CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RSERVE.


Auteur inconnu

vendredi 27 mars 2009

Réponse de gars...

Mon conjoint et moi avons eu une semaine très très chargée et sommes en train de relaxer devant un repas bien arrosé. Et comme je le connais à la perfection, je le sens défaillir et tout prêt à s'envoler bientôt pour un grand voyage douillet au pays de Morphée.

Pas envie d'un scrabble? D'accord...Il n'a pas envie de penser.

Alors un bon film? Oui, mais à condition que j'aille moi-même le chercher.

Hum...

Il parle peu. Il est comme en transe, en demi-sommeil. Alors, je décide de l'achever avec une question de fille. Seulement pour le taquiner...on s'entend.

Pourquoi m'aimes-tu?

....

Tu ne réponds pas?

...J'aimerais mieux que tu me demandes: Est-ce que tu m'aimes? Comme çà je pourrais répondre "oui". Ou bien, tu peux me poser une question à choix multiples, comme çà je pourrais cocher une case...

...

Par chance, je le connais bien. Je poursuis...

Est-ce que tu te rappelles lorsque tu m'as dit: "Je ne connais pas de meilleure personne que toi et je ne verrais pas qui pourrait te remplacer."

Moi j'ai dit çà? Quand????

Comme s'il venait d'être mis à nu, le jour où il avait osé exprimé ses sentiments...

Et bien il y a environ 3 ans. Veux-tu voir? C'est écrit sur un bout de papier?

.....

Le reste de la conversation devient ici trop intime et çà, je n'écrirai point. Par contre la suite de l'histoire s'est très bien déroulée...J'ai gagné...au scrabble.

mardi 10 mars 2009

Petit Jean de l'Invisible

-Maman, maman, viens voir, il y a des oiseaux qui veulent entrer dans la maison!

-Mais voyons c'est impossible!

- Je te le dis maman, viens voir!!!

Je n'arrivais pas à le croire. Ils étaient bien là, deux chardonnerets jaunes qui insistaient désespérément pour entrer dans la maison, claquant inlassablement leur bec à la fenêtre du salon...

Me revient alors en mémoire le message d'espoir que j'avais envoyé à Marijo, la fille de Petit-Jean, alors qu'elle souffrait de voir son père dépérir.

- Regarde ce chardonneret, il se trouve à la croisée des chemins, signe que quelque chose de nouveau se présentera à toi.

Le matin de la visite des oiseaux, Petit-Jean était mort depuis la veille. Les chardonnerets ne m'ont pas quitté jusqu'à ce qu'il fut enterré. Ils venaient même à la fenêtre arrière de ma cuisine, insistants et déterminés à vouloir entrer. Mais que voulaient-ils bien me dire...Quelque chose de surnaturel se produisait. De les observer ainsi, ils m'apparaissaient presqu'humains.

Petit-Jean, le frère de papa, un aide inespéré pour maman et nous tous lorsque papa était malade... Petit-Jean que j'ai veillé presque jusqu'à la fin, sur son lit d'hôpital. Çà me faisait plaisir de le faire pour lui et le temps s'est arrêté... J'ai pu observer l'énorme courage d'un homme qui a voulu en finir avec la vie, a raté sa sortie, pour ensuite tenir tête à tout le monde. Il fallait respecter sa volonté et ce ne fut pas facile... Petit-Jean, après un suicide raté, un diabète avancé, une gangrène à la jambe lui occasionnant d'atroces souffrances, a refusé l'amputation car il voulait mourir...

Cela ne pouvait plus continuer. Devant ses cries abominables, j'appelai l'infirmière.

- Écoutez, il faut augmenter la dose, çà ne fait plus d'effet, il souffre beaucoup trop!

- Mais si on lui donne une médication plus forte, çà va accélérer la fin.

Décidément, elle ne comprenait rien... Alors j'insistai.

- Écoutez, il a simplement voulu mourir, il n'a pas demandé de souffrir. S.V.P, augmentez la dose!!!

Il mourut dans les 24 heures. Il faisait très beau. Un 20 mai, c'était bien ciblé pour un fervent souverainiste, et les cerisiers étaient en fleurs, avez-vous déjà senti? Magnifique...

Lorsque le mois de mai revient, Petit-Jean revit à travers la senteur subtile et douce des cerisiers...

dimanche 8 mars 2009

Journée de la femme, et pourquoi pas...

Et bien oui,

pourquoi pas...

J'ai toujours adoré ce texte d'Anne Sylvestre et bien qu'il date de ma jeunesse, il m'atteint toujours, droit au coeur.

Pour celles qui ne connaissent pas ou qui n'étaient pas encore de ce monde, le voici...

Pauline Julien en avait fait une délicieuse version tout en chanson, merveilleux...


Une sorcière comme les autres


S'il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d'oie
Des oreillers d'autrefois
J'aimerais
Ne pas être portefaix
S'il vous plaît
Faites vous léger
Moi je ne peux plus bouger

Je vous ai porté vivant
Je vous ai porté enfant
Dieu comme vous étiez lourd
Pesant votre poids d'amour
Je vous ai porté encore
A l'heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Je vous ai morcelé mon coeur

Quand vous jouiez à la guerre
Moi je gardais la maison
J'ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons
Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Avec tout le malheur dedans

Ce n'est que moi, c'est elle ou moi
Celle qui parle ou qui se tait
Celle qui pleure ou qui est gaie
C'est Jeanne d'Arc ou bien Margot
Fille de vague ou de ruisseau

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Et c'est la soeur ou l'inconnue
Celle qui n'est jamais venue
Celle qui est venue trop tard
Fille de rêve ou de hasard

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

Il vous faut
Etre comme le ruisseau
Comme l'eau claire de l'étang
Qui reflète et qui attend
S'il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m'inventez pas
Vous l'avez tant fait déjà
Vous m'avez aimée servante
M'avez voulue ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez
Vous m'avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m'avez faite statue
Et toujours je me suis tue

Quand j'étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus
Quand j'étais belle et soumise
Vous m'adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous

Ce n'est que moi, c'est elle ou moi
Celle qui aime ou n'aime pas
Celle qui règne ou qui se bat
C'est Joséphine ou la Dupont
Fille de nacre ou de coton

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Celle qui attend sur le port
Celle des monuments aux morts
Celle qui danse et qui en meurt
Fille bitume ou fille fleur

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

S'il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous ai rêvé depuis longtemps
Libre et fort comme le vent
S'il vous plaît
Libre aussi
Regardez je suis ainsi
Apprenez-moi n'ayez pas peur
Pour moi je vous sais par coeur

J'étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J'étais la bûche et le feu
L'incendie aussi je peux
J'étais la déesse mère
Mais je n'étais que poussière
J'étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas

Mais un jour la terre s'ouvre
Et le volcan n'en peux plus
Le sol se rompt
On découvre des richesses inconnues
La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyés

Ce n'est que moi c'est elle ou moi
Et c'est l'ancêtre ou c'est l'enfant
Celle qui cède ou se défend
C'est Gabrielle ou bien Eva
Fille d'amour ou de combat

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Celle qui est dans son printemps
Celle que personne n'attend
Et c'est la moche ou c'est la belle
Fille de brume ou de plein ciel

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

S'il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger