Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

samedi 28 février 2009

Rester une maman, envers et contre tout...

Mais oui, le lâcher-prise fait partie de ma vie de tous les jours.

Mais oui, je tâche de penser à moi, à la femme que je suis, car, il se fait que j'existe encore en tant que personne humaine qui a ses propres rêves et ambitions, la cinquante n'empêchant en rien l'évolution et, qui plus est, ouvre des portes jusque là inexplorées. Et çà c'est quelque chose que je gère très bien, lentement certe, et avec tout ce que çà implique comme changement interne, çà va, çà va...

L'autre côté de la médaille demande un peu plus d'imagination, de créativité, et fort heureusement et avec soulagement, je ne manque point. Je trouve donc à ma façon, le moyen de demeurer une maman fidèle et aimante à distance, sans que je ne sache quoi que ce soit de la vie de mon jeune de 16 ans, dont je n'ai aucune nouvelle depuis 3 semaines.

Avec intuition, je remplis avec tendresse le congélateur, des petits plats préférés de Fafouin car je tiens à ce qu'il soit toujours accueilli avec tout l'amour qu'il mérite, qu'il se sente en tout temps en sécurité ici.

Je prépare tranquillement un trousseau pour lui, afin qu'il ne manque de rien lorsqu'il partira en appartement. Je lui avais promis, mes promesses sont sacrées. Alors, je lui déniche de beaux morceaux, avec amour, dans mes cachettes aux trésors, prenant ensuite plaisir à étaler le tout sur la table, comptabilisant et notant ce qui manque, patiemment, lentement. Je me plais à imaginer tel ou tel morceau que je garderais volontier pour moi mais, dans l'invisible, les mots prononcés demeurent, immuables, je n'ai qu'une seule parole...

Et que dire de son lit. Que reste-il de sa fraîcheur, de sa senteur au bout de deux semaines? Plus rien. Alors, il faut laver les draps de nouveau, de sorte qu'il en demeure la sensation d'un bon lit douillet et invitant, peu importe l'heure, la journée, le mois, c'est extrêmement important...

Mon grand garçon que j'aime tant....

lundi 23 février 2009

Micro-onde et petits plants avec çà?

Mon micro-onde des années 90 a rendu l'âme la semaine dernière et je me donne un mal fou à essayer de m'en débarrasser sans détruire l'environnement. Pas question de jeter çà aux ordures. Depuis l'été dernier et avec l'avènement des écrans d'ordinateurs plats, j'ai vu, toujours en promenant le chien, des dizaines d'écrans cathodiques aux poubelles et çà me tue, je ne comprends pas.

J'ai donc décidé d'annoncer mon don à qui voudra en faire bon usage pour récupérer des morceaux. Le téléphone sonne, voici mon expérience de ce matin...

-Vous avez un micro-onde à donner?

-Oui

- Est-ce qu'il est gros, petit?

-Il est moyen je crois.

-Mais combien de pouces à peu près? Car je ne l'utiliserai pas comme four à micro-onde et il faut que je perce des trous dedans.

Je suis curieuse, c'est quoi l'affaire? Mais bon, je ne pose pas de questions l'important étant de m'en défaire intelligemment.

-Je ne sais pas. Écoutez, je vais le mesurer et vous rappeler d'accord?

-C'est très bien.

Je suis tellement heureuse pensant trouver preneur. Je m'applique à bien mesurer et le rappelle.

-Hum...19 pouces de large?

-Oui

-Mais çà fait un pied et demi çà?

-Oui

Franchement, je commence à trouver que çà stagne un peu. Où veut-il en venir... Je n'ai pas besoin d'aller plus loin, le monsieur me déballant son projet...

-C'est que moi, je fais pousser légalement de la marijuana et je dois percer des trous pour les plants.

Non mais, écoutez-moi çà, j'ai une méchante poignée dans le dos tiens! Il demeure à Rivières-des-Prairies, c'est un italien... Mais surtout, je n'ai aucune envie d'être mêlée de près ou de loin à des affaires louches.

-Vous êtes en train de me dire que vous voulez utiliser mon micro-onde pour faire pousser des plants de pot???

-Oui mais ne vous en faites pas, c'est légal.

....

-Désolée mais je ne me sens pas dutout à l'aise avec çà. Va falloir vous trouver un four à micro-onde ailleurs qu'ici.

Il n'a pas insisté davantage.

-C'est correct d'abord.

Et il raccroche. Et vive la droiture...Mais qu'est-ce que je vais faire avec mon micro-onde à présent?



dimanche 22 février 2009

Le calme

Çà y est, je me suis calmée.

Après une dizaine de jours de rage, amertume et déception, le fond du baril ayant été atteint, la femme que je suis, saturée de l'auto-flagellation (un moment donné, çà va faire...) laisse le souffle de la plénitude et du calme refaire surface.

Après coup, je me demande toujours pourquoi je me fais justice moi-même avec une telle rage et acharnement...

La souffrance n'apporte à peu près rien de bon à par le fait de me faire réaliser que je suis bien vivante. Elle m'a permis de me repositionner encore sur mes deux éternelles questions favorites; est-ce que j'ai vraiment envie de continuer à décliner comme çà ou, tourner la page, apprendre de tout çà et...continuer, plus forte d'une autre expérience?

Continuer...

La vie est un éternel chemin d'abandon, de renoncement et de lâcher-prise...

Comment ai-je pu encore me laisser berner par moi-même, allant jusqu'à me fendre l'âme en deux, crier de l'intérieur ma rage et ma colère, pour enfin retrouver mon calme et me souvenir de cette vérité si simple?

La mémoire est une faculté qui oublie...

Non mais, puis-je me rentrer çà dans le coco une fois pour toute et tâcher bon sens de m'en rappeler!!!

La conscience du lâcher-prise entraîne nécessairement la direction d'un chemin tout à fait inconnu et contraire à tout ce qui a été entrepris jusqu'à présent non?

Une autre route...

Je prenais le chemin "a" et maintenant voici le chemin "z"... Méchant virage... Alors attaquons et vive la vie!



mercredi 18 février 2009

Désillusion

il y a de ces événements, de ces situations déroutantes et inattendues dont on a un mal fou à gérer et digérer. De grosses déceptions, de "l'écoeurite aiguë" qui vous donne envie de vomir, comme çà, sur le champs, et parmi ces déceptions et désillusions, un goût amer de miettes stériles laissées au passage par la DPJ, avec leur loi de merde qui ne vaut et ne mène absolument à rien.

JE N'Y CROIS PLUS ET J'AI PERDU CONFIANCE À TOUT JAMAIS...

Tellement long à expliquer et là, je bloque, renfermée dans ma coquille, ruminant ma très grande naïveté et mes espoirs perdus. Je sais pertinemment que je dois plonger dans les abîmes de ma propre souffrance devant la très grande déception et le sentiment d'avoir été trahie et trompée sur toute la ligne et ce, afin de me retrouver et remonter à la surface, espérant enfin raconter un peu la suite des événements depuis novembre dernier...


vendredi 13 février 2009

Polytechnique un 6 décembre...

Polytechnique...

Je me rappelle très bien ce que je faisais cette journée-là.

Pourquoi en parler aujourd'hui?

Parce que la simple résonance du mot m'était si familière. Mon papa, aujourd'hui décédé, y avait gradué en 1958. Çà sonnait sécurisant puisque çà faisait partie de la vie de mon père. Parce que ce lieu, si stable à mes yeux, est devenu une gigantesque scène d'horreur.

Parce que maman, ma tit' mimi d'amour, a une très grande amie qui, le soir du 6 décembre, a perdu sa fille. Elle s'appelait Maryse...

Parce que son père, policier de formation, a fait un point de presse devant les caméras avant d'entrer à l'intérieur et n'est jamais revenu parler aux journalistes, découvrant sa propre fille, dans le dernier local, à côté de Marc Lépine.

Parce que j'ai été témoin auditive d'un meurtre en 2001 et qu'un simple plafond me séparait de l'assassin.

Parce que j'aurais pu y passer moi aussi cette journée-là si j'avais eu l'idée de monter en haut.

Parce que cet homme a tué quelqu'un que j'aimais pour ensuite foutre le feu et que mes points de repère ce sont écroulés totalement cette journée-là.

Parce que le choc fut si puissant, qu'encore aujourd'hui, j'ai de la difficulté à voir devant moi un simple couteau de cuisine et que l'infime odeur d'un feu potentiel me fait battre le coeur à cent miles à l'heure.

Parce qu'un film est sorti et que je me suis torturée l'esprit à savoir si je devais y aller ou pas et pour quelle raison je devrais y être.

J'y suis allée, j'ai trouvé ma réponse...


Je ne pense pas qu'il faille des dialogues bien recherchés pour en comprendre le sens profond. La fragilité de la vie, la surprise, l'amour, la détresse, l'impuissance, l'horreur, l'immense chagrin, l'incompréhension... Ceux qui ont vécu un choc post-traumatique savent...Et qui plus est, les autres pourront comprendre avec compassion. Il neigeait cette journée-là, une belle neige... Mais la neige, çà peut devenir noir et rester noir longtemps dans le coeur de ceux et celles qui ont vécu ce drame de près, à froid, en direct...

Polytechnique, dure réalité d'une partie de l'histoire du Québec à ne jamais oublier.