Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

dimanche 10 juin 2012

Bravo Fred, je t'adore...




(Québec) Le conteur Fred Pellerin, que le premier ministre Jean Charest devait faire chevalier de l'Ordre national du Québec, jeudi, a décliné l'invitation. L'ambassadeur de Saint-Élie-de-Caxton, dans une lettre qui reflète toute la candeur et la poésie qu'on lui connaît, explique sa grande fierté d'avoir été choisi, mais aussi le profond malaise qui l'a empêché d'assister à la cérémonie.
«J'ai été touché. Et on est dans le peu-dire. J'ai été viré à l'envers de fierté. [...] J'en suis flatté, dans le sens du poil debout sur les bras. [...] On allait me piquer à la veste un bout de brillance au nom du peuple québécois. Mon peuple», écrit M. Pellerin dans sa lettre.
«Mais il se trouve que ce peuple, poursuit-il, à qui on me demande de faire honneur en tant que membre de l'Ordre, se trouve présentement plongé dans une crise sociale d'ampleur. Je m'en voudrais de célébrer et de trinquer à l'honneur de ce peuple dans le contexte actuel, où même notre démocratie se fait secouer par la base.»
Fred Pellerin a appris, sur le site Web de l'Ordre, qu'il avait été admis comme chevalier pour son «humanisme» et son «authenticité». Ainsi, écrit-il, «manquer à ces convictions, pour l'urgence de la médaille, serait pour moi déjà un faux-pas dans ma neuve chevalerie. Mon coeur suit mon peuple, et ce peuple n'a pas le coeur à la fête.» Il conclut sa lettre en remerciant l'Ordre pour sa «comprenure».

Selon son agente, Micheline Sarrazin, Fred Pellerin ne veut surtout pas «faire de vagues» avec cette histoire. «C'est un geste très personnel, ce n'est pas une protestation, pas une revendication», pas un geste partisan ni politique, juste un «inconfort». L'Ordre national a répondu à l'artiste qu'il pourra être décoré l'an prochain.
Le chef d'orchestre Jacques Lacombe et la chanteuse Isabelle Boulay ont aussi laissé leur chaise vide, jeudi. Le premier a annoncé la nouvelle de sa nomination sur son site Web, mais n'était pas joignable, jeudi en fin d'après-midi. La seconde n'a simplement pas pu se rendre à Québec en raison d'un spectacle à Brossard, a expliqué son agente au Soleil

Article de Pierre-Olivier Fortin, LE SOLEIL 8 juin 2012


vendredi 1 juin 2012

Le 25 sous

C'était le 12 mai dernier. Ça fait à peine un mois mais lorsqu'on a l'impression, d'une journée à l'autre, de mettre au défi  les meilleurs films d'Hollywood, cela peut paraître une décennie.

Hors donc, Fafouin me contacte par téléphone pour me demander s'il peut venir souper et coucher à la maison. Pas de problèmes.

-Est-ce que tu peux aussi me déménager demain? Vé doit libérer le logement.

-Tes boîtes sont-elles prêtes?

-Oui.

Hum... J'en doute et décide de tâter davantage le terrain...

-As-tu besoin de tournevis, ruban adhésif, sacs, boîtes?

-Non, tout est prêt.

 Bon, du calme, je prendrai des décisions rendue sur place s'il y a urgence.
_____

Fafouin arrive chez moi  paniqué, en état d'urgence. Je déteste, je ne peux plus supporter les états d'urgence alors que, bien enfouie sur mon canapé, la tête dans l'oreiller, avec une bonne lecture, je détends de satisfaction mes jambes qui m'ont été d'une grande utilité tout au long de cette journée.

-Maman, est-ce que tu peux me prêter de l'argent, j'ai seulement 25 sous dans mes poches et je n'ai plus de cigarettes?

Je savais qu'il avait dilapidé ses ressources du mois en moins de 7 jours, à faire la fête et boire. Ajustement immédiat.... Faut agir vite, de façon efficace en gardant bien en tête ses valeurs sans perdre une seule plume, tout en s'assurant que le déroulement de l'action et la fin aura une fin juste, équitable et sereine. Le défi du siècle quoi!!! Surtout lorsqu'on a affaire à Fafouin, déterminé comme c'est pas possible, avec la seule idée de fumer...

-NON.

-Non quoi? Il me reste seulement 25 sous dans mes poches!!!!

-Non, je ne te prête pas d'argent, tu le sais.

-POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI?????

Horreur... Bon. Il n'a plus le contrôle, du calme, cherche simplement à demeurer là toute entière et surtout ne perds pas d'énergie. Sois directe et vraie. Action...

- Parce que je pense que tu dois apprendre à  gérer toi-même tes finances et que par le passé, l'argent prêté ne revient pas. Je ne veux plus en discuter.

-Mais maman, tu sais c'est quoi fumer, tu devrais comprendre!!!!

J'ai arrêté de fumer il y a 23 ans. Je comprends tellement....

-Bien sûr que je comprends. Vas voir dans la porte d'armoire, choisis la tâche que tu veux.

-T'es pas sérieuse là???

-Oui.

(Il était 19 hres , samedi soir)

-JE M'EN VAIS M'OUVRIR LES VEINES, TU VAS ME RETROUVER MORT DANS LA RUE!!!!

Puis il quitte en balançant fermement la porte d'entrée. Je savais qu'il reviendrait, qu'il réfléchirait.

Au bout de 15 minutes....


-Bon. OK. Je vais faire les 2 salles de bain.

-Parfait...

Je l'entendais pleurer en accomplissant ses tâches. Mais, il voulait se procurer son paquet de cigarette.
Cela me fendait le coeur et, je vous l'assure, je ne jouissais aucunement de le voir en train d'utiliser ses dernière forces pour se procurer ses cigarettes... Je savais qu'il était profondément malheureux, qu'il avait perdu le contrôle de sa vie, qu'il survivait en se plongeant dans l'illusion que procure les drogues et l'alcool. que cela lui demandait un effort sur-humain d'accomplir cette tâche car il est dans le plaisir immédiat. On devait souper ensemble... Triple défi...

-Bon. J'ai terminé.

-Super. Merci...Veux-tu toujours venir souper avec moi et jaser un peu?

-Oui. Mais avant, est-ce que je peux avoir mon argent pour la tâche?

-Oui.

Nous avons eu un bon souper en tête-à-tête. Défi numéro un relevé... Je ne savais pas ce qui m'attendait le lendemain.

À suivre...