Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

mardi 8 juillet 2014

Fragilisée, en colère et révoltée

Lorsque je suis partie pour aller visiter Fafouin, j'étais déjà fragilisée en partant. Sans entrer dans les détails, je vis des choses difficiles ces temps-ci. La plupart du temps, je vais bien mais il m'arrive à l'occasion de sombrer dans des crises de larmes. Bon, je fais avec, et essaie de remonter mon bonheur, tout plissé par en dedans, ça ira pour la visite...

J'entre, vais chercher un numéro et passe  à l'accueil pour la visite.  Tout semble normal. Je donne ma carte- soleil ainsi que le nom de mon fils. Le préposé me donne ma clé de cadenas. Tout est beau. Mais, je me rends compte que je n'ai pas mes lunettes et ne vois pas très bien le numéro inscrit. Je retourne donc voir le préposé afin de m'assurer du bon numéro. Au moment où je retourne vers le casier déposer mon sac à main, il m'interpelle:

-Madame, on ne peut pas vous laisser passer.

-Ah bon, et pourquoi ?

-Vos bretelles dépassent de votre chandail.

Bon, un détail, je réajuste le tout. J'avais un petit débardeur noir sans manches en dessous. Je porte pas dessus un chandail léger et ample à manches 3/4, pas sexy du tout, alors tout est beau.

- Non madame, on voit un peu votre dos, c'est trop décolleté...

-Hein?

-Oui, et vous portez des legging...

-Et alors, c'est quoi le problème?

Je n'avais rien d'ajusté sur le dos, tout à fait convenable ce que je portais. J'ai vu tellement pire au parloir, rien à voir avec moi: les gros talons hauts aiguilles,  seins à l'air, jeans super sexy et ajustés. Je ne comprends vraiment pas là...

-Et bien, lisez les règlements. Les legging sont défendus...

-Écoutez, je suis une mère de famille qui s'en vient visiter son fils,  regardez-moi, ai-je l'air d'une danseuse qui va se pavaner devant les hommes au parloir?

-Désolé, va falloir que vous arrangiez ça...

Je regarde mes legging, tout à fait étonnée, désorientée... La colère et le ton monte...

- QUOI??? Je ne comprends pas, comment voulez-vous que "j'arrange ça" et de quelle façon faudrait-il que je m'habille? EN RELIGIEUSE??? Il fait 35 degrés celsius dehors, on crève!!!! C'est pas croyable! J'ai déjà vu pire au parloir,  mais qu'est-ce qui se passe????

-Lisez les règlements affichés là  sur le mur... Essayez de modifier ça...

Je regarde vite fait la liste longue comme le bras des règlements vestimentaires des visiteurs  et qui n'a d'ailleurs jamais été respectée, je le vois à chaque visite:

-Non, pas la peine, je n'ai rien d'autre à me mettre sur le dos, comment voulez-vous que je MODIFIE mes legging??? Alors je m'en vais!!!


Étant donné que j'avais juste envie de l'étrangler, lui arracher la tête et de l'aplatir au sol, que je sentais mon intérieur bouillir de colère et d'injustice, que je me préparais à ne plus répondre de mes paroles, j'ai choisi de partir, sagesse oblige. Car, il faut vous le dire, si on va trop loin avec un préposé, on peut être interdit de visite pour un bon bout de temps. Je ne comprends pas ce qui s'est passé mais je sens, pour une raison que j'ignore, que cet homme-là voulait à tout prix m'interdire l'accès à mon fils. A-t-il reçu des consignes?

Je suis partie en larmes, en colère mais surtout excessivement révoltée. J'ai beaucoup de difficultés avec l'injustice. Je vais me calmer. Ça fait juste du bien d'en parler. Je vais sortir mon djembé africain et jouer. Défoulement!




25 commentaires:

Une femme libre a dit…

Choquant. Mais tu as su rester calme et parce que tu as su rester calme malgré la colère qui bouillait en-dedans, il y aura une prochaine fois et la prochaine fois, tu t'habilleras tellement couvrant que personne ne pourra t'empêcher d'entrer! ;o)

Nanou La Terre a dit…

Je commençais à ne pas être calme du tout Femme Libre, la rage et la colère montaient en moi comme ce n'est pas possible. Je me faisais peur moi-même!
Ce qui me mets en rogne, c'est le côté fendant et dictatorial des préposés: "vous n'êtes que des enfants, faut vous dompter..." J'ai déjà vu des atrocités avec de pauvres gens sans défenses, souvent des personnes âgées. Je sais ce qui est venu me chercher encore plus; ça m'a rappelé l'attitude de certains intervenants à mon égard, au temps du Centre Jeunesse... Très mauvais souvenirs qui ont refait surface ici.

Nanou La Terre a dit…

Jamais plus je ne m'adresserai à cet homme, c'est terminé à tout jamais. Je préfèrerai faire la file et attendre dans l'autre rangée.

Le factotum a dit…

Je pense à un simple abus de pouvoir.
Rien de plus.
Pour te consoler, j'en ai bousculé plusieurs de ces préposés que je devais côtoyer à l'occasion dans mon travail.
J'avais cette chance que toi tu n'as pas de pouvoir les contrarier avec leurs règlements internes évasifs.
Bonne semaine à toi.

Nanou La Terre a dit…

Factotum,
oui, bien sûr que c'est un abus de pouvoir et j'en ai maintenant tellement horreur, si tu savais... Traumatisée par le Centre Jeunesse avec lequel j'ai de si mauvais souvenirs. Des nausées qui me sont remontées à la gorge cet après-midi. Ces gens font mal leur travail, si mal... Comment peuvent-ils bien dormir le soir? Ça me dépasse...

NanouB a dit…

outrée et autant révoltée que toi...moi c'est sûre, me serai retrouvée derrière les barreaux, je hurle encore devant les injustices. Je reviens juste de journées pas faciles non plus et je lis ça chez toi mon amie, alors j'ai le cœur lourd et les poings vengeurs !
Ton silence actuel est lourd, mais que dire du mien ! On va y arriver, battantes nous sommes à jamais
je t'aime fort
Bisous à ton fiston
et à toi mille tendresses

L'impulsive montréalaise a dit…

Je t'envois un câlin. Moi aussi j'y vois un certain abus de pouvoir. Mais vaut mieux laisser aller et essayer de sortir ça de soi.

Zoreilles a dit…

Je suis désolée que tu aies eu à vivre ça mais j'applaudis le fait que tu saches t'insurger si fort contre l'injustice, le manque de jugement et les abus de pouvoir.

C'est tu c'était quoi ta « faute », moi je pense? T'es trop cute, ça a dérangé le monsieur.

L'injustice est encore plus difficilement acceptable lorsqu'elle est commise sans que tu aies la possibilité de te défendre ni de t'expliquer. Tu restes prise dans ta rage et ton impuissance. Tu le vis en centre de détention, moi je le vis en centre de santé régulièrement, dans mon rôle de proche aidante.

J'ai souvent de ces accès de rage et d'impuissance qui viennent plisser mon bonheur. Je cherche des moyens d'être dans l'action et de contourner ces irresponsables et ces sans jugement qui font figure d'autorité et qui en abusent. Des fois, je trouve, d'autres fois pas...

Es-tu retournée là-bas, habillée comme une religieuse?

Solange a dit…

Un pauvre imbécile qui sentait le besoin de montrer sa force. Tu pourrais envoyer une lettre au journal pour dénoncer ça. Peut-être qu'avec une burka il t'aurait laisser passer.

Nanou La Terre a dit…

Nanoubis,
Outrée et révoltée, oui, mais en l'écrivant, ça passe... Tu l'aurais giflé ou quoi? Moi aussi et pire, mais il faut que je pense à mes visites... J'ai réfléchi au pouvoir que j'ai et personne ne pourra me refuser mes visites pour ça: lorsque je reviendrai, je n'irai pas me pointer vers lui. J'attendrai en rang s'il le faut, à côté, car ils sont tout le temps deux. Et s'il me dit que je peux venir à son guichet, je refuserai, prétextant qu'il manque de cœur et de chaleur humaine. Ce sera ça mon pouvoir et personne ne pourra me refuser une visite par mon "inconduite"!

Nanou La Terre a dit…

Impulsive montréalaise,
C'est ce que j'ai fait... Expulser, au lieu de sauter derrière le guichet et l'étrangler... Merci pour tes câlins xxx

Nanou La Terre a dit…

Zoreille,

je passe à travers, ne t'inquiète pas trop!



Oui je m'insurge contre l'injustice et l'abus de pouvoir, je ne peux pas tolérer. Pour le reste, je ne crois pas que je sois trop cute comme tu dis, je pense plutôt qu'il n'a pas eu la chance d'en caler un ou une pendant sa journée, qu’il se sentait probablement frustré, que c'était sa dernière demi-heure de travail et qu'il fallait qu'il se trouve une victime à tout prix pour remonter son estime. Un pauvre type quoi. Bref, rien à envier, alors je me console. J'aurai la possibilité de me défendre et de dire ce que je pense sans trop perdre d'énergie... Vas lire ce que j'ai écris précédemment. On a toujours la possibilité d'agir intelligemment tout en restant nous-même, en perdant le moins de plumes possibles. C'est ce que je vais faire... Regarde-moi bien aller. Et toi, comme proche aidante, comme je peux comprendre et je t'invite à faire de même. Je ne m'habillerai pas en religieuse mais, mais, j'essaierai de contourner la longue liste d'interdiction vestimentaire... Un nez de clown, un chapeau avec plein de fleurs, des oreilles de lapins, qui sait? Je verrai selon l'inspiration du moment... Chose certaine, personne aura ma peau et je compte bien laisser mes empreintes... À suivre!

Nanou La Terre a dit…

Solange,

maintenant, j'ai pris l'habitude de choisir mes batailles... Journaux, on verra, peut-être à ma retraite tiens!
La burka, j'avoue que j'y ai pensé. Et le pire, bien ce n'est pas interdit dans les règlements vestimentaires!(qu'ils n'appliquent de toute façon jamais)

NanouB a dit…

juste un mot pour toi que j'adore : ADMIRATION !
je t'aime fort , je suis épuisée de tout ! vivement la fin

Pierre Forest a dit…

Allo Nanou,

Ce qui t'a sans doute le plus fâchée, c'est d'arriver à la conclusion que c'était dirigé délibérément contre toi et que ce fonctionnaire ne réservait pas le même traitement à tout le monde, d'où le sentiment d'injustice. Peut-être aussi, de penser qu'il te trouvait sexy voire vulgaire, alors que ta tenue te paraissait tout à fait appropriée, à toi, pour cette journée d'été, d'où une seconde injustice. Et puis le fait que ça t'empêcherait de voir ton fils, imaginant peut-être du coup, que ce fonctionnaire avait agit délibérément pour t'empêcher de voir ton fils pour une raison quelconque. Tout ça mis bout à bout à de quoi faire éclater ta colère.

Si cette description est conforme aux idées qui t'ont traversées l'esprit, il y a beaucoup d'émotions là-dedans qui sont essentiellement des perceptions et des interprétations qui t'appartiennent. J'ai souvent pensé que lorsque la colère monte en moi, cela signifie que j'ai quelque chose à apprendre sur moi. La colère est une émotion forte qui naît quand on se sent menacé, dans sa personne, ses croyances, ses valeurs, son intégrité ou quand une situation ranime de vieilles blessures qui n'ont pas nécessairement rapport, mais dont les émotions qui s'y rattachent sont similaires. La colère devient une source d'énergie visant à se défendre ou répliquer.

Ces règles concernant l'habillement sont peut-être exagérées, ridicules, mal adaptées, mais il est peu probable que ce soit ce fonctionnaire qui les ait établies. Son patron attend logiquement de lui qu'il les fasse respecter et s'il le fait, il sera peut-être félicité pour sa rigueur. S'il ne le fait pas, il s'expose à être rabroué. D'autres fonctionnaires vont se permettre d'interpréter les règles plus largement et ne pas appliquer celles qu'ils trouvent inappropriées. Ils vont conserver leur jugement, s'arrogeant ainsi un certain pouvoir qu'ils n'ont pas officiellement, mais qu'ils se croient justifié d'exercer au nom de leurs propres valeurs. Généralement, on préfère avoir affaire à ce genre de fonctionnaire.

Tu as le choix de mener un combat contre ces règles d'habillement que tu trouves abusives ou alors de t'assurer de les respecter. Au besoin, effectivement, garder une burqa dans le coffre de ta voiture pourrait être une façon de répliquer avec humour, mais j'imagine que si le fonctionnaire croit qu'on veut se moquer de lui, il peut en rajouter et exiger une fouille en règle, devenir encore plus pointilleux et rendre tout cela encore plus personnel.

Il faut choisir ses batailles.

Nanou La Terre a dit…

Pierre Forest,
j'ai cru, imaginer des choses oui, en allant jusqu'à penser que peut-être qu'il avait eu la directive de priver mon fils de visite, tellement pour moi c'était absolument inimaginable qu'il me prive de visite à cause de mon habillement qui, je le répète Pierre, était tout à fait approprié et pas sexy du tout. Et je n'ai pas pensé une seule seconde qu'il trouvait mes vêtements inappropriés. Je sentais plutôt toute la volonté et l'énergie qu'il mettait à me rabaisser et me traiter comme un enfant d'école.
Tu as parfaitement raison:" La colère est une émotion forte qui naît quand on se sent menacé, dans sa personne, ses croyances, ses valeurs, son intégrité ou quand une situation ranime de vieilles blessures." Bien c'était tout ça en même temps et les vieilles blessures venant directement d'une attitude similaire de la part des travailleuses sociales du Centre Jeunesse de Laval qui traitaient tous les parents, sans exception, comme des petits enfants qui avaient besoin d'être dirigés et éduqués. Pas jojo pour un parent qui a sa propre entreprise,une tête sur les épaules, élève bien son enfant, qui ne consomme pas. Faut être fait fort pour se sortir de là sans se sentir tout à fait démoli... À l'intérieur de 4 ans, deux plaintes officielles de ma part ont été reçues et retenues. Une travailleuse sociale de la DPJ a même dû faire son travail obligatoirement accompagnée d'une autre travailleuse sociale indépendante et ce, pendant un an. Lors de mon autre plainte, d'autres mesures à l'intérieur des unités des garçon ont été mis en place.
Alors, la blessure qui est restée dans mon cas a un rapport direct avec l'événement et l'attitude tout à fait injustifiée et moralisatrice du préposé au centre de détention. Tu vois, juste de t'écrire ces lignes à propos du centre jeunesse, mon corps se raidit et je sens encore la colère et le stress monter en moi. De bien mauvais souvenirs. Ce n'est pas bon pour moi, pour mon moral, de mijoter ça de nouveau.

Depuis le début de mes visites à Bordeaux, je crois malgré tout avoir été chanceuse, à part une air bête au parloir.

Effectivement, comme toi Pierre, je préfère avoir affaire aux gens moins " by the book" qui préfèrent se servir de leur coeur et de leur jugement.

Pour terminer, tu imagines bien que je dis des choses mais que je ne le ferai pas voyons! Mais ça fait toujours du bien de pouvoir imaginer une situation tout à fait cocasse et farfelue!
Bien sûr que je choisis mes batailles Pierre. Je suis à présent allergique à toute forme de stress inutile pour mon bien-être. Je ne peux plus supporter, carrément.

Mon choix s'arrête quand-même à celui que je peux me permettre, dans le respect de moi-même et de mes valeurs: ne plus jamais m'adresser à lui. Et si jamais je n'ai pas le choix, qu'il est le seul à l'accueil, bien, tout naturellement, je n'aurai plus de sourire, plus de façon, pas un mot, l'air dramatiquement bête, pas que je me forcerai pour avoir cette attitude, mais c'est comme ça, ça viendra tout naturellement.



Nanou La Terre a dit…

Nanou,
je t'ai écrit ailleurs... Bon courage avec ta fille xxx

Le factotum a dit…

Bravo Nanou!

Nanou La Terre a dit…

Factotum, merci...
Mes 2 plaintes en 4 ans m'ont demandée temps et énergie mais je savais qu'il fallait que je le fasse, ne serait-ce que pour me respecter moi-même et pour le respect et la sécurité des jeunes à l'unité...
À chaque fois, je repartais soulagée, digne et bien droite. Je retrouvais mes ailes...

Une femme libre a dit…

Questions en vrac:

Et puis, es-tu retournée? Si oui, tu étais habillée comment?

Quand vas-tu m'appeler pour sortir?

Signé: ta citadine compagne de sorties dans le grand Montréal!

NanouB a dit…

La colère est une émotion forte qui naît quand on se sent menacé, dans sa personne, ses croyances, ses valeurs, son intégrité ou quand une situation ranime de vieilles blessures


je retiens cette phrase... qui me colle aussi à la peau, et j'ai lu avec attention le commentaire de Pierre ! je devrai faire bon usage du tout !


Femme libre, bonjour, y a un bon moment que j'essaie d'accéder à votre blog, sans succès. y a longtemps que mon amie Nanou me l'a conseillé mais mon mail est resté sans réponse . c'est dommage !j'aime lire les amis de Nanou La terre ..


Nanou... de France !

Nanou La Terre a dit…

Femme Libre,
Oui, j,y suis retournée. Habillée presque pareil avec quelques modifications subtiles. Ça a très bien passé!
Chère citadine, je t'appelle à mon retour. Je suis présentement aux Éboulements dans Charlevoix. Le bonheur total. Je ne bouge pas de la pour 2 semaines xxx

NanouB a dit…

Il est où mon dernier commentaire ou je trouvais si important les phrases de Pierre ???

Bon !
J'ai eu ton petit mot depuis Les Eboulements et je suis ravie que cela te fasse un grand biene t que tu t'y plaises. j'attend ton retour
tendresses :-)

NanouB a dit…

hihi, le comm était donc resté caché dans ton tiroir !
gros gros poutous mon amie et à vite !
je te répond ... de l'autre côté :-)

Anonyme a dit…

Nanou! Bien comme j'ai été précédé par Pierre, rien de plus à proposer qu'une autre burqah à mettre par-dessus l'autre, avec a moustiquaire de l'autre côté!

Même pas de mots.

Bravo pour ton courage et ta capacité à te construire un mode de vie sain au maximum dans un contexte aussi fragilisant. Tu peux être extrêmement fière de toi.

xxx
Air fou