'est dangereux, cet argent est sale! Et moi, je ne peux rien faire pour te convaincre d'arrêter tout çà!!! Ce que je veux pour toi, c'est le meilleur.!Je t'aime tellement! Je veux que tu sois libre, je te veux heureux...

J'avance, ralentis, m'arrête enfin, en lambeaux, les bras presqu'au sol, je m'effondrais. Et la peine sortait là, toute crue, comme çà. J'aurais été au beau milieu d'une foule et m'en serais carrément foutu. Alors, il s'est avancé, m'a pris dans ses bras et m'a dit: " Ne t'en fais pas maman, çà va aller." Il me serrait si fort, je le serrais... Nous étions enlacés, il sentait mon amour pour lui, je sentais le sien. Que dire de plus, un moment d'éternité.

Que le sentiment d'amour lorsqu'il n'y a que le fond de l'âme qui parle de tout son corps...




vendredi 5 juin 2009

Les petits bonheurs du matin

Hop Adèle! Partons à l'aventure, il fait si beau et pas un seul nuage à l'horizon. Magnifique!

Il faut dire que ma petite marche du matin, en plus de me faire un bien énorme, est doublement stimulée par cette petite table de bois que j'avais scrutée la veille, sur la rue voisine, et dont le proprio, de toute évidence, allait déposer au chemin ce matin...

Tiens, jetons en passant un petit coup d'oeil aux ordures, après tout, c'est vendredi... Rien d'intéressant à l'horizon.

Les gens s'assagissent?

J'aime mes espadrilles de marche. Elles me donnent ce je ne sais quoi, un petit coup d'énergie vers l'avant. C'est bien pour dire, c'est pas pour rien qu'on les a inventées.


Tiens, la maison d'Agathe... Je m'y arrête, difficile d'y résister. C'est un jardin de fleurs, de lierres, d'arbustes et de vivaces avec ce petit côté asiatique qui le rend si unique. Mais surtout, cet espace est entretenu avec tant d'amour et passion. Çà se sent, çà se voit...

Lorsque notre jardin intérieur est entretenu avec autant de soin, on y découvre des trésors insoupçonnés. Alors, le jardin revêt une couleur unique. Et tout ce qui se trouve dans le jardin produit, à son tour, un effet bienfaisant sur le jardin des autres....

Tiens, Agathe est là, comme toujours, avec son beau sourire. Je m'arrête un instant, le temps de lui dire à quel point son royaume a un effet magique et apaisant sur moi. Nous parlons fleurs, jardin, échange. Elle va m'apporter de la ciboulette à l'ail et des petites fleurs aussi... De mon côté, j'ai hâte de lui montrer mes fleurs préférées dont je ne connais pas le nom...

Je tourne le coin de la rue. À ma droite, les deux femmes chauffeurs d'autobus scolaires jasent un brin en attendant leur marmaille du secondaire. Chapeau, admiration pour ces gens-là...

Me voici maintenant tout près du but. C'est quelle maison déjà? Je me replonge dans l'image de la veille en fermant les yeux... La petite table était collée contre un mur de la maison, à côté de son compagnon, Bac à recyclage, dans une entrée qui se trouvait à droite de la maison. On devrait se retrouver...hum... Çà y est, j'y suis! Bon... partie, envolée, adieu petite table, trop tard pour moi. Pas grave, on continue, il fait tellement beau!

Dans son petit camion rouge et blanc, mon facteur préféré, avec son gigantesque sourire... M'envoie la main, me dit un mot gentil en passant près de moi... J'entends maintenant un gros jappement féroce, déçue de constater que ces grognements lui sont destinés, je me questionne... Çà ne doit pas être joli tous les jours pour lui....pas drôle d'être un facteur. Et pourtant, il demeure toujours souriant, gentil... y a des gens comme çà...

Je file vers un raccourci dans le stationnement du dépanneur. Une femme en voiture me sourit et me laisse passer. On continue... Deux couples assis sur leur balcon me regardent et sourient... Bon sens que les gens sont de bonne humeur aujourd'hui! Puis j'y pense, c'est pas pour toi ce sourire, c'est pour Adèle voyons! C'est fou comme les gens se réveillent de leur léthargie lorsqu'on promène un petit chien tout mignon et irrésistible. Zoothérapie tient. "Bonjour Adèle!" Tellement que la plupart ne connaissent même pas mon nom mais reconnaissent celui de ma petite chienne. Çà leur fait du bien, c'est çà l'important.

La vie est simple. Il suffit d'avoir un petit chien pour rendre les gens heureux...

Oh lala... Au loin, le gros chien noir méchant qui veut toujours dévorer le mien, en compagnie de son maître aux jambes arquées. Bon, j'éduque mon chien:" tranquille Adèle, c'est un ami." Ouin, quel ami... Comme c'est étrange, on dirait que le chien a perdu sa bedaine, il est tout svelte! Bien c'est pas le bon chien tient, allume... Et son maître a les jambes croches aussi... Bien coudont...

On y arrive presque, déjà la maison au loin. J'en profite pour tester ma petite bête, un camion approche...." Adèle, assis, pas bouger..." Elle s'exécute gentiment. Bon, au moins je sais qu'elle n'ira pas se précipiter devant une voiture et se faire écraser comme une crêpe si j'ai la brillance de l'interpeller comme çà...

De retour à la maison, vivifiée et remplie de belles images mais surtout, heureuse d'avoir le privilège de prendre mon temps, tout mon temps, le matin, avant d'aller tranquillement offrir mes connaissances à ceux qui voudront bien les recevoir, enfouie dans ma caverne d'Alibaba, mon royaume, comme je l'appelle. J'apprécie, mais j'apprécie...tellement...

Il faut prendre le risque d'aller vers son propre appel intérieur afin de goûter aux vrais petits bonheurs de la vie...