Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

lundi 27 juillet 2009

La force qui nous reste

Rosie est mon amie, nous nous sommes connues à l'âge de 16 ans. Son conjoint M... est aussi mon ami, je l'ai connu aussi à 16 ans. Ils ne se connaissaient pas. Je les ai présentés l'un à l'autre. Ils sont ensemble depuis. Nous avons préservé notre amitié, connu mers et mondes, calme et tempêtes, dansé, ri, pleuré, chanté, fait les fous. C'est pas n'importe quoi, du solide, je vous l'assure et çà continue. Rosie me trouve courageuse, je la trouve sur-humaine. Elle est un modèle de force et de courage. Le coeur sur la main, malgré sa vive douleur, elle trouve encore le moyen d'être disponible pour les autres. En ce monde, il m'est rarement arrivé d'avoir la chance de rencontrer telle qualité et grandeur d'âme. Elle admire mes talents artistiques, je suis époustouflée devant les siens. Il faudra qu'elle peigne de nouveau...j'écrirai la musique...

M...est une âme douce, remplie de tendresse. Je l'ai connu en grande révolte. Il avait tout pour rester enfoncé et venait de loin, de très loin. Et pourtant, il a refait surface. C'est quelqu'un de vraiment très respectable, j'admire son courage et sa détermination.

Un de leurs fils est dans un état critique et souffre terriblement. Le mien est encore dans la rue, vous n'avez pas idée où il est rendu. Rosie et moi, on se supporte là-dedans, je prends soin d'elle, elle prend soin de moi. On ne calcule pas. En ces jours, en ces instants, il n'y a que l'amour qui existe.

Yang, mon conjoint m'appelle. J'étais au resto avec Manou, une autre grande amie.

-Rosie a appellé, elle ne va pas bien...

-D'accord...

On termine notre repas à la hâte. Comme il est long le chemin du retour. On dirait que tous se donnent la main en se plantant au beau milieu de la rue! Je me sens comme la boule qui va faire tomber les quilles si elles restent là devant moi. Faites de la place, çà presse, je dois arriver à la maison au plus vite. À l'intérieur de moi je me sens comme un TGV et pourtant je ne roule pas vite . Je donnerais la lune pour être chez moi, là, à cet instant même. J'y arrive enfin...

-Rosie?

-Oui...

-C'est moi...

-C'est inhumain, qu'est-ce qu'il faut faire?

...

...

- Je reste chez moi. Tu peux me rappeler n'importe quand.

-Mais, je ne peux quand-même pas t'appeler au beau milieu de la nuit!

- Oui!!! Écoute-moi, tu m'appelles à 22 hres, à 2 hres ou 4 hres du matin, peu importe OK!!!!Et si tu veux que je vienne, je viendrai.

-Je ne veux pas que tu gâches ta soirée avec Manou...

-Je ne gâche rien. Je reste chez moi c'est tout. Je ne peux pas sortir. Je veux rester disponible pour toi. Je t'aime, je vous aime...

-Je t'aime...

-Tout est correct OK?

Et Manou là-dedans...Elle a été d'une patience et d'une compréhension à toute épreuve...

Pour le peu de force qu'il lui reste, Rosie demeure au chevet de son fils. Elle se justifie et n'a pas à le faire, elle fait ce qu'il faut et M... aussi. Je ferais exactement la même chose. C'était hier soir.

Aujourd'hui j'entreprends tranquillement des choses pour mon fils, à mon rythme, essayant de garder le contact avec lui, aussi minime soit-il. Ma santé mentale est importante et la forme n'a pas de prix. Je me prépare donc en me disant que je prendrai au détour des forces pour elle aussi. Je saute dans mes espadrilles et hop, la petite marche rapide de 25 minutes avec Adèle. De retour, j'enfile mon sac et me dirige au gym en confiant mon cel à l'entraîneuse. Si Rosie appelle, si Fafouin a besoin de moi... Je termine avec mes 18 respirations lentes. Voilà, je suis connectée.

À l'instant même, je saute dans la piscine et ferai mes 400 brasses. Çà c'est mon dessert...Ensuite? Assise en écoutant le roulement de ma balançoire, je m'installerai avec un gigantesque livre de contes et légendes en écoutant Chopin. Pourquoi? Parce que c'est çà la vie et, que la vie, malgré tout, elle est très très belle.

Il faut trouver quelque part la force d'aller au delà de la souffrance et se donner les moyens de permettre à notre cerveau de s'aérer et à notre âme d'arriver à la plénitude et je vous jure, on y arrive!!!

lundi 20 juillet 2009

Le concours pas concours !

L'origine de ce billet provient d'un commentaire que Pur Bonheur avait laissé sur un de mes billets le bed-in , et l'idée finale d'un billet de Pur bonheur dans lequel elle avait mis une photo d'elle à côté d'une vieille voiture. Je me suis donc imaginée lancer un concours pas concours "Belles d'Ivory" comme le disait si bien Pur Bonheur. En accord avec elle et comme promis, voici ma photo. Bon, premièrement, je n'ai jamais aimé me faire poser en maillot, je me trouvais toujours grosse (!?). Alors, il a fallu que je m'arme de patience pour trouver enfin un cliché dans mes albums souvenirs. Faut pas tricher on s'entend. Celle-ci, prise à partir d'un appareil Polaroid, date de 1974. Vous pouvez remarquer les belles chaises d'époque et mes magnifiques sandales scholl. Celles qui en ont portées s'en rappellent sûrement...Bon sens que çà pouvait faire mal lorsque, par accident, le pied nous débarquait de la dite chaussure!
Bon, l'histoire de ce maillot et de cette photo est assez cocasse. Allons-y donc: Luc mon grand ami se moquait de mon beau maillot tout neuf. En fait, il le détestait. J'étais toute heureuse de lui annoncer que je venais de me procurer un bikini. " Mais ce n'est pas un bikini çà!" Et pour immortaliser la chose, on avait décidé de prendre une photo. Bien moi je l'aimais ce maillot et l'ai usé à la corde!!!

Concours pas Concours, car c'est sans prétention, pour s'amuser. Alors, pour celles et ceux (y en a peut-être des courageux?) dont l'idée plaît, sortez vos vieilles photos...


samedi 18 juillet 2009

Yang en camping


Je n'aime pas le camping. Mon conjoint s'est donc préparé un petit moment vacance-tente pour lui tout seul en début de semaine prochaine. Je sirotais une petite bière en lisant mon journal dans ma balançoire. Il faut entendre la conversation...

-As-tu hâte à la semaine prochaine?

-Bien oui, comme çà, tu m'auras pas dans les pattes toute la semaine.


-Tu sais bien que j'aime pas çà quand tu dis çà... Çà va faire du bien, tu vas pouvoir te retrouver.

-J'suis pas perdu.

!!!???

- Je te parle de te retrouver avec toi-même, çà fait du bien de temps en temps...

-J'ai pas besoin de me retrouver, un gars çà se perd pas.

(!!!???)

T'es pas sérieux là?

-C'est une blague voyons!

-Mais, çà été quand-même ta première réponse!

-J'ai répondu sans penser...

Hum... Saura-t-on un jour le fin fond de l'histoire... A-t-il vraiment répondu sans penser? Éprouve-t-il simplement une certaine gêne à avouer que çà lui fera du bien de se retrouver avec lui-même? Peut-être ne s'est-il jamais posé la question finalement....Et s'il arrivait là sans penser... Qu'est-ce que çà peut bien faire. Veux-tu bien me dire pourquoi je me casse la tête avec toutes ces questions... Laisse-le partir sans y penser, çà te fera du bien tiens...

Réf: Dessin du Yin et Yang par Amanda Beth Conrad Powell



dimanche 12 juillet 2009

Le regard de Fafouin

J'aime cette photo. J'ai souvenir merveilleux de cette journée, en juin 2008. Il recevait, pour la première fois de sa vie un Méritas pour trois matières scolaires et s'était présenté à l'avant, tout fier, en recevant son prix. Je ne suis pas de celles qui carburent à la performance, non. Voyez-vous, c'est que les regards étaient tournés vers lui pour quelque chose de très positif et çà, j'espère qu'il a pu retenir à tout jamais dans son coeur l'expérience et qu'il se dira un jour qu'il est toujours possible d'y revenir, peu importe le chemin qu'il choisira...


vendredi 3 juillet 2009

Surprenant Fafouin

Pendant un rare moment passé en compagnie de Fafouin, il me lance comme çà, tout bonnement:

- Maman, j'avais oublié de te dire, je suis allé voir Stevie Wonder hier soir...

-Ah oui? T'es allé au festival de jazz?!! Et qu'est-ce qui t'a décidé à aller passer la soirée là?

- Et bien, Oli et moi, on regardait la télé, puis, on l'a vu chanter et on s'est dit que çà avait l'air pas mal bon, alors, on a décidé d'y aller.

J'étais franchement impressionnée. Mon ado de 17 ans, accroc du rap qui s'en va voir Stevie Wonder, je rêve ou quoi? Puis, je me suis rappelée que mon fils a littéralement baigné dans le festival de Jazz de Montréal, dès son plus jeune âge et ce, jusqu'à l'âge de 11 ans, pré-adolescence oblige... J'élevais seule mon enfant, alors je m'arrangeais pour être bien et je peux dire que j'étais souvent dehors au grand air pendant la période estivale. En même temps, je trouvais important d'éveiller sa curiosité en lui faisant découvrir plein de choses intéressantes. Nous y passions des journées entières. Je partais le matin avec la poussette, un gros lunch et hop, on s'en mettait plein la vue et les oreilles! On peut dire qu'il en a passé du temps à sauter sur le gros clavier, dans l'aire de jeu du festival...

-Alors, raconte un peu, as-tu aimé çà?

-Ah oui beaucoup !

Est-ce qu'il chanté (et là je chante): " You are the sunshine of my life"

Il y pense brièvement et d'un ton très affirmatif:

-Oui oui, il l'a chantée, elle est connue celle-là!

-Comme je suis heureuse que tu aies pu apprécier. Et maintenant, essaie de garder ces sons et images bien encrés dans ta mémoire, car c'est pas tous les jours que quelqu'un peu dire: " Je suis allé voir Stevie Wonder." d'accord? C'est un grand tu sais!

Que d'émotion... Il m'étonnera toujours ce Fafouin, malgré ses difficultés et excès d'impulsivité. Puis, j'ai l'étrange impression qu'une histoire merveilleuse suit le flot de la vague en un perpétuel murmure, comme une musique... N'ai-je pas entendu mots semblables, venant de ma mère toute émue, lors d'une douce soirée d'été alors que je regardais Louis Armstrong s'essuyer le front avec son petit mouchoir blanc lors d'un spectacle à Expo 67...

-Nanou, préserve bien ces images dans ta mémoire...C'est un grand moment et on a beaucoup de chance d'avoir le privilège de le voir ce soir, devant nous...

Alors j'ai préservé, bon sens que j'ai préservé... le petit mouchoir blanc sous les réflecteurs, au beau milieu d'un ciel sans nuages... J'écris là et le vois dans un même instant..Quel souvenir magnifique et je peux affirmer que ce soir-là, j'étais particulièrement heureuse...

Alors, pour toi Fafouin d'amour et à tous ceux qui aiment le jazz...

Photo du haut: Fafouin, Festival de Jazz de Montréal, juillet 1994