Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

jeudi 24 septembre 2015

La balançoire

Givrée par cette chaleur d'été qui n'en finit plus, en cet automne naissant, après une bonne baignade, mon corps désirait croupir et n'avait d'yeux que pour ce banc de balançoire douillet, confortable et invitant. Étendue, les bras en croix, avec mon petit coussin préféré, je m'enveloppai un peu de ma serviette humide, cherchant à jongler vers la position la plus confortable, avec le pied qui n'oublie pas de bercer. 

Surprise par une subtile brise effleurant mon visage, je me laissai emporter par la lourdeur envahissante de mon corps. Laisse-toi faire là, laisse-toi donc aller…Vous savez, cet paix divine que l'on reconnait lorsqu'on s'assoupit par un après-midi un peu frisquet, encore teinté d'un léger relent de soleil chaud?

Les songes d'un après-midi d'été s'éternisent tout en sensualité. Ah, ce doux bonheur... Clip... Clap... Clip... Clap... La balançoire... Vient ma douce, sécurité absolue en ce moment unique et magique. Clip... Clap... Clip... Clap... Et Tic...Tac...

Tiens donc,  ça pourrait fort bien devenir le mouvement régulier et si apaisant de l'horloge, je n'en serais pas moins heureuse. Je l'entends, l'horloge qui sonnait à chaque heure chez mon grand-père que j'aimais tant, celle placée sur le vieux piano. Et sa voix résonnait, si belle... Ding... Dong... Ding... Dong...  

Tic... Tac... Tic... Tac...
Et la voix de mon réveil-matin que je déposais sur le bureau, dans ma petite chambre qui sentait si bon, lors de mes retraites à la Maison des Jésuites... Mon bon Père Laramée... Où êtes-vous...

Tout a disparu , mais, mais et mais, la voici la mémoire du coeur ou rien ne se perd  et tout revit, l'instant d'un sourire reconnaissant envers tout, envers la vie. 


Et voilà que je me berce avec toi, si tendre et rempli d’amour, cette quiétude de tous les instants, c'est une certitude, je le sens,  mon ange...

À présent, les petites pommes qui tombent sur la toile. Toc... toc... Ce pommier que je regarde du coin de l'oeil, tellement froid et nu dans l’hiver et si vivant de tout, là. J'observe les fruits denses.  Ô miracle. N'y a-t-il pas lieu en cet instant de s'émerveiller et dire simplement merci  la vie?

Mon esprit s’étourdit. Suis-je devant ou derrière, vers l'avant ou l’arrière de ce banc qui me supporte si amoureusement? Je me perds, je ne sais plus rien, ne pense plus, quelle douce ivresse.

De mes bras lourds de fer, mon corps pénètre la terre. Le voici, l'abandon.

16 commentaires:

Solange a dit…

Quel plaisir de se balancer par un bel après-midi d'automne, propice a la rêverie et au doux souvenirs.

Nanou La Terre a dit…

Oui, et bien fait car aujourd'hui, on gèle!

Roger Gauthier a dit…

Émouvant. Nostalgique aussi. J'ai bien aimé lire et relire. Avec, à la fin, le coeur un peu gros. Et tu as vu, c'est vrai, les bernaches sont arrivées, on les voit passer par centaines, parfois plus !

Dis-moi, je suis inscrit à ton blogue comme correspondant public, mais je ne vois pas ma photo dans la liste. Je me demande comment ça se fait. J'ai refait l' opération, toujours avec le même résultat. Il se peut que Google Friend Connect en soit la cause.

Et puis tu as le foutu "je ne suis pas un robot"… Ça fait rien, je survis tout de même.

Le factotum a dit…

Aujourd'hui, dans mon petit boisé, près du lac, assis sur mon petit banc. je regardais défiler à basse altitude près d'un millier de bernaches prenant leur envol vers le sud.
Un soleil de plomb que nous avions.
On se balançait tranquillement. au lac, émerveillés de toute cette pagaille engendrée par cette envolée grandiose.

Pierre Forest a dit…

Quel beau texte. Une éloge au temps qui passe lentement et dont on apprécie chaque seconde.

manouche a dit…

Très beau texte.

Une femme libre a dit…

La mémoire du coeur.... celle qui nous reste quand on a tout oublié! ;o)

claude a dit…

Joli texte Naou ! Beaucoup plus poétique que mon histoire de
balançoire à moi.
Bises

Nanou La Terre a dit…

Roger,
merci. Mis pourquoi avec un coeur gros, faut pas.
Oui, les bernaches! Elles nous rendent si heureux en ce bel automne. et elles ne le savent même pas.
Pour le reste, je ne peux tellement pas t'aider là. Google Frend, qu'est-ce que çà mange en hiver?

Pour le robot qui veut qu'on copie des mots, j'ai beau essayer d'enlever mais rien à faire, ça ne s'en va pas. J'ai essayé plusieurs fois.

Le Factotum,
oh que oui, elles sont sublimes ces bernaches. Et, as-tu remarqué, elles semblent toujours dire ;" Fait froid, fait froid..."


Pierre,

merci beaucoup... Suffit simplement de se laisser aller et apprécier.

Manouche,
merci!

Femme Libre,
la mémoire du coeur n'oublie jamais, jamais xxx

Claude,
merci... Ah bon, je vais aller voir cette histoire de balançoire !


Zoreilles a dit…

Quel bonheur de te lire en ce beau matin d'automne...

Nanou La Terre a dit…

Merci Zoreille! Et c'est toujours un bonheur de te voir ici xxx

Jackss a dit…

Bonjour Nanou,

Savoir profiter de l'instant présent et se laisser par lui, c'est tellement beau de pouvoir le faire et le partager comme tu le fais.

Le factotum a dit…

Belle photo près du lac.
Nous y passons des moments magiques.

Nanou La Terre a dit…

Jackss,
oui, se laisser porter par lui. J'ai vécu un gros déménagement il y a maintenant une semaine et là, je ne pense qu'à me retrouver seule avec moi-même avec la nature de ce bel automne. J'y suis presque. Merci de ta visite, toujours très appréciée!

Le Factotum,
effectivement. C'était un endroit superbe, chez ma grande amie d'enfance. Elle a vendu récemment son petit havre de paix. Chaque chose fait son temps faut croire. Bon week-end à toi!

Pur bonheur a dit…

Beau texte comme toujours. Tu as la plume rêveuse, j'aime bien!

Nanou La Terre a dit…

Pure bonheur, un gros merci xxx