CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RÉSERVE.


Auteur inconnu

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vendredi 17 mai 2013

200 kilomètres à l'heure

Bien oui. C'est de cette façon que vit mon fils présentement. Comment fait-il, dans quel monde vit-il... Étourdissant. Si j'avais eu le malheur de me laisser entraîner là-dedans, émotivement, je serais morte aujourd'hui. Personne n'y survivrait, je peux vous l'assurer. Mais lui, comment fait-il... C'est quoi le truc?

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15 avril, sortie de détention de Fafouin. Journée splendide, je vais le chercher, le serre dans mes bras, pleure un bon coup. C'est quand-même quelque chose de pouvoir enfin serrer son fils après 1 ans de conversation derrière une vitre. Je pense que j'avais sous-estimé la chose et pris beaucoup sur moi... Le coeur me rattrape.

Plan no. 1 de Fafouin: aide sociale.

-J'ai peur...

-T'as peur de quoi?

-J'ai peur de rester sans argent, qu'ils ne m'en donnent pas.

-Sois sans crainte, ça va bien se passer. Au pire, t'as une famille, t'es pas tout nu dans la rue, comme plusieurs qui sortent. Et on peut s'arranger pour les prochains 2 semaines.

Bureau d'aide social. N'aura un chèque que dans 10 jours...


- Pis après y vont se demander comment ça se fait qu'on continue à voler!!!

-Eh! Wow! Ce n'est pas une raison, rien ne justifie de voler OK?

Plan no 2 de Fafouin

R,V. avec agent de probation. Je l'accompagne au palais de justice.  Tout est beau, premier rendez-vous à jour. Alors go.

Plan no 3: logement, chambre. Je dois l'avouer, mon plan...

-Non maman, c'est assez pour aujourd'hui. Je ferai ça demain...

Il n'y a jamais eu de lendemain pour se trouver un toit. À partir de ce moment, tout était trop, trop pour lui.

-J'ai pas d'argent, ça  ne sert à rien de chercher une chambre..

Rien à faire. Tout vient toujours de l'extérieur, jamais de lui.

- C'est pas une raison. Je t'avance 2 semaines et tu me remets lorsque tu recevras ton chèque. C'est  si important d'avoir un toit.

- Je sais.. Cette semaine maman je vais prendre ça smooth.

Smooth pour Fafouin = buttinage d'une fille à l'autre,  faire la fête, beuveries et nuits blanches. J'ai compris assez vite en même temps que de préserver ma vie et mon bonheur rapidement. Règles strictes ici. Alors il ne vient pas souvent coucher.

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M'appelle en panique. Il a des boutons sur les lèvres, n'aime pas ça. Hum, je me doute bien de ce que ça peut être...


- ça m'apprendra à coucher avec une danseuse!!!

Ouf...
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-Faut que j'arrête de boire...

Au moins, il se le dit à voix haute.. Première prise de conscience. C'est toujours ça de pris...

-Mais tu allais aux groupes AA lorsque tu étais en détention, il me semble que tu aimais ça?

-Oui mais je faisais ça juste pour me changer les idées, pour passer le temps.

D'accord, il ne le faisait pas pour lui. Pas prêt...

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 Sans entrer dans les détails je dois dire que mon bonheur et ma vie en furent préservés à ce jour. Mon équilibre est si important... Un jour, je me souviens avoir dû signaler mon propre fils à la DPJ et leur dire que je ne le reprenais pas chez moi après l'école afin  que le signalement soit pris au sérieux. et que Fafouin puisse être en sécurité. Il avait 14 ans...  Ce fut la plus difficile décision de ma vie. Cette journée-là, lorsque tout fut terminé, j'ai plongé endormie dans mon fauteuil. Lorsque je me suis réveillée et levée, je ne tenais plus sur mes jambes, et devais m'appuyer sur les meubles pour enfin pouvoir marcher... À cet instant même, je me suis jurée que plus jamais je  ne me retrouverais démolie et affaiblie de cette façon, peu importe les circonstances et la situation.

________

Il l'a reçu son chèque, un peu avant le 1er du mois. En 10 jours il n'avait plus rien. Tiens, un soir il est arrivé chez moi avec des vêtements neufs...

-Mais Fafouin, cet argent est pour te loger et te nourrir!

-J'avais envie de me gâter.

-MERDE, JE NE T'AI PAS ÉLEVÉ COMME ÇA!!!

Je me sentais tellement idiote d'avoir répondu ça, surtout à un jeune homme de 21 ans. À un moment, on ne sait tellement plus quoi dire, En fait, il y a tellement peu à dire... Toute parole devient tellement ridicule, stérile et surtout inutile... Je me tais, de plus en plus. Pas question que je le fournisse monétairement. Il le sait, ne me demande rien. Il se débrouille oui, très bien. Tiens, hier soir, il avait des souliers neufs de belle qualité dans les pieds.

-T'as des souliers neufs?

-Oui.

-Et qui t'a payé ça?

- J'ai de l'argent...

Lorsqu'il est parti, je suis allée me chercher une bière pour faire passer ça...

Depuis 3 jours, je sens que je le perds. Il n'est plus là,  ni lui, ni le regard, tout est pressant. Les êtres qui l'aiment et lui veulent du bien sont si loin de lui. Ne les considère pas, ne les voit plus. Le voilà de nouveau retombé dans le néant et la négation de son être, alcool depuis 1 mois et drogue maintenant. Je le connais tellement.

 -Fafouin, regarde-moi . Je trouve que tu es en train de perdre la belle liberté que tu désirais tant. Il n'est pas trop tard tu sais. Tu peux arrêter ça là, maintenant...

-Arrête de m'achaler avec ça, j'suis pressé là!!!


Les agences de recouvrements à ses trousses de même que son agent de probation, parce qu'il ne va pas aux rendez-vous, les entrevues qu'il décommande... Le voilà de nouveau enfoncé. Il l'écrit si bien dans son réseau social;

-Je dis toujours non à l'alcool mais elle ne m'écoute jamais!

mardi 17 août 2010

Merci Catherine...




Pour toi mon beau Fafouin,
Je répéterai, comme une prière
Dont tu pourras percevoir
Le murmure dans la nuit
Te réchauffant le coeur tout entier
T'apa
isant, te guidant.
Que ta crainte s'envole
Le soleil est là, tu verras...


Avec l'aimable autorisation de Catherine Melchior, voici des mots de l'intérieur, ceux qui parlent et crient, ravivent espoir, soleil et lumière. Non, tout n'est pas perdu, jamais perdu. Voici le texte accompagnant les images. Faites circuler le video, distribuez-le tel un disciple répandant la bonne nouvelle.


Et pour Nanou, Rosie mon amie, Mel Alpa, Johanne, Brigitte, Nicole, Diane, Jocelyne, Laluna, Menteuse, Herbert, Zoreille , J., Isabelle, Femme Libre et Pur Bonheur, ainsi que tous ceux et celles qui viennent ici apporter soutien, réconfort, solidarité et espoir.Le voici ce touchant texte de Catherine:




"Je suis le feu, la force
Mais feu de paille ne brûle qu’un instant
Apporte-moi l’amour
Qui me laissera VIVANTE
Je connais l’immensité de la solitude
“Je ne sais pas marcher sans tomber

Je ne sais pas gérer mes émotions
Parce que je n’ai pas appris
Parce que j’ai mal appris”

Je renonce à marcher seule
Et me cache
Le monde est vaste
Et me donne le vertige

La vie est comme un rêve,
UN MAUVAIS RÊVE FLOU
Même la lumière qui entre en moi est étrange
Je ne me connais pas, ne m’explique pas

Le soleil est proche, je le sens
Mais c’est l’ombre qui m’aspire
Je m’y cache pour souffrir,
Coupable, Honteuse,
Indigne de votre monde

Je pourrais me rouler en boule
Me protéger des agressions extérieures
Mais mes piquants à moi
Ont poussé vers l’intérieur
Ma peau est à l’envers

Je suis transparente et peux passer inaperçue.
Je me crois vide
Seule, j’ai tellement froid
Je suis fatiguée.

Mon corps est ma prison,
Mon esprit plein d’émotions négatives,
De souffrances mélangées au désespoir

Et quand mon proche me réchauffe enfin,
J’aimerais qu’il le fasse sans fin.
Lui seul peut nourrir le feu.
Mon esprit à moi laisse l’amour s’évaporer,
Oublie, demande encore et encore.

J’ai gardé mes rêves d’enfant bien au chaud
Mes besoins de grandir,
Mes désirs d’aimer, être aimée.
Mais l’enfant pleure en moi aujourd’hui.

Souffrir pour ne plus souffrir
Faire surface et me couper aux rochers?
Ou rester dans l’eau de mes songes
Et m’y noyer?

Pourquoi ai-je développé ce trouble?
Pourquoi être obligée
De ressentir tant, trop,
Jusqu’à la déchirure?
Pourquoi y penser, y penser
Et y penser toujours


Je vois les autres en ennemis
Redoutables, glacés, glaçants
Ou en amis de lumière.
“L’autre est souvent tout,
Tout bon ou tout mauvais.”

Je me sens tellement petite
Et insignifiante
Dans ce vaste monde
Fait de dangers.

Mais depuis que je sais,
Je veux parler pour toi.
Afficher un sourire
D’espoir pour toi.
Je fais la chasse à ce tabou.

Je suis ton autre, celle qui se montre,
Qui veut en parler, sensibiliser.

Je sais que tu souffres
Je connais ta peur
J’entends ta colère

Je vois les marques de ton désespoir
Gravé à jamais sur ta peau!

Les moments littéraires
Je les transforme en instants
Qui parlent de nous.

Pour un moment,
Ma peur s’envole

Parler!
Il faut en parler!

Parler de toi
Qui compte un peu sur moi,
Toi qui me ressembles.

Faire des conférences
Pour ceux qui veulent entendre,
Ceux qui ne ferment pas les oreilles, les yeux.

Je suis BORDERLINE
Écoutez!
J’ai tant de choses à dire.

DEMAIN EST UN AUTRE JOUR"

Texte de
Catherine Melchior"Je ne sais pas."
éditions Bénévent, 2008, 164 pages











jeudi 4 mars 2010

Personnalité limite, partie 2

"Comment encore se sentir normal lorsque votre conduite autodestructrice et déplacée a pour témoins votre famille, vos amis, vos collègues ou votre employeur? Comment encore se sentir normal lorsque ce comportement provoque des ennuis financiers, relationnels ou physiques?

Pour ceux qui ne sont pas atteints par ce syndrome, il s'agit d'un cauchemar qu'on espère ne jamais devoir vivre. Ce cauchemar, ceux qui en sont atteints le vivent et le revivent sans cesse, surtout lorsqu'ils sont confronté à un stress. Les sensations horribles sont fréquemment vécues... Les personnes TPL (trouble de personnalité limite) sont prêtes à tout pour faire disparaître cette douleur. La plus grande part de l'impulsivité et de l'autodestruction représente un effort en vue d'éliminer cette douleur. Spécialement celles qui sont sévèrement atteintes vont littéralement couper leur corps pendant ces stades de dysphorie. L'automutilation en elle-même est sans douleur (les coupures ne font pas mal) mais elles soulagent de la douleur morale.

Elles souffrent aussi de sautes d'humeur fréquentes, intenses et imprévisibles qui peuvent provoquer de la dysphorie, même en l'absence de stress. Les sautes d'humeur paralysent les efforts de la personne atteinte, l'empêchant de vivre une vie heureuse et réussie. Elles sont les victimes d'une maladie extrêmement pénibles et n'ont ni demandé, ni mérité ou causé leur maladie... Elles souhaitent désespérément être aimées mais leur mal les fait paraître impossible à aimer et sont terrifiées à l'idée d'être abandonnées et, en même temps incapables d'empêcher la maladie de détruire leurs relations.

Ceci est l'expérience d'une personne souffrant d'un trouble de personnalité limite."

Références: Dr. Leland Heller

dimanche 21 février 2010

Personnalité limite, partie 1

" Imaginez que vous êtes confrontés à un stress mineur, un pneu plat, un évier bouché, un désaccord avec votre amie, votre époux. Au lieu de rechercher une solution simple, votre esprit semble paniquer. Un sentiment de malaise se développe, causant une gêne au niveau de l'estomac ou de la poitrine. Des sentiments d'angoisse viennent alourdir ce sentiment croissant de malaise et d'inquiétude. Ceci est suivi d'une colère qui augmente rapidement et finit dans une rage si forte qu'elle vous submerge, alors même que vous vous rendez compte que cette réaction est exagérée. Dans les minutes ou les heures qui suivent, d'autres sentiments négatifs se font jour, y compris des souvenirs de peines passées, jusqu'à ce que vous reviviez virtuellement toutes les émotions négatives qu'un être humain peut ressentir. Vos défenses psychologiques sont dominées par une douleur émotionnelle insupportable. Vous vous sentez incapable de réagir tandis que votre esprit et votre corps sont en désarroi total dans vos efforts de réaliser ce qui vous arrive. Et comme la douleur continue de s'intensifier, le système nerveux développe des sensations bizarres de vide, d'engourdissement et d'irréalité.

Votre esprit cherche désespérément une issue et les solutions à cette douleur. Il fait revenir à la mémoire le souvenir de moments où vous vous sentiez mieux. Dès qu'un de ces moments réapparaît, votre esprit vous force avec frénésie à poursuivre cette activité jusqu'à un niveau excessif, autodestructeur, résultant finalement dans une délivrance biochimique. Les substances chimiques du cerveau sont libérées et stoppent la douleur jusqu'à ce que vous vous sentiez de nouveau mieux(normal).
Mais comment se sentir de nouveau " normal" lorsqu'on sait qu'un phénomène aussi horrible peut se reproduire à tout instant."

Références: Leland Heller

Et c'est ce que vit probablement mon fils. Sorti de la protection de la jeunesse, il est actuellement en LSJPA. (Loi sur le système de justice pénale pour adolescents).
Quelle est la différence, me direz-vous?

Protection de la jeunesse: le jeune doit être protégé de son environnement... Expérience passée? Flop total. De la pure foutaise. On discrédite le parent équilibré au détriment du parent qui n'est pas en mesure de s'occuper adéquatement de son jeune: ce parent, il faut le guider, l'aider. Et surtout respecter le jeune dans ses choix de vouloir revenir un parent qui a utilisé la violence physique, verbale et psychologique à maintes reprises, au risque de le perturber davantage dans ses difficultés qui sont, déjà en soi, pas facile sà gérer.Horreur, inacceptable.

LSJPA: la société doit être protégée du jeune...Bien sûr, après une année passée à courir de gîte en gîte et même dormir dans les abris d'autobus parce que le parent aux prises avec des problèmes de violence, qui a pourtant demandé la garde, ne s'en occupe pas et le laisse dépérir... Idem. Pas de changement. Statu quo.
Dès la fin mars, mon fils pourra sortir. Il sera en probation très surveillée pour une période de 2 mois. Son père a accepté de le reprendre et c'est aussi le choix de mon fils. Vive les droits de la personne... Il faut respecter le choix du jeune, même si ce dernier décide de retourner chez son père... Mon opinion ne compte pas, comme si mon passé, mon expérience de parent n'avait jamais existé. Je vous assure, il faut être fait très fort pour survivre à une telle aberration.

J'ai failli m'enfoncer encore. Juste un petit peu. Mais, je remonte en grand, comme l'oeil de l'indien qui, dirigeant sa flèche, vise la cible et a une confiance absolue en ses pouvoirs. Ils n'auront pas ma peau. J'ai à coeur l'équilibre, le bonheur de mon jeune, je tente de trouver le moyen de comprendre comment il fonctionne vraiment en l'acceptant tel qu'il est, et l'aider l'aider d'une autre façon. Ils ne savent pas quoi faire, comment agir avec moi.


"Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"


À suivre...