Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

vendredi 26 novembre 2010

Les petits culs secs


C'était il y a un peu plus de vingt ans, par un doux soir de juillet, quelque part dans le bas St-Laurent, au Bic, dans une salle paroissiale très reculée, en plein champs, la rencontre des familles Thibault. De là s'étaient rassemblées environ 300 convives, remplies de bonne volonté mais manquant un petit peu d'initiative, ma personne n’en faisant pas exception. Nul ou presque ne se connaissait. Beau rassemblement en perspective. En fait, tout le monde était un peu coincé sur sa chaise. On ne savait trop quoi se dire, ni comment donner un petit brin d'étincelle à l'atmosphère déjà alourdie par la gêne. C'était franchement emmerdant et timidement repliant sous la chaise.... Secrètement, on se demandait comment allait se passer la soirée. On avait tous l'air de beaux beignets attendant qu'une âme charitable sorte du placard une petite idée brillante...

C'est là que les petits culs secs sont arrivés... Puis un, puis deux puis 3 petits culs secs! Faut dire que les organisateurs étaient très très généreux. Encore un petit peu de Caribou? Allez, çà fait du bien! Ils nous l'offraient avec si grande générosité, le sourire fendu jusqu’aux oreilles... Bien oui, encore un s.v.p... On ne pouvait pas dire non dans de telles circonstances, vous pensez bien. Ai-je besoin de vous signaler que l'atmosphère était passablement détendue au bout de 45 minutes? C'était l'euphorie totale. Les accolades, éclats de rires, poignées de mains et becs s'entremêlaient, résonnant dans une harmonie parfaite de convivialité sans précédent!

À un moment donné, fallait faire descendre tout çà et bouger un peu. Je peux vous dire que le petit timide, s'il en restait un sous la table, bien "y' était pu là, tu penses bin" et à la limite, en train de danser sur la table voisine desservie, en tapant du pied! C'est là que les violoneux ont pris un virage monstre au milieu de la foulée d'émancipés pour nous faire swingner, tourner, virevolter dans une telle symbiose que même le diable n'aurait pas pu suivre.

Au petit matin, le diable tirant sa révérence. avait fait place au réveil brutal avec des petits coups de marteaux dans la cervelle dont j'aurais pu fort bien me passer, suivi des "j'aurais donc dû..." Disons que le regret m’a travaillé un petit brin à cause de l'abus des petites gorgées de Caribou bien à point mais bon... Je dis bien un petit brin, car le souvenir de cette mémorable soirée, j'en aurai de rappels heureux comme c'est pas possible...

Qui dit qu'il ne se passe jamais rien dans les vieilles salles paroissiales reculées et abandonnées au beau milieu des champs dans notre beau Québec d'amour...

Je vous en prie, pas tous en même temps! La voilà la recette du petit Caribou:


9 cl de vin rouge
4 cl de whisky
1 trait de sirop d'érable


Psittt... il est important de boire d'une seule traite (cul sec)





mercredi 24 novembre 2010

Retrouve tes ailes...




À mon fils que j'aime tant, retrouve tes ailes mon grand...

Mamounet xxx

mercredi 17 novembre 2010

Le visage des barbelés

Elle y était les lundis et jeudis, tout comme moi. Le visage sans expression, taciturne et glacée, cigarette au bec, elle avançait d'un pas résigné, tel le tic tac d'une horloge, vers le parloir, là où son copain l'attendait. Pourtant, elle aurait pu être très belle, elle l'était en fait mais la douleur et la souffrance avait résorbé son visage vers un intérieur vide. Tout au plus 20 ans, enceinte d'au moins 6 mois. D'autres, plus maigrichonnes, avançaient d'un pas ferme, armées de bottes cuissardes aux talons aiguilles, peut-être boulimiques ou anorexiques.

Ceux et celles qui avaient droit à la salle communautaire se tenaient les deux mains, l'un en face de l'autre, se mangeant des yeux, assis sur une simple chaise pliante. Des prisonniers aux traits tirés, essoufflés par trop de lourdeur de vie, des jeunes femmes accompagnant leur détresse et aussi pesantes de trop de vécu...

Puis, des gens d'un certain âge, sortis de nul part, comme moi. Ils viennent voir leur fils. Tiens, je ne suis pas la seule. Ils me sourient, je leur souris, on se comprend, je croise mon miroir...

Tout au long du couloir longeant les parloirs, la baie vitrée laisse entrevoir une vie de liberté, bordée d'arbres allongés de gauche à droite par le vent. C'est si joli, je m'y sens bien, un monde meilleur, là, à leur portée, mais que la majorité ne peut saisir ni sentir...

Puis, ces deux minuscules petites filles tenant la main de leur mère avec chacune un dessin entre leurs mains toutes menues:

"Bonjour papa!."

La pureté chante, et danse et sautille... Elles vont voir leur père en prison. Naïveté et candeur n'ont pas de conscience, ne calculent pas. Leur monde à elles est encore si beau...

Puis j'arrive dans la cabine du parloir où se trouve mon fils. Le regard vif, pétillant, alerte, Fafouin me dit bonjour de son plus magnifique sourire. Il est beau, articulé, prend du muscle et fait du gym, mange bien, jurant avec le reste du décor. Je ne comprends toujours pas ce qu'il fait là,un non-sens. C'est une étoile, il scintille... Mais quand pourra-t-il se l'approprier cette liberté qu'il convoite avec tant d'ardeur, merde! Tenter au moins de libérer un peu le trajet noir, se donner un minimum d'outils pour amoindrir un peu la souffrance!

L'envie m'est forte de le secouer, le brasser , l'engueuler mais, tout a été fait et dit à maintes et maintes reprises dans le passé. Tout a été tenté, vraiment, sans succès. La place est à autre chose, à ses choix à lui. Surtout, tais-toi Nanou, tais-toi. Alors, ne plus rien dire, rien faire, rien espérer, ni suggérer, simplement écouter, rire et échanger, entretenir le lien, me respecter et, continuer à l'aimer et le supporter, là où il est rendu. Cela me semble soudainement si simple et aisé au fond. La légèreté me plaît, c'est plutôt agréable d'avoir des ailes et cela doit continuer ainsi. Ne perds surtout pas le cap...

Fafouin a été libéré lundi. Il est passé en coup de vent à la maison pour prendre quelques morceaux de linge.

"Faut que je me fasse de l'argent vite."

" Ne m'en parle pas veux-tu, je ne veux pas savoir..."


Son père l'attendait dans la voiture.

"Bonjour A. comment vas-tu?". Il ne me répond pas et fixe le regard au loin, fidèle à lui-même, empêtré dans ses démons intérieurs, faut-il s'en étonner...

Mon fils passe de nouveau en cour demain matin et préfère que je n'y sois pas. C'est parfait ainsi. Une petite pause bien méritée pour moi tiens. J'ai une sainte horreur du palais de justice, j'en suis devenue allergique, tellement que je m'en mettrais le doigt au fond de la gorge... Il me tiendra au courant, je me tiendrai au loin, on verra la suite, tout est parfait ainsi...


mardi 16 novembre 2010

L'escalier



Dédié à Catherine, Nanou, Herbert et Jackss...

dimanche 14 novembre 2010

Un aidant naturel

Par une douce journée d'automne

Voici la corvée du rangement et du ramassage de feuilles mortes. Petite photo bien ordinaire et sans intérêt...



Zoom...

Non mais franchement, moi je trouve ça pas mal insultant! Photo sans intérêt, pfff... Et moi qui voulait vous aider! Vous riez en plus, mais vous saurez que je peux faire beaucoup de choses,



comme...




M'étirer le coup tranquillement vers la droite, écouter les oiseaux et sentir le vent frais de l'automne




Puis,


Détendre lentement le cou vers la gauche, voilà... Vous savez, un bon aidant a besoin de beaucoup de repos... C'est pri... mor... dial....




Bon...

Bien finalement, je pense que je vais me reposer un petit peu. Ça demande énormément de concentration s'étirer de la sorte... J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, il faut que je digère mon repas. Alors, si vous voulez bien m'excusez...

Jérôme le "ro minet"

xxx