Humidité fraîche, tendre et généreuse
De tant de droiture
Et mystérieuse de ces nuits d'été,
Baignant dans ce restant de vent
Je te respire donc toi
T'engouffrant profondément dans mes poumons,
Plein de mes yeux fermés
Afin de te goûter toute entière
Si gourmande je suis
Non, je n’irai pas dormir maintenant
Et résisterai de te quitter
Parce que c'est trop bon de t'avoir là
Sur ma peau et en moi
Pourquoi ne te fais-tu pas chair d'homme
Qu'on tire vers soi plein les reins
Humidité fraîche, été comme hiver
Voilà que tu me giflerais les joues violemment
Et je ne dirais rien, complètement asservie
Bénie des dieux je suis
En ta compagnie
Ta gifle n'est que vie
Bienveillante en tout
Comme lorsque l'on revient
De la longue marche
D’un hiver rigoureux
Se réfugiant dans l'intérieur
De notre chez soi d'amour
Ta gifle est candeur retrouvée
Libérée de la chaleur d’un été suffoquant
N'en pouvant plus de retrouver vite là
L'envie de l'eau profonde
Toute en velours
Et de m’en aller dormir à présent
Bien sûr je le ferai
Parce que j'ai pu te faire mienne
Ainsi que des centaines de millions d'étoiles
Enveloppées dans mon châle noir volant au vent.
Les Éboulements, juillet 2014
CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RÉSERVE.
Auteur inconnu
samedi 30 août 2014
jeudi 28 août 2014
Bien sûr que c'est extra
Vous connaissez mon amour pour les tournures de mots racontées avec volupté. Cette interprétation de Léo Ferré, bien des années après, et dans toute sa maturité, j'aime, j'adore.
Difficile de trouver un video dénué de photos clichées et ça m'a pris un temps fou pour trouver le bon, le vrai, celui qui me colle à la peau, comme j'aime exactement l'entendre.
Alors le voici... Vive Ferré...
Difficile de trouver un video dénué de photos clichées et ça m'a pris un temps fou pour trouver le bon, le vrai, celui qui me colle à la peau, comme j'aime exactement l'entendre.
Alors le voici... Vive Ferré...
jeudi 14 août 2014
La Belle s'est endormie
Depuis mon arrivée samedi, les couleurs de l'été me gâtent. Cette journée s'annonce particulièrement humide et chaude mais le vent au large s'est levé en grand fou, comme bouche de géant raflant tout sur son passage.
Je prépare soigneusement la chambre pour ma grande amie d'enfance, Bouda, avec qui je passe toujours au moins 2 ou 3 jours par année, en duo. 49 ans d'amitié, c'est comme, ouf, beaucoup, c'est pas rien ça. Nous avions 7 ans lorsqu'une des deux a décidé de rejoindre l'autre en traversant la rue. À partir de cet instant, nous ne nous sommes jamais quittées. Une amie comme celle-là c'est une jumelle invisible que l'on traîne toujours avec soi, une magicienne qui sait tout, a partagé tempêtes, bonheurs, deuils et joies. Bouda ce serait comme un long film préféré, toujours si agréable à regarder et qu'on connaît par cœur. Elle a connu mes parents dans la trentaine, mes grands-parents, j'ai aussi connu les siens.
Je prépare soigneusement la chambre pour ma grande amie d'enfance, Bouda, avec qui je passe toujours au moins 2 ou 3 jours par année, en duo. 49 ans d'amitié, c'est comme, ouf, beaucoup, c'est pas rien ça. Nous avions 7 ans lorsqu'une des deux a décidé de rejoindre l'autre en traversant la rue. À partir de cet instant, nous ne nous sommes jamais quittées. Une amie comme celle-là c'est une jumelle invisible que l'on traîne toujours avec soi, une magicienne qui sait tout, a partagé tempêtes, bonheurs, deuils et joies. Bouda ce serait comme un long film préféré, toujours si agréable à regarder et qu'on connaît par cœur. Elle a connu mes parents dans la trentaine, mes grands-parents, j'ai aussi connu les siens.
Bouda et moi ça se vit comme un respect inconditionnel et une grande admiration mutuelle, encore aujourd'hui. Elle, c'est la magicienne du pinceau... L'inspiration à la dérive, je tentais désespérément de copier les dessins qu'elle faisait dans le cours de catéchèse. Pour elle, ça sortait toujours aisément, comme ça, sans penser. Peut-être bien qu'en imitant ses gestes gracieux et spontanés j'aurais pu y arriver. Alors, je l'imitais du coin de l'œil, discrètement... Mais au beau final, mon dessin était toujours un désastre et le sien, une merveille... Dire l'influence que l'une exerçait toujours sur l'autre; elle avait commencé le piano lorsque j'ai débuté mais n'a pas poursuivi. Sans commentaires ici, elle saurait mieux que moi parler de son expérience. Chacune sa voie... Elle est artiste-peintre aujourd'hui, je suis musicienne.
Lorsque mon papa est décédé et que je la vis au loin près de l'entrée du salon, discrète et immobile parmi la foule, je ne voyais qu'elle, ma Bouda. On s'est regardé et sans rien dire, on savait tout ce que l'autre pensait et ressentait; de l'émotion à l'état pur, celle qui vous prend à grands respires d'amour, les yeux tout remplis d'eau.
Lorsque mon papa est décédé et que je la vis au loin près de l'entrée du salon, discrète et immobile parmi la foule, je ne voyais qu'elle, ma Bouda. On s'est regardé et sans rien dire, on savait tout ce que l'autre pensait et ressentait; de l'émotion à l'état pur, celle qui vous prend à grands respires d'amour, les yeux tout remplis d'eau.
Il y en a bien une qui va partir avant l'autre un jour et, ce sera la dévastation, autant pour elle que pour moi, je le sais.
C'est chez elle que je me réfugiais durant les psychoses de mon père. On a tant inventé et créé ensemble; des danses et des improvisations parlées, des fous rires à n'en plus finir. Ses parents, ce sont comme les miens, comme de seconds parents vieillissants que l’on souhaiterait donc protéger à tout jamais. Je disais de sa mère qu'elle me faisait rire et de son père qu'il était beau. Et c'est vrai qu'il est beau son père, encore aujourd'hui. Et sa maman me fait rire avec ses chapeaux d'été...
___________
Sur la galerie de bois, accompagnée de ce vent puissant, la chaise me berce, c'est formidable...
J'ai apporté mon CD de Jacques Labrecque, hésité longtemps avant de l'écouter de nouveau. C'était un cadeau de Yang et ça me rappelle de biens beaux instants. Allez, vas-y, tu ne pleureras pas, mets-le. Quelle joie..." La belle s'est endormie" me fait toujours autant vibrer et je me sens tout à fait bien et heureuse, même si je suis partie seule ici avec mes deux petits chiens, que nous avons décidé d'un commun accord de ne plus vivre ensemble, parce que " La Belle s'est endormie" est un souvenir heureux qui nous appartient et jamais âme qui vive ne pourra nous le dérober.
Je me suis même surprise à fredonner à pleins poumons "À l'abri d'une olive". Alors voilà, acceptation. Et puis que dire de: "Vive la canadienne". Fafouin comprenait "Vive la canne à bière" Comme nous avions ri... De vibrants souvenirs ici, passés ensemble, Yang, Fafouin et moi. Un recueil de séquences d'amour et de tendresse enfouis profondément dans le cœur...
J'ai apporté mon CD de Jacques Labrecque, hésité longtemps avant de l'écouter de nouveau. C'était un cadeau de Yang et ça me rappelle de biens beaux instants. Allez, vas-y, tu ne pleureras pas, mets-le. Quelle joie..." La belle s'est endormie" me fait toujours autant vibrer et je me sens tout à fait bien et heureuse, même si je suis partie seule ici avec mes deux petits chiens, que nous avons décidé d'un commun accord de ne plus vivre ensemble, parce que " La Belle s'est endormie" est un souvenir heureux qui nous appartient et jamais âme qui vive ne pourra nous le dérober.
Je me suis même surprise à fredonner à pleins poumons "À l'abri d'une olive". Alors voilà, acceptation. Et puis que dire de: "Vive la canadienne". Fafouin comprenait "Vive la canne à bière" Comme nous avions ri... De vibrants souvenirs ici, passés ensemble, Yang, Fafouin et moi. Un recueil de séquences d'amour et de tendresse enfouis profondément dans le cœur...
Ici, bénie des dieux, je me sens protégée, imperméable à tout. Et puis, ces vacances, ce sont les miennes, alors j'ose m'approprier généreusement les lieux, me fondant dans la maisonnette qui ne fait qu'un avec moi, une grande alliée. C'est comme un petit miracle inattendu.
___________
Je la surveille, fébrile et impatiente, je compte maintenant les minutes. Elle arrivera bientôt Bouda et nous nous élancerons dans les bras l'une de l'autre et nous danserons en disant "youpi, youpi!" avec nos cœurs d'enfant. Nous sommes encore des petites filles.
Bouda s'en vient, elle s'en vient! Et alors ce sera un autre grand bonheur...
Les Éboulements, juillet 2014
Les Éboulements, juillet 2014
jeudi 7 août 2014
L'arrivée
Dès l'arrivée j'ai perçu de nouveau la transformation. Les pensées de mon cerveau s'estompent, immédiatement, en permanence. Anesthésie générale...
Mais enfin, comment cela se peut-il
Elle ne peut donc le vivre ailleurs
Ce bonheur si intense
Insensé et innommable?
En amour, elle est en amour
Avec l'immatériel, l'intouchable
Elle qui désire tant toucher...
Mais elle ne se défendra jamais
Contre le beau
Déjà toute soumise en lui
Elle l'a tant et tant senti
Tant et tant souhaité, désiré,
Dès l'arrivée
Encore, encore, oui...
Insatiable elle se sent
Sachant qu'elle en redemandera
Suppliante et à genoux...
La médecine magique de mon vaste fleuve m'engourdit totalement. Puis, souvenirs doux ou noirs s'éclipsent, passé et présent se confondent, dispersés dans le brouillard... Y ai-je déjà un seul instant pensé dans ma vie de ce passé, de mes souvenirs? Ne sont maintenant que résidus, presque imperceptibles. Lumière et noirceur font un grand ménage, le temps d'un éclair, balayés à tout jamais par le vent, pour ne laisser place qu'à la source de vie, puissante et calme à la fois, si enveloppante.
Ainsi la voilà la source, pénétrant en mon corps, jusqu'à sentir circuler lentement ce sang dans mes veines. Je n'y peux plus, ce bonheur céleste... À me sentir comme une déesse, je peux tout, je vis tout, puissante, sereine et tout en amour, tellement en amour...
Le centre de détention est loin, tout comme le reste d'ailleurs. Impossible de penser, s'en serait d'une gêne, d'une telle indécence. En soi, cela semble un immense exploit de ne plus pouvoir penser, seulement vivre. Mais, en ces lieux s'y trouvent protection et magie blanche. Deux heures consécutives de méditation intensive n'aurait pu m'apporter autant de bien-être intérieur, c'est pas possible comme je me sens bien...
Au sommet de ma falaise surplombant le fleuve, plus rien ne m'atteint. Dans ma petite maisonnette bleue et blanche, l'immensité du fleuve et des montagnes à perte de vue me font sentir grande, gigantesque et densément vivante...
Les Éboulements, dans Charlevoix, espace de vie de mes arrières-grands-parents maternelles, lieu de naissance de ma grand-mère. Le sang de mes ancêtres coule à flot dans mes veines, en symbiose avec les champs vastes tout plein de vert, le vent candide du St-Laurent, l'église du village sonnant fidèlement l'angélus de midi et dix- huit heures, l'Isle-aux-Coudres d'où je peux observer battures et marées à chacune de ses extrémité puis, les montagnes à perte de vue.
________
Ce matin, j'ai rencontré une gentille personne qui portait le même prénom que moi et gauchère en plus comme moi. Nous discutions en souriant de tant de beau:
"Lorsque je viens ici j'ai toujours l'impression que le temps s'est arrêté en 1940..."
Et elle de me répondre:
" J'ai aussi la même sensation mais moi c'est en 1925!"
Je dors merveilleusement bien et ne peux espérer et imaginer de plus agréables vacances, dans la paix , la simplicité et le vent du large...
Les Éboulements, juillet 2014
Libellés :
Elle et l'amour,
Petits bonheurs,
réflexion
mercredi 30 juillet 2014
L'inspiration
J'ai lu quelque part que certains auteurs passionnés et très inspirés dont j'oublie le nom, avaient pondu une œuvre complète en une semaine et l'autre en trois jours seulement. Cela m'impressionne. Mais beaucoup plus intriguant de chercher à comprendre de quelle façon ils s'y prennent. Maintenant je sais... Mais il fallait que je revienne ici pour recevoir ce cadeau.
Avant de partir, je terminais justement la lecture de la biographie de Serge Fiori: "S'enlever du chemin" et fut totalement fascinée et séduite de découvrir de quelle façon il s'y prenait pour composer. Je me disais que j'allais y puiser là une certaine inspiration pour mes jours d'écriture en solitaire dans lequel je me sens si bien. Pour s'enlever du chemin, il faut être patient et totalement à l'écoute de, sans jamais forcer, totalement libre, ouvert et, surtout, laisser entrer le silence et les brides de mots.
C'est pas compliqué finalement. Pour écrire, il ne suffit que d'être en présence du beau, le sentir et n'exister que pour lui, qu'en lui, totalement soumise, en silence, puis remercier. Le beau ça donne, ça t'agrippe de partout, généreux de bras tout agrandis n'en finissant plus d'ouvrir des tendresses d'amour pure. C'est le fleuve dense, l'horizon, les montagnes au loin et le vent toujours fidèle et amoureux. Sentir, aimer et me fondre dans le beau, de corps, d'eau, d'étoiles et d'esprit.
Et dire qu'il y a le pauvre, en attente toute une vie de se permettre peut-être un jour un mince filet d'espoir d'être heureux alors qu'il a tout, là, juste là...
Et dire qu'il y a le pauvre, en attente toute une vie de se permettre peut-être un jour un mince filet d'espoir d'être heureux alors qu'il a tout, là, juste là...
Des brides de phrases qui surgissent de nul part, jamais plus je ne les laisserai partir.
vendredi 25 juillet 2014
Tendresses
Je vous reviens bientôt avec des petits écrits tout inspirés.
Pour le moment, je suis en méditation permanente et profite de l'air salin du fleuve dans Charlevoix, Aux Éboulements.
Je vous envoie un petit brin de paix et de tendresse à tous.
Nanoulaterre xxx
Pour le moment, je suis en méditation permanente et profite de l'air salin du fleuve dans Charlevoix, Aux Éboulements.
Je vous envoie un petit brin de paix et de tendresse à tous.
Nanoulaterre xxx
mardi 8 juillet 2014
Fragilisée, en colère et révoltée
Lorsque je suis partie pour aller visiter Fafouin, j'étais déjà fragilisée en partant. Sans entrer dans les détails, je vis des choses difficiles ces temps-ci. La plupart du temps, je vais bien mais il m'arrive à l'occasion de sombrer dans des crises de larmes. Bon, je fais avec, et essaie de remonter mon bonheur, tout plissé par en dedans, ça ira pour la visite...
J'entre, vais chercher un numéro et passe à l'accueil pour la visite. Tout semble normal. Je donne ma carte- soleil ainsi que le nom de mon fils. Le préposé me donne ma clé de cadenas. Tout est beau. Mais, je me rends compte que je n'ai pas mes lunettes et ne vois pas très bien le numéro inscrit. Je retourne donc voir le préposé afin de m'assurer du bon numéro. Au moment où je retourne vers le casier déposer mon sac à main, il m'interpelle:
-Madame, on ne peut pas vous laisser passer.
-Ah bon, et pourquoi ?
-Vos bretelles dépassent de votre chandail.
Bon, un détail, je réajuste le tout. J'avais un petit débardeur noir sans manches en dessous. Je porte pas dessus un chandail léger et ample à manches 3/4, pas sexy du tout, alors tout est beau.
- Non madame, on voit un peu votre dos, c'est trop décolleté...
-Hein?
-Oui, et vous portez des legging...
-Et alors, c'est quoi le problème?
Je n'avais rien d'ajusté sur le dos, tout à fait convenable ce que je portais. J'ai vu tellement pire au parloir, rien à voir avec moi: les gros talons hauts aiguilles, seins à l'air, jeans super sexy et ajustés. Je ne comprends vraiment pas là...
-Et bien, lisez les règlements. Les legging sont défendus...
-Écoutez, je suis une mère de famille qui s'en vient visiter son fils, regardez-moi, ai-je l'air d'une danseuse qui va se pavaner devant les hommes au parloir?
-Désolé, va falloir que vous arrangiez ça...
Je regarde mes legging, tout à fait étonnée, désorientée... La colère et le ton monte...
- QUOI??? Je ne comprends pas, comment voulez-vous que "j'arrange ça" et de quelle façon faudrait-il que je m'habille? EN RELIGIEUSE??? Il fait 35 degrés celsius dehors, on crève!!!! C'est pas croyable! J'ai déjà vu pire au parloir, mais qu'est-ce qui se passe????
-Lisez les règlements affichés là sur le mur... Essayez de modifier ça...
Je regarde vite fait la liste longue comme le bras des règlements vestimentaires des visiteurs et qui n'a d'ailleurs jamais été respectée, je le vois à chaque visite:
-Non, pas la peine, je n'ai rien d'autre à me mettre sur le dos, comment voulez-vous que je MODIFIE mes legging??? Alors je m'en vais!!!
Étant donné que j'avais juste envie de l'étrangler, lui arracher la tête et de l'aplatir au sol, que je sentais mon intérieur bouillir de colère et d'injustice, que je me préparais à ne plus répondre de mes paroles, j'ai choisi de partir, sagesse oblige. Car, il faut vous le dire, si on va trop loin avec un préposé, on peut être interdit de visite pour un bon bout de temps. Je ne comprends pas ce qui s'est passé mais je sens, pour une raison que j'ignore, que cet homme-là voulait à tout prix m'interdire l'accès à mon fils. A-t-il reçu des consignes?
Je suis partie en larmes, en colère mais surtout excessivement révoltée. J'ai beaucoup de difficultés avec l'injustice. Je vais me calmer. Ça fait juste du bien d'en parler. Je vais sortir mon djembé africain et jouer. Défoulement!
mardi 24 juin 2014
Bonne fête mon Québec
Chers lecteurs
Je ne vous ai pas oubliés et reviendrai prochainement xxx
Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse Fête Nationale
Qu'elle nous rappelle d'où nous venons
Les dures labeurs de nos premiers colons
Des cries hauts et forts de nos patriotes
Ces gens, nos racines
Nous ont permis d'y être encore et de demeurer
Ce que nous sommes à présent.
Soyons fiers de nos racines, traditions,
De notre culture
De notre langue
Notre musique, nos poètes et nos artistes
Mais surtout, continuons à faire connaître à nos jeunes
Toute cette richesse extérieure et intérieure
Que nous possédons
Et qui font de nous un peuple hospitalier des plus uniques
Un peuple de coeur et d'amour
Je suis fière de mon Québec
Mon pays...
Le seul endroit où je me sens parfaitement moi-même
Emmitouflée bien au chaud dans mes racines
Mes contes, ma musique,
Mes feux de bois et mes légendes
Nanoulaterre xxx
dimanche 18 mai 2014
Les fleurs de cerisiers
Lorsqu'on laisse pénétrer abondamment l'odeur des fleurs de cerisiers au travers tout notre corps, avec le tremblement subtil et tiède du vent de mai, caressant le corps tout entier, tendrement, alors je vous jure... jamais rien de grave ne peut alors arriver. Quel merveilleux bonheur...
____________
Petit Jean de l'invisible, 10 ans déjà...
-Maman, maman, viens voir, il y a des oiseaux qui veulent entrer dans la maison!
-Mais voyons c'est impossible!
- Je te le dis maman, viens voir!!!
Je n'arrivais pas à le croire. Ils étaient bien là, deux chardonnerets jaunes qui insistaient désespérément pour entrer dans la maison, claquant inlassablement leur bec à la fenêtre du salon...
Me revient alors en mémoire le message d'espoir que j'avais envoyé à Marijo, la fille de Petit-Jean, alors qu'elle souffrait de voir son père dépérir.
- Regarde ce chardonneret, il se trouve à la croisée des chemins, signe que quelque chose de nouveau se présentera à toi.
Le matin de la visite des oiseaux, Petit-Jean était mort depuis la veille. Les chardonnerets ne m'ont pas quitté jusqu'à ce qu'il fut enterré. Ils venaient même à la fenêtre arrière de ma cuisine, insistants et déterminés à vouloir entrer. Quelque chose de surnaturel se produisait. De les observer ainsi, ils m'apparaissaient presqu'humains. Mais, que voulaient-ils bien me dire...
Petit-Jean, le frère de papa, un aide inespéré, toujours présent, aidant, pour maman et nous tous lorsque papa était en psychose. Petit-Jean que j'ai veillé presque jusqu'à la fin, sur son lit d'hôpital. Çà me faisait plaisir de le faire pour lui, il en a tant fait pour nous, et le temps s'est arrêté. J'ai pu observer l'énorme courage d'un homme qui a voulu en finir avec la vie, a raté sa sortie, pour ensuite tenir tête à tout le monde. Il fallait simplement respecter sa volonté, je fus sa complice. Petit-Jean, après un suicide raté, un diabète avancé, une gangrène à la jambe lui occasionnant d'atroces souffrances, a refusé l'amputation car il voulait vraiment mourir...
Cela ne pouvait plus continuer. Devant ses cries abominables, j'appelai l'infirmière.
- Écoutez, il faut augmenter la dose, çà ne fait plus d'effet, il souffre beaucoup trop!
- Mais si on lui donne une médication plus forte, çà va accélérer la fin.
Décidément, elle ne comprenait rien, alors j'insistai:
- ÉCOUTEZ, IL N'A PAS DEMANDÉ DE SOUFFRIR, IL A JUSTE VOULU MOURIR!
S.V. P AUGMENTEZ LA DOSE!!!
S.V. P AUGMENTEZ LA DOSE!!!
Il mourut dans les 24 heures. Il faisait très beau. Un 20 mai, c'était bien ciblé pour un fervent souverainiste, et les cerisiers étaient en fleurs, avez-vous déjà senti? Magnifique...
Lorsque le mois de mai revient, Petit-Jean revit à travers la senteur subtile et douce des fleurs de cerisier...
jeudi 1 mai 2014
Jamais 2 sans 3
Prise 1
-Excusez-moi, je cherche un plateau pour mettre la vaisselle et je ne trouve pas...
-Oui, oui, je sais ce que vous voulez. Nous en avons, attendez, je vais chercher pour vous.
L'homme avait une belle personnalité, un peu plus jeune que moi sans doute.
-Mais vous savez, il y a bien mieux que ça!
-Ah bon, et quoi de mieux finalement?
-Et bien, de bons bras d'homme!
-Dans ce cas, venez la faire chez moi la vaisselle!
-N'importe quand, 3 fois pas jour si vous voulez!
....
Mais des belles femmes comme vous ça ne doit pas être célibataire ça!
(ah bon et pourquoi pas)
-Merci...
____________
Prise 2
Pharmacie
Je donne ma prescription d'Ativan car je dois me faire opérer pour les yeux demain et j'ai besoin d'un relaxant....
- Souffrez-vous d'allergies?
-Oui, Monistat et clindamicine
- Allaitez-vous?
!!!!
Êtes-vous enceinte?
!!!!!
Mademoiselle , m'avez-vous bien regardé?
-Oui et ça peut toujours être possible.
-Écoutez, je ne peux ni allaiter, ni être enceinte, j'ai 56 ans!
-Ah! Et bien prenez-le comme un compliment madame, j'aurais jamais cru!
-Merci!
Hum... Bien je le prends, je le prends...
___________
Prise 3
J'attends qu'on m'appelle pour ma prescription. Une femme, un peu plus jeune que moi et sa mère viennent s'asseoir à côté de moi. Je me sens fixée et me retourne.
- Elles me sourient, je leur souris....
- Madame, on trouve que vous avez vraiment une belle coiffure et de belles mèches!
(Wow là, minute... Qu'est-ce qui se passe avec moi aujourd'hui?)
- C'est qu'en fait ce ne sont pas des mèches mais des cheveux gris!
- Bien peu importe, nous on trouve ça vraiment beau!
-Merci!
Bien coudons, je le prends...
Disons que ça met un petit baume sur mon coeur de femme...
vendredi 11 avril 2014
Le sonnet d'Arvers
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas ;
À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
« Quelle est donc cette femme ? »
Et ne comprendra pas.
Ce sonnet de Félix d'Arvers fait partie d'un recueil poétique paru en 1833. Il fut l'un des plus populaires du 19e siècle. Plusieurs cherchaient à savoir qui était cette douce inconnue
et certains s'amusèrent à compléter le sonnet. Il y eu plusieurs pastiches dont un ici, mon préféré , donnant la parole à cette inconnue:
Ami, pourquoi nous dire, avec tant de mystère,
Que l'amour éternel en votre âme conçu,
Est un mal sans espoir un secret qu'il faut taire,
Et comment supposer qu'elle n'en ait rien su ?
Non, vous ne pouviez point passer inaperçu,
Et vous n'auriez pas dû vous croire solitaire.
Parfois les plus aimés font leur temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
Pourtant Dieu mit en nous un cœur sensible et tendre,
Toutes dans le chemin, nous trouvons doux d'entendre
Un murmure d'amour élevé sur nos pas.
Celle qui veut rester à son devoir fidèle
Est émue en lisant ces vers tout remplis d'elle,
Elle avait bien compris... mais ne le disait pas. »
dimanche 23 mars 2014
Bénie des dieux et réflexions
Hier matin c'était la présentation des performances musicales de mes petits bouts de chou de 4 ans devant leurs parents. J'ai pris l'habitude de louer la sacristie de l'église tout près de chez moi pour l'occasion et comme toujours j'ai les mains pleines; valise d'instruments de musique, marionnettes, matériel audio, castelet. Un sprint pour mettre le tout en place et fonctionnel.
Je me stationne juste devant la porte où se trouve les escaliers menant au local; plus pratique. Avant d'ouvrir mon coffre arrière, je trébuche sur un véritable miroir de glace et par miracle je demeure sur mes deux pieds alors que, de toute évidence et selon mes calculs, j'aurais dû en réalité atterrir sur le dos en me fendant le crâne! Lorsque je tente d'ouvrir la porte d'entrée, elle est barrée. Pas de sonnette... Je dois donc faire le tour de l'église pour sonner au presbytère. Sprint no 2 en courant...
Et, le sourire fendu jusqu'aux oreilles:
-Bonjour monsieur le curé comment allez-vous? Non, ne regardez surtout pas ma botte droite; je sais, elle est délacée mais je vais faire attention, je ne tomberai pas!
-Je suis content de vous voir Mme Nanou. Toujours fidèle à vous-même!
-Ah bon, que voulez-vous dire?
-La jeunesse!
Hum, bien tiens je le prends ce compliment ce matin...
-Et bien merci, vous faites ma journée là!
Mes petits poussins d'amour ont bien fait ça, de vrais champions. Je les aime tant ces petits...
Lorsque vient le temps de repartir chez moi, c'est la grosse tempête. Wow, tout un défi, surtout que je sais bien qu'il y a de la glace sous cette neige. Pratico-pratique, je fais ni un ni deux et décide de rentrer ma voiture directement sur le grand trottoir près de la porte. Par contre, je n'avais pas réfléchi à l'étroitesse entre la porte de la voiture et le gros banc de neige juste à côté. Comment vais-je faire pour me faufiler là-dedans? Chirurgie... Mon théâtre de marionnette sous un bras, je me faufile délicatement afin de me donner l'espace nécessaire pour ouvrir la porte et hop, un petit miroir de glace. Je les attire ou quoi! Cette fois-ci c'est vraiment en pleine face que j'aurais dû tomber mais non, je suis restée debout, encore une fois! Bénie des dieux me dis-je en moi-même...
Au retour, pour prendre le reste de mes bagages, je vois monsieur le curé derrière la porte qui veut me dire bonjour. J'accours au devant de lui et me voilà qui pique direct à genoux dans l'escalier, les deux mains nues, enfoncées dans la neige. Oh boy... Bien la voilà la 3e fois, fallait bien que ça arrive!
- Je suis en train de vous faire une belle génuflexion, vous ne pouvez pas demander mieux!
-Vous êtes-vous fait mal?
-Non, pas du tout!
Puis, je me relève en vitesse et décide de terminer avec deux petites révérences, une avec le pied droit et l'autre avec le gauche. Faut bien rire de soi un peu, ça fait du bien! Tout compte fait, en additionnant mon message téléphonique laissé par distraction à ma comptable plutôt qu'au plombier afin qu'elle vienne débloquer mon évier de cuisine, ça vient clore ma semaine de gaffes.
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Il m'arrive de me demander comment je me sentirais si un de mes lecteur avec qui j'ai tissé des liens solides au fil des ans et qui demeure loin partait. Je pense à Nanoubis qui vit cette situation présentement... Les blogues ne sont pas éternels, les lecteurs non plus, pas plus que ceux qui écrivent. C'est pas parce qu'on écrit qu'on va y être demain, pas plus que ce lecteur qui vient me lire fidèlement.
J'espère que vous allez bien tout le monde... J'en profite pour vous dire que je vous aime et vous apprécie vraiment tous. Prenez soin de vous...
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C'est souvent dans la perte que l'on rend la valeur aux choses. En même temps, paradoxalement, dans la perte et la douleur se trouve toujours un certain calme, un souffle de vie intérieur, indéfinissable, celui qui fait qu'on repart avec un cadeau, un genre de bonus; celui d'emporter avec soi ce qu'il y a eu de meilleur chez l'autre. C'est comme un petit miracle ça, faut savoir reconnaître et apprécier.
"Au centre de nous-même réside une paix
que rien ne peut altérer.
Entrer quotidiennement en contact
Avec ce lieu de repos
Et d'énergie toujours présent
Est un devoir qu'une pratique régulière
Transformera rapidement en plaisir"
De même, dans la vie, si on prend la peine d'apprendre à regarder et sentir avec autre chose que sa tête, il n'existe ni bien ni mal, pas plus que d'événements de vie heureux ou malheureux, que de multiples fragments d'expériences qu'on a le devoir de transformer en séquences de vie positives et heureuses puis, qu'on range là, dans son coeur.
"Regarde l'événement venir à toi
Et rends-le heureux
Envers et contre tous "
________________________
Tiens, j'aurais pu détester le feu, m'en faire une véritable phobie et un ennemi redoutable, parce que mon père, en état de psychose, jetait tout dans le feu; des casseroles, des vêtements, des vinyles, tout y passait. Il a même fait flamber le beau grand saule pleureur dans notre cour arrière et un hôtel à Québec. Et lorsqu'à la maison, on perdait quelque chose qu'on ne retrouvait plus jamais finalement, on avait l'habitude de dire d'un ton résigné: " Bon, ça doit être parti dans le feu!" Et pourtant, aujourd'hui, je l'adore ce feu moi, celui qui crépite dans l'âtre de la cheminée, apaisant et sécurisant, un vrai allié quoi.
Hier soir, je sirotais un petit verre de vin, emmitouflée dans mon châle, devant la chaleur des flammes. Dans le froid fébrile de cette tempête qui s'apaisait, j'y distinguais au travers la fenêtre l'ombre sombre des sapins tout enveloppés de blanc à la lueur d'un ciel épais de couleur, presque mauve finalement. J'avais devant moi un tableau d'une grande beauté. Admirant ce chef d'oeuvre et le silence velouté qui m'accompagnait, je me disais que j'étais vraiment heureuse...
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samedi 15 mars 2014
Un rayon dans la pénombre
C'était il y a 30 ans...
Souvent, entre deux examens ou deux pratiques, nous prenions plaisir à nous taquiner, rigoler, savourer le moment présent. Lui, totalement léger, pur, rêveur... J'étais celle qui le ramenait. Tiens, un jour, nous étions à la musicothèque:
-Qu'est-ce que tu fais Nanou?
- J'écoute une dernière fois mes auditions.
-Ah...
-Et toi?
-Bien je pense que je vais moi aussi m'y mettre au moins une fois avant l'examen.
- Quoi, t'as pas préparé tes auditions???
-Non...
-Mais tu vas couler ton examen!!!
Alors, avec ce petit rire sympathique qui lui allait à merveille et son accent vietnamien, Anh m'avait lancé:
-Oui je sais mais je l'avais complètement oublié cet examen...
Alors je m'éclatai de rire!
Ces auditions... On en avait pour des heures, des dizaines et des dizaines d'oeuvres à écouter! J'adorais ça. C'est plaisant étudier en écoutant de la musique. Pendant l'examen, les pièces musicales étaient mises au hasard et jamais au début. Je regardais Anh écrire les réponses sans trop savoir, désespéré. C'était à la fois drôle et pathétique!
Combien de fois Anh est-il venu frapper à la porte de mon local de pratique, insistant et toujours chaleureux: " Aller, viens prendre un bon croissant sur St-Denis!" L'important pour lui était l'instant présent. La tentation était si forte mais je résistais, souvent... Comme j'aurais secrètement souhaité à maintes reprises sombrer dans le doux rêve et me désister de mes obligations, tellement son charme pur et innocent m'interpelait... Et je m'entendais lui dire: " Anh, je ne peux pas là mais, ce week-end si tu es libre, j'aurai tout mon temps et nous pourrons parler et rire à notre goût?"
Il me recevait avec ses sandales asiatiques, les pieds couverts de bas blancs. et semblait si confortable. Chez lui, l'éclairage avait l'allure d'une tendre fête magique, une lueur à la fois chaude, sombre et douce inondait la pièce comme nulle part ailleurs, si divinement parfaite. Ça sentait le poulet au curie. Il me mijotait de succulents repas avec calme et générosité. À quel point la qualité de sa personne m'enrobait de sa chaleur sécurisante et si réconfortante, on n'a pas idée.... Anh l'unique, Anh le pur, mon ami.
J'avais beaucoup de talent certe mais lui était tout simplement génial. Au delà de tout, je l'aimais pour ce qu'il était; généreux, spontané, spirituel, bon, attentionné, pur, à l'écoute, vrai, passionné. Combien de fois nous nous sommes retrouvés seuls dans l'univers à réinventer le monde, entourés de chandelles disposées avec soin, inondés du parfum subtil de l'encens, la tête posée sur les coussins de repos:
-Met ta tête là, ça va te faire du bien...
Un soir, calmement, la tête bien posée au creux du coussin, je lui demandai:
-Anh, joue-moi quelque chose d'apaisant...
Alors, tout naturellement, il se mit au piano et m'interpréta une pièce sublime que je n'avais jamais entendue auparavant. Et moi qui pensais connaître Brahms... pfff... J'écoutais en silence, dans ce moment de grâce, les notes déposées avec toute l'élégance que je lui connaissais. J'aimais le voir jouer, si beau dans sa musique... Cela me subjuguait, me dépassait, il était l'âme de cette musique.
Alors voilà... La musique a de ces pouvoirs qui demeurent à jamais soudés dans le temps, conservant la magie d'un réel bonheur passé, transporté dans l'immédiat lorsqu'elle revient nous visiter.
Anh, mon ami, tu me manques tant...
Johannes Brahms
Intermezzo opus 118 no 2
samedi 22 février 2014
L'empreinte
Je me sens comme une débutante qui revient de loin, toute penaude, croyant fermement qu'elle ne réussira pas à dire, après tout ce temps de silence.
L'exercice d'écriture m'a fait défaut, en même temps qu'il m'a terriblement manqué.
Moins on écrit, plus les mots semblent nous échapper, comme la douce mélodie inconnue, écoutée quelque part, avec passion, qu'on aurait dû noter là, au bon moment, tellement on l'aime et qu'on n'a pas fait. Zut...Vilaine fille.
Je devrais suivre l'exemple de Femme Libre et écrire tous les jours. La rigueur, vive la rigueur, celle qui nous donne de grandes ailes en finale. C'est tellement naturel et aisé pour moi en musique, léger et simple pour elle en écriture. J'admire sa constance.
L'excès d'écriture n'a jamais tuer personne bien au contraire, et en prime, donne des ailes et une âme aux mots qui se mélangent exactement là, à la seconde près, à nos propres pulsions et sentiments intérieurs, lorsque le tout est bien branché et ça, c'est une grâce, oui. Je ne peux pas écrire sans vivre cela.
Le centre de détention de Bordeaux peut devenir radieux à tout moment. Tout dépend de soi. Oui, on ne le répétera jamais assez: chacun possède tous les pouvoir, y compris celui de transformer les moments les plus affreux en instants agréables et des plus heureux. Je peux affirmer en toute bonne foi qu'ils resteront pour moi heureux, pour toute la vie, oui, pour toujours.
Lorsque je mets les pieds là, ils sont tous polis ces gardiens, gentils, souriants et agréables avec moi. J'apprécie tellement.
- Maman, je comprends pas. Lorsque ma blonde vient me voir, elle dit qu'ils sont tous bêtes avec elle.
-Je pense que c'est une question d'attitude intérieure. Si elle se sent en paix, heureuse, ouverte et sans préjugés face à eux, je pense qu'ils le sentiront et seront agréables avec elle.
Il ne semblait pas certain de bien comprendre. Pas grave. Un jour, il comprendra. Moi je sais que c'est du fond de nous que ça part, pas ailleurs. On ne peut changer que soi-même.
Le centre de détention de Bordeaux, bien je l'ai vraiment tué, assasiné, parce que je l'ai décidé, point. Fini les larmes, les pleurs à n'en plus finir. J'en ai fait mon allié, un lieu de sérénité, de paix et d'amour. Peut-être que ça se sent au fond. Les gardiens sont gentils et d'une politesse avec moi, c'est comme une petite fête à chaque fois, oui, c'est ça, une petite fête et j'ai bien l'intention que ça demeure ainsi. Je trouve ça bien agréable les petites fêtes remplies de sourires.
Fafouin aura finalement sa sentence le 25 mars prochain. Entre-temps, la vie coule comme elle doit couler, nourrie de mes passions, ma musique, mon fils, mon conjoint, ma famille, mes petits enfants, mes amours, mes amis et tous ces petits imprévus qui rendent la vie, ah... comme ça, belle, si magnifique...
Hier, ils me souriaient encore, à fendre l'âme. Faudra que je leur dise la prochaine fois, que je les apprécie beaucoup, vraiment, ces gardiens de Bordeaux.
Aujourd'hui, ce fut la fête avec Fafouin. Des souvenirs comiques et cocasses furent transformés en confidences de maman au vécu d'adolescente et jeune adulte troublée, complètement perdue et perturbée, absolument imparfaite et consommatrice de n'importe quoi. Un soulagement pour moi et une confiance indéfectible en mon fils. Il l'a senti, et moi, j'éprouvais le besoin et l'honnêteté pressante de lui confier mon imperfection.
Nous nous sommes compris. Je sentais qu'il savait que cela ne faisait qu'un temps, que les pires folies passent...
Oui oui je sais, il ne reste que 10 minutes à notre entretien, le petit billet de la gardienne de prison me l'indique. Alors, on se charge de les rendre les plus radieux et agréables possibles ces 10 minutes. Quelle chance, sans cela on ne saurait jamais tout ce qu'il reste de si intense et important dans l'empreinte vivante de nos mains collées contre la vitre. Je t'aime maman... Je t'aime Fafouin....
Oui oui je sais, il ne reste que 10 minutes à notre entretien, le petit billet de la gardienne de prison me l'indique. Alors, on se charge de les rendre les plus radieux et agréables possibles ces 10 minutes. Quelle chance, sans cela on ne saurait jamais tout ce qu'il reste de si intense et important dans l'empreinte vivante de nos mains collées contre la vitre. Je t'aime maman... Je t'aime Fafouin....
jeudi 14 novembre 2013
Enfin la lumière
Bien oui, enfin la lumière.
Pas pour Fafouin mais pour moi. Lutte infernale afin de sortir d'une dérive de l'âme vers la noirceur. Terrible. C'est la 2e année consécutive que ça m'arrive. Et toujours à partir de la mi-septembre. J'ai remarqué que ce trou noir coïncide avec la fin de mes brasses dans la piscine, eau froide oblige.
Je m' y suis fait prendre une autre année. Maintenant je sais; il faut que je remplace mes brasses par autre chose d'aussi intense. Obligatoire! Cette fois-ci j'ai compris...Vélo stationnaire intensif en remplacement de la piscine en plus de mes marches rapides quotidiennes avec mes chiens. Et vlan, me revoici sur le "On". Libération et reprise de ma joie de vivre!
Vous croyez vraiment que je suis toujours stable et forte? Détrompez-vous. Pendant tout le mois d'octobre, j'ai vécu une lutte intérieure intense avec le noir. Je ne veux plus revivre ça. L'an prochain je vais palier au déficit et sauter immédiatement sur le vélo lorsque les brasses piscine seront terminées. Bref, je dois poursuivre l'exercice intensif toute ma vie au moins 30 minutes par jour. C'est ça ma porte de sortie, mon énergie, un des billets vers le bien-être et bonheur intérieur assuré.
Fafouin maintenant.
Première "re-visite" à Bordeaux fortement déficitaire pour moi. Pas bon d'aller là dans ma période noire. Pourtant, tout le monde est si gentil avec moi mais, rien ne passe. En sortant, je reprends ma carte de visite en larmes. Peux pas faire mieux, ça coule tout seul. Ils doivent être habitués avec ça, je ne m'en fais pas trop. Suis en train de remettre en question mes visites pour le moment. Ça n'a aucun bon sens de me présenter là en lambeau, je ne serai d'aucune utilité pour personne. Prenons le temps de reprendre des forces là!
Puis, de jour, comme de soir, je rumine... Me fais du mal et me flagelle carrément, repense aux moments doux de l'enfance de mon fils, ces moments précieux figés dans le temps, rien que ces instants précis où rien de toutes ces choses horribles ne s'étaient encore passées. La vie était là qui l'attendait à bras ouverts. Cours mon enfant, cours! La joie au coeur, le bonheur dans les yeux, un sourire comme c'est pas possible, dieu qu'il semblait heureux cet enfant lorsqu'il jouait avec ses camarades au soccer, puis au basket et enfin dans ses cours de karaté. Non mais, je ne me suis pas trompée, je le voyais ce bonheur, cet équilibre, j'y étais, spectatrice de cette joie de vivre.
Et puis voilà, le vent donne une sacrée raclée, venant balayer à tout jamais ces instants remplis de cette immense pulsion de vie vers l'avenir. Et vlan, cela n'est plus.
Tout se bouscule en moi. La réalité vient me gifler rapidement... Mon fils est un criminel... Mon fils est un criminel... Il est en prison... Il est en prison... Les deuils se multiplient... Pas d'adolescent ici, et moi qui y voyais tellement autre chose. Pas d'amis qui entrent et sortent, pas de souffle de vie, un rayon de soleil en moins dans la maison, pas de bal de finissant, pas d'avenir pour l'instant et 2 petits-enfants avortés. Des talents en réserve et aucun moyen d'y parvenir pour l'instant.
Ok, stop, c'est assez. Acceptation. Je suis passée au travers, une autre fois. Non, ne me donnez pas de prix, ni médaille, j'ai souffert le martyre.
29 novembre, sentence. Bon sens, cela me semble une éternité. Pas certaine que mon fils acceptera mon témoignage écrit. Il résiste vraiment fort. Que puis-je y faire... Rien. Absolument rien!
Je déteste les attentes et zones grises. 29 novembre, on verra. Un jour à la fois.
Depuis 2 semaines je me suis retrouvée enfin. Et vive la vie!
jeudi 10 octobre 2013
Parler des vraies choses
Fafouin connaîtra sa sentence le 29 novembre prochain. Palais de justice de Montréal. Fort probablement 2 ans et 1 jour, mais, son avocate que sa petite amie paie, va essayer d'obtenir 18 mois car, d'après elle, le juge ne semble pas être au courant qu'il a terminé en avril dernier une peine de 9 mois. (Bien voyons donc toi ... )
Je tente de me dissocier du mieux que je peux de toute cette merde juridique mais j'avoue que j'ai beaucoup de difficulté. Ai-je besoin de vous dire que je ne crois plus ni en la justice et encore moins en les avocats? Mon fils vieillit et donc, je me contente de dire une seule fois ce que je pense bien franchement de la situation puis, me retire par la suite. Insister serait malsain car je crois sincèrement que, et de un, je n'ai pas du tout l'intention de gruger encore une fois dans ce qui me reste de fond d'énergie pour ce genre de situation, et de 2, je pense qu'on devient adulte avec les expériences qu'on vit et ce qu'on en retire pour grandir par la suite.
Mon fils s'est fait avoir, tellement clair depuis le début... Comment a-t-il pu espéré s'en sortir avec une caution, en payant un avocat, avec un braquage et une séquestration? L'avocate savait très bien qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir avec une caution, mais, tant que l'argent rentre... Faut pas se faire d'idées, il n'y a que le maire Vaillancourt de notre belle municipalité de Laval qui peut s'en tirer avec une caution, bien qu'il soit accusé de gangstérisme... Il a payé lui, le gros prix, avec notre argent en plus... Belle justice! Guy Turcotte a été encore plus chanceux lui: cardiologue, le gros lot quoi! En ayant les moyens et se foutant pas mal de payer cher, on peut s'en tirer facilement et, sans remords en plus, même pour avoir martyrisé et tué de sang froid ses 2 enfants. Passons, je rage...
Depuis le 14 août dernier, mon fils s'est fait transférer 6 fois... sur-population carcérale : Rivière-des-Prairies, Québec, Baie-Comeau, Québec, Rivière-des-Prairies, Bordeaux. Ça, bien c'est le lot de la majorité silencieuse, celle qui ne peut se payer de BONS avocats ( bons est un bien grand mot...)
Pour un être humain qui est déjà très instable émotivement, toute une épreuve. Mais, je sais qu'il y survivra mon Fafouin.
____
Fafouin devait passer en cour le 15 octobre prochain pour un méfait commis 1 ans 1/2 auparavant. Cet été, lorsque tout allait bien je lui avant dit que ça me ferait plaisir de témoigner en sa faveur s'il continuait de travailler et de suivre la bonne voie. Il a retenu ce que je lui avais dit mais m'a demandé de témoigner en sa faveur après avoir commis ses délits...
Notre dernière rencontre à Rivières-des-Prairie fut formidable. mon beau garçon... Il ne veut pas parler de ce qu'il a fait, ce sentant assez coupable comme ça mais m'a laissé lui dire ce que j'en pensais et ce que j'allais écrire et présenter au juge et à son avocat si toutefois il était consentant. Il ne s'est pas offusqué. Au fond, il sait bien qu'il doit un jour affronter ses démons. M'a dit qu'il allait y penser.
Voici la lettre que j'ai rédigée et donnée à son avocate avec le consentement de mon fils...
À qui de droit,
mon nom est Nanoulaterre, je suis la mère de Fafouin ici présent.
Si je suis ici aujourd’hui c’est pour témoigner de mon expérience personnelle en tant que parent et ainsi, apporter un point nouveau dans ce dossier. Je tiens d’abord à préciser que je ne suis pas là pour entériner ni justifier en quoi que ce soit les actes dont mon fils est présentement accusé.
J’ai pu reconnaître en Fafouin, pendant toutes ces années passées auprès de lui, ses grandes qualités, son intelligence, sa joie de vivre et spontanéité, ses talents artistiques et créateurs, son grand coeur, sa sensibilité et sa personnalité attachante. J’ai pu aussi, avec le temps, constater sa grande force intérieure, son courage et sa capacité à rebondir et d’aller de l’avant ainsi que sa résilience à toute épreuve. Par la même occasion, je confirme qu’il a travaillé pendant 3 mois cet été, vivait de façon autonome et avait sa propre chambre. Et je n’ai aucune raison de douter de son désir profond et constant de gagner sa vie de façon stable ni de sa volonté de retourner aux études pour améliorer sa qualité de vie.
Très tôt, avant l’adolescence, mon fils a manifesté certains comportements déroutants. Son impulsivité et sautes d’humeur, spontanées et extrêmes l’ont placé bien souvent dans des situations embarrassantes, et pour lui et pour son entourage. Puis, vint le début de l’adolescence avec les fugues, drogues, alcool et petits délits. Une investigation psychiâtrique entamée en 2004 a été subitement interrompue, malheureusement, et jamais reprise par la suite...
Mon fils ne fonctionnait plus, à tel point que, pour sa propre protection et celle des autres, j’ai dû prendre une décision extrêmement déchirante, celle de le placer en centre jeunesse à l’âge de 14 ans.
Un système d’accès aux soins présentant des lacunes, des lois défaillantes et un papa peu coopératif ont laissé, avec les années, peu de place à ma volonté, en tant que parent de pouvoir offrir à mon fils les soins dont il aurait pu bénéficier. Peut-on vraiment être en mesure de décider à 14 ans de ce qui est bon ou pas pour nous, pour notre santé physique, psychologique et mentale?
Au fils des ans, l’impulsivité de mon garçon a gagné du terrain, atteignant toutes les sphères de sa vie.
En tant que parent, je suis allée chercher le support nécessaire. Ce qui m’a permis de comprendre un peu plus la dynamique de Fafouin.
Je pense qu’il serait fort souhaitable que mon fils puisse enfin avoir accès à des services appropriés à sa condition actuelle. Je pense entre autre à une approche vers un diagnostique en santé mentale. J’ai tout lieu de croire qu’il est possible ici qu’il soit question de troubles de personnalité limite caractérisés par une impulsivité extrême atteignant toutes les sphères de sa vie, ce qui l’empêcherait de fonctionner de façon adéquate.
Évidemment, rien ne vaut les décisions que mon fils puisse prendre, en toute liberté et en toute connaissance de cause, pour son propre bien et le bien de son entourage, s’il est convaincu lui-même du bien fondé de cette possible démarche .Voilà.
Je termine en disant que, peu importe les décisions que mon fils prendra, je respecterai et continuerai, comme je l’ai toujours fait à le supporter dans tout ce qu’il entreprendra de positif pour son bonheur et sa vie future.
Sincèrement,
Nanoulaterre
dimanche 1 septembre 2013
Le bonheur sous les arbres
Le bonheur sous les arbres, hum... Comment expliquer. Et bien, il se trouvait ce matin-même de ce 1er septembre. C' était en même temps la fête de ma petite soeurette d'amour. Je lui ai laissé une petite chanson de mon cru sur son répondeur. Elle a demandé un rappel.
Le bonheur sous les arbres c'était absolument magnifique. Un peu comme un jeu d'enfant. Les jeux j'adore. Il y avait d'abord les ombres des arbres et entre eux le soleil. Ce matin de septembre était d'une douceur et fraîcheur à en caresser les peaux les plus sensibles. Ah... L'amour, ça peut se retrouver partout: dans le frisson fébrile des feuilles encore vertes, dans les pas sûrs d'un corps rempli de vie, dans le regard d'un petit chien heureux de gambader avec nous. Ce matin, l'amour m'a surpris et je ne m'y attends tellement jamais, j'en oublie ce monde. Alors voilà qu'en un pas ferme mais léger, je m'amuse dans les ombrages frais des arbres pour rebondir dans un petit courant de chaleur de soleil, un entre 2 arbres quoi! Et hop et hop...
Quand le jeu va-t-il se terminer? Jamais! Je ne veux pas. Tiens, ouf, il y a encore des arbres plein la rue, le jeu se poursuit. Je ne l'ai pas cherché mais je savais, simplement à respirer ce vent frais que j'allais y découvrir quelque chose d'unique, des petits trésors inimaginables. Partir à la découverte, merveilleux. S'agit simplement de se laisser aller sans penser...
vendredi 23 août 2013
Pauline dort ...
L’amiantose est une maladie respiratoire chronique sérieuse qui rend la respiration difficile.
Elle est causée par l’inhalation de minuscules fibres d’amiante, un minerai résistant à la chaleur qui a déjà été largement utilisé dans la fabrication d’isolants, de revêtements de sol en vinyle, de ciment, de garnitures de freins et d’autres produits. Les personnes qui ont été fortement exposées à l’amiante, à la maison ou au travail, pourraient développer cette maladie
Quels sont les symptômes de l’amiantose?
Il arrive souvent que l’on ne remarque pas immédiatement les symptômes de l’amiantose. Il peut s’écouler de 20 à 30 ans entre le moment où une personne commence à travailler dans l’amiante et celui où elle remarque des symptômes. Dès lors, certains dommages seront déjà permanents.
Les symptômes de l’amiantose incluent :
Essoufflement. Au début, les personnes atteintes d’amiantose sont essoufflées lorsqu’elles font de l’exercice ou un effort intense. Ensuite, elles deviennent essoufflées même au repos.
Difficulté à faire de l’exercice ou une activité physique (monter un escalier, soulever une charge lourde, etc.)
Toux sèche
Douleur thoracique•
Le cancer primitif de la plèvre ou mésothéliome, est généralement consécutif à une exposition prolongée à l'amiante. Mais ce cancer peut survenir fort longtemps, jusqu'à 40 ans, après l'exposition.
Pauline dort pour toujours à présent mais elle a souffert énormément, pas seulement de manque de souffle ou de son cancer de la plèvre du poumon, non, non, mais de chagrin, de savoir sa fille unique en souffrance permanente vers une course sans fin, vers sa propre destruction... Sa fille c'est comme un peu mon Fafouin...
Elle n'a pas su, n'a pu se préserver et survivre à la souffrance de sa fille.... Elle ne serait morte d'amiantose et de son cancer, qu'elle serait morte de chagrin pour C. ma cousine.
Pauline, douce Pauline, jeudi dernier on a parlé d'animaux, de ton petit chien dont tu t'inquiétais tant, de mes chiens et des chats de maman. T'étais heureuse là, vraiment heureuse.... Et le samedi, lorsque tout semblait terminé, tes yeux perdus se sont agrandis à la vue d'Adèle, ma petite chienne que j'avais amené pour toi. J'ai senti là qu'Adèle t'apportait un bonheur inespéré, immense, que de la joie pour toi, bien que tu ne puisses plus ni t'exprimer ni bouger...
Repose en paix chère Pauline de mon coeur. Tes souffrances je les prends et les souffle loin, très loin, là où le vent, les brises et senteurs des fleurs des champs n'ont nul emprise.
Je t'aime pour toujours xxx
Je t'aime pour toujours xxx
mercredi 14 août 2013
Rechute...
Bon, c'est aujourd'hui que ça arrive. Je me réservais toujours une petite gêne au cas où, une petite gêne pour m'éviter l'effet de surprise et aussi la déception et la peine.
Lorsque je reçois un appel à frais viré, habituellement c'est pas bon signe. Après 3 mois d'une vie quand-même stable à travailler et payer sa chambre, changement de cap. Mon fils vient de se faire arrêter pour braquage et séquestration. Je n'en sais pas plus car il devait me quitter pour passer en cour:
-Et t'as fait ça avec quoi là, explique-moi?
-Un couteau.
....
-Je vais essayer d'avoir une caution maman.
Pensée magique...
-Mais t'auras pas de caution pour ce que tu viens de faire voyons! Et qui va payer?
-Ma blonde.
-Es-tu blessé, as-tu blessé quelqu'un ?
-Non.
-Il faut que je te quitte. Ils viennent me chercher pour la cour. Je te rappelle plus tard.
...
Bon, là je n'ai pas de peine, je ne panique pas. Je suis simplement en COLÈRE!
Calmons-nous.... Je reçois dans 1 heure ma grande amie d'enfance pour 2 jours et j'ai bien l'intention de passer de bons moments.
Analysons brièvement: il n'a blessé personne, il n'est pas blessé et ne peut plus faire de mal à personne pour un bon moment. De plus, il est en sécurité , alors bingo, tout est OK.
À suivre...
vendredi 9 août 2013
Les cigales, les criquets et le bonheur...
Je n'écris pas souvent et pourtant j'en ai irrésistiblement envie, toujours. C'est que, ce qui se passe dans ma tête dépasse souvent le texte que je pourrais être en mesure d'écrire. Les mots, tendresses, bonheurs et joie de vivre se bousculent, excusez-moi si je suis heureuse, parfaitement heureuse mais je le suis.
Présentement, les cigales et criquets me procurent une paix immense. J'apprécie tellement leur chant lorsque les draps souples et doux caressent mon corps de ces nuits d'été à n'en plus finir.
Bien, je suis en vacance depuis le 22 juin dernier mais j'ose à peine le dire car, bien franchement je suis en vacance l'année durant.
Maman s'inquiète de voir que je n'aurai pas de rentes de retraite d'un bon emploi rémunéré. Je tente de lui expliquer du mieux que je peux que...Y'en a pas de problèmes et que la retraite pour moi, ça n'existe pas. Je sais, je suis hors norme. La retraite c'est quoi au juste? Le repos après le travail de toute une vie? Une vie bien remplie? Remplie de quoi au juste? Et pourquoi pas la vivre pleinement cette vie, du début à la fin en faisant uniquement ce qu'on aime?
"Reposez-vous, vous méritez de vous reposez. "
Et se reposer de quoi au juste? Le travail ne devrait pas être une tâche à accomplir, simplement pour gagner sa vie. Absurde... Le travail ne devrait pas être un travail, non, cela doit être obligatoirement un état de bonheur quotidien de partage, en chaque instant, un partage de nos aptitudes les meilleures envers celui ou celle qui vient vers nous. En cette personne, du fait qu'elle me fait confiance, j'ai le devoir de ne donner que le meilleur de moi-même en m'efforçant de demeurer sensible à ce qu'elle est, à ses besoins et, à partir de là, de m'assurer que cette personne sera, de semaine en semaine, de plus en plus heureuse.
Je pense que ce sera tout pour ce soir....
mardi 16 juillet 2013
Message clair
Je souhaite que ceux et celles
Qui n'ont pas encore compris
Et qui jettent encore du plastique
Ne le fassent plus jamais...
Nanoulaterre xxx
dimanche 14 juillet 2013
Une nouvelle vie
Mon année d'enseignement s'est terminée le 22 juin dernier avec un très grand sentiment de devoir accompli, laissant derrière moi des élèves heureux, mes amours, qui, après une bonne année de travail ont pu montrer leur performance musicale à l'intérieur d'un petit récital intime. Je les aime, je les adore, ce sont mes trésors... Ils ont tous leur personnalité, ce petit quelque chose qui font d'eux des êtres uniques et spéciaux. Quelle chance d'avoir le privilège de passer avec chacun d'eux du temps de qualité et ainsi pouvoir les connaître et les apprécier comme ils sont. Certains ont un grand talent, d'autres moins mais je me fais un devoir que chacun reparte de chez moi avec un sourire et du bonheur dans les yeux. Je me sens infiniment reconnaissante de la chance que j'ai de pouvoir transmettre ma passion et de rendre les petits enfants heureux, vous n'avez pas idée.
Une nouvelle vie... Parce que depuis plus de 2 mois, mon Fafouin travaille toujours au même endroit et a toujours sa chambre. Stabilité, grande stabilité. Lorsqu'il vient me visiter, je le sens serein, en paix, calme, comme jamais auparavant. Il m'arrive souvent de penser que je vis dans un rêve, un monde qui m'est parfaitement inconnu, celui que j'ai toujours souhaité, imaginé, rêvé et supplié, souvent à genoux, les mains jointes. Serait-ce la bonne fois enfin, le début d'un questionnement adulte vers le chemin de l'accomplissement personnel? Je remercie le ciel, ma foi en mon fils, le dieu que j'ai prié maintes fois à voix haute, seule dans l'intimité de ma chambre. Je sens mon Fafouin devenir un être de plus en plus fort avec cette volonté de la recherche de l'équilibre. Je pense que je ne peux pas me sentir plus heureuse là. Je sais, je savais du fond de mon être que ce beau, ce magnifique jeune homme avait un pouvoir illimité de volonté et de force, qu'il serait capable de tout, pour le meilleur dans sa vie.
Je me sens redevenir une mère normale avec lui, à l'intérieur d'une relation sereine, d'adulte à adulte, sans crainte, sans peur, sans rien de tout ce qui a pu déjà exister. Je rêve ou quoi... Non. Quoi qu'il arrive, le passé est mort, définitivement mort. Peu importe s'il y a rechute un jour, je n'ai plus de crainte, aucune. Mon fils rebondira. Voilà.
Hier, je suis revenue par la petite route de la Montée du Moulin, premier chemin de l'Île Jésus, le plus important, celui qui menait au moulin. Je m'y sens bien en ce parcours de tant de vécu et d'histoire. Je me suis arrêtée à la petite cabane de fruits et légumes des fermiers du coin, à la croisée des terres agricoles. En ouvrant la porte de la voiture, un relant de bonheur au nez s'offrit à moi, sublime et irrésistible mélange de fleurs des champs. J'aurais voulu mourir là, sur place, tellement c'était bon.
M'adressant au fermier:
-Excusez-moi mais là je ne vois plus rien. Je ne sais plus ce que je suis venue chercher. Avez-vous senti ces fleurs, là, devant?
-Oui, j'ai le bonheur de les sentir tous les jours autour de ma maison.
-C'est merveilleux... Je ne veux pas que les champs disparaissent ici, ni les agriculteurs derrière.
-Ne vous en faites pas, au bout de l'île, ce sera très difficile.
Puis, nous nous sommes mis à parler de ce bout de terre à préserver, si beau et fragile à la fois et tout ça à cause de cette douce senteur de fleurs des champs.
Mon été, j'ai le bonheur de le savourer en toute simplicité et libre de mes journées car depuis maintenant 26 ans je l'ai décidé ainsi. Ce temps de vide dans lequel rien n'est planifié et tout est possible, j'en ai besoin. Je profite donc de chaque journée, ne planifiant rien à l'avance, sans culpabiliser. Quelle chance...
jeudi 13 juin 2013
Poussée d'autonomie
Il y a 1 mois, Fafouin me téléphone:
-Maman, est-ce que je peux venir chez toi et me servir de l'ordi pour envoyer des CV? Parce que là, faut que j'arrête de niaiser. Je vais aussi régler mes histoires de dettes et j'ai beaucoup de choses à faire."
J'étais à la fois surprise et perplexe:
-Bien sûr, tu peux venir. Mais qu'est-ce qui a provoqué ce changement de cap soudain?
- C'est à cause de M-P. Elle me pousse dans le dos. Faut que je me grouille là.
D'accord, sa nouvelle petite amie. Souvent c'est ce qui le motive à agir. Je préférerais que ça vienne entièrement de lui mais pour l'instant, il faut faire avec. Il avance quand-même.
La nouvelle petite amie, moi, mon chum, ma mère... Tout le monde a mis des pressions afin qu'il se trouve une chambre, un endroit bien à lui. J'en avais plus qu'assez du "squatage" d'un endroit à l'autre. C'est pas une vie ça, mais surtout, ce n'est pas ce que nous souhaitions pour son autonomie. Samedi dernier, j'avais atteint ma limite. S'il ne venait pas chercher son linge qui traînait dans une de mes bibliothèques, je mettais le tout dans un grand bac vert, à côté de la maison. Je n'ai pas eu à le faire, mon fils est venu chercher toutes ses affaires. Sa nouvelle petit amie l'accompagnait.
Fafouin travaille de nuit, depuis 3 semaines et s'est trouvé un endroit bien à lui; une chambre louée dans un logement. Le locataire du logement et l'autre chambreur travaillent . Tout le monde travaille quoi. Je pense que l'emploi de nuit lui convient à merveille parce que, de toute façon, il a l'habitude de se coucher très tard et aime se lever tard. De plus, en se levant à 16 hres l'après-midi il ne peut pas arriver en retard à son travail et en prime, n'a pas le temps de faire la fête. Fort intéressant aussi car mon fils ne semble pas aimer la routine et avec cet emploi, lorsqu'il pleut, il ne travaille pas et peut jouir amplement de sa liberté. À suivre. Un jour à la fois.
Sa nouvelle petite amie travaille et termine ses études en même temps. Très vaillante cette jeune fille.
Gentille aussi et très sociable. Me l'a présenté, est venu passer une soirée chez moi avec elle. M'a demandé comment je la trouvais. Bien sûr un parti très positif pour lui. Mais, je sens bien qu'il est avec elle pour la forme, parce que ça lui prend une femme dans sa vie, mais son coeur est ailleurs, avec Vé...
Vé, Vé... Il l'a appelé samedi dernier pour avoir de ses nouvelles. Elle venait d'entrer à l'hôpital. Son nouveau petit ami qui est devenu son ex il y a un mois l'a frappé et lui a lancé une chaise au visage.
Mon fils s'est rendu immédiatement à son chevet, perturbé... Rien n'arrive jamais pour rien au fond. Pourra-t-il faire un retour sur son vécu en revoyant ses propres difficultés avec Vé?
Je sais qu'il a dit à Vé qu'il était entrain de faire exactement la même chose avec sa nouvelle copine qu'avec Vé... Prise de conscience? Pas mal quand-même comme réflexion, pour un jeune homme de 21 ans. Un bon début!
Bref, ce qui est arrivé à Vé a traumatisé tout le monde et moi la première. Lundi, j'étais tellement pas là, faisant gaffes sur gaffes, une journée de m... quoi.
Depuis Dimanche, je n'ai pas de nouvelles de Fafouin. Un bref appel hier mais il n'avait pas le temps de me parler, devait partir pour le travail. Tout beigne. Parfait. Autonomie, c'est ce que je voulais. Il est capable ce jeune homme lorsqu'il se décide.
jeudi 23 mai 2013
Adieu M. Moustaki...
Avec vous j'entrais instantanément dans un autre monde, un monde de douceur et de paix.
Georges Moustaki, beauté de l'âme, beauté suprême... le tendre, le romantique, le poète...
Le temps de vivre
Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie
Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis
Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour
Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis
Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie
Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis
Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour
Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis
Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie
Georges Moustaki
vendredi 17 mai 2013
200 kilomètres à l'heure
Bien oui. C'est de cette façon que vit mon fils présentement. Comment fait-il, dans quel monde vit-il... Étourdissant. Si j'avais eu le malheur de me laisser entraîner là-dedans, émotivement, je serais morte aujourd'hui. Personne n'y survivrait, je peux vous l'assurer. Mais lui, comment fait-il... C'est quoi le truc?
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15 avril, sortie de détention de Fafouin. Journée splendide, je vais le chercher, le serre dans mes bras, pleure un bon coup. C'est quand-même quelque chose de pouvoir enfin serrer son fils après 1 ans de conversation derrière une vitre. Je pense que j'avais sous-estimé la chose et pris beaucoup sur moi... Le coeur me rattrape.
Plan no. 1 de Fafouin: aide sociale.
-J'ai peur...
-T'as peur de quoi?
-J'ai peur de rester sans argent, qu'ils ne m'en donnent pas.
-Sois sans crainte, ça va bien se passer. Au pire, t'as une famille, t'es pas tout nu dans la rue, comme plusieurs qui sortent. Et on peut s'arranger pour les prochains 2 semaines.
Bureau d'aide social. N'aura un chèque que dans 10 jours...
- Pis après y vont se demander comment ça se fait qu'on continue à voler!!!
-Eh! Wow! Ce n'est pas une raison, rien ne justifie de voler OK?
Plan no 2 de Fafouin
R,V. avec agent de probation. Je l'accompagne au palais de justice. Tout est beau, premier rendez-vous à jour. Alors go.
Plan no 3: logement, chambre. Je dois l'avouer, mon plan...
-Non maman, c'est assez pour aujourd'hui. Je ferai ça demain...
Il n'y a jamais eu de lendemain pour se trouver un toit. À partir de ce moment, tout était trop, trop pour lui.
-J'ai pas d'argent, ça ne sert à rien de chercher une chambre..
Rien à faire. Tout vient toujours de l'extérieur, jamais de lui.
- C'est pas une raison. Je t'avance 2 semaines et tu me remets lorsque tu recevras ton chèque. C'est si important d'avoir un toit.
- Je sais.. Cette semaine maman je vais prendre ça smooth.
Smooth pour Fafouin = buttinage d'une fille à l'autre, faire la fête, beuveries et nuits blanches. J'ai compris assez vite en même temps que de
préserver ma vie et mon bonheur rapidement. Règles strictes ici. Alors il ne vient pas souvent coucher.
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M'appelle en panique. Il a des boutons sur les lèvres, n'aime pas ça. Hum, je me doute bien de ce que ça peut être...
- ça m'apprendra à coucher avec une danseuse!!!
Ouf...
Ouf...
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-Faut que j'arrête de boire...
Au moins, il se le dit à voix haute.. Première prise de conscience. C'est toujours ça de pris...
-Mais tu allais aux groupes AA lorsque tu étais en détention, il me semble que tu aimais ça?
-Oui mais je faisais ça juste pour me changer les idées, pour passer le temps.
D'accord, il ne le faisait pas pour lui. Pas prêt...
-Mais tu allais aux groupes AA lorsque tu étais en détention, il me semble que tu aimais ça?
-Oui mais je faisais ça juste pour me changer les idées, pour passer le temps.
D'accord, il ne le faisait pas pour lui. Pas prêt...
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Sans entrer dans les détails je dois dire que mon bonheur et ma vie en furent préservés à ce jour. Mon équilibre est si important... Un jour, je me souviens avoir dû signaler mon propre fils à la DPJ et leur dire que je ne le reprenais pas chez moi après l'école afin que le signalement soit pris au sérieux. et que Fafouin puisse être en sécurité. Il avait 14 ans... Ce fut la plus difficile décision de ma vie. Cette journée-là, lorsque tout fut terminé, j'ai plongé endormie dans mon fauteuil. Lorsque je me suis réveillée et levée, je ne tenais plus sur mes jambes, et devais m'appuyer sur les meubles pour enfin pouvoir marcher... À cet instant même, je me suis jurée que plus jamais je ne me retrouverais démolie et affaiblie de cette façon, peu importe les circonstances et la situation.
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Il l'a reçu son chèque, un peu avant le 1er du mois. En 10 jours il n'avait plus rien. Tiens, un soir il est arrivé chez moi avec des vêtements neufs...
-Mais Fafouin, cet argent est pour te loger et te nourrir!
-J'avais envie de me gâter.
-MERDE, JE NE T'AI PAS ÉLEVÉ COMME ÇA!!!
Je me sentais tellement idiote d'avoir répondu ça, surtout à un jeune homme de 21 ans. À un moment, on ne sait tellement plus quoi dire, En fait, il y a tellement peu à dire... Toute parole devient tellement ridicule, stérile et surtout inutile... Je me tais, de plus en plus. Pas question que je le fournisse monétairement. Il le sait, ne me demande rien. Il se débrouille oui, très bien. Tiens, hier soir, il avait des souliers neufs de belle qualité dans les pieds.
-T'as des souliers neufs?
-Oui.
-Et qui t'a payé ça?
-T'as des souliers neufs?
-Oui.
-Et qui t'a payé ça?
- J'ai de l'argent...
Lorsqu'il est parti, je suis allée me chercher une bière pour faire passer ça...
Lorsqu'il est parti, je suis allée me chercher une bière pour faire passer ça...
Depuis 3 jours, je sens que je le perds. Il n'est plus là, ni lui, ni le regard, tout est pressant. Les êtres qui l'aiment et lui veulent du bien sont si loin de lui. Ne les considère pas, ne les voit plus. Le voilà de nouveau retombé dans le néant et la négation de son être, alcool depuis 1 mois et drogue maintenant. Je le connais tellement.
-Fafouin, regarde-moi . Je trouve que tu es en train de perdre la belle liberté que tu désirais tant. Il n'est pas trop tard tu sais. Tu peux arrêter ça là, maintenant...
-Arrête de m'achaler avec ça, j'suis pressé là!!!
-Je dis toujours non à l'alcool mais elle ne m'écoute jamais!
-Arrête de m'achaler avec ça, j'suis pressé là!!!
Les agences de recouvrements à ses
trousses de même que son agent de probation, parce qu'il ne va pas aux
rendez-vous, les entrevues qu'il décommande... Le voilà de nouveau
enfoncé. Il l'écrit si bien dans son réseau social;
samedi 4 mai 2013
Bizous de mai
Ce mois de mai
Ce mois de mai
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce mois de mai
Ma verte cotte
Ce mois de mai
je vêtirai
je vêtirai
De bon matin me lèverai
Ce joli, joli mois de mai
De bon matin me lèverai
Un sault, deux saults, trois saults
En rue je ferai
Pour voir si mon ami verrai
Je lui dirai qu'il me descotte
Me descottant le baiserai
Je lui dirai qu'il me descotte
Me descottant le baiserai
Ce mois de mai
Ce moi de mai
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce moi de mai
Je vêtirai
Clément Jannequin
(1485- 1558)
La cotte est une jupe paysanne!
jeudi 28 mars 2013
Une belle vie...
Fafouin est à Bordeaux depuis janvier. Me suis adaptée, vraiment. J'ai même réussi à faire de ces visites un temps pour moi en même temps que pour lui. Règle no.1: le sourire. Pourquoi? Bien parce moi, j'ai pas envie d'arriver là déprimée, que je suis pétante de santé et que j'ai bien l'intention de le rester. Ceci dit, sitôt sortie du stationnement, pièces d'identité présentées, je fais ma marche rapide jusqu'aux portes de fer vertes. Je pense que ça se transmet là, je veux dire le sourire:
Le gardien:
-Bonjour, vous venez pour me visiter?
-Oui! Comme à toutes les semaines!
Je me dépêche à prendre un numéro parce que j'ai hâte de me plonger dans mon magasine Santé. Savoir utiliser le temps qu'il me reste à attendre de la façon la plus profitable devient un art!
Tiens, aujourd'hui, il y a peu de gens. Je suis assise à côté d'une jeune femme et devant un beau jeune homme d'au plus 20 ans. Elle et lui discutent. Lui, je l'observe...
- Je viens de sortir, j'ai passé 6 mois en dedans pour... C'est vraiment le fun la sensation quand on sort!
Il est si beau, d'une prestance, un charisme incroyable, comme mon Fafouin. C'est pas un 2 de pique croyez-moi. Je ne peux faire autrement, abaisse mes lunettes et lui lance:
Je trouve que tu as une belle personnalité et toute l'avenir devant toi. As-tu du soutiens pour ta sortie?
-J'ai un métier, je suis briqueteur! Me dit-il tout enjoué.
Il était très positif.
-As-tu des gens pour te supporter là-dedans?
- J'ai mes cousins et cousines et des amis ici mais...
-Et tes parents?
-En 6 mois, mon père et ma mère ne sont jamais venus me voir.
-Je trouve ça bien triste... Bonne chance mon garçon...
J'étais attendrie, ce jeune, je l'aimais déjà de tout mon coeur, c'est comme si c'était mon fils. Il s'est levé, des gardiens l'appelaient, puis il sortit. Je me tenais devant la porte car mon tour arrivait. Je le vis sortir de nouveau. Il jeta un regard curieux en ma direction, vers la salle d'attente. Je lui fis un beau bonjour d'une main qui voulait tout dire à la fois, une main d'amour quoi. Il me renvoya le plus beau des sourires. Trésor, je ne l'oublierai jamais...
Ici, il se passe toujours plein de choses, plein d'émotion.
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Arrivée aux parloirs, pour la première fois, je ne suis pas restée longtemps, à peine 15 minutes.
- Ta sortie est dans presque 2 semaines. Quelle est ta priorité en sortant Fafouin, tu y as pensé un peu?
-Oui, faut que je me trouve une job. Je vais faire une demande d'aide sociale aussi, j'ai pas le choix.
Je vais me faire un peu d'argent en sortant, pour m'aider un peu, je vais cacher des... dans mes bas et le vendre...blabla...
Je n'entrerai pas dans les détails. Comment dire, et vlan, je recevais tout à la fois: une gifle, un cauchemar, une déception intense en même temps qu'une peine profonde mêlée d'une d'immense impuissance. Mais qu'est-ce que je fais là moi? Je suis un beignet ou quoi? J'avais le sentiment d'avoir été trompée sur toute la ligne, naïve à tel point... Ou bien est-ce la mère en moi qui ai tant espéré le voir prendre un chemin trop différent de ce qu'il est véritablement? Simplement parce que je souhaite comme tout bon parent le voir libre en ce monde, qu'il soit heureux? Mon fils ne veut pas suivre le droit chemin. Sa vie c'est de cette façon qu'il l'a choisie et qu'il veut la vivre. D'une évidence...
-Maman, pourquoi tu ne parles plus, qu'est-ce que t'as?
-Bon, écoute, je ne me sens vraiment pas bien là. Je suis en colère, j'ai de la peine, et à la fois déçue. Je croyais sincèrement que tu voulais te faire une belle vie... Je suis désolée mais je pense qu'aujourd'hui, je ne serai pas d'une très bonne compagnie pour toi. C'est trop là. Laisse-moi digérer tout ça d'accord? Maintenant, je dois partir...
- Mais maman, t'es pas sérieuse là???
-Oui. Il faut que je parte. Désolée. Je t'aime.
Je pose ma main contre la vitre et pars.
En quittant, je me suis parlée. Non, c'est pas vrai que je vais commencer à déprimer là. J'étais vraiment décidée à me recentrer sur moi-même sans quoi j'aurais fondu dans le désespoir, en larmes. Et cela m'aurait servi à quoi au juste? Pfff, non... Ajustement. J'ai passé une très belle fin de journée parce que j'en ai décidé ainsi: marche rapide, respirations lentes, soleil, repos.Faut que je m'occupe de moi, toujours.
OK. Il reste 2 semaines avant la sortie de Fafouin. Malgré 10 mois d'emprisonnement, le résultat est ce qu'il est, donc, impossible de l'aider ni le soutenir en quoi que ce à sa sortie. Tiens, je me vois parfaitement lui dire d'aller son chemin. Lâcher prise total: " Mon garçon, vole, vends de la dope, c'est vraiment ce que tu désires, bien fais-le et vas ton chemin!!"
Par contre, il faut qu'il sache que s'il choisit cette direction, il ne pourra pas venir à la maison aussi souvent qu'il le souhaite, de moins en moins en fait et peut-être un jour plus du tout parce que son mode de vie me fait peur, terriblement peur...
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