CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RÉSERVE.


Auteur inconnu

mardi 16 juillet 2013

Message clair

Je souhaite que ceux et celles 
Qui n'ont pas encore compris
Et qui jettent encore du plastique
Ne le fassent plus jamais...

Nanoulaterre xxx



dimanche 14 juillet 2013

Une nouvelle vie

Mon année d'enseignement s'est terminée le 22 juin dernier avec un très grand sentiment de devoir accompli, laissant derrière moi des élèves heureux, mes amours, qui, après une bonne année de travail ont pu montrer leur performance musicale à l'intérieur d'un petit récital intime. Je les aime, je les adore, ce sont mes trésors... Ils ont tous leur personnalité, ce petit quelque chose qui font d'eux des êtres uniques et spéciaux. Quelle chance d'avoir le privilège de passer avec chacun d'eux du temps de qualité et ainsi pouvoir les connaître et les apprécier comme ils sont. Certains ont un grand talent, d'autres moins mais je me fais un devoir que chacun reparte de chez moi avec un sourire et du bonheur dans les yeux. Je me sens infiniment reconnaissante de la chance que j'ai de pouvoir transmettre ma passion et de rendre les petits enfants heureux, vous n'avez pas idée.

Une nouvelle vie... Parce que depuis plus de 2 mois, mon Fafouin travaille toujours au même endroit et a toujours sa chambre. Stabilité, grande stabilité. Lorsqu'il vient me visiter, je le sens serein, en paix, calme, comme jamais auparavant. Il m'arrive souvent de penser que je vis dans un rêve, un monde qui m'est parfaitement inconnu, celui que j'ai toujours souhaité, imaginé, rêvé et supplié, souvent  à genoux, les mains jointes. Serait-ce la bonne fois enfin, le début d'un questionnement adulte vers le chemin de l'accomplissement personnel? Je remercie le ciel,  ma foi en mon fils, le dieu que j'ai prié maintes fois à voix haute, seule dans l'intimité de ma chambre. Je sens mon Fafouin devenir  un être de plus en plus fort avec cette volonté de la recherche de l'équilibre. Je pense que je ne peux pas me sentir plus heureuse là. Je sais, je savais du fond de mon être que ce beau, ce magnifique jeune homme avait un pouvoir illimité de volonté et de force, qu'il serait capable de tout,  pour le meilleur dans sa vie.

Je me sens redevenir une mère normale avec lui, à l'intérieur d'une relation  sereine, d'adulte à adulte, sans crainte, sans peur, sans rien de tout ce qui a pu déjà exister.  Je rêve ou quoi... Non. Quoi qu'il arrive, le passé est mort, définitivement mort. Peu importe s'il y a rechute un jour, je n'ai plus de crainte, aucune. Mon fils rebondira. Voilà.

Hier, je suis revenue par la petite route de la Montée du Moulin, premier chemin de l'Île Jésus,  le plus important, celui qui menait au moulin. Je m'y sens bien en ce parcours de tant de vécu et d'histoire. Je me suis arrêtée à la petite cabane de fruits et légumes des fermiers du coin, à la croisée des terres agricoles. En ouvrant la porte de la voiture, un relant de bonheur au nez s'offrit à moi, sublime et irrésistible mélange de fleurs des champs. J'aurais voulu mourir là, sur place, tellement c'était bon. 

M'adressant au fermier:

-Excusez-moi mais là je ne vois plus rien. Je ne sais plus ce que je suis venue chercher. Avez-vous senti ces fleurs, là, devant?

-Oui, j'ai le bonheur de les sentir tous les jours autour de ma maison.

-C'est merveilleux... Je ne veux pas que les champs disparaissent ici, ni les agriculteurs derrière.

-Ne vous en faites pas, au bout de l'île, ce sera très difficile.

Puis, nous nous sommes mis à parler de ce bout de terre à préserver, si beau et  fragile à la fois et tout ça à cause de cette douce senteur de fleurs des champs.

Mon été, j'ai le bonheur de le savourer en toute simplicité et libre de mes journées car depuis maintenant 26 ans je l'ai décidé ainsi. Ce temps de vide dans lequel rien n'est planifié et tout est possible, j'en ai besoin. Je profite donc de chaque journée, ne planifiant rien à l'avance, sans culpabiliser. Quelle chance...




jeudi 13 juin 2013

Poussée d'autonomie

Il y a 1 mois, Fafouin me téléphone:

-Maman, est-ce que je peux venir chez toi et me servir de l'ordi pour envoyer des CV? Parce que là, faut que j'arrête de niaiser. Je vais aussi régler mes histoires de dettes et j'ai beaucoup de choses à faire."

J'étais à la fois surprise et perplexe: 

 -Bien sûr, tu peux venir. Mais qu'est-ce qui a provoqué ce changement de cap soudain?

- C'est à cause de M-P. Elle me pousse dans le dos. Faut que je me grouille là.

D'accord, sa nouvelle petite amie. Souvent c'est ce qui le motive à agir. Je préférerais que ça vienne entièrement de lui mais pour l'instant, il faut faire avec. Il avance quand-même.

La nouvelle petite amie, moi, mon chum, ma mère... Tout le monde a mis des pressions afin qu'il se trouve une chambre, un endroit bien à lui. J'en avais plus qu'assez du "squatage" d'un endroit à l'autre. C'est pas une vie ça, mais surtout, ce n'est pas ce que nous souhaitions pour son autonomie.  Samedi dernier, j'avais atteint ma limite. S'il ne venait pas chercher son linge qui traînait dans une de mes bibliothèques, je mettais le tout dans un grand bac vert, à côté de la maison. Je n'ai pas eu à le faire, mon fils est venu chercher toutes ses affaires. Sa nouvelle petit amie l'accompagnait.

Fafouin travaille de nuit, depuis 3 semaines et s'est trouvé un endroit bien à lui; une chambre louée dans un logement. Le locataire du logement et l'autre chambreur travaillent . Tout le monde travaille quoi. Je pense que l'emploi de nuit lui convient à merveille parce que, de toute façon, il a l'habitude de se coucher très tard et aime se lever tard. De plus, en se levant à 16 hres l'après-midi il ne peut pas arriver en retard à son travail et en prime, n'a pas le temps de faire la fête. Fort intéressant aussi car mon fils ne semble pas aimer la routine et avec cet emploi, lorsqu'il pleut, il ne travaille pas et peut jouir amplement de sa liberté. À suivre. Un jour à la fois.

Sa nouvelle petite amie travaille et termine ses études en même temps. Très vaillante cette jeune fille.
Gentille aussi et très sociable. Me l'a présenté, est venu passer une soirée chez moi avec elle. M'a demandé comment je la trouvais. Bien sûr un parti très positif pour lui. Mais, je sens bien qu'il est avec elle pour la forme, parce que ça lui prend une femme dans sa vie, mais son coeur est ailleurs, avec Vé...

Vé, Vé... Il l'a appelé samedi dernier pour avoir de ses nouvelles. Elle venait d'entrer à l'hôpital. Son nouveau petit ami qui est devenu son ex il y a un mois l'a frappé et lui a lancé une chaise au visage. 
Mon fils s'est rendu immédiatement à son chevet, perturbé... Rien n'arrive jamais pour rien au fond. Pourra-t-il faire un retour sur son vécu en revoyant ses propres difficultés avec Vé?
Je sais qu'il a dit à Vé qu'il était entrain de faire exactement la même chose avec sa nouvelle copine qu'avec Vé... Prise de conscience? Pas mal quand-même comme réflexion, pour un jeune homme de 21 ans. Un bon début!

Bref, ce qui est arrivé à Vé a traumatisé tout le monde et moi la première.  Lundi, j'étais tellement pas là, faisant gaffes sur gaffes, une journée de m... quoi.

Depuis Dimanche, je n'ai pas de nouvelles de Fafouin. Un bref appel hier mais il n'avait pas le temps de me parler, devait partir pour le travail. Tout beigne. Parfait. Autonomie, c'est ce que je voulais. Il est capable ce jeune homme lorsqu'il se décide.






jeudi 23 mai 2013

Adieu M. Moustaki...

Avec vous j'entrais instantanément dans un autre monde, un monde de douceur et de paix. 
Georges Moustaki, beauté de l'âme, beauté suprême... le tendre, le romantique, le poète...

Le temps de vivre

Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Georges Moustaki


vendredi 17 mai 2013

200 kilomètres à l'heure

Bien oui. C'est de cette façon que vit mon fils présentement. Comment fait-il, dans quel monde vit-il... Étourdissant. Si j'avais eu le malheur de me laisser entraîner là-dedans, émotivement, je serais morte aujourd'hui. Personne n'y survivrait, je peux vous l'assurer. Mais lui, comment fait-il... C'est quoi le truc?

____

15 avril, sortie de détention de Fafouin. Journée splendide, je vais le chercher, le serre dans mes bras, pleure un bon coup. C'est quand-même quelque chose de pouvoir enfin serrer son fils après 1 ans de conversation derrière une vitre. Je pense que j'avais sous-estimé la chose et pris beaucoup sur moi... Le coeur me rattrape.

Plan no. 1 de Fafouin: aide sociale.

-J'ai peur...

-T'as peur de quoi?

-J'ai peur de rester sans argent, qu'ils ne m'en donnent pas.

-Sois sans crainte, ça va bien se passer. Au pire, t'as une famille, t'es pas tout nu dans la rue, comme plusieurs qui sortent. Et on peut s'arranger pour les prochains 2 semaines.

Bureau d'aide social. N'aura un chèque que dans 10 jours...


- Pis après y vont se demander comment ça se fait qu'on continue à voler!!!

-Eh! Wow! Ce n'est pas une raison, rien ne justifie de voler OK?

Plan no 2 de Fafouin

R,V. avec agent de probation. Je l'accompagne au palais de justice.  Tout est beau, premier rendez-vous à jour. Alors go.

Plan no 3: logement, chambre. Je dois l'avouer, mon plan...

-Non maman, c'est assez pour aujourd'hui. Je ferai ça demain...

Il n'y a jamais eu de lendemain pour se trouver un toit. À partir de ce moment, tout était trop, trop pour lui.

-J'ai pas d'argent, ça  ne sert à rien de chercher une chambre..

Rien à faire. Tout vient toujours de l'extérieur, jamais de lui.

- C'est pas une raison. Je t'avance 2 semaines et tu me remets lorsque tu recevras ton chèque. C'est  si important d'avoir un toit.

- Je sais.. Cette semaine maman je vais prendre ça smooth.

Smooth pour Fafouin = buttinage d'une fille à l'autre,  faire la fête, beuveries et nuits blanches. J'ai compris assez vite en même temps que de préserver ma vie et mon bonheur rapidement. Règles strictes ici. Alors il ne vient pas souvent coucher.

____

M'appelle en panique. Il a des boutons sur les lèvres, n'aime pas ça. Hum, je me doute bien de ce que ça peut être...


- ça m'apprendra à coucher avec une danseuse!!!

Ouf...
 ____

-Faut que j'arrête de boire...

Au moins, il se le dit à voix haute.. Première prise de conscience. C'est toujours ça de pris...

-Mais tu allais aux groupes AA lorsque tu étais en détention, il me semble que tu aimais ça?

-Oui mais je faisais ça juste pour me changer les idées, pour passer le temps.

D'accord, il ne le faisait pas pour lui. Pas prêt...

_____


 Sans entrer dans les détails je dois dire que mon bonheur et ma vie en furent préservés à ce jour. Mon équilibre est si important... Un jour, je me souviens avoir dû signaler mon propre fils à la DPJ et leur dire que je ne le reprenais pas chez moi après l'école afin  que le signalement soit pris au sérieux. et que Fafouin puisse être en sécurité. Il avait 14 ans...  Ce fut la plus difficile décision de ma vie. Cette journée-là, lorsque tout fut terminé, j'ai plongé endormie dans mon fauteuil. Lorsque je me suis réveillée et levée, je ne tenais plus sur mes jambes, et devais m'appuyer sur les meubles pour enfin pouvoir marcher... À cet instant même, je me suis jurée que plus jamais je  ne me retrouverais démolie et affaiblie de cette façon, peu importe les circonstances et la situation.

________

Il l'a reçu son chèque, un peu avant le 1er du mois. En 10 jours il n'avait plus rien. Tiens, un soir il est arrivé chez moi avec des vêtements neufs...

-Mais Fafouin, cet argent est pour te loger et te nourrir!

-J'avais envie de me gâter.

-MERDE, JE NE T'AI PAS ÉLEVÉ COMME ÇA!!!

Je me sentais tellement idiote d'avoir répondu ça, surtout à un jeune homme de 21 ans. À un moment, on ne sait tellement plus quoi dire, En fait, il y a tellement peu à dire... Toute parole devient tellement ridicule, stérile et surtout inutile... Je me tais, de plus en plus. Pas question que je le fournisse monétairement. Il le sait, ne me demande rien. Il se débrouille oui, très bien. Tiens, hier soir, il avait des souliers neufs de belle qualité dans les pieds.

-T'as des souliers neufs?

-Oui.

-Et qui t'a payé ça?

- J'ai de l'argent...

Lorsqu'il est parti, je suis allée me chercher une bière pour faire passer ça...

Depuis 3 jours, je sens que je le perds. Il n'est plus là,  ni lui, ni le regard, tout est pressant. Les êtres qui l'aiment et lui veulent du bien sont si loin de lui. Ne les considère pas, ne les voit plus. Le voilà de nouveau retombé dans le néant et la négation de son être, alcool depuis 1 mois et drogue maintenant. Je le connais tellement.

 -Fafouin, regarde-moi . Je trouve que tu es en train de perdre la belle liberté que tu désirais tant. Il n'est pas trop tard tu sais. Tu peux arrêter ça là, maintenant...

-Arrête de m'achaler avec ça, j'suis pressé là!!!


Les agences de recouvrements à ses trousses de même que son agent de probation, parce qu'il ne va pas aux rendez-vous, les entrevues qu'il décommande... Le voilà de nouveau enfoncé. Il l'écrit si bien dans son réseau social;

-Je dis toujours non à l'alcool mais elle ne m'écoute jamais!

samedi 4 mai 2013

Bizous de mai

Ce mois de mai

Ce mois de mai 
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce mois de mai
Ma verte cotte
Ce mois de mai
je vêtirai

De bon matin me lèverai
Ce joli, joli mois de mai
De bon matin me lèverai
Un sault, deux saults, trois saults 
En rue je ferai 
Pour voir si mon ami verrai  
Je lui dirai qu'il me descotte 
Me descottant le baiserai

Ce mois de mai
Ce moi de mai
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce moi de mai
Ma verte cotte
Ce moi de mai 
Je vêtirai

Clément Jannequin
(1485- 1558)

La cotte est une jupe paysanne!




jeudi 28 mars 2013

Une belle vie...

Fafouin est à Bordeaux depuis janvier. Me suis adaptée, vraiment. J'ai même réussi à faire de ces visites un temps pour moi en même temps que pour lui. Règle no.1: le sourire. Pourquoi? Bien parce moi, j'ai pas envie d'arriver là déprimée, que je suis pétante de santé et que j'ai bien l'intention de le rester. Ceci dit, sitôt sortie du stationnement, pièces d'identité présentées, je fais ma marche rapide jusqu'aux portes de fer vertes. Je pense que ça se transmet là, je veux dire le sourire:

Le gardien:

-Bonjour, vous venez pour me visiter?

-Oui! Comme à toutes les semaines!

Je me dépêche à prendre un numéro  parce que j'ai hâte de me plonger dans mon magasine Santé. Savoir utiliser le temps qu'il me reste à attendre de la façon la plus profitable devient un art!

Tiens, aujourd'hui, il y a peu de gens. Je suis assise à côté d'une jeune femme et devant un beau jeune homme d'au plus 20 ans. Elle et lui discutent. Lui, je l'observe...

- Je viens de sortir, j'ai passé 6 mois en dedans pour... C'est vraiment le fun la sensation quand on sort!

Il est si beau, d'une prestance, un charisme incroyable, comme mon Fafouin. C'est pas un 2 de pique croyez-moi. Je ne peux faire autrement, abaisse mes lunettes et lui lance:

 Je trouve que tu as une belle personnalité et toute l'avenir devant toi. As-tu du soutiens pour ta sortie?

-J'ai un métier, je suis briqueteur! Me dit-il tout enjoué.

Il était très positif.

-As-tu des gens pour te supporter là-dedans?

- J'ai mes cousins et cousines et des amis ici mais...

-Et tes parents?

-En 6 mois, mon père  et ma mère ne sont jamais venus me voir.

-Je trouve ça bien triste... Bonne chance mon garçon...

J'étais attendrie, ce jeune, je l'aimais déjà de tout mon coeur, c'est comme si c'était mon fils. Il s'est levé, des gardiens l'appelaient, puis il sortit. Je me tenais devant la porte car mon tour arrivait. Je le vis sortir de nouveau. Il jeta un regard curieux en ma direction, vers la salle d'attente. Je lui fis un beau bonjour d'une main qui voulait tout dire à la fois, une main d'amour quoi. Il me renvoya le plus beau des sourires. Trésor, je ne l'oublierai jamais...

Ici, il se passe toujours plein de choses, plein d'émotion.

______________

Arrivée aux parloirs, pour la première fois, je ne suis pas restée longtemps, à peine 15 minutes.

- Ta sortie est dans presque 2 semaines. Quelle est ta priorité en sortant Fafouin, tu y as pensé un peu?

-Oui, faut que je me trouve une job. Je vais faire une demande d'aide sociale aussi, j'ai pas le choix.
Je vais me faire un peu d'argent en sortant, pour m'aider un peu, je vais cacher des... dans mes bas et le vendre...blabla...

 Je n'entrerai pas dans les détails. Comment dire, et vlan, je recevais tout à la fois: une gifle, un cauchemar, une déception intense en même temps qu'une peine profonde mêlée d'une d'immense impuissance. Mais qu'est-ce que je fais là moi? Je suis un beignet ou quoi? J'avais le sentiment d'avoir été trompée sur toute la ligne, naïve à tel point... Ou bien est-ce la mère en moi  qui ai tant espéré le voir prendre un chemin trop différent de ce qu'il est véritablement? Simplement parce que je souhaite  comme tout bon parent le voir libre en ce monde, qu'il soit heureux? Mon fils ne veut pas suivre le droit chemin. Sa vie c'est de cette façon qu'il l'a choisie et qu'il veut la vivre. D'une évidence...

-Maman, pourquoi tu ne parles plus, qu'est-ce que t'as?

-Bon, écoute, je ne me sens vraiment pas bien là. Je suis en colère, j'ai de la peine, et à la fois déçue. Je croyais sincèrement que tu voulais te faire une belle vie... Je suis désolée mais je pense qu'aujourd'hui, je ne serai pas d'une très bonne compagnie pour toi. C'est trop là. Laisse-moi digérer tout ça d'accord? Maintenant, je dois partir...

- Mais maman, t'es pas sérieuse là???

-Oui. Il faut que je parte. Désolée. Je t'aime.

Je pose ma main contre la vitre et pars.

En quittant, je me suis parlée. Non, c'est pas vrai que je vais commencer à déprimer là. J'étais vraiment décidée à me recentrer sur moi-même sans quoi j'aurais fondu dans le désespoir, en larmes. Et cela m'aurait servi à quoi au juste? Pfff, non... Ajustement. J'ai passé une très belle fin de journée parce que j'en ai décidé ainsi: marche rapide, respirations lentes, soleil, repos.Faut que je m'occupe de moi, toujours.

OK. Il reste 2 semaines avant la sortie de Fafouin. Malgré 10 mois d'emprisonnement, le résultat est ce qu'il est, donc, impossible de l'aider ni le soutenir en quoi que ce à sa sortie. Tiens, je me vois parfaitement lui dire d'aller son chemin. Lâcher prise total: " Mon garçon, vole, vends de la dope, c'est vraiment ce que tu désires, bien fais-le et vas ton chemin!!"

Par contre, il faut qu'il sache que s'il choisit cette direction, il ne pourra pas venir à la maison aussi souvent qu'il le souhaite, de moins en moins en fait  et peut-être un jour plus du tout parce que son mode de vie me fait peur, terriblement peur...



vendredi 22 mars 2013

L'Escalier

Certaines chansons m'ont transformée profondément.
Je partage celle-ci avec vous.


 Fallait-il qu'il soit inspiré, bon sens...
Écrire” L’escalier” à 27 ans, assez impressionnant.
En boucle toujours,  et j’aime tant la chanter, ça me gagne les tripes si vous saviez à quel point.

Paul Piché, un grand auteur-compositeur-interprète du Québec.

L’Escalier
1980


Juste avant d'fermer la porte
J'me d'mandais c'que j'oubliais
J'ai touché à toutes mes poches
Pour comprendre que c'qui m'manquait
C'était ni ma guitare
Ni un quelconque médicament
Pour soulager quelque souffrance
Ou pour faire passer le temps

Pis tout au long de l'escalier
Que j'ai descendu lentement
Parce que sans raison j'aurais r'monté
Parce que sans raison j'allais devant
J'étais tout à l'envers
Parce que c'qui m'manquait
C't'ait par en-dedans
J'me sentais seul comme une rivière
Abandonnée par des enfants

Et pis le temps prenait son temps
Prenait le mien sur son chemin
Sans s'arrêter, sans m'oublier
Sans oublier de m'essouffler
Y'a pas longtemps j'étais petit
Me voilà jeune et plutôt grand
Assez pour voir que l'on vieillit
Même en amour, même au printemps

Alors voilà, je me décris
Dans une drôle de position
Les yeux pochés et le bedon
La bière sera pas la solution...
J'aimerais plutôt que cette chanson
Puisque c'est de ma vie qu'il est question
Finisse un soir dans ma maison
Sur un bel air d'accordéon

Pis les enfants c'est pas vraiment vraiment méchant
Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps
Ça peut cracher, ca peut mentir, ca peut voler
Au fond, ca peut faire tout c'qu'on leur apprend

Mais une belle fin à cette chanson
M'impose de dire c'que j'aurais dit
Si j'avais pas changé d'avis
Sur le pourquoi de mes ennuis
Ben oui, j'allais pour me sauver
Vous dire comment faut être indépendant
Des sentiments de ceux qu'on aime
Pour sauver l'monde et ses problèmes
Qu'il fallait surtout pas pleurer
Qu'à l'autre chanson j'm'étais trompé
Comme si l'amour pouvait m'empêcher
De donner mon temps aux pauvres gens
Mais les héros c'est pas gratis
Ça s'trompe jamais, c't'indépendant
La gloire paye pour les sacrifices
Le pouvoir soulage leurs tourments

Ben oui, c'est vous qui auriez pleuré
Avec c'que j'aurais composé
C'est une manière de s'faire aimer
Quand ceux qu'on aime veulent pas marcher
J'les ai boudés, y ont pas mordu
J'les ai quittés, y ont pas bougé
J'me sus fait peur, j'me sus tordu
Quand j'ai compris ben chu r'venu

J'les ai boudés, y ont pas mordu
J'les ai quittés, y ont pas bougé
J'me sus fait peur, j'me sus tordu
Quand j'ai compris ben chu r'venu

Quand j'ai compris que j'faisais
Un très très grand détour
Pour aboutir seul dans un escalier
J'vous apprends rien quand j'dis
Qu'on est rien sans amour
Pour aider l'monde faut savoir être aimé
J'vous apprends rien quand j'dis
Qu'on est rien sans amour
Pour aider l'monde faut savoir être aimé


Paul Piché, 1980







vendredi 8 mars 2013

La réalité de Fafouin



Bien sûr que j'appréhendais de voir cette émission parce que je savais bien ce qui se passait "en dedans." Mon fils m'en a tant parlé, de long en large, en détail... Je pense que ça lui faisait du bien de se livrer, de se dire, de nommer sa réalité. Par chance, il avait l'opportunité de le faire... Et moi je pense que c'était plus qu' important d'y être mais surtout d'écouter sans juger, simplement en posant ma main contre la vitre. Je ne sais pas trop comment je fais, je ne peux pas le serrer contre moi, depuis maintenant 10 mois.

Chaque semaine, j'affronte le monstre Bordeaux, celui qu'on voit dans le reportage. Pas besoin d'être un AS pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de ces murs. Il suffit simplement de s'y rendre en tant que visiteur d'un détenu pour constater à quel point la situation est désastreuse.

En franchissant les immenses portes de fer vertes, je me dirige vers la petite pièce à gauche et prends vite un numéro, Puis, j'attends debout en me fondant aux autres, entassés comme des sardines. Tiens, la dernière fois, je ne sais pas trop pourquoi, les gardiens ont laissé les portes extérieures ouvertes, on gelait, littéralement. Deux minuscules bancs au fond de la pièce près des machines à "chips", la voici la place qu'on nous fait. Des mamans avec de jeunes enfants en poussette, souvent, des petits bébés naissants, attendent elles aussi debout, comme tout le monde... Celle-là sont définitivement plus fragiles que moi. Je leur tire ma révérence.

Ça m'est arrivé à plus d'une reprise de rebrousser chemin, simplement parce qu'il y a trop de monde, que l'attente est trop longue et qu'au bout d'une heure, le temps des visites est terminé. Tiens "vlan", tout le monde dehors, sans droit de parole. Est-ce qu'on peut s'imaginer simplement la déception du détenu, seul et fébrile à l'attente de recevoir l'unique visite permise de la semaine?

Je me suis adaptée. J'ai compris qu'il valait mieux arriver beaucoup plus tôt, prendre un numéro et joindre l'utile à l'agréable en m'apportant une revue réconfortante. J'y plonge mon regard et lis, ça me fait oublier ce que je vois autour de moi. On m'appelle, numéro untel...Yé! Vite, je  donne mon permis de conduire, me débarrasse de mon sac à main que je dois déposer dans un petit casier cadenassé. Je suis libre quoi! Non, pas tout à fait. Je dois montrer ma petite carte avec permission  de visite avant qu'on ouvre les grands barreaux de fer noirs extérieurs. Comme si ce n'était pas assez, dans la cour intérieure je vois toutes ces fenêtres et barreaux où logent les détenus avant de franchir la porte menant aux parloirs. L'immense crucifix à ma gauche me rassure, en même temps me rappelle la souffrance intérieure de tous ces détenus dont mon fils fait partie.

Encore des barreaux à franchir, jusque-là les gens sont souriants, gentils. Ensuite, silence, tout redevient sérieux, trop. Mon regard se pose sur les gardiennes avant qu'elles n'ouvrent la porte, sourires en moins. Le font-elles exprès pour nous faire attendre? Biiiip!!!  ET PUIS QUOI ENCORE??? Est-ce qu'on s'imagine qu'avec toutes ces restrictions et malgré la vitre qui nous déchire, nous séparant de nos proches, on peut encore avoir l'idée de passer de la DROGUE???? Et de quelle façon, voulez-vous bien me dire??? Désolée mais, de toute évidence, ceux qui passent la drogue doivent nécessairement la lancer par dessus le grillage à l'extérieur ou, bien travaillent à Bordeaux. Bien voilà je l'ai dit, faut que ça sorte. Certains visiteurs excédés, j'en ai été témoin, ont osé le dire aux gardiens et se sont fait menacer d'expulsion s'ils continuaient de s'ouvrir la trappe. Sans commentaires. Nous somment lâchés dans l'arène devant une meute de loups...

Les parloirs de Bordeaux, ouf... Un brouahah de sons, mélange de pleurs d'enfants,  de bébés, de  conversations frères, soeurs, mères, amplifié par ce plafond cathédrale , la chaleur et ce manque d'intimité. Des parloirs désuets dans lesquels les visiteurs doivent se contorsionner  à genoux sur leur chaises  dans le but de défier une table de métal extra-large afin de pouvoir  entendre la conversation de son proche.

Voilà. Bien malgré tout, je peux vous confirmer que mon Fafouin me quitte toujours avec le plus beau des sourires, confiant en l'avenir, stimulé et heureux. Pourquoi? Parce que  même l'endroit le plus minable, la situation la plus pitoyable n'a jamais eu la moindre emprise sur l'amour véritable.


samedi 2 mars 2013

Demain, je serai millionnaire


Je cherchais intuitivement un titre pour ce retour que j'ai, bien honnêtement, désespérément même, souhaité et désiré ardemment depuis janvier 2013, ceci dit, bien humblement.

Je suis travailleuse autonome. De septembre à décembre dernier les temps furent difficiles, J'en arrachais vraiment. Des moments rarement vécus mais somme toute possibles et prévisibles lorsqu'on ne dépend que de soi-même. Le prix à payer pour demeurer libre quoi!

Travailler pour soi implique une grande marge d'insécurité,  et c'est cela le "deal" avec lequel je jongle et vis très bien, merveilleusement bien, depuis toujours. Pourquoi? Parce que ce qui  a compté et compte toujours vraiment le plus pour moi c'est de me consacrer pleinement et entièrement  à ma vie terrestre, en chaque instant, maître de ma créativité, de mes horaire, de mon temps. Cette grande liberté et désir irrépressible de vivre en pleine conscience le moment présent et faire vraiment ce que j'aime n'a, à mes yeux, aucun de prix. Voilà.

 La richesse est bien relative. En de dures moments financiers, jamais je n'ai cessé d'être confiante. Même dans les instants les plus désespérés je me suis toujours fait un devoir de me répéter inlassablement et avec foi : "C'est pas grave parce que demain, je vais être millionnaire."Curieusement, avec cette vision, ce lâcher-prise, je n'ai jamais manqué de quoi que ce soit, ni pour moi, ni pour mon fils. Tout arrivait en temps.

Mais oui, millionnaire, maître de ma vie...

Du plus loin que je me souvienne, il me semble bien que cette révélation m'est apparue chez ma grand-maman paternelle que j'adorais. J'avais 3 ans...

Dans le logement de ma grand-mère, juste en face du parc Molson, dans le quartier Rosemont, il y avait un immense bain à pattes dans cette petite petite pièce sombre sans fenêtres. Un bain à pattes, c'est si impressionnant pour un tout petit, sans la chaleur du soleil. L'unique ampoule "pandouillait" au bout d'un fil au plafond mais n'arrivait pas à me rassurer, il y manquait cette vraie chaleur, celle qui nous réchauffe et rassure. Déjà, la pénombre me faisait entrevoir les pires monstres et je devais prendre mon bain avant le dodo...

-Grand-maman, mets pas trop d'eau dedans?
-Ne t'inquiète pas chère minou, grand-maman va faire attention...

J'avais tellement peur que le bain m'engouffre. Encore plus intriguant ,  je n'osais m'imaginer ce qui se passait  en dessous. Un grand vide immensément noir. Qu'est-ce qui s'y cachait, encore plus terrible qu'en même temps effrayant, oh que tant...

Et pourtant, grand-maman, avec son amour, sa douceur et sa grande bonté, réussissait à mettre de la lumière sur mon insécurité. Il y avait, comme je souhaitais, juste assez d'eau, et la sincérité de son amour remplaçait le soleil  inexistant de la pièce d'eau. Comment dire... Dans la pire noirceur, je retrouvais le soleil.

Chez ma grand-mère, j'étais libre de demeurer moi-même, en tout temps. Grand-maman, t'as pas idée à quel point t'as pu influencer positivement ma vie dans tous les sens du mot, de quoi rester millionnaire pour le reste de ma vie. Un parcelle de toi et d'autres aussi, m'ont permis de danser,  m'inventer des voix, faire de la musique, écrire, rêver, me raconter des histoires à voix haute, autant que je le voulais, en toute liberté, sans jamais être jugée.

 Chez toi j'ai tant dansé, virevolté autour de ta belle grande table de bois, imaginant le théâtre, la musique, les marionnettes et m'y sentais immensément bien. J'y ai puisé à même la source du meilleur de toi et trouvé ma voie.

Et comment ne pas me sentir millionnaire, lorsqu'au jour de ton dernier repos, par un froid glacial. la grande voiture montait tranquillement la route parmi les gigantesques sapins tout blancs des montagnes de Ste-Agathe-des-Monts. Des sapins grands comme ton coeur.  Grand-maman, j'entends toujours ta voix, je t'aimerai toujours xxx






lundi 31 décembre 2012

Bonne Année 2013

Je pense que je vais me rappeler longtemps de cette fin d'année 2012. En effet, urticaire généralisé suite à une allergie aux antibiotiques que je prenais. Stop. Je connais étant donné que mon fils a fait de nombreuses allergies étant jeune. Hors donc, ça fait 3 jours que je prends un antihistaminique. Vraiment pénible tout ça.

Cette après-midi, je décide d'aller à la clinique en compagnie de Yang: fermée pour le reste de la journée, trop de monde. Pas le choix, urgence de l'hôpital. Ne savent pas combien de temps d'attente. Il n'y a qu'un seul médecin et l'urgence est remplie à craquer. Ok. Mieux vaut rester à la maison. Je passe par la pharmacie me chercher de la calamine. Prenons notre mal en patience, y'a pire!

J'ai entendu dire que dans certains hôpitaux de la région de Montréal, c'est jusqu'à 48 heures d'attente. Ici au Québec, faut pas être malade. Enfin...

Mais je souhaite terminer l'année avec une touche d'humour.

Tadam! Voici la voiture de ma maman avant qu'on la déneige et la devanture de notre maison après cette tempête du siècle. Magnifique quand-même quand c'est tout blanc!

 Heureuse Année  2013
À vous tous 
Et du fond du coeur
Fidèles lecteurs et lectrices!


Nanoulaterre xxx




vendredi 28 décembre 2012

De la musique plein l'coeur

Pour faire introduction à la nouvelle année voici un groupe québécois que j'ai fort apprécié dans les années 70 et dont je ne me lasse point. Les arrangements sont toujours superbes.

"Tant d'amants"
Groupe québécois Breton-Cyr 
Interprète: Gaétane Breton, 1981







lundi 24 décembre 2012

Du coeur s.v.p. c'est Noël

Fafouin est passé en cour jeudi dernier. Il aura 3 mois de plus pour une bêtise commise l'été dernier.
Depuis jeudi, je suis sans nouvelles de lui. Pas normal, lui qui aime tellement Noël, le temps des fêtes. Il m'aurait appelé tous les jours pour me demander ce que je préparais. Est-il transféré de centre de détention? Je ne sais pas où il est. Terrible. Je veux savoir où est mon fils bon sens, c'est la veille de Noël. Vé m'a dit qu'il était très fébrile et nerveux jeudi dernier après l'annonce du verdict. Il aurait tant aimé sortir le 13 février prochain. Puis, il a rencontré en cour une connaissance avec qui il ne s'entend pas. Paraîtrait-il que les gardes ont été obligés de les séparer. Hum, de mauvaise augure. Aurait-il péter sa coche, j'appréhende...

Je reçois Manou, son conjoint et maman ce soir pour le réveillon. Je m'entends encore dire à mon fils: "t'inquiète pas, je vais faire comme il y a 2 ans. T'auras ton assiette juste devant le sapin, tu seras avec nous tous. Dans ta tête tu n'auras qu'à t'imaginer et tout ira bien..."

Plus la journée avance, plus ma gorge se serre. Déjà que c'est rude pour le coeur de ne pas l'avoir avec nous pour les fêtes, si en plus je ne sais même pas ce qui est arrivé, où il est...

J'appelle à Rivière-des-Prairies, puis à St-Jérôme pour les visites. Pas de réponses mais sur le répondeur: "Nous vous rappelons qu'aucune parole de violence ne sera tolérée et si telle est tel cas, l'appel sera immédiatement interrompu." Je déteste ce genre de message. Ils nous prennent tous pour des idiots ou quoi? 

L'hostilité se retrouve jusque dans la boîte vocale, faut le faire quand-même...

Finalement, je réussis à joindre la centrale du centre de détention de St-Jérôme:

-Bonjour

-Oui, bonjour. J'aurais besoin d'un renseignement s.v.p. Je sais que vous ne donnez pas d'information sur les détenus mais...

Il m'interrompt:

-Si vous le savez, pourquoi vous me le demandez???

Je ne suis pas capable, pas capable. Les agents de sécurité, le répondeur et maintenant la réception. Toujours cette hostilité permanente envers les gens de l'extérieur, comme s'ils nous collaient automatiquement l'étiquette d'un trou de cul, sans même nous connaître...J'ai pris quelques respirations pour ne pas l'envoyer pêtre car jamais, au grand jamais je n'aurais obtenu l'information. Alors je me lance, le trémolo à la gorge;

- Je vous le demande parce qu'on est la veille de Noël, que mon jeune de 20 ans était dans votre établissement jeudi dernier, que je n'ai pas de nouvelles de lui, que ce n'est pas normal et que je veux simplement savoir où est mon fils.

-D'accord madame, attendez un peu, je vous reviens...

J'ai ressenti un baume sur mon coeur de mère. Je pense que le bon Dieu m'a entendu...

-Il est ici madame...

J'éclatai en sanglots, j'étais tellement soulagée.

-Merci, merci...

-Je suis désolé que vous ayez à vivre ça madame.

-C'est correct, merci...

En fermant la ligne, je me suis mise à pleurer, mais à pleurer de soulagement. Je sais où il est. C'est merveilleux. Mon ventre retrouvait sa plénitude, son équilibre.

Ici ça sent bon, la table est déjà mise et le couvert de Fafouin. Tout ira bien...

Et puisque j'ai envie de terminer sur une note joyeuse bien voici le retour de:

"Toi il, moi elle"

J'étais en train de terminer la salade de fruits et Yang vient se planter dans mes jambes. Et moi de répliquer:

-Dire que je suis obligée de t'endurer pendant 2 semaines...

Et Yang de répliquer:

- Mais moi je t'endure bien à longueur d'année?."

Hum...

Je vous souhaite à tous
 Le plus magnifique des Noël. 
Que chacun qui vient ici 
Reparte la joie au coeur
Et rempli d'espérance
Merci de votre fidélité

Nanoulaterre xxx





lundi 10 décembre 2012

Le rapport disciplinaire, Partie 2


Cet événement s'est passé à la mi-novembre. J'étais tellement bouleversée. Je devais me renseigner, comprendre des choses, lire la description de tâche des intervenants de 1ère ligne. Je ne comprends toujours pas...


-Maman, j'ai eu un rapport disciplinaire.

-Ah bon, que s'est-il passé, veux-tu m'en parler ?

-Et bien, je jouais aux cartes dans ma cellule avec mon ami et on écoutait aussi de la musique. J'ai entendu un genre de coup de poing dans le mur d'à côté et j'ai crié : "Aye, qu'est-ce qui se passe!!!"
Puis, je suis allé me rasseoir. C'est alors que je me suis rendu compte que c'était le gardien qui faisait sa ronde et vérifiait les cellules . Il s'est pointé devant ma porte et m'a dit:

"C'est quoi ton problème, as-tu de quoi entre les 2 oreilles?"

-Je lui ai répondu que c'était correct, que tout allait bien et que je croyais que c'était le gars d'à côté qui tapait dans le mur, que tout était beau, qu'il pouvait s'en aller. Mais maman, il restait là planté devant moi à me dévisager sans rien dire! Je lui répétais que c'était correct, qu'il pouvait s'en aller mais il ne partait pas. Alors je me suis fâché, je lui ai dis de crisser son camp.

De toute évidence, le gardien cherchait tout simplement à provoquer en allant chercher le point faible de mon fils, le but ultime étant de lui coller un rapport. Et l'intervenant de répliquer:

- Tu sais que j'aime ça moi donner des rapports disciplinaires...

-Bin donne-moi-le ton rapport, je m'en fous, je veux que tu t'en ailles! On était bien avant que t'arrives!!!

- Bin tu va l'avoir ton rapport...

Il partit et revint quelques minutes plus tard, glissant le billet sous la porte de la cellule de mon fils.

-Merci...

répondit mon fils.

C'est là que l'intervenant est sorti de ses gonds et a lancé à Fafouin:

-TES RIEN QU'UN OSTI DE POURRITURE !!!

Et mon fils de répliquer:

- EH C'EST QUOI TON PROBLÈME? T'ES FRUSTRÉ LÀ ET TU CHERCHES À DÉMOLIR LES AUTRES PARCE QUE TA BLONDE TE DONNE PLUS DE SEXE OU QUOI???

Le gardien s'éclipsa... Fafouin repris sa place et continua de jouer aux cartes. Puis, le voilà qui revient... Et Fafouin de répliquer:

-QUOI ENCORE!!!!!!

-Rien...

Puis l'intervenant tira sa révérence pour de bon.

-Maman, je pense que je lui ai cloué le bec finalement parce qu'il n'est pas revenu.

 Dans le fin fond de moi-même ça me faisait un méchant velour qu'il l'ait remis à sa place ce crétin. En même temps, je ne pouvais pas le valider, lui dire qu'il avait eu raison de lui répondre comme il l'a fait. Fallait simplement trouver la bonne chose à dire. Au  bout du compte, la seule personne  vraiment pénalisée dans tout ça, c'était Fafouin. Si ça m'affectait terriblement, ça devait l'affecter lui, profondément. De quoi se sentir vraiment comme le dernier des derniers. Des paroles qui blessent, de la violence à l'état pur. Tout était si confus en moi, un mélange de colère, de rage, de tristesse empreinte d'une immense injustice. Je n'avais qu'une envie, lui administrer mon poing en pleine gueule à ce pauvre idiot d'intervenant et de lui en coller tout un rapport disciplinaire à coups de pieds dans le derrière tient...

Je regardais mon fils qui faisait mille et un efforts pour se sortir de son propre enfer; cours, meeting AA à toutes les semaines, patch pour arrêter de fumée, lectures, cardio. Ma rage sortait en larmes  chaudes et muettes, les plus dangereuses. Arrière celui ou celle qui se serait pointé devant moi à ce moment...

-Mais maman, pleure pas, t'as pas à t'en faire avec ça.

Puis, je repris mes esprits et lui dit;

-Bon, là, regarde-moi bien droit dans les yeux et écoute-moi d'accord?

-OK.

-Je veux que tu te places au dessus de tout ça et ne JAMAIS, JAMAIS prendre personnel tous les commentaires méchants et déplacés que tu recevras de qui que ce soit d'accord? Des gens qui ne sont pas à leur place, il y en a partout. Triste qu'il y en ait tant dans le milieu carcéral mais cela demeure une réalité. Te placer au dessus de tout ça, toujours, tu m'entends? Y'a des gens qui, pour se donner de la valeur , ont besoin de démolir les autres parce qu'ils n'ont aucune confiance en eux, tu comprends? Laisse-les dire leur conneries et tâche d'être plus fort, de te retenir, même si ce n'est pas facile pour toi.T'as tout à gagner là-dedans, compris?

-Je sais tout ça maman t'as pas à t'en faire.

-Ce qui est arrivé, c'est vraiment pas acceptable. Tu sais que tu peux porter plainte?

-Je sais mais je ne le ferai pas parce que si je porte plainte, ils vont me transférer dans une autre prison ou dans un endroit pire qu'ici.

 Bien bravo, c'est ça notre belle justice. Je suis tellement dégoutée que j'ai envie de vomir. Résultat: 10 jours sans sortir de sa cellule. Et il va apprendre quoi là??? À se révolter davantage. Belle pédagogie. On est dans quel siècle là? On tente de corriger par la répression, la punition. Ce sont des adultes bon sens, on les traite comme de pauvres âmes perdues, sans valeur..

J'oubliais, lorsqu'ils ont un rapport disciplinaire, il n'ont pas droit aux rencontres contactes pendant au moins 45 jours. À Noël, je ne pourrai même pas le serrer dans mes bras, ça restera derrière la vitre, comme toujours. C'est pas grave, ce ne sont que des prisonniers après tout...

Derrière ce jeune prisonnier se cache mon fils, mon enfant,  fort malgré tout, avec toute une histoire ,  un bagage humain derrière lui et qui mérite qu'on l'encourage dans les démarches qu'il entreprend pour se sortir de son propre enfer.

J'essaie de m'imaginer cet homme, le soir, la tête enfoncée dans l'oreiller, se disant: "mission accomplie, j'ai fait une bonne journée; j'ai dénigré un jeune homme en lui crachant des méchancetés et de plus je l'empêche de voir sa famille à Noël. J'ai vraiment fait du bon travail, je suis fier de moi."

Bon d'accord, alors il y a des gens qui, comme mission de vie se plaisent à faire le mal autour d'eux et s'en réjouissent. Je me sens tout à fait incapable de donner forme à cette réalité si loin  de moi, de mes valeurs...









samedi 8 décembre 2012

Quand décembre revient...

J'adore la version de Charlebois, celle que j'ai le plus entendue
mais je craque pour la voix frêle et fragile de Claude Gauthier

Marie-Noël
(Charlebois-Gauthier)


jeudi 29 novembre 2012

Le rapport disciplinaire 1 ère partie

"Service correctionnel Canada"

Profil d’emploi

"Les intervenants de première ligne (IPL)... jouent un rôle crucial dans le respect du mandat du Service correctionnel du Canada (SCC), qui est d’accroître la sécurité publique en incitant activement et en aidant les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois, tout en exerçant sur eux un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain.
Les IPL
sont à l’avant‑plan du système correctionnel et représentent le premier contact pour les délinquants...
Ce poste stimulant est épanouissant et enrichissant. Les IPL... encouragent également les délinquants à contribuer à leurs plans correctionnels. En travaillant de près avec leurs collègues, des délinquants, des bénévoles et des visiteurs, les IPL guident les délinquants tout en les encourageant à participer à leurs programmes de réinsertion sociale.

Les IPL sont également des membres clés de l’équipe de gestion de cas d’un délinquant
. Ils travaillent avec des collègues, comme des psychologues, des conseillers en comportement, des agents de libération conditionnelle, entre autres, afin d’élaborer des plans correctionnels pour les délinquants..."

OK. C'est  parce que je n'arrive pas à faire le lien avec le "Profil de l'emploi" et un intervenant de 1ère ligne qui traite mon fils, mon enfant, "d'ostie de pourriture".

À suivre car présentement, je ne trouve pas les mots... Et toi Factotum, comprendras-tu ce que je veux dire?

Ça prend une force d'enfer pour survivre et garder la tête haute derrière les barreaux. Cette force, il l'a mon Fafouin.Puis, quelqu'un va arriver puis détruire ça, comment ça? Je lui dis et redis, lui répète avec foi qu'il est unique et qu'il a ce pouvoir... Lorsque je le quitte, je suis assurée qu'il le sait...

Lorsque je reviens sur Terre et me dis que mon fils est en prison, j'arrive encore difficilement à le croire. C'est peut-être ma protection à moi... Ce que je vois derrière la vitre qui nous sépare, c'est un jeune homme d'une grande beauté, brillant, vaillant, intelligent, généreux, avec un très grand charisme et qui ne devrait pas être là...

À suivre... 



lundi 19 novembre 2012

Ta-Dam!

Coucou, c'est moi Tit-Homme!

 En attendant que Nanou se décide à pondre enfin un billet, j'ai pensé que ça vous ferait plaisir de me voir. Je vais bientôt avoir 1 an. Comme le temps passe vite... Ma maîtresse pensait qu'en me faisant opérer et à cet âge, j'allais commencer à me calmer un petit peu. Détrompez-vous, je suis une fusée! Je ne marche jamais, je cours. C'est pour cette raison que j'ai toujours la langue sortie. Je sais,  j'ai l'air bien tannant mais j'ai pas juste l'air, j'ai la chanson aussi!

 Nanou me dit toujours : "Une chance que t'es beau." Lorsqu'elle me dit ça, je sens qu'elle me pardonne tout. Je suis tellement pur et naïf, je ne sais même pas que je suis beau!



 Ça c'est moi après le bain, j'adore ça, surtout qu'ensuite elle me met dans une couverte toute chaude.
Nanou me dit que je suis son gros toutou xxx. J'ai de très belles qualités vous savez. Par exemple, je ne jappe presque jamais et lorsqu'on me met dans ma niche d'amour (cage) je ne dis jamais rien. Ma niche d'amour, c'est ma sécurité, puis elle est tellement confortable! Et je comprends tout très vite si vous m'apprenez avec un petit morceau de foie séché....



 Lorsque je suis arrivé ici, je pesais 4 livres et maintenant j'ai pris le double du poids de ma grande soeur Adèle. Mais, rassurez-vous, je ne grossirai plus car je veux que Nanou puisse continuer de me bercer dans ses bras, elle fait si bien ça. Je suis plus gros qu'Adèle mais elle sait très bien se défendre et me domine!
                                   


   Ça c'est ma grande soeur Adèle devant le Rocher Percé. Elle est sage elle... J'étais aussi en Gaspésie mais au moment de cette sortie, je faisais ma sieste dans ma niche d'amour dans notre maison  louée à Gaspé..



J'espère que ma petite histoire vous a plu...

Tit-Homme

xxx

mardi 4 septembre 2012

vendredi 10 août 2012

Les élans de Fafouin

Je ne pouvais pas quitter pour la Gaspésie avant de revenir ici sur une note positive.

Mercredi, je suis partie le coeur léger pour aller visiter Fafouin. Et oui, sa retraite sans visite n'aura pas duré bien bien longtemps, il m'a demandé de venir le voir...

C'est agréable de traverser la rive avec un air conditionné qui fonctionne enfin, voyage oblige avec les 2 chiens-chiens et cette canicule qui n'en finit plus!

Fafouin est arrivé en forme et radieux.

-Alors, raconte-moi ta semaine.

-Et bien j'ai terminé mon 6e roman et j'ai recommencé à me faire des muscles. Mon compagnon de cellule et moi, on s'encourage. Tu savais que c'est celui qui a eu un accident de voiture il y a 2 semaines et dans lequel son meilleur ami est mort?

-Oui. C'est celui qui a 20 ans?

-Oui. Tu as lu dans le journal?

-Oui. Ça ne doit pas être facile. Comment s'en remet-il?

-Pas si pire maintenant mais pas au début...

Mon fils a pris la décision d'arrêter de fumer et porte des patchs.

Et Fafouin de continuer:

-Je me suis inscrit à 2 cours , ça passe le temps.

-Raconte un peu!

-Et bien le premier c'est un cours sur les conséquences de la consommation, c'est une heure par semaine. L'autre cours porte sur la dynamique de la violence, c'est 2 heures par semaine en après-midi.

-Wow, mais ce sont de bonnes nouvelles ça! Et ce sont des hommes ou des femmes qui donnent les cours?

-Des femmes, et elles sont belles en plus!

-Une motivation pour continuer alors! Tu vas sans doute apprendre beaucoup. Bravo, ce sont de bonnes nouvelles ça mon garçon, je suis vraiment fière de toi! J'ai un petit quelque chose juste pour toi...

J'avais pris la peine de recopier le texte que j'avais composé dans mon dernier billet. On a toujours besoin d'encouragements dans la vie, peu importe où l'on vit, où l'on est rendu. Je posai la feuille contre la vitre afin qu'il puisse lire. Son sourire en disait long...



Une mère demeurera toujours une mère
Les bras tendus, dans un amour innommable, éternel.
L'envie de porter sur son coeur
Sans jugement, jamais, cet enfant
Dont on connaît les grandes qualités de coeur et d'esprit
Celui qu'on a lu, dès la naissance
Et en qui on croit, très fort et pour toujours...



-Merci beaucoup maman...

 Nous nous sommes quittés comme toujours avec quelques grimaces et un bizou au travers la vitre.
Des moments heureux, il y en a plein, il y en aura d'autres. Ce ne sont pas les vitres des parloirs qui vont m'arrêter, je vais les dompter...

Alors voilà pour cette semaine. Je pars vers la Gaspésie la tête tranquille. À nous le fleuve, le golfe St-Laurent et la mer! Je vous revois au retour.

Bizous à vous tous et un immense merci de votre fidélité xxx









dimanche 5 août 2012

La cloison des souvenirs

Mercredi dernier, en me rendant au centre de détention, je n'étais vraiment pas d'attaque. Une tension désagréable au niveau du cou m'empêchait de ressentir mon aplomb. Que se passe-t-il, dans quel état est-il...

______

Il y a 2 semaines, lorsque Vé m'accompagna et qu'elle n'a pu entrer, faute d'avoir ses pièces d'identité, je pensais le retrouver complètement écroulé.  Mais non, il avait pourtant pris la chose comme un grain de sel:

-Tu lui diras qu'elle est nounoune d'avoir oublié ses pièces d'identité mais que je l'aime quand-même..."

-Où est-elle maman?

-Elle est là, juste derrière toi dans cette petite bâtisse.

 Lui avais-je répondu, rassurante, le sourire en coin.



Il se retourna et cela lui suffit 
À retrouver son équilibre
La présence de l'être aimé
Là, tout proche, à seulement quelques mètres
Suffit à apaiser les coeurs meurtris
Qui s'aiment malgré tout
Les yeux sont tellement aveugles...



Puis, mon fils me raconta de quelle façon il s'y prenait pour taquiner sans malice les nouveaux venus en les piégeant. Il m'a bien fait rire. Je reconnaissais en lui son côté farceur et rieur et, quelle joie, je retrouvais mon Fafouin.




Et il était heureux, oui, cela se peut fort bien... 
Sa mère l'était aussi. 
Ils avaient le droit d'oublier les cloisons qui les séparaient
Et  se sont donnés l'ouverture de le faire
 Sans reproche, sans culpabilité. 
Pourquoi faudrait-il toujours pleurer et souffrir? 
Le chemin du bonheur se trouve souvent là
Où personne n'aurait pensé le trouver.

____________

Alors donc, ce mercredi comme toujours, je tâche de faire rire un des gardiens avant de passer le détecteur. Faut bien brasser un peu cette atmosphère austère. M'adressant au gardien debout:

-Mais vous êtes donc bien grand vous!!!

Et le gardien assis, de répondre;

-Oui, et en plus, moi je suis grand et lorsque je suis à côté de lui, j'ai l'air d'un nain!



L'humanité est ainsi faite
 Dès qu'on retire les conventions 
Et qu'on demeure vraiment sincère et vrai
 L'atmosphère se détend 
Puis, le bonheur se ressent à l'intérieur de chacun
 N'est-ce pas merveilleux?


Je longe le petit chemin extérieur menant aux parloirs. la chaleur extérieure était sufoquante.

Arrivée à destination, le gardien présent me dit:

-Je vais vous donner le no 7, vous allez être plus tranquille.

-Merci beaucoup...

Fafouin arrive, contrarié...

-Est-ce que t'as rejoint Vé avant de partir?

-Non, j'ai laissé un message vocal et un message texte mais sans réponse.

-Elle se crisse de moi...

-Bien moi je ne suis pas de cet avis Fafouin. T'es-tu  posé la question que, peut-être qu'elle n'est pas réveillée encore? Elle consomme beaucoup. Cela est fort possible, ne crois-tu pas?

Mes paroles se voulaient encourageantes et sincères.

-Bien moi je pense qu'elle s'en crisse. C'est de ma faute, j'ai couru après, je l'ai abandonné...

Je ne savais trop quoi lui dire, sentant qu'il était en réflexion, je le laissai parler...

-Maman, je vais retourner dans ma cellule. Je ne veux plus que personne vienne me visiter, ça me fait trop de peine et je n'appellerai plus personne. Il faut que je travaille sur moi-même...

Nous sommes restés un moment ainsi, sans parler. Lorsqu'il me parle, il doit se pencher vers l'avant,  je vois alors ses deux rosettes derrière sa tête, mon enfant.... Mon ventre crie, chaque fois. J'ai l'impression d'être dans un cauchemar, cela peut-il être possible? Mon enfant, mon bébé, en prison...


Une mère demeurera toujours une mère
Les bras tendus, dans un amour innommable, éternel.
L'envie de porter sur son coeur
Sans jugement, jamais, cet enfant 
Dont on connaît les grandes qualités de coeur et d'esprit
Celui qu'on a lu, dès la naissance 
Et en qui on croit, très fort et pour toujours...



-Bon, je m'en vais là. Je t'aime maman...

Je suis restée là, brisée. Je sais que ses paroles ne sont que positives et remplies d'avancement.

Pourtant j'ai si peur de ne plus jamais le revoir. Et s'il commettait un geste irréparable, par douleur, comme il a déjà voulu  faire...

Les vitres du parloir ont éclaté en mille miettes. Je cherchais un refuge que je ne trouvais que difficilement, coincée entre ces 2 séparateurs et la baie vitrée, mon fils disparu. Il me fallut un bien long moment pour sécher mes yeux. Puis, je suis partie. Tout au long du chemin du retour,  dans la voiture, je ne pus contenir ces larmes qui coulaient à flot.


Mon fils, tu n'es pas loin
Je calcule la distance
Une rivière seulement nous sépare 
Peut-être n'ai-je pas assez prié? 
Tu la vois là, la petite église 
De l'autre côté de la rive? 
J'irai me fondre en prière 
Et t'enverrai le meilleur de ses retombées
 Le meilleur, je te jure.




mercredi 25 juillet 2012

Stone comme ça

Changement de style, température et lumière intérieure oblige. Avec ce soleil radieux et vent de fraîcheur qui frétille tendrement sur mon corps, comment dire...Et bien je me sens...

 Rolling Stones!

Get off of my cloud
1965





jeudi 19 juillet 2012

Et un ange passa...

Alors que je cherchais désespérément une interprétation vraiment à mon goût de cette Étude de Chopin, je suis restée subjuguée par cette jeune interprète. Certe, la qualité de l'enregistrement n'est pas terrible mais je retiens mon souffle tout au long de l'interprétation sensible de cette jeune pianiste.
Cela me bouleverse qu'une toute petite fille possède tant de maturité et une telle grandeur d'âme...

 Chopin
 Nouvelle Étude No. 1 en Fa mineur




"La musique nous sauve de grands malheurs"


Pour   A.

samedi 14 juillet 2012

Coup de coeur...

Eva Cassidy, un talent exceptionnel, une grande artiste partie trop tôt...

mercredi 4 juillet 2012

Descente

Lorsque, le jour de la fête des mère, je suis arrivée dans l'appartement de Fafouin, le choc fut brutal. J'ai compris à quel point sa vie fonctionnait dans la désorganisation la plus totale...

_Tu m'avais dit que tes choses étaient dans des boîtes?

-Bin oui, tout est prêt, y a pas de problèmes!!!

Je l'observais, lancer pêle-mêle son linge dans un grand sac vert...

Est-ce qu'il est propre ce linge?

-Bin oui!

Je sonde, un 360 degré rapide et discret autour de la pièce. Je déprimais intérieurement. C'était la désolation la plus totale: des mégots de cigarettes mêlés à la poussière qui tournoyait dans tous les sens, des bouteilles de boisson vides, des grains de tabac, de l'urine de chien sur le sofa mal lavé et du poil partout, en plus des trous dans les murs, rappelant ses élans de colère. Au milieu, du linge jonchait le sol, éparse.

-As-tu un tournevis maman?

-Non. Tu m'as dit que t'avais tout ce qu'il fallait!

-C'est que je n'ai rien pour défaire la table...

J'avais tellement hâte de sortir de cet endroit.

-Laisse faire la table. On va la laisser là. Je vais t'aider à sortir tes choses.

Nous avons déposé ses objets personnels dans le cabanon de ma mère et tous ses vêtements se sont retrouvés ici, chez moi. Lorsque nous sommes arrivés à la maison, Fafouin fouillait à tâton dans ses sacs, cherchant désespérément des morceaux de linge...

-Mon beau garçon, comment fais-tu pour vivre de cette façon?

-Je me le demande moi-même...

Pour ne pas me sentir frustrée, j'avais décidé de fêter à la fois l'anniversaire de Fafouin et la fête des mères en même temps. Raclette au menu. Faut se faire plaisir quand-même...


Lorsqu'enfin je fus seule, je décidai de jeter un coup d'oeil dans les deux grands sacs de linge: des bas qui tiennent tout seul, tout tout était à laver.

Mon pauvre garçon, où es-tu rendu, sur quelle planète vis-tu...

...

Durant la semaine, Fafouin désirait postuler pour un emploi chez Provigo, endroit qu'il convoite depuis longtemps, c'est bien payé. Après son entrevue, s'installant à mes côtés dans la voiture:

-Je ne pense pas que je vais avoir ce travail maman. Ils font des recherches, j'ai un casier...

J'étais si peinée pour lui et en même temps, pas étonnée du tout. Ils sélectionnent. Les portent se referment tranquillement autour de lui... Le chemin sera difficile, très...

...

La semaine dernière, après l'avoir accompagné pour quelques courses je le ramenai à la maison pour le diner.

Il avait perdu son cell dans un parc et je sais qu'il jase beaucoup au téléphone.

_ Je veux simplement te prévenir que j'aurai besoin de mon téléphone, j'ai des appels d'affaire à retourner.

J'étais dans l'impossibilité de travailler. Il était constamment sur la ligne et les conversations qu'il avait tournaient de plus en plus au drame. Il criait, hurlait!

Stop, terminé. Pas ici. 

-Fafouin, je veux que tu sortes, c'est assez. Va régler tes différends à l'extérieur!!!

Mais il continuait de plus bel, téléphone en main, sur le terrain.

-Tu ne comprends pas, c'est assez, pas ici!!!

Il ne voyait plus, n'écoutait rien, concentré à régler ce litige avec je ne sais trop qui au bout de la ligne.J'ai donc pris la ligne dans une pièce à côté...

-C'est assez, va régler tes problèmes à l'extérieur, j'ai besoin du téléphone...

Il s'est alors complètement désorganisé, la tempête, et, dans un état second, lança précipitamment le téléphone de toutes ses forces à l'autre bout de la cuisine, donna violemment des coups de pieds dans la chaudière remplie d'eau devant lui. Puis, posant le regard rapidement autour de lui pour chercher à voir ce qu'il pouvait bien continuer à démolir, il posa le regard sur mes cages à hamsters. Restons calme, pas le moment de perdre les pédales. J'avais très peur...

-Je te donne exactement 10 secondes pour sortir de la maison, sans quoi j'appelle la police.

-SI T'APPELLE LA POLICE, JE TE RENIE!!!!

-Alors, renie-moi mon garçon...

Il n'avait pas du tout l'intention de partir et s'est réfugié au sous-sol. Je suis sortie à l'extérieur avec le téléphone et j'ai fait le 911.

-VITE, DÉPÊCHEZ-VOUS, MON FILS EST EN TRAIN DE TOUT BRISER DANS LA MAISON!!!

Fafouin fuit de la maison à toute vitesse, laissant la porte toute grande ouverte. J'ai pu récupérer mon petit chien de justesse. Il s'apprêtait à sortir en courant.

...

Défense de revenir à la maison... Jusqu'à nouvel ordre...

...

Fafouin me téléphone. Il a pris une décision et veut aller en désyntoxe. Yan et moi allons le chercher en voiture.

- Ça me prend du linge pour me changer. Est-ce que je peux passer à la maison?

-NON. Je te fais une valise et je vais la déposer chez Mamie.

Je me suis rendue compte qu'il n'était pas sérieux dans ses intentions lorsqu'il me dit;

-Mais avant d'aller en thérapie, je vais encaisser mon chèque et m'acheter du linge. Aussi je veux me faire faire un tatou.

....

Je n'avais pas de nouvelles de lui depuis vendredi dernier lorsqu'avant-hier je reçu un appel à frais viré. Alors voilà, ce n'était qu'une question de temps. Fafouin a commis un vol avec menace au couteau. 9 mois de détention.

À suivre...

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