Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

vendredi 15 juillet 2016

Le satellite lunaire

-Eh, Mlle Nanou, je vous ai posé une question!

-Oui oui, quoi???

Et c'est là que je devais obligatoirement sortir de ma bulle. Au début, il m'appelait gentiment par mon prénom mais très vite ce fut : " Eh, le satellite lunaire!" avec un beau sourire en coin, sans malice. Je l'aimais beaucoup ce prof-là... C'était le premier professeur masculin que j'avais. J'étais en 6e année.

J'ai toujours été dans ma bulle, mais là, je savais qu'il y avait quelqu'un qui m'acceptait comme j'étais. Étrangement, j'entendais tout ce qui se disait, mais c'était comme remisé dans un petit coin, à l'écart. Ma vraie vie, celle qui pétille, celle qui vibre, se passait ailleurs, dans un monde intérieur parallèle à la réalité du moment. Un monde de magie, de voyage imaginaire, de musique, de tout, sauf d'école. Pourtant, j'apprenais très bien. Deux cerveaux, deux vies.

En 1ère année, je me suis vite rendue compte de l'immense injustice des méthodes pédagogiques archaïques du temps. La méchante sorcière, appelée maîtresse, nous classait par ordre de compétence dans nos bulletins; la 1ère de classe dans la première rangée en avant à droite et le dernier dans la rangée de gauche, tout au fond. Je haïssais cette méthode  où on classait les petits enfants comme des pions et fut éprise de justice et de compassion pour ce dernier de classe que la "maîtresse" s'empressa de rabaisser jusqu'à la fin de l'année. Le petit était tellement terrorisé que  ses yeux devenaient  remplis d'eau et  il faisait des bulles avec sa bouche, comme un poisson, au lieu de répondre aux questions. J'avais volontairement décidé de ne parler à personne et de manger ma pomme, seule dans mon coin, à la récréation, et ce, tout au long de l'année, en guise de révolte intérieure. Je n'étais pas malheureuse pour autant. J'avais simplement décidé que je n'embarquais pas dans ce système.

Quand j'entrais pour la première fois dans une nouvelle classe, je me précipitais vers l'arrière, c'était une question de survie et cela n'avait rien à voir avec le traumatisme des classements par bulletins. Idéalement, dernière rangée à gauche, dernier pupitre au fond, près des fenêtres, sinon, dernière rangée à droite, dernier pupitre, près du mur. Je me rappelle de ma 7e année où le professeur avait insisté pour que je sois à l'avant complètement, en espérant que je sois plus attentive. C'était horrible.  Non mais, elle n'avait rien compris elle... Profondément introvertie, fallait que je survive moi-là, j'avais tellement protesté haut et fort pour défendre mon point de vue qu'elle avait abdiqué. J'ai donc pu récupérer le banc de mes amours, dernier rang à gauche,  dernier pupitre devant les fenêtres. Libération...

Être et demeurer un satellite lunaire comporte cependant certains désavantages un peu troublants, et non négligeables, je dois le dire. Comme:

Chercher désespérément son 3e téléphone en vain et le retrouver en fin de soirée, dans le frigo, bien refroidi, au beau milieu du plat à salade.

Ou bien,  il y a 2 semaines...

Mon fils est venu souper  à la maison en compagnie de sa petite amie et en soirée, je suis allée les reconduire tout près de chez moi, chez un copin. Ensuite, il faisait beau et j'ai décidé d'aller prendre un cornet de crème glacée avant de rentrer.

Le lendemain matin, je prends mon déjeuner, fais de la grosse bouffe en chantant et vers 13 hres, décide d'aller faire des emplettes. Jusqu'ici, tout va bien, malgré le fait que tout ce temps, j'étais devant ma fenêtre qui donne sur mon entrée d'auto.

Je sors donc et, oh, pas de voiture... Je me suis fais cambrioler ma voiture! Je sonne chez le voisin pour lui demander s'il n'aurait pas entendu un bruit la nuit passée:

-Je ne comprends pas. Pourtant, ici, c'est toujours super tranquille, il n'y a jamais de vol...

-Moi non plus je ne comprends pas comment quelqu'un pourrait s'intéresser à une vieille Toyota Corolla 2002. Enfin. Je vais demander à mon fils...

Certains lecteurs se rappelleront peut-être que mon fils Fafouin, à l'âge de 14 ans, s'était enfui en pleine nuit avec ma voiture en faisant du 180km / hres sur l'autoroute.

J'appelle donc mon fils:

- Fafouin, t'aurais pas pris ma voiture hier par hasard?

Insulté, mon fils me répond:

-Bin voyons donc maman, c'était une folie d'adolescence, je ne ferais jamais ça là!!!

En fermant la ligne, j'avais un tit brin de larmes au coins des yeux. Ma Toyota 2002 que j'aime tant...

Convaincue que des jeunes l'avaient empruntée pour un petit trip et ensuite déposée sur une rue voisine, je suis sortie pour aller vérifier les alentours. Rien en vue. Puis, je vois une voiture patrouille me passer sous le nez. C'est à ce moment que me mets à courir vers eux comme une déchaînée en gesticulant haut et fort.

La voiture de police s'arrête dans le petit stationnement du centre d'achat derrière chez moi.

-Bonjour Madame.

-Bonjour. C'est que je me suis fait voler ma voiture...

Ils prennent les renseignements, regardent sur leur écran.

- Non, on ne voit rien. Quel est votre numéro de plaque Madame?

C'est là que ça se gâche...

En rentrant le numéro de plaque, il y eut comme un grand grand silence. Ils se sont regardés et...


-Madame, c'est que votre voiture est derrière la nôtre. On voit la plaque dans notre rétroviseur.

 Je pense que je me serais fondue instantanément dans l'asphalte...  Tout me revient. La veille, je me me suis arrêtée à la crémerie avec ma voiture, ce que je ne fais jamais car je demeure derrière. Ensuite j'ai laissé ma voiture là avec les 2 fenêtres toutes grandes ouvertes. De plus, mon siège arrière était rempli de stock! Wow... Et je ne me suis rien fait voler... 

- Je m'excuse, ça me revient là... Je pense que c'est la journée où j'ai eu l'air la plus folle.

-Inquiétez-vous pas Madame, on va garder ça pour nous...

___________

Ce soir, en revenant de faire mes courses, j'ouvre la porte de ma voiture et m'installe bien confortablement , ceinture et tout et je mets la clé... Bizarre, ça sent pas ma voiture là et en plus, les bancs... J'ai pas des bancs gris avec des petits points dedans moi-là, ni un chargeur de cell... Merde, c'est pas ma voiture!

Oups, "envoueille" on décolle de d'là au plus sacrant!

Bin quoi, elle était débarrée cette voiture...


mardi 12 juillet 2016

Fafouin...

C'est que ça n'arrive vraiment pas dans un bon moment. Faut que je fasse de quoi là, immédiatement, drette là!

Messagerie Facebook, Fafouin me réclame... 

ANALYSE RAPIDE, APPROCHE RAPIDE POUR UN FILS DEVENU UN HOMME,

Exécution!


-Salut maman. Est-ce que je peux venir à la maison? Ça va vraiment pas...

-Ça ne pourra pas être avant 17 hres Fafouin. Qu'est-ce qu'il y a?

-Je me suis chicané...

-Et?

-Elle m'accuse de quelque chose que j'ai pas fait...

-Ah bon, et quoi au juste?

Silence totale....


-Bon. Je ne sais pas c'est quoi mais, peu importe la situation: Es-tu capable de te mettre dans sa peau et de saisir pourquoi elle t'accuse injustement? Et ensuite, de pouvoir comprendre et de lui renvoyer en mots ce qu'elle ressent pour lui signifier que tu comprends ce qu'elle vit en dedans d'elle?

Long silence et réflexion (sans doute, je l'espère...), puis plus rien.

Entre-temps, je suis allée souper avec ma soeur chez maman. Superbe soirée.  Je ne me suis pas occupée du 17 hres, j'avais confiance.


Au retour chez moi, pas de catastrophe, pas de drame, hourra...

Messagerie facebook...

-Alors finalement, tu as pu te débrouiller et régler ton problème?


-Oui

-Super...


Fin de la discussion.

samedi 9 juillet 2016

La force de maman

Au lendemain de la coloscopie, mon frère est venu chercher ma maman pour prendre la relève et la ramener chez elle. Et le lendemain, elle m'appelle:

-Nanou, je sens que vous me cachez quelque chose...

-Quoi donc?

-Et bien, je sens qu'i y a quelque chose qui se passe. Votre attitude, et aussi, j'ai une drôle de sensation...

-Peux-tu m'expliquer maman?

- Et bien c'est comme dans un rêve...

Alors, j'y suis allée très très doucement:

-Tu te rappelles que tu as passé des examens à l'hôpital?

- Oui mais c'est flou...

- Le médecin est venu nous voir et t'a d'abord dit que tu faisais de l'anémie et c'est pour cette raison que tu as passé cet examen.

-Ah, ok, je me rappelle de la suite maintenant mais je pensais que j'avais rêvé.

-De quoi te rappelles-tu maman?

-Et bien, je pense que j'ai une tumeur...

-Oui...

- C'est un cancer je crois...

-Oui...

Te rappelles-tu du traitement et ce qu'il en pensait le médecin?

-Non.

- Et bien, il faudrait de la chimio, une opération, un sac, ensuite de la chimio et enlever le sac.

-Hum...

- Tu veux ce traitement maman?

-Oh non!!! Écoute, j'ai 85 ans et puis, faut bien que je meurs de quelque chose un jour! Non non non! Je vais continuer ma vie et rester positive, ça finit là.

- Je trouve que c'est une excellente décision et c'est ce que je t'ai aussi dit à l'hôpital. Et puis, tous les trois, on sera là pour toi. Sois rassurée, tout va très bien aller. Veux-tu que j'aille te tenir compagnie là maintenant?

-Non non. Je me sens simplement soulagée et je vais très bien dormir...

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Je suis allée chercher son médicament d'exception pour sa mémoire, à la pharmacie:

Mylan Galantamine. Ce médicament est utilisé pour le traitement de l'Alzheimer et stoppe la progression de la maladie. Il  produit son plein effet après quelques semaines.

Dans quelques semaines... Puis, je me retrouve dans une grande bulle. Elle est là depuis le début  du diagnostique, la bulle intérieure, elle est faite de silence, d'inconnu et d'une bien étrange insécurité que je n'avais jamais ressentie auparavant. Sera-t-elle encore là ma maman dans quelques semaines? Puis, l'image d'un sapin de Noël me passe rapidement en tête. Je craque. Dans mon coeur ça n'allait pas là...

Je sais  bien qu'il y aura 
Un pendant et un après, 
Une vie avec 
Et une vie sans toi maman.

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-Tiens maman ton médicament. Il faut le prendre en mangeant, le matin.

Elle est bien chez elle,  songeuse, elle regarde ses chats. Je la sens insécure...

-T'inquiète pas maman. Tu sais que tes chats seront en sécurité avec Jimmy si ça ne va pas bien. Et puis, si tu es trop faible pour rester chez toi, bien, c'est simple, tu t'en viens chez moi. Tout va bien aller, on va s'arranger tous ensembles pour toi.

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Lundi passé, ma soeur et moi sommes allées au CLSC. L'enfer du système actuel... Ça fait 1 mois que le médecin a fait la demande pour une évaluation et des soins. Il fallait qu'ils m'appellent, moi, et ils ont appelé maman qui ne se rappelle plus de rien.

-C'est qu'on a des cas très très urgents...

-C'est que le cas de ma mère est très urgent aussi. Elle vient d'avoir un diagnostique de cancer. Elle est en phase terminale, elle est encore chez elle et ensuite, on veut s'en occuper. On a besoin de soutien pour tout ça...

- Je vais demander à l'infirmière de vous rappeler aussitôt que possible.

En sortant, ma soeur qui travaille comme préposée aux soins palliatifs me dit:

- Si tu vois qu'ils ne t'ont pas rappelé aujourd'hui, rappelle demain matin, et le surlendemain, tant qu'ils ne te donnent pas un rendez-vous. Demeure gentille mais ferme.


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Mon premier appel a tellement porté fruit qu'un infirmier m'a contacté. Bingo. Le processus CLSC est enclenché. On a dans un premier temps un long rendez-vous téléphonique  lui et moi lundi prochain.

Entre-temps, après avoir versé toutes les larmes de mon corps pendant 2 jours, me revoilà debout, en forme, fraîche et dispose. Je ne demeure jamais bien longtemps à l'état de larve. Et puis, mes grands amis sont tellement présents pour moi, je leur en suis vraiment reconnaissante.

Mon attitude intérieure a basculé pour le mieux. Aller hop! Me voilà en train de préparer pour maman des mixtures de sorcière, anti-cancer. D'abord, miel bio et gingembre frais râpé. 2 à 3 cuil. à table par jour. Aussi, légumes et jus de légumes frais, le plus souvent possible. Bannir le sucre, tous les produits laitiers et remplacer par le soya. Continuer à manger noix, graines, tofu, fruits frais. Ce qu'il faut c'est cesser de nourrir les cellules cancéreuses. Et bien quoi, si on n'essaie pas, on ne saura jamais! Et ça me donne en même temps une petite idée de comment je me comporterais moi-même si j'avais cette merde à l'intérieur de moi. Ne pas nourrir l'ennemi, voilà!


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Ma soeur,

je me doutais bien qu'elle allait me sortir ça à un moment...

- Tu sais Nanou, j'en ai parlé à mes collègues à l'hôpital et il semblerait que ce soit très très difficile à vivre et...

-Et quoi? C'est déjà tout réfléchi, et je ne reviendrai pas sur ma décision. Si maman est top faible pour demeurer chez elle, je la prendrai chez moi,  point final, c'est tout. Chatou, toutes les décision de ma vie je les ai toujours prises en plongeant dans l'inconnu, avec mon coeur, et je n'ai jamais rien regretté. Je ne vois pas pourquoi ça changerait aujourd'hui. J'accepte l'inconnu, un jour à la fois et je sais que j'aurai  tout le support nécessaire autour de moi  lorsque le moment viendra.


C'est ça qui est ça. Pour le moment, il n'y a rien de grave là, on s'entend, pourquoi s'énerver. Au pire, maman est frustrée de s'être fait lessiver par moi au scrabble. Ça fait 40 ans qu'on joue ensembles et on continue. La vie est belle! On s'inquiétera à un autre moment...







vendredi 1 juillet 2016

Ma petite maman d'amour

Je suis devenue la maman de ma maman.

Elle souffre de Parkinson, tremble beaucoup, a de grandes pertes d'équilibre, dort beaucoup, s'essouffle à rien et sa capacité cognitive à court terme a chuté de façon fulgurante depuis 3 mois. 

Je ne la laisse plus partir seule. Il y a deux semaines, au moment où je barrais ma porte extérieure pour aller la reconduire, elle s'est écroulée à côté de moi. J'ai tout juste eu le temps de rattraper sa tête pour éviter qu'elle ne s'assomme sur le ciment. Depuis décembre dernier, elle fait de l'anémie et son médecin lui avait donné un papier pour rendez-vous avec un gastro-entérologue. Elle a oublié de le prendre. Et moi, je ne savais pas. C'est en l'accompagnant chez son médecin il y a 3 semaines, que cette dernière s'est rendue compte qu'elle n'y était pas allée et s'est vite empressée de la faire voir par un spécialiste.

Je l'ai préparée et accompagnée pour une coloscopie. Avant-hier, le diagnostique est tombé comme une douche glacée. Cancer colorectal. Tumeur maligne. Le spécialiste n'a pu complété l'examen, l'espace étant trop restreint. La seule avenue possible; chimio, opération et chimio ce qui serait inhumain de faire subir ça à ma mère étant donné son état actuel et son âge. Sous le choc, maman est demeurée sidérée, profondément peinée et recroquevillée dans sa bulle. Je l'ai prise dans mes bras et l'ai rassurée, que tout allait bien se passer, qu'on serait là pour elle.

Puis, je suis allée voir le médecin en tête-à-tête:

- Combien de temps il lui reste à vivre? S.v.p. dites-moi, j'ai besoin de savoir.

-C'est difficile à dire...

-Vous avez une petite idée quand-même en voyant la tumeur, dites-moi s.v.p.?

-Et bien, d'après ce que je vois et par expérience, s'il n'y a pas de métastases, tout au plus un an. S'il y a des métastases, je vous dirais tout au plus 3 mois à vivre. Vous savez, si vous avez des questions, surtout n'hésitez pas à me contacter, je suis là pour ça.

Je l'ai chaleureusement remercié. Et dire qu'en mars dernier j'avais senti cette odeur si caractéristique de la mort en m'approchant d'elle. J'étais troublée et me suis demandée pourquoi cette odeur m'arrivait sous le nez aussi subitement. Elle était pourtant en pleine forme à ce moment-là. 

Je l'ai gardé 2 jours chez moi, il fallait qu'elle soit surveillée à cause des analgésiques qu'on lui avait administrés. Elle s'est installée dans le fauteuil, pleurant à chaudes larmes:

 "Mes petits chats, qu'est-ce qu'ils vont devenir..."

Elle voulait repartir chez elle. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait demeurer ici.
À un moment, elle s'est levée et m'a dit: 

"Je m'en retourne chez moi à pieds!!!! Arrête de faire ton petit bosse et de vouloir me contrôler!!!"

C'est tellement pas ma mère ça... J'ai contacté mon frère qui a tenté aussi de la raisonner. Elle lui a répété la même chose en lui raccrochant la ligne au nez. J'ai pu finalement lui faire accepter de se reposer dans mon lit.

Après sa longue sieste, elle était de si bonne humeur et ne se rappelait plus de rien, ni de l'examen, ni du diagnostique de cancer. Elle se demandait ce qu'elle faisait dans ma chambre. Nous ne lui en reparlerons pas, à moins qu'elle ne nous en parle...

Lorsque j'eus terminé de donner mes cours, maman dansait dans le salon au son d'une valse avec ma petite chienne Adèle dans ses bras. Je photographiais cette image sublime dans ma tête et souriais. Elle était tellement belle ma petite mimi d'amour. J'aurais voulu qu'elle danse comme ça pour le reste de sa vie, sans souffrance, sans cancer. Elle était si heureuse...

Plus tard, elle est allée s'étendre de nouveau dans mon lit, se couvrant avec le haut de mon pyjama. Je me suis empressée de lui offrir une couverture qu'elle a refusée en me murmurant de sa voix si douce les plus beaux mots d'amour de la terre:  "Non Nanou, je veux garder ton pyjama sur moi, parce que ça sent toi."

Devoir accepter l'inacceptable. Perdre ses plus solides repères. Ma petite maman d'amour va mourir bientôt. C'est ça la réalité. Je me sens dans un état second en même temps que remplie d'une surdose de capacité d'amour au dedans de moi juste pour elle.

J'ai annulé mon séjour aux Éboulements. Je me sens incapable d'y être, loin d'elle. Et je suis tellement heureuse chez moi avec toutes ces fleurs, ces arbres que j'ai plantés et le potager que j'ai fait dans ma cours arrière. 

Ma soeur, mon frère et moi formeront la meilleure équipe du monde.

Ma place est auprès de celle qui nous a tant aimés et donnés...