Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

samedi 30 janvier 2010

Réflexion...

Les gens naissent avec un tempérament propre à eux. Personne ne naît égal. Ce qui est vraiment transmis par l'hérédité dans le cas présent, celui de mon fils, c'est le gêne de l'hypersensibilité. De là peut découler toutes les formes de dérèglements. Si on ajoute à cela une ou des expériences émotives dysfonctionnelles, avec un gêne semblable, on a tout ce qu'il faut pour engendrer une explosion d'instabilité intérieure et de dérèglements.

C'est pourquoi, en de telles circonstances et bien au delà de ma volonté, du bon vouloir et de tout mon investissement passé à équiper et élever correctement mon jeune, il y aura toujours ce quelque chose qui m'échappe complètement et dont, malheureusement , je n'aurai jamais aucune espèce d'emprise.




mardi 26 janvier 2010

Hymne à la vie

J'ose à peine imaginer le choc psychologique avec lequel tous ces gens seront condamnés à vivre pour le reste de leurs jours...

Le 25 novembre 1988, j'ai pensé mourir lorsque ma maison est devenue en carton, craquait de tous bords, tous côtés, vaguait de gauche à droite sur l'océan en tempête, telle l'arche de Noé. Et cette terre sous nos pieds, si forte, indestructible, semblable à la puissance des chutes d'un barrage hydro-électrique. On ne peut imaginer, rien n'y peut résister. Je demeurais sur la rive sud de Québec où le séisme de 6.2 a été fortement ressenti à cause de nos sols argileux. Je m'agrippais tant bien que mal à la rampe d'escalier, sidérée par la cacophonie engendrée par le son de la vaisselle, des cintres dans les garde-robes et des murs qui craquent . Devant moi, au salon, les objets tombaient. Lorsque tout fut terminé, j'étais absolument convaincue que tout était détruit à l'extérieur et je me demande encore par quelle miracle nos maisons ont pu résister à un tel choc.

Tous ces pauvres gens vivent un enfer et le calvaire n'est malheureusement pas terminé. Difficile de trouver la solution miracle qui allégera la souffrance de chacun d'entre eux et leur apportera la vie plus confortable et décente qu'ils méritent.

La vie, si frêle et fragile... Savourons chaque instant, apprécions la chaleur douce de notre foyer,de nos draps douillets, louons le fait d'avoir le privilège, cette chance inouïe de boire et manger à notre faim chaque jour.




samedi 16 janvier 2010

Mes petits malheurs par dessus bord

Jamais je n'ai manqué de quoi que ce soit pour ma survie. Eu le privilège de gagner ma vie en faisant ce que j'aime. Lorsque j'ai faim, je peux me servir à ma guise. J'ai un lit bien chaud et confortable pour dormir. Lorsque j'ai froid, je peux me réchauffer, lorsqu'il fait chaud, j'ai aussi le loisir de pouvoir me rafraîchir. Je suis en parfaite santé et dispose d'un gym à 5 minutes de chez moi. J'ai tous mes membres, vis dans un environnement vraiment calme et agréable. J'ai le bonheur de pouvoir faire mes propres horaires de travail sans devoir rien à personne. Je peux disposer de mes temps de loisir comme bon me semble, entourée d'un bon conjoint et d'amis formidables. Le matin, je savoure mes petites promenades avec Adèle, respirant l'air frais. Le soleil, souvent présent , brille de tous ses éclats. Mon fils est en difficulté, d'accord, mais, il est bien au chaud, nourri, peut profiter de l'école présentement, fait du sport, est entouré de personnel compétant qui l'aide dans ses difficultés. Pour le moment et jusqu'au 24 mars au moins, il est en sécurité. J'ai tout ce qu'il faut pour être heureuse. De quoi pourrais-je me plaindre, voulez-vous bien me dire. J'ai tout, je possède tout...

Mardi soir, D. m'appelle. Elle ne peut se présenter à son rendez-vous avec moi. Ses parents, ses frères et soeurs sont à Port-au-Prince. Mercredi matin, je la rejoins de nouveau. Elle sait que la maison où ils habitent s'est écroulée et reste sans nouvelles d'eux depuis. J'appelle un, j'appelle l'autre, simplement pour leur offrir mes sympathies, leur dire que mes pensées sont avec eux et leurs familles. B est sans nouvelles de son père et de sa mère...

Mercredi soir, Yang et moi sommes allés voir Monsieur et Mme D, puis Fred. L'un est sans nouvelles de son frère, l'autre, de sa demie-soeur. Lorsqu'il y a 7 ans, nous sommes arrivés dans le quartier, monsieur D est venu sonner à notre domicile: " Bonjour, je me présente, je suis Monsieur D, j'habite en face de chez vous. Je vous souhaite la bienvenue ici. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez surtout pas!" Puis, lorsque Fred est arrivé dans notre quartier, il y a 5 ans, il s'est précipité chez nous avec son beau sourire: " Bonjour, je m'appelle Fred, je suis votre nouveau voisin, je voulais simplement me présenter et vous dire qu'entre voisins, on peut s'entraider, je suis donc toujours disponible, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas."

Je crois qu'en les circonstances, mon message du 31 décembre dernier porte ici tout son sens. Ce peuple a le coeur sur la main, habitué à s'entraider à travers tous les deuils et misères qu'ils ont vécus. Alors, aujourd'hui, c'est à eux que je pense, mes voisins et ceux que je côtoie régulièrement chaque semaine et à ceux et celles qui vivent en ce moment l'horreur là-bas. Ce sont nos frères... Alors, j'en ai rien à faire de mes petits malheurs, ce serait indécent d'y penser...



S'il vous plaît, donnons généreusement!

Croix-Rouge canadienne, division Québec: 1-800-418-1111