Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

samedi 28 août 2010

Et si on parlait de bonheur

Mon bonheur ne peut m'échapper bien bien longtemps, vous pensez bien.

De samedi dernier jusqu'à mardi, je ne m'appartenais plus. Mais qu'est-ce, 4 jours de lutte pour le bien-être de son jeune dans la vie d'une femme? Rien du tout. Je savais que, malgré l'épuisement que cela pouvait engendrer, je saurais passer au travers et me remettre sur pieds.
La décision, je l'ai prise lorsque j'ai vu, de mes yeux vu, l'endroit où mon fils a été retrouvé et arrêté le matin du 21 août dernier. On l'a retrouvé couché dans le bac de recyclage de vêtements de l'église de mon quartier, très amoché par l'alcool et la drogue, en compagnie d'un autre jeune avec lequel il n'avait pas le droit d'être. Il fut amené au poste de police puis, emprisonné.

Téléphone...

"Maman, ça va pas bien..."

"Qu'est-ce qui se passe Fafouin?"

"Je suis en prison..."

Après m'avoir expliqué ce qui est arrivé, qu'il était en bris de condition, je lui dis:

"Comment te sens-tu??"

"Très mal..."

"Et où es-tu présentement?"

"Dans une cellule."

" Et à quoi ça ressemble?"

" Il y a des barreaux, c'est une prison maman!"



Pourtant, hier matin, j'ai senti le bonheur et l'équilibre revenir avec les outardes, traversant d'une rive à l'autre au vent frais du matin . Il n'y a qu'ici, au bout de l'île, qu'on peut avoir le privilège de les admirer, volant si bas, nous effleurant presque, de leur crie rassurant emporté par le vent. Et les outardes, je les savoure depuis des années, jusqu'aux froids des fins d'automne où ils repartent vers le sud.

Il y a 5 ans, lorsque je revins à la maison avec l'urne de papa, que tout fut terminé, j'ai senti mon corps se faire lourd, suppliant le ciel de s'arrêter. Ce mardi, l'appel de mon corps fut si foudroyant qu'il n'en fut pas autrement que de m'y soumettre à sa volonté. Je n'ai, je crois, jamais été aussi fière d'avoir persisté avec foi et fermeté dans ma volonté de vouloir des soins pour mon fils car je savais qu'au plus profond de moi, sa place n'était pas en cellule. Bon sens, si je n'avais pas été là, présente et insistante, mon fils prenait directement le chemin de la prison.
Deux jours à courir après le procureur de mon fils et celui de la couronne. Tassant même un grand fainéant de 6 pieds en toge qui voulait passer devant moi lorsqu'on attendait tous en rang pour voir le procureur de la couronne, des dizaines d'avocats et... moi.


"Est-ce que vous avez déjà vu un parent attendre en ligne parmi les avocats?"
lui dis-je.

"Non" me dit-il.

"Et bien ce sera la première fois!!!!"

J'étais un lionne, rien ne pouvait me détourner de mes objectifs de venir en aide à mon garçon. Tassez-vous, je grogne... J'ai argumenté, expliqué, insisté, pleuré à chaudes larmes dans le bureau du procureur de la couronne et je me foutais bien de ce qu'il pouvait penser de moi. J'étais moi, point!

Finalement, nous nous sommes retrouvés, l'avocat de mon garçon, le procureur de la couronne et moi-même à trouver ENSEMBLE la meilleure solution pour mon garçon. Puis, à la cour, en entrant, le procureur de la couronne est venu me voir et a pris ma main dans les siennes avant d'aller prendre sa place à l'avant.


Une cure fermée de 15 jours c'est bien peu mais, c'est un début. La cure plus longue lui faisait peur, il n'y était pas prêt. On va faire avec... Il avait le choix, c'est lui qui décidait, mis au pied du mur quand-même, mais il a choisi la cure. L'endroit a très bonne réputation. Aucun client n'en sort insatisfait, ce qui n'est pas mauvais en soi. Il pourra toujours y revenir...

Le premier soir, je sorti de la voiture et, traînant la valise remplie de linge, je vis mon fil courir vers moi et me sauter dans les bras. Il était en pause avec d'autres résidents.

"C'est ma mère, c'est ma mère!" disait-il aux autres...

Voilà...

Aujourd'hui, je suis allée payer la balance de son séjour et lui ai fait cadeau d'un petit chapelet, un petit goéland et de mes mots d'encouragement de maman. Puis, je suis allée me recueillir devant l'urne de mon grand-père pour le remercier d'être un ange-gardien du tonnerre.

Ce soir, Yang a préparé un bon souper et m'a fait la surprise d'une bonne bouteille de vin. Puis, j'écoute des vieux airs de chanson française, j'adore, merci grand-papa.. Que puis-je demander de mieux, mission accomplie. On repart à l'aventure avec un corps neuf et reposé.

Demain est un autre jour.

Du bonheur? En voici, trois de mes faiblesses...

Pour Nanou et Catherine...















mardi 24 août 2010

Victoire!

Oui, Victoire, un premier pas!
Par chance, je n'ai pas lâché depuis 2 jours. Je vous reviens ce soir si je peux. Je vais me reposer...

dimanche 22 août 2010

Pour vous tous

Maman nous le faisait écouter le soir avant de nous endormir, et j'en ai fait de même pour mon fils. Je l'ai donc écouté des milliers de fois. Cette histoire, je la connais par coeur et je vous en livre ici une bride.

Nanoub, Nicole, Catherine, Joan Durand, Grimimi,
Herbert, Femme Libre, Zed, Solange, Freda,Grande Dame et Simo, un généreux merci...

Demain, je me sens prête à affronter mers et monde. Voici mon secret...



St-Exupéry, extraits du "Petit Prince."








samedi 21 août 2010

Ce n'était qu'une question de temps

Fafouin a été arrêté. Il est emprisonné. Il m'a lui-même appelé pour m' en informer. Je sais que ma semaine sera longue. Ne perdons pas courage. Je fais exactement ce que j'avais prévu faire aujourd'hui avec Yang et demain aussi. C'est bête à dire, mais j'aurai un 2 jours à dormir sur mes 2 oreilles sans penser que son appartement sera de nouveau défoncé par des gens armés, sans me poser la question à savoir quelle drogue mêlée à quel alcool il ingurgite présentement. J'en ai tant à dire, par où commencer... Il doit passer en cour lundi matin, j'y serai...

mardi 17 août 2010

Merci Catherine...




Pour toi mon beau Fafouin,
Je répéterai, comme une prière
Dont tu pourras percevoir
Le murmure dans la nuit
Te réchauffant le coeur tout entier
T'apa
isant, te guidant.
Que ta crainte s'envole
Le soleil est là, tu verras...


Avec l'aimable autorisation de Catherine Melchior, voici des mots de l'intérieur, ceux qui parlent et crient, ravivent espoir, soleil et lumière. Non, tout n'est pas perdu, jamais perdu. Voici le texte accompagnant les images. Faites circuler le video, distribuez-le tel un disciple répandant la bonne nouvelle.


Et pour Nanou, Rosie mon amie, Mel Alpa, Johanne, Brigitte, Nicole, Diane, Jocelyne, Laluna, Menteuse, Herbert, Zoreille , J., Isabelle, Femme Libre et Pur Bonheur, ainsi que tous ceux et celles qui viennent ici apporter soutien, réconfort, solidarité et espoir.Le voici ce touchant texte de Catherine:




"Je suis le feu, la force
Mais feu de paille ne brûle qu’un instant
Apporte-moi l’amour
Qui me laissera VIVANTE
Je connais l’immensité de la solitude
“Je ne sais pas marcher sans tomber

Je ne sais pas gérer mes émotions
Parce que je n’ai pas appris
Parce que j’ai mal appris”

Je renonce à marcher seule
Et me cache
Le monde est vaste
Et me donne le vertige

La vie est comme un rêve,
UN MAUVAIS RÊVE FLOU
Même la lumière qui entre en moi est étrange
Je ne me connais pas, ne m’explique pas

Le soleil est proche, je le sens
Mais c’est l’ombre qui m’aspire
Je m’y cache pour souffrir,
Coupable, Honteuse,
Indigne de votre monde

Je pourrais me rouler en boule
Me protéger des agressions extérieures
Mais mes piquants à moi
Ont poussé vers l’intérieur
Ma peau est à l’envers

Je suis transparente et peux passer inaperçue.
Je me crois vide
Seule, j’ai tellement froid
Je suis fatiguée.

Mon corps est ma prison,
Mon esprit plein d’émotions négatives,
De souffrances mélangées au désespoir

Et quand mon proche me réchauffe enfin,
J’aimerais qu’il le fasse sans fin.
Lui seul peut nourrir le feu.
Mon esprit à moi laisse l’amour s’évaporer,
Oublie, demande encore et encore.

J’ai gardé mes rêves d’enfant bien au chaud
Mes besoins de grandir,
Mes désirs d’aimer, être aimée.
Mais l’enfant pleure en moi aujourd’hui.

Souffrir pour ne plus souffrir
Faire surface et me couper aux rochers?
Ou rester dans l’eau de mes songes
Et m’y noyer?

Pourquoi ai-je développé ce trouble?
Pourquoi être obligée
De ressentir tant, trop,
Jusqu’à la déchirure?
Pourquoi y penser, y penser
Et y penser toujours


Je vois les autres en ennemis
Redoutables, glacés, glaçants
Ou en amis de lumière.
“L’autre est souvent tout,
Tout bon ou tout mauvais.”

Je me sens tellement petite
Et insignifiante
Dans ce vaste monde
Fait de dangers.

Mais depuis que je sais,
Je veux parler pour toi.
Afficher un sourire
D’espoir pour toi.
Je fais la chasse à ce tabou.

Je suis ton autre, celle qui se montre,
Qui veut en parler, sensibiliser.

Je sais que tu souffres
Je connais ta peur
J’entends ta colère

Je vois les marques de ton désespoir
Gravé à jamais sur ta peau!

Les moments littéraires
Je les transforme en instants
Qui parlent de nous.

Pour un moment,
Ma peur s’envole

Parler!
Il faut en parler!

Parler de toi
Qui compte un peu sur moi,
Toi qui me ressembles.

Faire des conférences
Pour ceux qui veulent entendre,
Ceux qui ne ferment pas les oreilles, les yeux.

Je suis BORDERLINE
Écoutez!
J’ai tant de choses à dire.

DEMAIN EST UN AUTRE JOUR"

Texte de
Catherine Melchior"Je ne sais pas."
éditions Bénévent, 2008, 164 pages











dimanche 8 août 2010

Foi et liberté

Les forces qui m'inspirent en ces jours
Sont celles de la foi en la vie et la prière.
Puis, cet air sublime qui,
Inlassablement, me suit,
Depuis des années ,
Lorsque je réussis à garder en moi,
Paix, bonheur et... liberté.



Ma prière

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens te demander la paix, la sagesse, la force,
Je veux regarder aujourd'hui le monde
Avec des yeux tout remplis d'amour,
Être patient, compréhensif, doux et sage,
Voir au-delà des apparences,
Tes enfants comme tu les vois toi-même,
Et ainsi voir que le bien en chacun,
Ferme mes oreilles à toutes calomnie
Garde ma langue de toute malveillance,
Que seules les pensées qui bénissent,
Demeurent en mon esprit,
Que je sois si bienveillant et si joyeux,
Que tous ceux qui m'approchent sentent Ta présence,
Revêts-moi de ta beauté, Seigneur,
Et qu'au long de ce jour, je te révèle.

St-François d’Assise



Ma musique

Opéra Rinaldo
"Lascia ch'io pianga"
Georg-Friedrich Haendel
(1685-1759)
Contre-ténor: Derek Lee Ragin