Oui, mon amour est inconditionnel , doublé de limites vraiment strictes et claires, pour mon bien-être mental, pour le bien-être de tous. J’ai la chance aussi de bénéficier d’un énorme soutien de la part d’un organisme fantastique qui s’appelle ALPABEM.
Dimanche, mon fils a tenté, dans ma maison, de vivre à sa façon à lui, en dormant le jour et fêtant la nuit. NON, j’ai dit NON. Non négociable pour moi, il a testé quand-même. Il veut savoir si je demeure solide... Je le suis. Je lui ai dit que je m’inquiétais énormément pour sa santé, que je l'aimais et que pour cette raison, jamais je n’encouragerai ses comportements destructeurs. Il devait se lever, ne l’a pas fait. Puis, ce fut l‘urgence social, puis la police. Non, ce n’est pas facile de dire à mon garçon: "Maintenant, je veux que tu sortes, je t'ai demandé le respect d'une règle à laquelle je tenais, dont tu étais aussi d'accord. Et, ce auquel je tenais n'a pas été respecté..."
À l’urgence sociale, on m’a bien prévenue que, oui, on pouvait envoyer les policiers mais que, si mon fils ne voulait pas sortir, on ne pouvait rien faire!!!!
-Hein, quoi!!!!! Mais il a 18 ans bon sens , il est maintenant majeur et c’est ma maison! Vous avez vu son dossier? Il se défonce constamment, prend de la drogue, boit , il est complètement dysfonctionnel. Puis, j’ai un plan d’intervention rédigé avec son délégué et qu’il doit respecter!
- Le plan d’intervention n’a pas d’emprise sur la loi madame. C’est que son courrier s’en va chez vous.
-Oui, et après? Il faut bien qu’il le reçoive quelque part son courrier, il ne fonctionne plus!!!
-Mais, il a une adresse et c’est chez vous...
-C’est clair qu’il peut venir dormir ici mais il sait qu’il doit se trouver du travail et éventuellement un appartement. Puis, mes règles sont très claires et il ne vient à peu près jamais coucher ici.
-Mais où il couche?
-Je ne sais pas...
Il a une chambre chez vous et tous ses objets personnels?
-Oui, c’est pour le dépanner. Son père est parti sans laisser d’adresses. dernièrement. Mon fils n’a plus rien. Il faut bien qu’il sente une stabilité aimante quelque part quand-même!!! Mais il ne demeure pas chez moi. Il le sait.
-Ses affaires personnelles sont chez vous et il a une chambre. Donc, on considère qu’il demeure chez vous madame.
Lorsque les policiers sont entrés, ils se sont empressés de me dire la même chose. Mon fils n'était pas loin. J'ai lancé: "Chut, pouvez-vous parler plus bas s.v.p.???"Je les aurais giflé un après l'autre tiens...
Et voilà la situation. Une loi absurde et récente qui me met hors de moi. Et cette loi vient mettre un frein final aux aidants naturels. Passez tous le mot!
À cause de cette loi, un nombre indéterminé de gens et jeunes souffrant de problèmes de santé mentale vont se retrouver dans la rue. Un grand nombre aussi vont risquer de mettre en danger la vie de leur entourage immédiat, leur propre vie et celle d'inconnus. Nous, les aidant naturels et parents n'avons pratiquement plus aucune porte de sortie à présent, aucune emprise.
Je suis présentement en train d'essayer de contourner cette loi... Je réussirai merde. Un endroit loué pour entreposer ses objets personnels, un casier postal à son nom et, une chambre d’AMIS...Ce sera tout simplement ça et là, je pourrai le faire entrer au moins... J’ai prévenu l'ALPABEM et le délégué jeunesse de mon garçon. Ils n’étaient pas au courant de cette loi.
Pas de prévention, ni soutien pour nos jeunes en souffrance. Je le sais, je l’ai vécu pendant toutes ces années.. On répare simplement les pots cassés et surtout, personne n'écoute les parents et leur expérience, personne, jamais...
Avant 14 ans, il est trop tôt pour porter un diagnostique (bien voyons toi...), à 14 ans ils ont le droit de refuser d'être soignés (ils sont en mesure encore de prendre des décisions!) et à 18 ans, trop tard, le jeune est déjà lourdement hypothéqué, étant dans l'incapacité de gérer sa vie et son avenir. Et encore, même s’il accepte par miracle de se faire soigner, les psychiâtres refusent de porter un diagnostique s'ils prennent de la drogue. Est-ce qu’on peut s’entendre sur le fait que s’ils prennent de la drogue et se défoncent autant, mettant leur vie en danger, c’est parce qu’ils ont une énorme difficulté, déjà au départ? Est-ce qu'on peut commencer par quelque chose????
Foutaise tout cela! Je suis révoltée. Tout n’est que mensonge et lâcheté...
La vérité c'est que le trouble de personnalité limite est trop difficile à gérer et à soigner. Trop compliqué et prenant, personne n'en veut! Même les psychologues se les refilent!
Je n'ai d'autres choix présentement que d'attendre qu'il se fasse arrêter de nouveau ou qu'on m'appelle pour me dire qu'il est à l'hôpital et qu'il a tenté de se suicider. C'est ça notre belle société d’amour...

















