Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

dimanche 28 août 2011

Anéantie



Fafouin me l'avait dit il y a 2 semaines. Je savais que Vé, son amie d'enfance et amoureuse, était enceinte. Ils sont venus souper à la maison Dimanche dernier.

-Surtout, ne parle pas du bébé maman,

m'avait chuchotté Fafouin. Pas besoin d'aller bien bien loin pour comprendre que la petite était en période de réflexion. De toute façon, cela me semblait d'une évidence, je serais demeurée discrète, de toute façon. J'aurais attendu qu'ils m'en parlent et sinon, chut.

Fafouin m'en a parlé un peu cette semaine. Elle hésitait, déchirée.

-Elle a peur de manquer d'argent.

m'avait souligné mon fils.

-On va attendre en fin de semaine prochaine et si je fais un petit coup d'argent, peut-être qu'elle va le garder.

Mais ça, je sentais bien que ça venait de lui, qu'il faisait son possible mais, pas de la bonne façon. Elle n'accepterait jamais qu'il ne marche pas droit et lui se préparait à se mettre les deux pieds dans les plats avec une magouille, sans qu'elle ne le sache, j'en suis certaine. Elle est droite, franche, honnête et entière.

Comment passer le message. Je ne voulais pas juger, surtout pas, ni faire la morale, pas le moment...

- Tu sais, on peut très bien élever un enfant avec des moyens financiers réduits, je l'ai fait sans problème, c'est pas ça le plus important....

Puis, il est descendu à l'ordi et moi, je me torturais l'esprit, le poing replié sur la bouche, accoudée à la table de cuisine. J'y suis restée un bon 30 minutes avant de descendre vers lui et discrètement lui dire en l'embrassant sur la tête:

-Il aura besoin d'une grande sécurité, d'attention et de beaucoup d'amour... C'est ça le plus important...

Puis je suis partie, aussi discrètement que je suis descendue.

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Cette après-midi, l'ouragan Irène laissait ses résidus. J'étais chez mon amie Manou et comptait y rester à cause des vents puis, un appel...

-Maman, qu'est-ce que tu fais?

-Je suis chez Manou et je vais repartir seulement demain matin à cause des grands vents et de la pluie.

- Ah... C'est parce que, demain Vé va se faire avorter et elle a besoin de quelqu'un de fiable pour l'accompagner avec moi car elle ne pourra pas conduire après...( mon fils n'a pas de permis de conduire)

-Alors, vous avez choisi l'avortement... Pourquoi?

-Parce qu'on pense qu'on est pas prêts à élever un enfant...

La réponse était tout à fait maturée, remplie de bon sens. Ils avaient réfléchi, pris une décision d'adultes. Et peu importe la décision qu'ils prendraient, de le garder ou pas, je m'étais jurée de les accompagner dans leur choix, sans les juger mais surtout, d'être là pour eux.

-Bon, écoute, je vais m'arranger... je serai là demain matin...

-Oh, merci maman...

Bien oui, j'y serai parce que c'est à moi que Fafouin et Vé ont fait appel dans des moments qui seront sans doute très difficiles pour eux et encore plus pour Vé...Parce que Vé aime Fafouin et Fafouin aime Vé... Parce que c'est un bébé d'Amour...

Mais voilà que la tête me tourne, je me sens mal, terriblement mal, déchirée par des pensées contradictoires qui ne ressemblent en rien à ce que je croyais faire partie depuis toujours de mes convictions profondes. Je sais que leur décision est réfléchie en absolument sensée et saine. Fafouin est encore très fragile et impulsif et... Vé aussi...

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-On est pareils, on est trop pareils. Des fois, je pense que je deviens folle. Ça m'arrive de ne pas être correcte avec lui et je pète ma coche. Il essaie de me calmer, c'est pas normal d'agir comme ça, je pense que j'ai un problème...

m'avait confiée Vé dernièrement.

-Vé, tu sais, il y a des ressources qui peuvent être très aidantes pour vous deux.

-Je sais et Fafouin en est conscient aussi. mais, tu sais, jeune, j'en ai vu tellement des intervenants et ça n'a jamais rien donné...

-Tu sais Vé, peut-être que les intervenants n'étaient pas appropriés pour le genre de difficulté que tu avais, mais plus, il faut être conscient et décidé à admettre qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Et si on n'est pas prêt ou qu'on n'en est pas conscient, rien ne peut fonctionner...

-Oui, tu as raison. je ne croyais en rien...

-Alors, c'est merveilleux Vé, tu te rends comptes, tu n'as 19 ans et tu es consciente! C'est une grande chance que tu as. Bien des gens ne se réveillent qu'à 30 ou 40 ans et même parfois jamais!

-Oui, c'est vrai...


-Tu es une personne très forte et Fafouin aussi, j'ai confiance en vous, je ne suis pas inquiète...

-Merci....

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Bon, je reviens à l'essentiel. oui, je suis mêlée et profondément perturbée. Je suis allée voir les photos, à 12 semaines... Il est déjà tout formé; ses petits pieds, ses mains, tout... Je me fais mal, je ne devrais pas, c'est plus fort que moi. J'ai comme un besoin de voir, d'accepter la vérité, ma nouvelle vérité, moi qui n'était ni contre ni pour l'avortement, voilà que...Qu'est-ce qui m'arrive... Je sais que je vais trouver ça difficile et déchirant, probablement autant que Vé. Peut-être aussi parce que ça me rappelle le petit bébé que j'ai perdu en 2001, fausse couche, je le voulais tellement ce bébé avec Yang. Ce curetage, ça m'a traumatisé, affreux, on t'arrache les entrailles...

Je ne sais pas comment ça va se passer, mais, ça ira, je sais... J'avais simplement besoin d'en parler...




vendredi 19 août 2011

Un été de vie et d'amour

Après avoir été si peu présente pendant ces deux derniers mois d'été, je ne savais trop de quelle façon revenir, ni trop comment intituler ce billet. Représentons-le donc dans toute sa plénitude et dans ce qu'il fut tout entier et sera sans doute encore fort longtemps.

Un été de vie, rempli de mes amours, de mon Yang, ma soeurette adorée, ma maman, mes amies, mon fils, sa petite amie. Le bon vin, l'eau dans laquelle on peut aisément plonger, se rafraîchir et se purifier, oui, pour moi, se purifier, un bonheur innommable. La senteur brute et animale des champs sauvages mêlées aux grillons dans ce qu'il y a ici de plus "été", comme j'aime et en suis éperdument amoureuse... Ce même été où j'ai aspiré et senti avec secousses ,toute entière à elle, l'effluve subtile des champs de camomilles en plein soleil, car c'est à ce moment qu'ils embaument le plus, n'est-ce pas... Et lorsque, prenant le volant, leur odeur virevoltait dans la voiture , me rendant complètement folle de leur générosité , toute baignée dans ma liberté, le bras gauche à l'extérieur de la fenêtre, au vent frais de mon été , fouettant mon bras dans un mouvement subtile de va et vient, quel senti de vie... la voilà, la vie...

Du déménagement de mon Fafouin dans son logement jusqu'aux moments magiques face au Mont Ste-Anne, à Beaupré, avec ma grande, mon unique, Bouda, ma tendre amie d'enfance ... Toujours intenses et magiques nos retrouvailles annuelles. Nous nous aimons tant, nous nous aimerons toujours. Notre relation ne peut se définir. Comment dire... Elle est et je suis pour elle le témoin vivant du déroulement de ma vie et de sa vie, le seul, l'unique témoin. Elle a tout vu, tout vécu, tout senti avec moi, au fils des années et moi de même. Un sacré privilège, j'en suis consciente. Nous avions 7 ans lorsque nous nous sommes soudées et jamais plus séparées par la suite. Notre chemin de vie fut si différent et toujours nous nous sommes retrouvées et...respectées. Jeunes, nous avions une admiration sans borne l'une pour l'autre. Chacune voulant imiter l'autre tout en étant incapable de le faire. Elle est artiste peintre, je suis musicienne. Nous nous comprenons si bien... Deux passionnées sans limite! Mais que suis-je entrain de dire.. L'un ne va pourtant pas sans l'autre, un passionné ne connaissant jamais de limite...

La suite prochainement...