CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RÉSERVE.


Auteur inconnu

samedi 18 juillet 2009

Yang en camping


Je n'aime pas le camping. Mon conjoint s'est donc préparé un petit moment vacance-tente pour lui tout seul en début de semaine prochaine. Je sirotais une petite bière en lisant mon journal dans ma balançoire. Il faut entendre la conversation...

-As-tu hâte à la semaine prochaine?

-Bien oui, comme çà, tu m'auras pas dans les pattes toute la semaine.


-Tu sais bien que j'aime pas çà quand tu dis çà... Çà va faire du bien, tu vas pouvoir te retrouver.

-J'suis pas perdu.

!!!???

- Je te parle de te retrouver avec toi-même, çà fait du bien de temps en temps...

-J'ai pas besoin de me retrouver, un gars çà se perd pas.

(!!!???)

T'es pas sérieux là?

-C'est une blague voyons!

-Mais, çà été quand-même ta première réponse!

-J'ai répondu sans penser...

Hum... Saura-t-on un jour le fin fond de l'histoire... A-t-il vraiment répondu sans penser? Éprouve-t-il simplement une certaine gêne à avouer que çà lui fera du bien de se retrouver avec lui-même? Peut-être ne s'est-il jamais posé la question finalement....Et s'il arrivait là sans penser... Qu'est-ce que çà peut bien faire. Veux-tu bien me dire pourquoi je me casse la tête avec toutes ces questions... Laisse-le partir sans y penser, çà te fera du bien tiens...

Réf: Dessin du Yin et Yang par Amanda Beth Conrad Powell



dimanche 12 juillet 2009

Le regard de Fafouin

J'aime cette photo. J'ai souvenir merveilleux de cette journée, en juin 2008. Il recevait, pour la première fois de sa vie un Méritas pour trois matières scolaires et s'était présenté à l'avant, tout fier, en recevant son prix. Je ne suis pas de celles qui carburent à la performance, non. Voyez-vous, c'est que les regards étaient tournés vers lui pour quelque chose de très positif et çà, j'espère qu'il a pu retenir à tout jamais dans son coeur l'expérience et qu'il se dira un jour qu'il est toujours possible d'y revenir, peu importe le chemin qu'il choisira...


vendredi 3 juillet 2009

Surprenant Fafouin

Pendant un rare moment passé en compagnie de Fafouin, il me lance comme çà, tout bonnement:

- Maman, j'avais oublié de te dire, je suis allé voir Stevie Wonder hier soir...

-Ah oui? T'es allé au festival de jazz?!! Et qu'est-ce qui t'a décidé à aller passer la soirée là?

- Et bien, Oli et moi, on regardait la télé, puis, on l'a vu chanter et on s'est dit que çà avait l'air pas mal bon, alors, on a décidé d'y aller.

J'étais franchement impressionnée. Mon ado de 17 ans, accroc du rap qui s'en va voir Stevie Wonder, je rêve ou quoi? Puis, je me suis rappelée que mon fils a littéralement baigné dans le festival de Jazz de Montréal, dès son plus jeune âge et ce, jusqu'à l'âge de 11 ans, pré-adolescence oblige... J'élevais seule mon enfant, alors je m'arrangeais pour être bien et je peux dire que j'étais souvent dehors au grand air pendant la période estivale. En même temps, je trouvais important d'éveiller sa curiosité en lui faisant découvrir plein de choses intéressantes. Nous y passions des journées entières. Je partais le matin avec la poussette, un gros lunch et hop, on s'en mettait plein la vue et les oreilles! On peut dire qu'il en a passé du temps à sauter sur le gros clavier, dans l'aire de jeu du festival...

-Alors, raconte un peu, as-tu aimé çà?

-Ah oui beaucoup !

Est-ce qu'il chanté (et là je chante): " You are the sunshine of my life"

Il y pense brièvement et d'un ton très affirmatif:

-Oui oui, il l'a chantée, elle est connue celle-là!

-Comme je suis heureuse que tu aies pu apprécier. Et maintenant, essaie de garder ces sons et images bien encrés dans ta mémoire, car c'est pas tous les jours que quelqu'un peu dire: " Je suis allé voir Stevie Wonder." d'accord? C'est un grand tu sais!

Que d'émotion... Il m'étonnera toujours ce Fafouin, malgré ses difficultés et excès d'impulsivité. Puis, j'ai l'étrange impression qu'une histoire merveilleuse suit le flot de la vague en un perpétuel murmure, comme une musique... N'ai-je pas entendu mots semblables, venant de ma mère toute émue, lors d'une douce soirée d'été alors que je regardais Louis Armstrong s'essuyer le front avec son petit mouchoir blanc lors d'un spectacle à Expo 67...

-Nanou, préserve bien ces images dans ta mémoire...C'est un grand moment et on a beaucoup de chance d'avoir le privilège de le voir ce soir, devant nous...

Alors j'ai préservé, bon sens que j'ai préservé... le petit mouchoir blanc sous les réflecteurs, au beau milieu d'un ciel sans nuages... J'écris là et le vois dans un même instant..Quel souvenir magnifique et je peux affirmer que ce soir-là, j'étais particulièrement heureuse...

Alors, pour toi Fafouin d'amour et à tous ceux qui aiment le jazz...

Photo du haut: Fafouin, Festival de Jazz de Montréal, juillet 1994


lundi 29 juin 2009

Jopitoutou


Jopitoutou...

Le nom Jopi vient d'une marque d'oursons de qualité fabriqués dans les années 20. J'en possède un, légué par ma grand-mère, et je trouvais que le petit poussinot dans la vitrine lui ressemblait. Çà allait de soi. Il avait déjà son nom. Une petit coup de coeur. Jopitoutou avec son petit poil doré qui brille au soleil et son mowak sur la tête, Jopi l'unique... Il est parti tout doucement lui aussi, dans mes mains chaudes, et collé contre mon coeur...

Au revoir mon p'tit blondinet...

jeudi 25 juin 2009

Au revoir...

Je vivais avec mon conjoint de l'époque, Coco. C'est lui d'ailleurs qui m'avait annoncé la mort de Lennon, en rentrant à la maison. J'étais tout simplement effondrée de chagrin.

Il n'y avait pas d'ordinateurs à l'époque, ni guichets automatiques. Puis, les cassettes vidéos sont arrivées. On avait le choix entre le BETA et le VHS. On a choisi la qualité du BETA. Bip... Erreur. le VHS a pris le marché... Par la suite, ce fut le début des vidéos-clips. J'étais déjà adulte mais, j'avoue que j'appréciais. C'était vivant, rafraîchissant.

Je garde en mémoire cette semaine où nous attendions, fébriles et impatients, le nouveau vidéo-clip de Michael Jackson... Thriller... C'était d'autant plus captivant qu'il y avait des rumeurs à l'effet que ce clip durait très très longtemps et qu'il était vraiment spécial. Tellement spécial que les chaînes de télévision nous avertissaient à l'avance de la date et l'heure à laquelle le fameux vidéo allait être présenté pour la première fois à l'Amérique toute entière! Quand le moment fut venu, nous étions installés bien confortablement, et, bien honnêtement, il n'aurait pas fallu que personne vienne troubler notre attention!

Quelle performance, c'était génial... Encore cet hiver, j'ai insisté pour que Fafouin regarde ce clip. Il en était tout simplement sidéré. Aujourd'hui, j'étais assise simplement dans la balançoire quand...

J'ai toujours ressenti cet attachement spécial qui me lie aux gens qui sont nés la même année que moi. Çà me fait l'effet d'un jumeau ou d'une jumelle, d'un frère ou d'une soeur. 1958-2009. Tiens, terminé, fini... La dégradation physique et mentale, d'années en années, de ce talentueux chanteur et danseur me rendaient profondément triste. Quel homme en mal de vivre. Mais quel grand talent...L'argent ne pansera jamais les plaies du coeur...

Michael Jackson
Au revoir..
...

mercredi 24 juin 2009

Notre St-Jean



En cette journée de la St-Jean-Baptiste
Force est de constater
Qu'une grande majorité d'entre nous
Avons encore et encore oublié
Qui nous sommes.

Comme dit la chanson

"On y parle encore la langue de chez nous"

Peut-être... et pour combien de temps encore?

"Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs"

Alors, ici je viens chanter ma peine
Et mes espoirs aussi

PEINE

Ma peine de constater
Que le peuple québécois
De souche
Et de langue française,
Soyons francs
Ne jouons pas avec les mots,
S'est encore noyé dans la foule
Comme un pauvre idiot sans visage
Et se perd et se perd...

Ma peine de constater
Qu'on est si accommodant, si gentil
Au péril de perdre notre propre identité culturelle
Tellement on manque de colonne et de respect
Envers nos propres racines et traditions.

ESPOIR

Espoir qu'on se rappelle toujours d'eux
Braves et courageux
Et de ce qu'ils ont souffert
Afin de nous permettre à nous
D'être encore là
Ici et maintenant
Parce que sans eux
Nous serions déjà un peuple éteint

ESPOIR

Aurons-nous enfin notre fête
Notre vraie fête à nous un jour
Et... notre pays?

Et que ceux et celles
Qui viendront se joindre à nous
Pour venir fêter NOTRE langue et NOTRE culture
Soient les bienvenus!

Nanoulaterre

La chasse- galerie

..........


La langue de chez nous
(extraits)


"Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre des trésors de richesse infinie
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

Et de l'Île d'Orléans jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie"


Yves Duteil

mardi 23 juin 2009

Les petits culs secs


C'était il y a un peu plus de vingt ans, quelque part dans un recoin du bas St-Laurent, Le Bic, dans une salle paroissiale très reculée, je ne me rappelle plus laquelle, fouille-moi, en plein champs, la rencontre des familles XYZ. De là s'étaient rassemblées environ 300 convives, remplies de bonne volonté mais manquant un petit peu d'initiative, ma personne ne faisant pas exception. Nul ou presque ne se connaissait. Beau rassemblement en perspective. En fait, tout le monde était un peu coincé sur sa chaise. On ne savait trop quoi dire, ni comment donner un petit brin d'étincelle à l'athmosphère déjà alourdie par la gêne. Maudite gêne tient! Parler du beau temps, hein...Et après? C'était, franchement emmerdant et timidement repliant sous la chaise.... Secrètement, on se demandait comment allait se passer la soirée. On avait tous l'air de beaux beignets attendant qu'une âme charitable et intelligente sorte du placard une petite idée brillante...C'est là que les petits culs secs sont arrivés... Puis un, puis deux puis 3 petits culs secs! Faut dire que les organisateurs étaient très très généreux. Encore un petit peu de Caribou? Allez, çà fait du bien! Ils nous l'offraient avec un si beau sourire... Bien oui, encore un s.v.p... Ai-je besoin de vous signaler que l'atmosphère était passablement détendue au bout de 45 minutes? C'était l'euphorie totale. Les mots, éclats de rires, poignées de mains et becs s'entremêlaient, résonnant dans une harmonie parfaite de convivialité sans précédent! À un moment donné, fallait faire descendre tout çà et bouger un peu. Je peux vous dire que le petit timide, s'il en restait un sous la table, bien "y était pu là, tu penses bin" et à la limite, en train de danser sur la table voisine desservie! C'est là que les violoneux se sont mis de la partie pour nous faire danser dans un rythme que même le diable n'aurait pas pu suivre. Au petit matin, le diable n'y était pas mais le réveil oui, et assez brutal merci... Disons que j'ai regretté un petit brin l'abus des petites "gorgettes" de caribou mais bon... Je dis bien un petit brin, car le souvenir de cette mémorable soirée, j'en aurai de rappels heureux comme c'est pas possible...

Qui dit qu'il ne se passe jamais rien dans les vieilles salles paroissiales reculées et abandonnées au beau milieu des champs...

Ce souvenir enfoui me fut inspiré par une remarque d'une lectrice assidue...
Pur Bonheur, ce texte t'est dédié, merci...





dimanche 21 juin 2009

La grange

C'était l'été dernier. Je reviens tranquillement de je ne sais où quand, tout bonnement, je décide de quitter l'autoroute pour longer la rivière jusque chez moi. J'avais envie de liberté mais surtout, le besoin vital de prendre mon temps, tout mon temps. Ce petit coin, beaucoup plus à l'ouest, m'était inconnu. Alors, je ferme les valves de mon cerveau qui pense toujours trop pour simplement admirer, savourer et goûter le paysage qui s'offre à moi. Le fait de décider là, d'une trajectoire précise, en étirant le temps, me fait ce petit velours, l'effet d'un contrôle absolu sur ma vie. J'adore...
Tiens, qu'est ce que c'est? Une pancarte toute mignonnette fabriquée maison m'indiquant une grange... Curieuse, mon regard se pose sur l'endroit en question. Une étable immensément grande, est-ce possible, et, c'est ouvert! Empressons-nous... Je me précipite donc, stimulée par mon appétissante curiosité.

En entrant, un petit vent de fraîcheur bien installé vient à bout de l'humidité accablante de la journée, et pourtant, aucune trace d'air climatisé. Trois immenses salles où s'entassent des milliers d'objets de toutes sortes. Je sens que je vais m'y reposer, ma vie vibre au ralenti, je m'apaise, le temps de découvrir et de réfléchir sur tous ses objets qui dorment, hors du temps avec chacun un passé, une histoire. Et puis le chant des oiseaux rempli de l'écho des boisés, venant de la petite porte toujours ouverte... Margaret tient cet endroit, elle y habite même...Une gentille britannique d'origine, au français impeccable dans son accent charmant. Elle me raconte l'histoire de la grange, depuis ses débuts. Puis, je repars avec quelques petites bricoles, le coeur tout rempli de ces beaux moments inattendus et tendres.

J'y vais maintenant régulièrement... Comment pourrais-je me passer de la gentillesse de Margaret et de son accueil toujours aussi chaleureux... Et dire que j'aurais pu ce jour-là continuer sur l'autoroute terne sans même jamais avoir eu vent de cet endroit unique... La vie a de ces petits mystères bienheureux quelques fois...

Ce billet est dédié à Lulu, au fils du temps
et à tous ceux qui aiment les vieilles granges...


mardi 16 juin 2009

Papa...

-Nanou?

-Papa...

Il m'a réveillé brusquement de mon sommeil. Sa voix murmurait mon nom. Dans son intonation, j'avais le sentiment profond qu'il voulait bien s'assurer que je l'entendais, que son système de communication fonctionnait.

-Papa, tu es là...

Je n'ai pas cherché à savoir le pourquoi du comment. Depuis 3 jours, je m'endormais avec le nounours de mon garçon sur mon coeur, rituel de protection oblige. Et là, pour la première fois en 4 ans, papa était là, tout près de moi, si près... Je suis restée comme çà, me laissant transporter par sa présence, rassurée d'avoir enfin la certitude qu'il continue d'exister quelque part, encore et encore...

En ce matin, je regarde sa photo, mes larmes n'ont plus de fin. J'étais convaincue que ce papa, tourmenté par la maladie mentale et si déroutant dans la vraie vie, ne pouvait m'offrir une sécurité bienveillante dans l'au-delà. Secrètement, je me refusais cette ouverture, convaincue qu'il en était incapable, que sa souffrance terrestre avait été bien assez grande. Je n'osais le lui demander. Je m'étais résignée, je me suis trompée... Parce qu'à présent je sais, c'est une certitude... Il ne m'a jamais quitté, jamais oublié, m'enveloppant discrètement de sa présence.

Il n'attendait que mon signal. Il a vu juste...





lundi 15 juin 2009

En parlant des enfants...

Voici un texte tiré d'un livre que j'aime beaucoup et que je relis souvent. Il me soutient lorsque mon univers intérieur ferme les portes du soleil et que mon inquiétude de maman m'habite trop souvent...

"Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit: "Parlez-nous des Enfants"

Et il dit :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
De l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous,
Ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour
Mais non point vos pensées
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
Mais pas leurs âmes
Car leurs âmes habitent la maison de demain
Que vous ne pouvez visiter
Pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux
Mais ne tentez pas de les faire comme vous
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,
Comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini
Et Il vous tend de Sa puissance
Pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole
Il aime l’arc qui est stable."

Khalil Gibran, Le prophète



samedi 13 juin 2009

Les cimetières


Les cimetières ne sont pas des endroits aux morts, mais un hymne à la vie des gens qui ont comptés, qui ont fait une différence dans notre existence et, il s'y cache des trésors...Des êtres qu'on a le devoir de ne jamais, jamais oublier... Certains d'entre eux ont fait de nous de meilleures personnes...

mardi 9 juin 2009

Des briques sur ma tête

Fafouin venait coucher à la maison Dimanche soir car je l'accompagnais en cour lundi matin. Il devait effectivement passer pour une offense commise l'an dernier. La semaine précédente, j'avais communiqué avec son avocate pour lui demander s'il existait, en cour de la jeunesse, des peines directement reliées au méfait et pouvant aider le jeune dans ses difficultés. Dans le cas de mon Fafouin, c'est sa consommation excessive de cannabis. Elle avait été très gentille. Oui, effectivement, on peut suggérer ou même imposer une peine qui insite le jeune à se questionner, à se prendre en mains pour ses problèmes de consommation. Encore faut-il qu'il admette et qu'il veuille bien s'en sortir...

Donc, Fafouin arrive vers 22 hres 30 Dimanche soir. Il entre dans sa chambre et s'empresse de me montrer le petit débardeur rose en dentelle de sa petite amie. Il me regarde puis le presse sur son coeur...

-Tu l'aimes ta Catou n'est-ce pas?

-Oui maman...

-Je pense que c'est ton premier vrai amour?

-Oui...

-J'aime te voir comme çà. Je te trouve bien tendre, je trouve que c'est une bien belle qualité.. Je suis heureuse pour toi.

Je m'approche et l'embrasse tendrement sur la tête puis je quitte la pièce.

Le lendemain matin, nous déjeunons et quittons la maison pour mon endroit préféré...le palais de justice...

C'est long, çà s'éternise. Entrés dans la salle d'audience nous en ressortons sans avoir passé, son avocate étant occupée à régler à l'extérieur de la salle une affaire urgente. L'audience reprend dans 30 minutes. Je suis en pleine forme, calme, sereine et disponible pour mon garçon. L'équilibre quoi. Il est déjà tard, je n' ai pas prévu et c'est presque l'heure du diner. La fringale me prend et je demande à mon garçon s'il a de l'argent sur lui pour manger.

-Mais oui maman, pas de problème.

Il vide alors ses poches devant moi et me montre plusieurs liasses de billets de 20 dollars. Çà y est, mon équilibre disparaît, je vais m'écrouler. Je ne vois plus rien. Lorsque la surprise fait place à un choc brutal, provoquant à coup sûr et, simultanément, déception, colère, inquiétude et peine profonde on doit réajuster le tir rapidement, momentanément, pas le choix. Je suis dans un lieu public, au milieu d'autres jeunes, parents et avocats. La douleur intérieure si intense provoque en moi l'envie d'un long crie strident et primale. Au dedans, çà hurle comme c'est pas possible. Le rayonnement de mon équilibre disparait de mes yeux, je le sens, Fafouin aussi...Ils parlent le langage de la tristesse et la boule au fond de ma gorge s'établit en permanence. Je me sens incapable de m'ajuster. Intérieurement, mon équilibre me quitte.

Je savais que cet argent ne venait pas de son travail. Il en devait à son père et c'est ce dernier qui gérait momentanément ses finances. Donc, il venait d'ailleurs...

-Cet argent ne vient pas de ton travail Fafouin...

-Non...

-Alors, d'où vient-il?

-Je me suis débrouillé...

Çà suffisait, c'était déjà trop. Il venait de s'acheter un cellulaire, recevait beaucoup d'appels extérieurs, des inconnus. Son père avait des doutes et...voilà, je savais qu'à cet instant même il venait de déraper mais cette fois-ci, un pas risqué, dangereux, mon grand garçon, mon bébé...

Il est allé fumer une cigarette, je suis descendue en bas prendre un café. Mes sentiments étaient confus. Tout se bousculait. J'avais envie de le planter là et de lui dire de se démerder avec ses problèmes, la colère parlait. J'avais aussi l'idée de le brasser et de lui dire de se réveiller. Je ne l'ai pas fait, ce n'était pas le moment Je me suis tue, entrant, zombie, dans la salle d'audience, accompagnée de mon fils, entendu la sentence. Allez, qu'on en finisse, mon seul souci étant de sortir d'ici au plus vite. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. L'extérieur, l'extérieur, prendre l'air, vite çà presse... J'enfilai d'un pas rapide, mon fils suivait, inquiet et penaud, je le sentais...


-Il semble que ce soit ton choix de vie...

-Non maman...

-Alors, t'as de sérieuses difficultés au niveau de ta consommation!

-Pas tant que çà....

-Pas tant que çà? D'accord. Alors, tu te fais pincer dernièrement dans une voiture, à voler son contenu, nous venons de sortir de la cour tout juste à l'instant pour un délit de l'an dernier et là, j'apprends que... T'as raison, t'as pas de problèmes. Que puis-je y faire de toute façon!!!

-Mais oui, Ok, j'en ai un problème!

Alors là je m'effondre, çà sort comme çà, sans que j'y pense....

-Tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière de toutes tes belles qualités. Tu es un jeune garçon fantastique, avec une force incroyable. J'étais et je suis encore tellement fière de constater que tu possèdes une détermination à toute épreuve. J'en parle souvent à ton père, en fait, je n'ai jamais cessé de lui en parler, de tes belles qualités, ta sensibilité, ta créativité et je me demande maintenant comment tu comptes utiliser tout çà!!! Mais qu'es-tu en train de faire de ta vie Fafouin!!! C'est dangereux, cet argent est sale! Et moi, je ne peux rien faire pour te convaincre d'arrêter tout çà!!! Ce que je veux pour toi, c'est le meilleur.!Je t'aime tellement! Je veux que tu sois libre, je te veux heureux...

J'avance, ralentis, m'arrête enfin, en lambeaux, les bras presqu'au sol, je m'effondrais. Et la peine sortait là, toute crue, comme çà. J'aurais été au beau milieu d'une foule et m'en serais carrément foutu. Alors, il s'est avancé, m'a pris dans ses bras et m'a dit: " Ne t'en fais pas maman, çà va aller." Il me serrait si fort, je le serrais... Nous étions enlacés, il sentait mon amour pour lui, je sentais le sien. Que dire de plus, un moment d'éternité.

Que le sentiment d'amour lorsqu'il n'y a que le fond de l'âme qui parle de tout son corps...




vendredi 5 juin 2009

Les petits bonheurs du matin

Hop Adèle! Partons à l'aventure, il fait si beau et pas un seul nuage à l'horizon. Magnifique!

Il faut dire que ma petite marche du matin, en plus de me faire un bien énorme, est doublement stimulée par cette petite table de bois que j'avais scrutée la veille, sur la rue voisine, et dont le proprio, de toute évidence, allait déposer au chemin ce matin...

Tiens, jetons en passant un petit coup d'oeil aux ordures, après tout, c'est vendredi... Rien d'intéressant à l'horizon.

Les gens s'assagissent?

J'aime mes espadrilles de marche. Elles me donnent ce je ne sais quoi, un petit coup d'énergie vers l'avant. C'est bien pour dire, c'est pas pour rien qu'on les a inventées.


Tiens, la maison d'Agathe... Je m'y arrête, difficile d'y résister. C'est un jardin de fleurs, de lierres, d'arbustes et de vivaces avec ce petit côté asiatique qui le rend si unique. Mais surtout, cet espace est entretenu avec tant d'amour et passion. Çà se sent, çà se voit...

Lorsque notre jardin intérieur est entretenu avec autant de soin, on y découvre des trésors insoupçonnés. Alors, le jardin revêt une couleur unique. Et tout ce qui se trouve dans le jardin produit, à son tour, un effet bienfaisant sur le jardin des autres....

Tiens, Agathe est là, comme toujours, avec son beau sourire. Je m'arrête un instant, le temps de lui dire à quel point son royaume a un effet magique et apaisant sur moi. Nous parlons fleurs, jardin, échange. Elle va m'apporter de la ciboulette à l'ail et des petites fleurs aussi... De mon côté, j'ai hâte de lui montrer mes fleurs préférées dont je ne connais pas le nom...

Je tourne le coin de la rue. À ma droite, les deux femmes chauffeurs d'autobus scolaires jasent un brin en attendant leur marmaille du secondaire. Chapeau, admiration pour ces gens-là...

Me voici maintenant tout près du but. C'est quelle maison déjà? Je me replonge dans l'image de la veille en fermant les yeux... La petite table était collée contre un mur de la maison, à côté de son compagnon, Bac à recyclage, dans une entrée qui se trouvait à droite de la maison. On devrait se retrouver...hum... Çà y est, j'y suis! Bon... partie, envolée, adieu petite table, trop tard pour moi. Pas grave, on continue, il fait tellement beau!

Dans son petit camion rouge et blanc, mon facteur préféré, avec son gigantesque sourire... M'envoie la main, me dit un mot gentil en passant près de moi... J'entends maintenant un gros jappement féroce, déçue de constater que ces grognements lui sont destinés, je me questionne... Çà ne doit pas être joli tous les jours pour lui....pas drôle d'être un facteur. Et pourtant, il demeure toujours souriant, gentil... y a des gens comme çà...

Je file vers un raccourci dans le stationnement du dépanneur. Une femme en voiture me sourit et me laisse passer. On continue... Deux couples assis sur leur balcon me regardent et sourient... Bon sens que les gens sont de bonne humeur aujourd'hui! Puis j'y pense, c'est pas pour toi ce sourire, c'est pour Adèle voyons! C'est fou comme les gens se réveillent de leur léthargie lorsqu'on promène un petit chien tout mignon et irrésistible. Zoothérapie tient. "Bonjour Adèle!" Tellement que la plupart ne connaissent même pas mon nom mais reconnaissent celui de ma petite chienne. Çà leur fait du bien, c'est çà l'important.

La vie est simple. Il suffit d'avoir un petit chien pour rendre les gens heureux...

Oh lala... Au loin, le gros chien noir méchant qui veut toujours dévorer le mien, en compagnie de son maître aux jambes arquées. Bon, j'éduque mon chien:" tranquille Adèle, c'est un ami." Ouin, quel ami... Comme c'est étrange, on dirait que le chien a perdu sa bedaine, il est tout svelte! Bien c'est pas le bon chien tient, allume... Et son maître a les jambes croches aussi... Bien coudont...

On y arrive presque, déjà la maison au loin. J'en profite pour tester ma petite bête, un camion approche...." Adèle, assis, pas bouger..." Elle s'exécute gentiment. Bon, au moins je sais qu'elle n'ira pas se précipiter devant une voiture et se faire écraser comme une crêpe si j'ai la brillance de l'interpeller comme çà...

De retour à la maison, vivifiée et remplie de belles images mais surtout, heureuse d'avoir le privilège de prendre mon temps, tout mon temps, le matin, avant d'aller tranquillement offrir mes connaissances à ceux qui voudront bien les recevoir, enfouie dans ma caverne d'Alibaba, mon royaume, comme je l'appelle. J'apprécie, mais j'apprécie...tellement...

Il faut prendre le risque d'aller vers son propre appel intérieur afin de goûter aux vrais petits bonheurs de la vie...



mardi 26 mai 2009

Le Bed-in...

Dire à quel point le Bed-in a eu son effet sur moi?

Ouf...

C'était il y a 40 ans, aujourd'hui...Déjà. Ils m'impressionnaient ces deux-là. Je les trouvais, hum...osés, mais, c'était plus fort que moi, je les enviais. Il y avait ce quelque chose de tellement attirant, agréable et serein dans leur geste. J'étais bien, seulement à les regarder et je me disais que c'était çà la voie, la direction à prendre...

Il faut dire qu'à cette époque, çà faisait au moins 2 ans que je percevais et vivais la couleur du changement autour de moi. Au matin de l'adolescence, toute frêle encore et, fraîchement sortie de l'enfance, le réveil m'appelait... Un jour tout était gris, puis, tout à coup, il y avait plein de couleurs, plein de fleurs. Même mes parents se réveillaient. Tiens, un Dimanche matin, ma mère a dit:

" À partir d'aujourd'hui les enfants, vous n'êtes plus obligés de venir avec moi à l'église et si vous venez, vous pouvez manger avant d'aller communier."

Hein quoi? C'était la désorientation totale, qu'est-ce qui se passait tout à coup? Mais on y allait quand-même parce que c'était agréable, vivifiant, coloré; maman nous emmenait dans des messes à gogo, dans l'autre paroisse, là où c'était un petit peu moins endormant disons, avec des guitaristes et chanteuses aux cheveux longs. Même nos manuels de catéchisme se transformaient...

Puis, tout le reste a suivi. Les interdits devenaient permis. Un vent de liberté soufflait, emportant tout sur son passage,contaminant tout le monde.

Maman devenait dingue avec son extracteur à jus et nous faisait des boissons avec les oranges en entier, zeste compris! "C'est meilleur pour la santé" disait-elle. Papa "virait sur le top aussi" avec son jogging matinal, devant lequel, son insistance à nous faire participer était à ce point débordante que, chronomètre en mains, nous vérifions sa performance!

Tout revivait, c'était un éternel soleil partout. Comment dire...C'était un vent d'amour, oui c'est çà, un vent d'amour et de fraîcheur! Et je suis entrée dans le tourbillon, tout naturellement en savourant chaque instant de cette vague de soleil, et j'en ai profité à profusion, et j'ai expérimenté à souhait et vécu le moment présent. Et je suis heureuse d'avoir fait partie de cette génération de jeunes amoureux fous de l'amour et de la vie, même si nous étions un peu naïfs.

Et puisqu'il faut choisir, voici mes préférées de l'époque...Les emporter...dans la nuit des temps...Et, à écouter, de préférence, avec les écouteurs branchés sur...vos 2 oreilles...Surtout pour " Here comes the sun" C'est pas pareil... Tellement rafraîchissant et libérateur... Je vous le dis, mais, vous êtes libre de ne pas m'écouter.

Love/Lennon 1970
Here comes the sun/ Beatles/ Abbey Road/ Harrisson 1969





Fin!

dimanche 24 mai 2009

On se refait une beauté



Elle en a profité
Pour se faire aimer
En donnant des caresses
À sa nouvelle toiletteuse.
Je n'aime pas les coupes bichonnées
Et celle-ci me convient parfaitement.
Avec son petit foulard mauve
Rempli de papillons
Elle est adorable
Ma petite chienne...

vendredi 15 mai 2009

Angoisse nocturne

Nous fêtons l'anniversaire de Fafouin ce soir. Je lui ai parlé hier au téléphone. Il était chez son père qui devait le fêter mais était retenu à l'hôpital pour une opération mineure.

Que fais-tu?


Je suis avec des amis. Papa est encore à l'hôpital. Il devait me fêter mais là-bas c'est plus long que prévu. Il doit m'appeler en soirée.


Ton père t'as confié la maison?


Oui


Peux-tu m'en donner des nouvelles s.v.p. lorsque tu en auras?


Oui


Comment s'est passée ta journée de travail?


J'ai pris congé, c'est ma fête.


Ce n'est pas une raison pour manquer ton travail. Ce n'est pas une bonne idée. Il faut retourner au travail demain matin.


J'ai rendez-vous chez le dentiste à 10 hres 30 demain matin.


Tu les as prévenus?


Oui maman.


Il était coincé entre le cellulaire et le téléphone de la maison. J'entendais des "merci". Les gens l'appelaient pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Il est très populaire ce Fafouin.

J'ai eu le goût de m'en mêler, de l'inviter, mais stop, je m'arrête et y pense consciemment: il doit s'arranger avec la relation qu'il a avec son père. Il le faut, pas le choix. Trop souffert là-dedans à faire le triangle entre les deux. Çà se maintient, j'en suis fière et c'est correct comme çà. De plus, je le reçois demain soir avec sa petite amie.


Bon écoute, je sors pour une petite heure. Donne-moi des nouvelles d'accord et prends bien soin de toi. On se voit demain.


D’accord...


1 hre 30 du matin. Le téléphone...Mon conjoint répond...

Il n'est pas ici, il est chez son père. Qui parle?....Attendez, je vais vous passer sa mère.

L'angoisse. Et pourtant je reste calme tout ce temps. C'est un policier. Fafouin a dérapé... En compagnie de 2 autres jeunes, il s'est introduit par effraction dans une voiture, a volé les immatriculations du proprio et une paire de lunette. Ce sont fait prendre. Ils faisaient la fête, avaient bu, fumé. De plus, Fafouin s'est éclypsé, gênant le travail des policiers. Ses papiers, son sac, et sa passe d'autobus sont au poste. Bref, sera accusé de vol simple, possession de cannabis et d'entrave au travail des policiers...Et là, il est en cavale. C'est tout???? On se calme... Je parle à la policière:


Il faudra appeler son père. C'est lui qui a la garde.


Elle...


Voulez-vous venir récupérer ses effets personnels au poste?

Moi...


...

Ses effets personnels, ses effets personnels...Non, stop. Il y a 3 ans, je serais partie en pleine nuit pour aller les récupérer. Je prends une grande respiration, je me parle. Non... Reste stratégique, centrée sur ton équilibre et sur ce que tu veux qu'il apprenne. Il s'en portera beaucoup mieux, comme toutes les fois précédentes. Fais -lui confiance, fais-toi confiance...
Il y a trois semaines, j'avais lancé un ultimatum et imposé mes limites après plusieurs bévues et dérapages de sa part. Pas facile...


La semaine, tu dois aller coucher chez ton père. Il me fera plaisir de d'accueillir à coucher lorsque tu accepteras d'aller te faire aider pour ta consommation. Tu le sais, je suis toujours disponible quand tu veux pour toi, dans tout ce que tu entreprendras de positif. Penses-y...


Il se rebute, C'est le dénie. Pas grave, je tiens mon bout, sans forcer. Je le laisse mûrir tout çà et jongler un petit brin dans son coin...Une main de fer dans un gant de velours quoi, pas le choix...C'est ce que je dois faire.

Alors moi à la policière ...



Je n'irai pas chercher ses articles personnels. Je vais attendre la suite des choses... Appelez son père.


Donc, je me suis endormie là dessus. Mon fils est en cavale, il a fumé, bu. Belle nuit en perspective pour une maman. Mon corps s'engourdit, je ne sens plus mes bras. Je hais çà pour mourir cette sensation. C'est terriblement physique...Alors on recommence les rituels... Je prie, je prie et je prie, me tortille, me torture, imagine le pire scénario pour finalement dormir environ 2 heures.Vous savez, lorsqu'on s'endort enfin et que les oiseaux chantent...


Il est revenu chez son père aujourd'hui et m'a téléphoné.


Je dois aller chercher mes papiers au poste de police.


Hum...(calme)


Est-ce qu'ils vont me mettre les menottes?


Je ne sais pas...(calme)




Libération, bonheur, tension qui relâche après l'enfer de la torture nocturne...En même temps, je le laisse dans son jus... Je m'améliore.

Il est venu pour son souper de fête avec sa copine. Trêve, lui ai-je dit, c'est ta fête. Merveilleuse soirée. J'ai par contre insisté afin qu'il retourne coucher chez son père. J'ai besoin de refaire le plein d'énergie et de prendre du recul car ses déboires m'affectent trop. Pourquoi se met-il les pieds dans la merde? Je le regarde, me questionne. Il a une belle personnalité, semble équilibré, il est si beau, brillant... Mais pas toujours finalement...

J'sais pas ce qui m'a pris...

Phrase type de Fafouin, utilisée à toutes les sauces...Mon Fafouin que j'aime tant...

Je vais me foutre de nouveau le nez dans mes plate-bandes ce week-end. Cure thérapeutique assurée... Et la vie continue, et on reprend le bateau!




samedi 9 mai 2009

Le paroxysme de la distraction

Je suis reconnue pour être distraite...

C'est d'ailleurs une de mes marques de commerce. Il faut le voir d'une façon positive, c'est que je suis entièrement dépendante et au service de mon imagination. Je suis comme "pas là" en permanence. C'est comme si j'avais une 2e vie dans ma tête, indépendante de mon corps.

Dans ma tendre jeunesse, j'impliquais tout le monde dans mes folies imaginaires; transformation du sous-sol en scène de théâtre, déguisements, coiffures excentriques. Souvent, je restais dans mon délire jusqu'à l'heure du dodo.

Tiens, un jour il m'est arrivée de me transformer en diseuse de bonne aventure, installée confortablement au fond de la chute à linge avec toute une mise en scène élaborée. Cette journée-là, j'avais fait un peu d'argent de poche. Les jeunes du voisinage payaient volontier dix sous pour m'entendre leur raconter leur avenir. "La reine verte" de Pierre Henry, musique préalablement enregistrée sur magnétophone à bobine dissimulé derrière moi, semblait produire un effet du tonnerre sur mes clients. Et jamais personne ne m'a reconnu; raison de plus pour laisser planer le mystère à tout jamais...



Mon professeur de 6e que j'affectionnais particulièrement m'appelait "le satellite lunaire."Je prenais un plaisir fou à choisir la place la plus isolée de la classe afin de me permettre les plus belles escapades imaginaires. C'était très stratégique; le dernier pupitre dans la rangée de droite, à côté du mur, l'endroit de prédilection et, comble du bonheur, ce lieu n'était jamais choisi! J'aurais pu privilégier du côté des fenêtres mais risquais de me faire déranger par les autres. Tandis qu'au bord du mur, dans le fond de la classe, quel endroit moche, c'est comme une punition, il n'y a rien à voir, le risque est minime. Je pouvais donc quitter la Terre n'importe quand.

Bon, il y en aurait long à dire sur tous ces dérapages rocambolesques mais là n'est pas le sujet de ce billet. Pour dire à quel point il m'est aisé de partir loin... N'empêche, cette petite parenthèse est en lien direct avec la distraction. Effectivement, lorsque l'imagination s'impose de façon aussi permanente dans le cerveau, le corps se transforme en mode "automatisme inconscient."

Me voici donc ce matin au paroxysme de la distraction; je tente de composer un numéro de téléphone sur... ma calculatrice et, comble de la bêtise, m'irrite et me demande comment çà se fait que çà ne fonctionne pas!

Excusez-moi, y a-t-il quelqu'un dans ce cerveau-là...






vendredi 8 mai 2009

Nouvelle venue...

Au printemps de sa vie
Mesurant à peine un pouce et demie
Voici Tite Patte
Un petit coup de coeur
Que je suis allée chercher ce midi
Un petit hamster chinois...
Je me dis toujours
Que la maison
Affiche " complet"
Mais je ne me corrige pas
Les petits coups de coeur
Jamais je ne regrette...

mercredi 6 mai 2009

La fidélité...

Croquée sur le vif
D'une fidélité
À toute épreuve
Ma petite chienne
Qui dormait
Sur ma tête
Par un beau matin
Tout en soleil
Ah...
Le joli mois de mai...

vendredi 1 mai 2009

1939-45

Une aberration...

Et je n'ai jamais de contrôle sur mes émotions lorsqu'il est question de cette guerre d'atrocités. Pour vous dire à quel point; je visitais les Invalides, à Paris, il y a de cela une vingtaine d'années. Lorsque je suis entrée dans la section consacrée à la deuxième guerre mondiale, que j'aperçu dans une vitrine un costume nazi, un vrai, je me suis mise à trembler des pieds à la tête. Et tout au bout de l'allée, en retrait, il y avait ces posters qu'on tournent comme un grand livre, et à l'intérieur, les atrocités en photos.
J'ai cru devenir folle. J'ai dit à mon conjoint: " Vite, viens-t'en, on s'en va. "
Et je suis sortie en courant, paniquée et en larmes...

Expo 1967...Pavillon d’Israël...

Certains d'entre vous se rappelleront peut-être...

À l’entrée, tout est noir. Tout au fond, la photographie géante d’un enfant d’au plus 5 ou 6 ans. Et...quelque part, tout près, dans un cube vitré transparent, des souliers noirs lacés...des souliers d’enfants. C’est tout. C’est assez pour faire son effet, à tout jamais... Pourtant je savais ce qui s’était passé. Mais encore, j’avais besoin que la sécurité de ma vie, ma petite maman d'amour, vienne me le confirmer....

Maman, çà s’est passé pour vrai n’est-ce pas? Les petits souliers, c’est à qui?

Et maman, remplie de toute la bonté que je lui connais, de me répondre, les yeux remplis de larmes:

C’est au petit garçon que tu vois sur la photo et c’est pour rendre hommage à tous les petits enfants que des gens ont tués dans cette guerre.

Elle disait vrai, je savais... Et je suis restée très très longtemps devant cette paire de chaussures. Plus rien n’existait autour de moi. Je pensais à cet enfant-là, sur la photo, et à tous les autres. Je le regardais, puis fixais les souliers. Et je me rappelle m’être dit :

Je te jure que je vais me rappeler de toi pour toujours. Alors comme çà, si tout le monde oublie, je n’aurai pas oublié moi.

Promesse tenue. Je n’ai jamais, mais jamais oublié cet enfant sur la grande photo, ni les petits souliers.



mercredi 29 avril 2009

Des anges gardiens

J'ai des rituels
Des protections invisibles
Pour mes amours
Pour mes tendres amis
Pour mon Fafouin d'amour

Alors, ce soir
Et pour tous les autres
Les protections vont s'occuper de Jo,
Le fils de ma grande
Et tendre amie
Rosie
Qui vient d'avoir un grave accident
Et se trouve dans un état critique

Vont aussi s'occuper
De mettre un baume
Au coeur de mon amie

Déjà largement écorchée
Par la douleur

Vont se charger
De mon Fafouin d'amour
À qui j'ai dû
Refuser le gîte ce soir
Et qui couchera
Je ne sais où...



vendredi 17 avril 2009

Juliette


Elle est partie tout doucement
Ce soir,
Tout au chaud dans mon chandail de laine
Avec ma main pour la réchauffer
Je sais, elle était toute petite
Mais j'adore mes animaux
Ce sont mes trésors...

Juliette...

dimanche 12 avril 2009

Tendre Fafouin

La semaine dernière, Fafouin et moi revenions de faire des courses. Nous étions sur le chemin du retour et comme le cimetière était tout près, je lui ai fait savoir que je m'y arrêterais. J'ai souvent parlé de mon grand ami décédé à mon garçon. Je m'approche de la pierre tombale et arrête la voiture. Je m'attends à descendre seule mais non...

Attends maman, je vais descendre moi aussi...

J'étais émue. Mon grand garçon s'installe près de moi en silence. Posant le regard sur lui, je souris gentiment. Il est d'une patience d'ange, me laisse le temps nécessaire...

Tu sais, lorsque je ferme les yeux, je l'entends encore rire comme s'il était à côté de moi. Lorsqu'on est capable d'entendre leur voix, c'est qu'ils existent toujours quelque part...

Fafouin me sourit et, de son rire timide si familier, j'entends son petit " hum" approbateur. Il se passe alors un courant d'air de silence que j'aurais souhaité préserver pour l'éternité.

Luc, voici mon Fafouin. Regarde comme il est beau, comme il a grandi. Et je suis tellement fière de lui.

Je prends le visage de mon grand garçon dans mes mains et le serre ensuite très fort dans mes bras.

C'est très gentil mon grand d'être venu...merci...

Je suis touchée par ce qu'il est devenu. Un beau et grand jeune homme avec un force intérieure incroyable et un coeur sur la main...

Tendre Fafouin, comme je t'aime...



mardi 7 avril 2009

L'amitié

Sur une île déserte
J'apporterais avec moi
Cette chanson de mon enfance

Alors pour toi Luc
Pour mes amis disparus
Pour ceux que j'ai la chance
D'avoir encore dans ma vie

Pour ceux
Qui sont terriblement seuls
Qui souffrent
Et que je ne connais pas

Et à vous tous
Qui prenez le temps
De venir me visiter

Voici...

Avec amour...


Pour Luc, suite...

Le jour est beau
Le ciel éclatant de fraîcheur
Pourtant mon âme baigne
Dans cette profonde mélancolie
Tristesse intense et prolongée
Jamais s'est imprégnée mon coeur
D'une si étrange douleur
Grand trou...Immense solitude...
Désert d'insécurité...

Alors rêve d'un jour
Où mon coeur battra
À la vue d'un inconnu
Qui te ressemblera

Le voile de la mort m'enveloppe
Inséparable, accroché à toi
Comme s'il fallait
Que j'abandonne à mon tour
Ce lourd fardeau qu'est la vie

Cette corde m'invite,
Intensément je sens aussi...
Serrant mon cou
Telle une grosse main tiède
Et ma tête remplie de sang
Conduit mon être au délire
Me voyant vomir
Tout le contenu de mon corps.

Alors, j'ai senti aussi la souffrance
De cette mort terrible
Et tu étais seul avec ta douleur
Et je n'étais pas là...
Mon ami...

Arrêtez le temps
Je vous en supplie...
Donnez-moi en cadeau
Le jour précédent



Nanou 1979








lundi 6 avril 2009

Les meurtres familiaux et les autres...

De plus en plus de gens vivent une immense détresse intérieure n’ayant pas les outils et l’appui dont ils auraient tant besoin pour s'en sortir, c'est terrible... Les meurtres familiaux sont en nombre grandissant. Sans oublier celui de Nancy Michaud. De la violence pure, sans regrets aucun, c’est terrible...

Je ne m'habitue pas et je suis toujours profondément touchée par de tels drames. Il y a bientôt 8 ans, j'étais témoin auditive d'un meurtre. Une personne que j'aimais beaucoup est décédée... J'ai appelé les secours. Ma maison a failli brûler au complet...
"Il" ne voulait pas qu'elle sorte, "elle" a décidé de lui tenir tête. Alors il a tué ses petits chiens pour ensuite la poignarder et mettre le feu. J'aimerais pouvoir raconter un jour... Et pourtant, c'est encore tellement mais tellement difficile pour moi d'en parler.

Je n'ai pas de réponses à toutes ces horreurs. Mais je pense qu'il faut envoyer dans l'univers les plus belles pensées qui soient et ce qu’il y de meilleur en chacun de nous. Être aussi à l'écoute de la détresse des autres sans crainte de s’approcher, encore plus près, demander, tendre la main, toucher l'épaule et oser dire:

"Est-ce que tu vas bien, je m'inquiète pour toi?"

"Puis-je faire quelque chose pour toi, n'hésite jamais, je serai là."

Qu’y a-t-il tant à risquer en donnant le meilleur de nous-même à chaque instant?

vendredi 3 avril 2009

La parade des détritus



Retour du printemps et des longues promenades avec le chien = retour de l'angoisse des déchets qui n'en sont pas...

Conclusion? Éviter de longues promenades en matinée, et plus précisément la journée de la collecte des ordures. Pourtant, çà m'interpelle, il faut que je vois et constate. C'est absolument délirant. Non mais, excusez-moi mais j'en reviens à peine. Et pourtant, j'ai plusieurs promenades chocs à mon actif. Pire encore, on dirait que les bons déchets me sentent et se donnent le signal pour se multiplier à mon approche, attendant ma réaction pour ensuite, effrontément, sonder et se régaler de ma pensée qui s'affole.

Il m'arrive d'en sauver, in extremis.

Tiens, la semaine dernière, j'ai voulu faire le sauvetage d'un Fred Caillou géant mais je l'ai vu par hasard et un peu tard. Je devais passer chez moi et filer à un rendez-vous. Pour ne pas rater mon rendez-vous, Fred s'est retrouvé dans le dépotoir, assurément. La culpabilité m'habitait. Étant donné qu'il m'est impossible de prendre la Terre entière sur mes épaules, faut lâcher prise...

Ceci dit, je m'écarte du sujet. Passons à cette mémorable promenade.

On n'a pas idée comment les gens sont fous au printemps. On a envie d'air, alors, on fait le ménage!

Il y a différents types de "jeteux"....

Prenons d'abord le "jeteux" intelligent, foncièrement généreux. Il dépose à la rue dans l'espoir de donner quelque chose. Il habille subtilement l'objet en question. Généralement, ils s'y prend la veille au soir et place son trésor bien en évidence. J'ai vu deux belles soeurs jumelles "chaises" côte à côte, invitant le passant. On se tire une chaise?

Il y a le jeteux égoïste et sans pitié. Lui, avant de déposer, détruit un peu l'objet de convoitise pour être bien certain que personne ne le prendra; un beau bureau avec un coup de hache en plein milieu: "Tiens toi, et vlan!" D'autres arrachent et démembrent un tiroir... Pas tous les tiroirs, juste un...

Qu'est-ce qui se passe dans leurs têtes au moment exact où ils passent à l'acte et choisissent de détruire plutôt que de donner?

Pour terminer, il y a le "jeteux" inconscient. C'est à se demander s'il regarde les nouvelles, lit les journaux. Aime-t-il vraiment la planète qui lui a donné la vie? L'inconscient va jeter 3 télévisions, 4 écrans d'ordinateur qui fonctionnent encore... Il a tout simplement ENVIE d'écrans plats, avide de consommation extrême. Allez, on change tout! Ensuite on sera tous heureux, enfin!!! Jusqu'au jour où çà lui prendra un autre gadget plus performant pour lui rendre le bonheur perdu...

Y a-t-il tant de gens dupes à ce point?
Çà me fait pitié...
Quand on sait que le bonheur lui, est ailleurs, si loin de tout çà...

Bon, pour m'assommer et m'achever au retour à la maison, je constate que mon voisin immédiat est un parfait imbécile, un nono quoi... Il a déposé à la rue deux grands sacs transparents géants remplis de contenants de plastiques, de papiers, de détritus de toutes sortes. Pourquoi transparents?

Quand je vous dis que les déchets ont une âme et veulent me faire suer... le croiriez-vous?

L'Heure du dodo

Je craque pour ce petit chien...
Et la tendre musique...

mercredi 1 avril 2009

Pour Luc

Je regarde,
Respire l'odeur suave de ce printemps
Oui, le jour est beau
Et pourtant
Je me retrouve
Sur ce terrain de boue.

Rien que de la boue...

Et à l'intérieur
Ton corps reprend lentement
La forme de la terre,
Pourrit, s'émiette, se dissout
De jour en jour...


Les images de notre folle jeunesse
défilent devant moi
Je n'ai d'yeux que pour toi
À chaque instant
Je reforme tes pas
Tu es passé par ici...et là aussi
La trace y est peut-être encore
Comme tout ne s'efface jamais tout à fait...


Ainsi me revoilà
Causant avec la mort.
Et rien ne prouvant
Que tu as existé...
Que de la boue
Et cette fine pluie.


Dans un moment de rage
J'ai trouvé une petite croix,
Y ai gravé ton nom
Puis déposé les petites fleurs...


Alors je retrouve un peu de paix
Car je sais
Que tu existes quelque part
Mon grand ami...



Nanou 1979




Paroles de soeur

Voici un des plus beaux cadeaux que j'ai jamais reçu. Il vient de ma soeurette Chatou, un petit mot en provenance du coeur et de l'âme...

Ce que j’aime de toi...

C’est quand tu dis:
“Viens chanter,
je vais t’accompagner au piano”
Et moi je me sens
Comme une vraie chanteuse
Et toi tu fais comme si

C’est quand tu m’invites chez toi
Dès que je mets les pieds dans la région

C’est quand tu t’occupes de maman
Dans ses moments difficiles
Et que moi je suis loin

C’est quand tu parles de moi
Quand j’étais petite

C’est quand tu me parles de ton Fafouin
Avec ton désespoir
Mais surtout ton amour pour lui

C’est quand tu me parles de ta musique
Et de ton métier

C’est quand tu me fais voir les bons côtés de papa

C’est quand tu me parles de Jimminou
Qui te calme

Quand je pense à toi
Je pense à ma grande soeur
Passonnée, généreuse
Et très familiale

C’est quand tu câlles un set

Je t’aime

Chatou xxx

vendredi 27 mars 2009

Réponse de gars...

Mon conjoint et moi avons eu une semaine très très chargée et sommes en train de relaxer devant un repas bien arrosé. Et comme je le connais à la perfection, je le sens défaillir et tout prêt à s'envoler bientôt pour un grand voyage douillet au pays de Morphée.

Pas envie d'un scrabble? D'accord...Il n'a pas envie de penser.

Alors un bon film? Oui, mais à condition que j'aille moi-même le chercher.

Hum...

Il parle peu. Il est comme en transe, en demi-sommeil. Alors, je décide de l'achever avec une question de fille. Seulement pour le taquiner...on s'entend.

Pourquoi m'aimes-tu?

....

Tu ne réponds pas?

...J'aimerais mieux que tu me demandes: Est-ce que tu m'aimes? Comme çà je pourrais répondre "oui". Ou bien, tu peux me poser une question à choix multiples, comme çà je pourrais cocher une case...

...

Par chance, je le connais bien. Je poursuis...

Est-ce que tu te rappelles lorsque tu m'as dit: "Je ne connais pas de meilleure personne que toi et je ne verrais pas qui pourrait te remplacer."

Moi j'ai dit çà? Quand????

Comme s'il venait d'être mis à nu, le jour où il avait osé exprimé ses sentiments...

Et bien il y a environ 3 ans. Veux-tu voir? C'est écrit sur un bout de papier?

.....

Le reste de la conversation devient ici trop intime et çà, je n'écrirai point. Par contre la suite de l'histoire s'est très bien déroulée...J'ai gagné...au scrabble.

mardi 10 mars 2009

Petit Jean de l'Invisible

-Maman, maman, viens voir, il y a des oiseaux qui veulent entrer dans la maison!

-Mais voyons c'est impossible!

- Je te le dis maman, viens voir!!!

Je n'arrivais pas à le croire. Ils étaient bien là, deux chardonnerets jaunes qui insistaient désespérément pour entrer dans la maison, claquant inlassablement leur bec à la fenêtre du salon...

Me revient alors en mémoire le message d'espoir que j'avais envoyé à Marijo, la fille de Petit-Jean, alors qu'elle souffrait de voir son père dépérir.

- Regarde ce chardonneret, il se trouve à la croisée des chemins, signe que quelque chose de nouveau se présentera à toi.

Le matin de la visite des oiseaux, Petit-Jean était mort depuis la veille. Les chardonnerets ne m'ont pas quitté jusqu'à ce qu'il fut enterré. Ils venaient même à la fenêtre arrière de ma cuisine, insistants et déterminés à vouloir entrer. Mais que voulaient-ils bien me dire...Quelque chose de surnaturel se produisait. De les observer ainsi, ils m'apparaissaient presqu'humains.

Petit-Jean, le frère de papa, un aide inespéré pour maman et nous tous lorsque papa était malade... Petit-Jean que j'ai veillé presque jusqu'à la fin, sur son lit d'hôpital. Çà me faisait plaisir de le faire pour lui et le temps s'est arrêté... J'ai pu observer l'énorme courage d'un homme qui a voulu en finir avec la vie, a raté sa sortie, pour ensuite tenir tête à tout le monde. Il fallait respecter sa volonté et ce ne fut pas facile... Petit-Jean, après un suicide raté, un diabète avancé, une gangrène à la jambe lui occasionnant d'atroces souffrances, a refusé l'amputation car il voulait mourir...

Cela ne pouvait plus continuer. Devant ses cries abominables, j'appelai l'infirmière.

- Écoutez, il faut augmenter la dose, çà ne fait plus d'effet, il souffre beaucoup trop!

- Mais si on lui donne une médication plus forte, çà va accélérer la fin.

Décidément, elle ne comprenait rien... Alors j'insistai.

- Écoutez, il a simplement voulu mourir, il n'a pas demandé de souffrir. S.V.P, augmentez la dose!!!

Il mourut dans les 24 heures. Il faisait très beau. Un 20 mai, c'était bien ciblé pour un fervent souverainiste, et les cerisiers étaient en fleurs, avez-vous déjà senti? Magnifique...

Lorsque le mois de mai revient, Petit-Jean revit à travers la senteur subtile et douce des cerisiers...

dimanche 8 mars 2009

Journée de la femme, et pourquoi pas...

Et bien oui,

pourquoi pas...

J'ai toujours adoré ce texte d'Anne Sylvestre et bien qu'il date de ma jeunesse, il m'atteint toujours, droit au coeur.

Pour celles qui ne connaissent pas ou qui n'étaient pas encore de ce monde, le voici...

Pauline Julien en avait fait une délicieuse version tout en chanson, merveilleux...


Une sorcière comme les autres


S'il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d'oie
Des oreillers d'autrefois
J'aimerais
Ne pas être portefaix
S'il vous plaît
Faites vous léger
Moi je ne peux plus bouger

Je vous ai porté vivant
Je vous ai porté enfant
Dieu comme vous étiez lourd
Pesant votre poids d'amour
Je vous ai porté encore
A l'heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Je vous ai morcelé mon coeur

Quand vous jouiez à la guerre
Moi je gardais la maison
J'ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons
Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Avec tout le malheur dedans

Ce n'est que moi, c'est elle ou moi
Celle qui parle ou qui se tait
Celle qui pleure ou qui est gaie
C'est Jeanne d'Arc ou bien Margot
Fille de vague ou de ruisseau

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Et c'est la soeur ou l'inconnue
Celle qui n'est jamais venue
Celle qui est venue trop tard
Fille de rêve ou de hasard

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

Il vous faut
Etre comme le ruisseau
Comme l'eau claire de l'étang
Qui reflète et qui attend
S'il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m'inventez pas
Vous l'avez tant fait déjà
Vous m'avez aimée servante
M'avez voulue ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez
Vous m'avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m'avez faite statue
Et toujours je me suis tue

Quand j'étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus
Quand j'étais belle et soumise
Vous m'adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous

Ce n'est que moi, c'est elle ou moi
Celle qui aime ou n'aime pas
Celle qui règne ou qui se bat
C'est Joséphine ou la Dupont
Fille de nacre ou de coton

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Celle qui attend sur le port
Celle des monuments aux morts
Celle qui danse et qui en meurt
Fille bitume ou fille fleur

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

S'il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous ai rêvé depuis longtemps
Libre et fort comme le vent
S'il vous plaît
Libre aussi
Regardez je suis ainsi
Apprenez-moi n'ayez pas peur
Pour moi je vous sais par coeur

J'étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J'étais la bûche et le feu
L'incendie aussi je peux
J'étais la déesse mère
Mais je n'étais que poussière
J'étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas

Mais un jour la terre s'ouvre
Et le volcan n'en peux plus
Le sol se rompt
On découvre des richesses inconnues
La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyés

Ce n'est que moi c'est elle ou moi
Et c'est l'ancêtre ou c'est l'enfant
Celle qui cède ou se défend
C'est Gabrielle ou bien Eva
Fille d'amour ou de combat

Et c'est mon coeur ou bien le leur
Celle qui est dans son printemps
Celle que personne n'attend
Et c'est la moche ou c'est la belle
Fille de brume ou de plein ciel

Et c'est ma mère ou la vôtre
Une sorcière comme les autres

S'il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger