CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RÉSERVE.


Auteur inconnu

jeudi 17 septembre 2009

Protection de l'enfant, connais pas...

Ce billet, étant la suite de celui-ci, continuons:

L'article suivant , très représentatif de la réalité, a été écrit il y a 2 ans. Il semble pourtant que depuis ces deux dernières années , rien de vraiment tangible et significatif n'ait été entrepris, parole de maman qui a dû placer son jeune en centre pendant deux longues années.

Lorsqu'on parle de la Loi sur la Protection de la Jeunesse, on parle de mesures "d'exception" et non de mesures de "prévention". Nuance, problème no 1 .

De plus, en rajoutant La chartes des droits et libertés de la personne on aura toute une explosion de non sens. , problème no 2.

Je l'ai vécu avec les fugues répétées de mon fils l'an dernier: "maman, c'est tellement facile maintenant de sortir." C'est le système au complet et la loi qu'il faut réviser du tout au tout. Ces mesures sont totalement désuètes et tout à fait inappropriées à la réalité de ce que vivent nos jeunes en difficulté.

Été 2006

Ce que je souhaitais pour mon fils, c'est un support de prévention efficace et solide et des gens qui écoutent vraiment ce que j'ai à dire. Quelle illusion... Après plusieurs signalements stériles avant 2006, un seul a retenu l'attention à l'été 2006 mais j'ai pédalé et gueulé. Heureusement, j'ai eu la chance à l'époque d'avoir avec moi un duo de policiers fantastiques . On ne les a pas lâché au téléphone, durant presque deux heures. Signalement retenu. Dans les semaines qui ont suivi, évaluation par une petite jeunesse qui n'avait pas d'enfants, tirée à quatre épingles et qui refusait de me donner de la crédibilité. Un jour, j'ai dû lui dire:

-Pour que je sois crédible à vos yeux, je pense que je vais vous recevoir un bon matin en robe de chambre et en talons hauts, les cheveux pas lavés, avec une caisse de bière sur la table, comme ça, j'aurai plus de chance de me faire écouter!!!!

J'étais épuisée, mon fils avait des difficultés, manquait l'école. Je ne pouvais plus pour l'instant le reprendre avec moi. Le père lui, l'a repris... Dans le bureau de la petite demoiselle, j'ai mis mon poing sur la table lorsqu'elle m'a annoncé, après sa petite évaluation et bien calmement, que la sécurité de mon garçon n'était pas compromise et qu'elle fermait donc le dossier:

-Il faut vous contrôler madame.

-Non, je ne me contrôlerai pas!!!! Je vous dis que le père est violent et que mon fils est en danger, comprenez-vous ça????

-Le papa nous a assuré que ça ne se reproduirait plus, que c'était un incident isolé. De plus, il a décidé de s'occuper de son fils. Il y a donc un parent pour s'occuper de lui. Pour le moment, sa sécurité n'est pas compromise. Je ferme le dossier.

-Il va recommencer, il va recommencer, et mon fils a des difficultés!!!!

-Elle n'arrêtait pas de me ramener le conflit parental, à la source du problème. Je croyais devenir folle. Elle fonctionnait comme un robot, sans coeur...

-Vous pouvez être certaine que je ne vais pas laisser les choses aller comme ça!!!! Tiens, j'aurais envie d'écrire une pièce de théâtre avec tout ce que je vis ici!!! C'est insensé!!!

-Je vous comprends mais nous fonctionnons avec des lois. Si ça se reproduit, vous nous rappellerez. Allez voir votre avocate...

-Alors vos lois sont pourries!!!!!

Et je suis sortie en rafale... Un mois plus tard, le papa récidivait, je portais des accusations de voie de fait contre lui et mon fils entrait en centre. Bravo... Le mal était fait. Là, on pouvait s'occuper de lui... Je vous épargne pour le moment tout ce qui a pu se passer durant son placement.


Février 2008

On parle de "l'intérêt de l'enfant", ce terme, bien que protecteur au départ, a été utilisé à toutes les sauces, si bien qu'il représente en ce moment une réelle nuisance pour la sécurité du jeune. Je m'explique: lorsqu'un père vient d'être acquitté pour voie de fait parce que son jeune a refusé de porter plainte contre lui, lorsque ce jeune a été manipulé par ce dernier qui lui a doré la pilule en lui affirmant haut et fort:" Je vais te sortir du Centre moi", lorsque ce parent fait une demande de garde légale tout juste après son acquittement alors que le moment n'est , de toute évidence, pas approprié du tout, que l'équilibre de mon garçon est encore très fragile, que je proteste auprès de la TS de mon garçon, que cette dernière a le pouvoir de faire arrêter ces procédures dans ce que je juge le gros bon sens et "l'intérêt" de l'enfant, que cette démarche est par la suite encouragée par les intervenants au dossier sous prétexte que c'est le choix du parent, qu'il est libre de le faire et que c'est "son droit", que, de plus, mon fils a choisi de son plein gré de retourner chez son bourreau, qu'il faut respecter "sa décision" dans "son intérêt" et bien, je pense que le problème est extrêmement grave...

"Tout enfant a droit
à la protection,
la sécurité et à l'attention
que ses parents
ou les personnes
qui en tiennent lieu
peuvent lui donner.
Tout être humain
Dont la vie est en péril
a droit au secours"

Charte des droits et libertés de la personne, art. 39Source de l'image; Logo des Centres Jeunesse du Québec


mardi 15 septembre 2009

Les signalements, mode d'emploi

Billet amélioré et plus explicite, 17 sept.2009

Pour faire un signalement tout à fait crédible et réussi à la DPJ, vaut mieux avoir obtenu au préalable une maîtrise en psychologie et faire partie du Barreau du Québec.

Voici un tout petit "échantillon" d'une discussion que j'ai eu avec une personne que je respecte beaucoup, qui défend mes droits et ceux de mon jeune au comité des usagers du Centre-Jeunesse et qui est franchement, tout aussi découragée que moi.

-Est-ce que vous leur avez dit ceci, cela...?


-Bien sûr! Les lois et critères, je les connais par coeur vous le savez! Pour que la sécurité et la santé d'un jeune soit menacées, il faut entre autre que le parent qui en ait la garde soit dans l'incapacité de subvenir au bien-être physique et moral de son enfant, qu'il soit dans l'impossibilité de le faire ou qu'il ne prenne pas les moyens qui s'imposent pour régler la situation!

-Et de quelle façon vous leur avez dit?

-Je leur ai dit que le père était dans l'incapacité totale d'assumer son rôle de parent gardien et qu'il ne prenait aucun moyen pour régler les problèmes existants.

-Bon. Là, il vont dire que vous portez un jugement.

-Quoi??!!!

Ça me met hors de moi, je fulmine. Il semble que j'ai trop vite oublié et pourtant j'ai l'expérience. Je juge, je juge...L'enfer, tiens, je me revois déjà, crucifiée par les travailleurs sociaux de cette chère et sainte DPJ... Et je me rappelle comment on a, par le passé, mis une croix sur ma crédibilité parentale:"Conflit parental grave, telle était la cause de tous les maux de mon garçon". Le papa avait et, a encore de gros problèmes de violence. J'aurais dû me sentir coupable de vouloir protéger mon fils? Afin d'éviter les conflits? Bien sûr que je me battais, bien sûr que je ne me laissais pas impressionner par lui. Comment peut-on éviter les conflits avec un homme violent? C'est d'une évidence! J'ai même porté plainte contre lui au criminel parce que mon fils ne voulait pas le faire lui-même! Excusez-moi si je prends mes responsabilités...

Bon, je n'ai pas le droit de dire que le père est négligent car "je juge" et si "je juge" attache-toi bien ma fille, tes tourments ne font que...commencer. Si encore j'avais affirmé haut et fort que le papa était un salaud, un écoeurant, on pourrait comprendre, on s'entend? Je ne l'ai jamais fait pourtant, alors, venez m'expliquer? On s'enfarge dans les fils du tapis. Et pendant ce temps-là, je patine pour essayer de décrire le mieux possible ce qui se passe actuellement. Pas grave, j'en ai vu d'autres et je n'ai pas froid aux yeux. Et tiens, autant vous le dire, j'ai déjà porté plainte contre une intervenante de la DPJ pour harcèlement et incompétence et j'ai gagné ma cause! Bon, restons calme...

- Eux, il veulent avoir des faits, il faut vous limiter aux faits.

-D'accord, expliquez-moi, je pense que j'ai oublié...

-Alors allons-y comme suit: votre fils vous dit que son père l'a mis à la porte. Vous avez su qu'il couchait à droite et à gauche et quelques fois dans les abris d'autobus.

¨¨

C'est là que les études en droit et en psychologie peuvent être d'un grand secours...Parce que lorsqu'on fait un signalement, on doit se transformer instantanément en un être parfait et absolument irréprochable en plus de gérer à la perfection nos émotions, se contenir sur tous les plans et surtout, détenir l'art de ne pas juger...Et j'ajouterais à ça " Le dictionnaire des termes et phrases acceptés aux signalement de la protection de la jeunesse" afin de s'assurer qu'on ne reçoive pas une brique sur la tête lorsqu'on tente de protéger son jeune et qu'on fait son devoir de parent responsable...

dimanche 13 septembre 2009

Merci...

Aujourd'hui, certaines choses que j'ai appris m'ont renversées et chavirées. Mon fils est maintenant rendu tellement loin dans ses agissements. Je sens tout le mal pernicieux que la drogue et la boisson peut produire à long terme sur sa santé physique et mentale. J'ai perdu le contact avec lui, car IL a perdu le contact avec la réalité, ce n'est plus mon Fafouin. Vais-je le retrouver un jour, je l'espère mais, pour le moment, il n'est plus là.

La force, on la trouve, d'abord pour se respecter soi-même et se maintenir hors de l'eau. Puisqu'il aura besoin d'un parent fort et heureux lorsqu'il se réveillera de son cauchemar, parce que je l'aime d'un amour hors temps, que j'aime profondément la vie et tient à ce qu'il le sache, qu'il le ressente, encore et encore, afin qu'il puisse de nouveau regagner cet espoir que, tout est possible. Parce que j'ai la foi et que je souhaite la lui transmettre, que lorsqu'il sourira de nouveau, je serai là à ses côtés à lui sourire tendrement, lui prendre la main. Lui dire enfin que la vie est belle lorsqu'on sait par quel bout la prendre.
J'ai la chance d'être entourée d'un bon conjoint et d'amies sincères qui me supportent.

Et j'ai le bonheur de vous avoir aussi et sachez que vous m'inspirez tous, lecteurs assidus, mes amis, par votre générosité, votre chaleur, vos bons mots. J'en suis vraiment, et sincèrement, profondément touchée.

À vous tous que je porte en mon coeur, merci, merci...

Mon impuissance à t'aider mon grand, mon impuissance...
J'entends Brel ce soir....

Mais encore plus celle-ci que je chante souvent pour toi en silence.

jeudi 10 septembre 2009

Une foi à toute épreuve

Je tente de mettre un mot sur ce sentiment intérieur de paix qui m'habite, cette assurance indéfinissable, à toute épreuve, envers et contre tout ce que peut vivre Fafouin actuellement. Drogue, boisson, délinquance, décrochage, vol... Rien n'est à son épreuve. Je pourrais m'enfoncer dans un mode survie, brouiller du noir à chaque instant, m'inquiéter à outrance, visualiser le pire scénario et, qui pourrait bien me le reprocher? Pourtant, il n'en est rien. Non pas que je refuse de voir la réalité, là, en ce moment, comme elle se présente... Elle est, voilà. Et bien en haut, accroché à la vie, se trouve mon fils, d'une force intérieure à toute épreuve, d'un charisme déconcertant, d'un courage irréprochable. Mais oui, assurément, la foi en lui ne me quittera jamais.

Il y a plus d'un mois, il fallait agir vite, très vite, afin d'ébranler le cerveau endormi d'un parent qui en a pourtant pris la charge et qui refusait de prendre ses responsablilités. Fafouin a passé une partie de l'été dans la rue, à coucher chez l'un, chez l'autre. Et puis, vint cette nuit où, déchirée, j'ai dû lui refuser le gîte. Comment ai-je fait pour ne pas flancher, lorsque, du haut de ma fenêtre, je le regardais, accroupi sur le bord de la clôture, pleurant à chaudes larmes. Douleur de maman indéfinissable, insupportable. Assez, c'est assez...

Depuis ce jour, désert de communication. Rien à faire, il refuse de me parler. Très bien. Alors, laisse-lui le temps de décompresser, de maturer, de vieillir, laisse-le lui ce temps...

Tout juste un petit 5 minutes, il y a deux semaines. Ça sonne à la porte....

- Je viens chercher mes souliers...

-Pas de problèmes...Vas voir sur ton bureau, je t'ai gardé une promotion pour le gym, je sais que tu veux te ré-inscrire.

-Laisse-le là.

- Je garde aussi les offres d'emploi chaque semaine...

-Je vais me débrouiller tout seul.

-Comment vas-tu?

-Bien.

- T'as pas retrouvé ton beau sourire?

-Non.

Puis, il prend ses souliers et se dirige vers la porte.

-Prends bien soin de toi, je t'aime tu sais...

-Moi aussi...

L'essentiel quoi. Faut être très heureux avec ça. Respire, respire, tout va bien...

Puis, il y a ce rêve magnifique dans la nuit suivant la courte rencontre:

Yang, Fafouin et moi sommes en voyage. Nous désirons atteindre la plage mais je ne vois pas d'accès. Je décide d'emprunter un chemin privé pour y arriver. Quelle joie! Nous sautons tous les trois dans la mer et nageons avec aisance. Mais voilà, nous sommes maintenant trop loin, la mer si dense nous emporte vers le large. Je sens pertinemment qu'elle est trop forte pour nous. Un sentiment de panique s'empare de moi pour aussitôt laisser place à une assurance inconditionnelle. C'est donc avec mon plus beau sourire que je crie: " Allez, venez, nous allons regagner la rive!"
J'ai toujours en vue Fafouin mais, en aucun cas, il doit sentir qu'il y a du danger pour sa vie, sans quoi, il risque de sombrer, paniqué. Nous regagnons donc la rive, sains et sauves. De vrais miraculés, ça c'est certain... Puis, à Yang:

-Tu sais, nous étions condamnés à une mort certaine, mais je n'ai rien dit. J'aimais mieux ne pas ébranler votre confiance intérieur.

-J'étais conscient aussi du danger.

-Alors, toi aussi? Et tu n'as rien dit?

-Non. J'ai réagi de la même façon que toi.

Alors, nous étions deux à guider dans l'invisible ce Fafouin d'amour, dans cette mer pourtant agitée et sans espoir. Dans la noirceur du lien à peine perceptible, se trouve un amour encore plus grand que tout...Courage mon grand, tu t'en sortiras...






dimanche 6 septembre 2009

Une journée aux pommes

Coucou, c'est encore moi! Mais non, je ne suis pas une peluche, je suis un vrai chien. Aujourd'hui, je suis la mascotte qui attire les clients. Venez cueillir de belles pommes!


Super, je peux gambader à ma guise avec Yang dans les champs remplis de belles pommes!

Je suis une petite chienne vraiment heureuse aujourd'hui...


Oh, c'est difficile, mes petites pattes ne sont pas assez longues!


Une petite pause tendresse...mais, qu'est-ce qu'il y a là-bas?


Mais oui je peux toucher, j'ai la permission!
Ce sont de beaux raisins qui servent à faire du bon vin.


Çà c'est pour Pur Bonheur. En revenant, on faisait les boutiques d'antiquités et c'était devant le magasin. Je veux lui montrer que je sais faire du cheval...


Il y avait aussi une jolie charette avec des gens d'un autre temps assis dedans. J'ai pensé que çà ferait un plus beau portrait si je me faufilais entre les deux.Que voulez-vous, c'est ça la vie d'artiste! Nanou se contorsionnait pour me garder en équilibre. La pauvre...


Puis, on est revenu tranquillement en empruntant de belles petites routes. Les arbres formaient un petit pont au dessus de nous. C'était magnifique...


J'ai passé un superbe journée! Comme c'est beau le Québec!


Photos/copyright/nanoulaterre.blogspot.com/sept.09





vendredi 4 septembre 2009

Pour Cryzal


Je te réchaufferai...


Adèle xxx







mercredi 2 septembre 2009

Énigme du jour



Zoom





Lequel est le peluche? Mystère...








lundi 31 août 2009

Le temps d'être transportée

Depuis ma tendre jeunesse
Elle m'a toujours fait chavirer
Avec sa voix chaude et rassurante
Toute petite
Je me suis laissée bercer
Pendant des heures
Au son de ses 78 tours
Patti Page...
Et voici mon coup de coeur,
Son interprétation de...

Pour ma petite maman d'amour
Qui m'a fait découvrir
Tout un monde en musique,
Pour toi Papa, disparu et si fragile,
Pour mon beau Fafouin
Que J'aime plus que tout,
musicien et artiste dans l'âme,
Pour mon apaisant Yang,
Pour mes tendres amies fidèles,
Fortes, droites et braves,
Bouda, Rosie et Manou,
Et pour vous tous
Qui prenez le temps
De venir me lire
Et que j'apprends chaque jour
À découvrir et à aimer
Un clin d'oeil d'amour
Et d'amitié...



jeudi 27 août 2009

Et Cléopâtre rugit...



Cro-Magnon


Épisode no 1



Connaissez-vous un homme de cro-magnon?

Moi si...

Le terme est très péjoratif mais quand on voit aller le spécimen, on comprend tout...

Donc, l'homme de cro-magnon travaille au comptoir familial de la ville voisine à la mienne. Difficile à décrire, c'est un espèce de cro avec un mélange Elvis Gratton gonflé à l'hélium. J'exagère si peu... Il semble être le gérant de la place (en plus). Étant donné que je vais souvent faire mon petit tour, j'ai pu l'observer à maintes reprises. En apparence, il semble être assez efficace, gueule fort avec une grande maîtrise de la situation. Jusque là tout va bien. Par contre, j'ai dû récemment négocier un prix avec lui pour deux belles chaises style art déco. Horreur. Mais quelle chance, un employé vraiment gentil, correct, cultivé et bel homme en plus (je ne sais pas ce qu'il fait là lui!) est venu rétablir l'équilibre face au trop plein de neurones s'échauffant dans mon cerveau.Voici la conversation, il y a un mois...

- Elles sont combien vos chaises?

- $ 60.00 pour les deux ou $ 35.00 la chaises.

Je réfléchis. je trouve ça un peu cher quand-même. Après tout, on est dans un comptoir familial. Cro-Magnon avait disparu. Le bel homme gentil vient vers moi et me dit:

-Puis, il vous a fait un prix?

-Oui, mais je trouve ça un peu cher. Je les aurais bien pris pour $ 50.00 les deux.

- Il faut aller le voir et négocier avec lui, il va descendre son prix.

Yang mon conjoint avait le nez dans les livres et n'a rien entendu de tout ça. Je me dirige donc dans l'anti-chambre. Le monsieur gentil m'accompagne. Détestant négocier, je me lance quand-même:

-Bon. Je suis prête à vous les prendre pour $ 50.00 les deux.

C'est là que ça commence à se gâcher... Avec le "tu" gros comme ma main, Cro-Magnon réplique:

- J'sais que t'as des "bins" beaux yeux mais çà marche pas avec moi.

Je rêve, incroyable. Pincez-moi quelqu'un... Étant donné que je me sens définitivement plus brillante que lui et que j'ai affaire à un vrai épais sans retenue, je décide de rester calme, sans perdre les pédales. Alors, avec un sourire bien posé de madame mûre, je lui dis:

-Pauvre monsieur, je n'ai pas de temps à perdre à négocier avec mes yeux. Alors, $ 50.00. Vous me les laissez ou pas?

Et le beau monsieur gentil de réagir:

-Marcel, fait attention, son mari est là!

( Bien oui, le gros méchant loup, mon sauveur! Je ne peux rien faire sans lui!)

-Ne vous inquiétez pas, je suis capable de me défendre toute seule.

La conversation étai tellement stéréotypée. J'imagine mal Yang en train d'accourir pour protéger sa belle en détresse, "pôvre" de petite moi qui ne sais pas se défendre toute seule! Il connaît mes grandes capacités en la matière Yang, heureusement...



Je m'adresse à Cro-Magnon:

-Alors,vous les prenez ou pas mes $ 50.00?

Et le gentil monsieur:

-Écoute Marcel, en plus, y a une chaise qui est un peu tachée, franchement!

Et moi de renchérir...

-Bien oui, franchement...

Il hésite un instant, nous regarde, et, l'air penaud, lance:

-OK, $ 50.00...

Comme s'il venait d'essuyer une grande défaite militaire. Il aurait pleuré, ça aurait fait la même chose. Puis, en se calant davantage, il rajoute:


-Ouin mais, t'as-tu l'argent??? C'est-tu ton mari qui paye???

Sans commentaires... Pauvre, mais pauvre type minable. Cruchon. Alors avec mon plus beau sourire:

-Ne vous inquiétez pas, je suis une grande fille autonome et je gagne très bien ma vie...

Il me demande de le suivre dans l'arrière boutique, là où il n'y a personne. On est donc seuls tous les deux... Il en avait tellement gros sur le coeur le pauvre...

-Aye, tu sais, moi y faut que je paye mes homme pour aller chercher les meubles. Pis là, j'vas être 10 piastres en dessous! Çà fait 3 fois que je refuse de les laisser à ce prix-là, pis avec toi j'ai cédé...

Il a cédé, pauvre tit pite. Voyons donc toi...

-Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? C'était votre décision. Je ne vous ai pas tordu le bras. Puis je vous fait remarquer qu'ici ce n'est pas une boutique d'antiquité mais un comptoir familial. Bon, les prenez-vous ou pas mes 50.00$?

Puis là, me regardant droit dans les yeux, il n'en pouvait plus. Je sentais l'homme animal qui n'a aucune volonté de retenue. Il est tremblotant, salivant, comme s'il était en train de faire LA révélation de sa vie, le grand aveu du siècle quoi. Une situation très dangereuse que j'aurais assurément évité si j'avais été totalement seule avec lui.

-Écoute, j'te trouve pas mal belle, çà fait longtemps que j'veux te le dire.

Wowww. On arrête tout ça là et vite. "Clanche" ma fille...

-Bon, je viens souvent ici...

-Oui, je sais...

J'attaque avec mon plan A:

-Alors, vous avez intérêt à vous comporter correctement et marcher droit avec moi, compris? J'espère que je suis claire?

-Oui.

Je lui donne son argent, prends les chaises et m'en vais...



Cro-Magnon

épisode no 2


Un mois plus tard...

Yang et moi étions au comptoir familial, samedi dernier. Lui dans ses trucs électroniques et moi dans les pots à fleurs. Si Cro-Magnon apparaît et ose dire un seul mot de travers, je l'attends avec une brique et un fanal. Mais il n'est jamais là le samedi, alors... Mais au même moment, que vois-je planté là devant moi en levant les yeux? Cro-Magnon...

-Tiens si c'est pas la belle Cléopâtre!!!

Une phrase de trop, malheureux cruchon. De plus, il avait ce petit air fendant de celui qui se croit tout permis. Cro-Magnon venait de se planter pas à peu près... Je passe donc au plan B...

-Bon, écoute-moi bien toi, ÇÀ VA FAIRE!!!! C'est ASSEZ! Je vais aller...

-Mais, je fais juste te dire que t'es belle!

-C'EST ASSEZ!!!

De plus, il a vraiment l'air surpris, me croiriez-vous! Puis, il poursuit, le pauvre imbécile:

-Tu vas aller te plaindre à ton mari?

Quel idiot... Plan C...

-NON, JE VAIS ALLER JASER AVEC TON SUPÉRIEUR IMMÉDIAT!!!!

-Excusez-moi Madame....

-OUIN T'AS TOUT INTÉRÊT!!!!!

Étrange et fascinant à la fois de voir comment les comportements d'un pauvre crétin inconscient peuvent changer instantanément lorsque Cléopâtre hausse le ton.Vous auriez dû le voir. C'est comme si je l'avais giflé. Intérieurement il reculait de 10 pieds et rampait. Il avait l'air d'un petit chien abattu qui venait de se faire gronder, retournant timidement dans sa niche, en pleurnichant, l'air piteux et la queue basse...Tiens toi!

À suivre...




mardi 18 août 2009

Avant, après...

Avant la baignade!





Après la baignade...

Je suis une petite chienne très mal traitée, çà paraît non?

Poupou, Carbone, venez à mon secour!

Adèle






jeudi 13 août 2009

La liberté

Horriblement coincée dans mon intérieur, je n'arrivais pas à trouver les mots pour exprimer ce que je voyais, ce que je ressentais devant l'extrême souffrance de Jo et ma grande amie Rosie en miettes éparses, son coeur de mère qui crie, hurle de son intérieur, en un écho retentissant bien au delà de l'univers connu et inconnu. Là auprès d'elle, j'étais devenue une pauvre enfant innocente et sans expérience, ne sachant absolument plus quoi dire, ni faire... L'impuissance à son état pur... Elle est à bout, se traîne intérieurement et physiquement. Mais lorsqu'elle est auprès de lui, dans un élan de force incroyable qui vient de je ne sais où, elle retrouve toute sa grâce et son assurance, par amour pour son grand qui en a tant besoin. Silence... Je ne peux plus penser, un instant d'éternité...Un amour immensément grand, si grand...Et moi, je sais qu'elle crie au dedans. La tête basse, en cachette, je me prosterne devant elle. Saurais-je un jour arriver seulement au pied de sa cheville...Il n'y a rien d'autre à dire...

Et puis, il y a de ces choses qui se passent dans l'invisible, celles qui nous éclairent et donnent réponse à tout. Je parle des forces et amours qui relient indéniablement chaque être. Par pur hasard donc, à un moment où je ne cherchais rien, je suis tombée sur un texte merveilleux qui représente exactement ce que je n'arrivais pas à exprimer. Il s'agit d'un écrit de Camille Buttefly, auteur que je ne connaissais pas du tout. Bouleversée, je lui ai demandé l'autorisation de le publier dans mon prochain billet. Elle a accepté gentiment... Merci infiniment Camille...

Alors le voici, en silence, pour toi Jo et pour ma Rosie que j'aime tant...


Liberté

Je rêve de liberté
A en perdre tout espoir.
Je ne vois que les barreaux noirs
De ma cage forgée d'éternité.

Une lueur si douce mais pourtant
Si insoutenable de félicité
Que ma main tendue en imploration
Ne peut même d'un souffle, l'effleurer.

Je pense à ma détresse,
Ce mal-être dévastateur
En possession de tout mon corps.

Lui, si rêveur qu'une étincelle
L'envole comme un papillon
En quête de couleurs torrentielles.


Mais toujours survient
La chute éphémère de la mort,
Néant incommensurable que
Seule une âme épouse en un brasier sacré
Restaurant le trône de sa royauté.

Me perdre, telle est ma volonté.
De ce monde devenir aveugle.
De cette vie devenir infirme.
De la mémoire effacer toutes traces.

Dans un sommeil profond d'oubli
Plonger avec délice.
Espace de rien, semblant de liberté
Qu'une imagination meurtrie d'illusions
Ne songe même plus à fuir,
Refoulant sa quête en un tombeau profané.

Cicatrices immortelles,
Témoins d'un temps qu'elles ne peuvent effacer,
Emportant avec lui les murmures de mes larmes
Qu'une soif ne peut apaiser derrière ma prison.

Délivrance quand viendras-tu ?
Je ne suis déjà plus...

Camille Buttefly
mercedi le 24 mai 2006


Photo/copyright/nanoulaterre/sept. 2009






mardi 11 août 2009

Adèle en camping

Bonjour, je m'appelle Adèle, mais oui, vous savez, la petite chienne de Nanou la Terre? Disons que j'aime bien être auprès de mes maîtres. Je m'intéresse toujours à tout ce qu'ils font. Là, vous me voyez en train de faire du camping. Je ne vais pas très très loin, c'est dans la cour arrière de ma maison... C'est que mon papa Yang se pratiquait à monter sa tente et moi, çà m'intéressait de voir comment il faisait. Vous pouvez observer mon grand enthousiasme et ma grande curiosité... J'aurais souhaité l'aider, j'étais pleine de bonne volonté mais, je n'ai pas pu faire grand chose. Mon poil commence à pousser mais vous pouvez observer que ma toiletteuse m'a laissé une petite touche de féminité canine... Ma petite queue! Ma maîtresse l'adore... Mais ce qu'elle admire par dessus tout c'est ma pureté, ma bonté et ma grande générosité. Elle dit que je donne toujours tout mon amour, sans jamais compter... C'est sans limite. Mais moi, je ne m'en rends même pas compte car je vis toujours le moment présent et je suis heureuse ainsi. Quel bonheur...

Petite histoire dédiée à Touchatou xxx





lundi 3 août 2009

Accalmie

Bon çà y est. Je sais où il est. Enfin, il est en vie.

Mon Dimanche fut totalement improductif à tous les points de vue. Je me suis levée en larmes, morte d'inquiétude. Après le déjeuner et, la journée aidant et s'y prêtant à merveille avec sa petite pluie perpétuelle, croyant simplement m'assoupir un peu, j'ai dormi toute la journée! C'est bien pour dire, on a beau être en forme physiquement, à un moment, la fatigue et l'inquiétude nous rattrape et on a besoin d'un petit répit. Alors, le corps a parlé et au diable le reste, je me suis écoutée.

Pendant le week-end, tranquillement, j'avais fait ma petite enquête personnelle. J'avais laissé un message à un ami que Fafouin fréquente régulièrement. J'ai aussi contacté la maman d'un jeune qu'il fréquente et qui est à peu près dans la même situation que lui. Elle a été superbe et a pris des renseignements. Je sais qu'il a couché au moins une nuit dans une cabine d'autobus...

Finalement, Fafouin m'a appelé en soirée...

-Oui maman? Qu'est-ce qu'il y a? Je reviens et plein de mes amis me disent que tu es inquiète et qu'il faut que je te rappelle!!!!

Tiens donc...Il est insulté. Excellent....Je vais me gêner encore? C'est pas parce qu'il ne vit plus ici que je vais cesser de l'éduquer.

-Effectivement, je suis inquiète. Où est ton père?

-Je ne sais pas

- Bon. Oui, je suis inquiète. Cette semaine je te demande de me rappeler, tu ne le fais pas, ton père n'est pas là et je savais que ta blonde partait en camping vendredi. Et je sais que tu es dans la rue...

-J'étais parti avec ma blonde et ses parents. Je suis revenu hier soir. Et je repars mercredi prochain, jusqu'à Dimanche.

-Je te rappelle que t'as un rendez-vous important la semaine prochaine.

-Je sais, mais je vais le changer....

.....

-Ses parents sont d'accord?

-Oui!!!

Je ne vais pas plus loin car çà c'est une partie qui ne m'appartient pas. C'est à son père d'y voir même si je sais pertinemment qu'il n'y voit pas. Et si j'embarque là-dedans et m'en mêle, je risque de perdre le peu de contact que je maintiens avec le père pour mon garçon.

-Écoute, si tu ne veux pas que je te fasse honte en appelant tes amis, t'as simplement à me rendre mes appels, ou me dire où tu vas si tu pars pour longtemps, car je me soucie de toi et je t'aime, compris???

-Ben oui...

(J'espère que le message est clair...)

-Bon, tu sais que je suis à la maison. Çà fait un bout de temps qu'on s'est pas vu. Si tu as le goût de venir jaser un peu, tu es toujours le bienvenue...

-Oui, oui...Mais là faut que je te laisse...

-D'accord, je t'aime...

-Moi aussi ...

Aujourd'hui est aujourd'hui et demain sera demain. Il fait si beau. Je profite de cette merveilleuse journée de soleil sans trace d'humidité. Adèle est heureuse de sa petite marche de santé. Le nez au vent, une odeur subtile de fleurs caresse mes narines. Ne jamais oublier de respirer et de sentir la vie, toujours belle et prête à nous accueillir, les cheveux au vent.





samedi 1 août 2009

Mon fils où es-tu...

Çà fait un mois que son père l'a mis à la porte
Il a la garde légale mais demeure constamment dans le déni
Ne fait et ne fera jamais rien
Pour essayer de régler la situation
Profitant du système
Sans se préoccuper de notre fils
Çà n'a plus aucun sens
Je ne peux héberger mon garçon ici
Pour mille et une raisons sensées
Mais je n'ai pas le droit
De laisser la situation
S'envenimer de la sorte
Je suis allée de l'avant cette semaine
Ayant en horreur les zones grises
J'ai le devoir moral
De protéger mon garçon
Il est encore mineur
Et, ce que j'ai appris
Ne me réconforte pas du tout
Yang et moi
Avons décidé d'agir
Pour sa protection
Pour son bien-être
Car j'aime Fafouin plus que tout au monde
Et que Yang est très inquiet aussi pour lui
Je garde le cap
Sans m'enfoncer, jamais m'enfoncer
Pas le droit, ni pour lui, ni pour moi
C'est immensément important
Nous passons un beau samedi en couple
Yang et moi
Et, fidèle à moi-même
J'ai pratiqué ma marche rapide, mon gym et mes 400 brasses
C'est ma survie
Et nous voilà dans la balançoire
Yin et Yang
Dans le noir du soir si beau
Une bougie de citronnelle
Les variation Goldberg de Bach en sourdine
Puis Carla Bruni, j'adore...
Et peut-être Brassens, pourquoi pas
Mon sauveur...
Même dans les moment les plus sombres
Il pourrait réveiller un mort ce génie du bonheur...
Et, pour toi mon Fafouin
Espérant que cette sublîme chanson que j'aime tant
Puisse rejoindre ton coeur...

Je t'aime tant...

lundi 27 juillet 2009

La force qui nous reste

Rosie est mon amie, nous nous sommes connues à l'âge de 16 ans. Son conjoint M... est aussi mon ami, je l'ai connu aussi à 16 ans. Ils ne se connaissaient pas. Je les ai présentés l'un à l'autre. Ils sont ensemble depuis. Nous avons préservé notre amitié, connu mers et mondes, calme et tempêtes, dansé, ri, pleuré, chanté, fait les fous. C'est pas n'importe quoi, du solide, je vous l'assure et çà continue. Rosie me trouve courageuse, je la trouve sur-humaine. Elle est un modèle de force et de courage. Le coeur sur la main, malgré sa vive douleur, elle trouve encore le moyen d'être disponible pour les autres. En ce monde, il m'est rarement arrivé d'avoir la chance de rencontrer telle qualité et grandeur d'âme. Elle admire mes talents artistiques, je suis époustouflée devant les siens. Il faudra qu'elle peigne de nouveau...j'écrirai la musique...

M...est une âme douce, remplie de tendresse. Je l'ai connu en grande révolte. Il avait tout pour rester enfoncé et venait de loin, de très loin. Et pourtant, il a refait surface. C'est quelqu'un de vraiment très respectable, j'admire son courage et sa détermination.

Un de leurs fils est dans un état critique et souffre terriblement. Le mien est encore dans la rue, vous n'avez pas idée où il est rendu. Rosie et moi, on se supporte là-dedans, je prends soin d'elle, elle prend soin de moi. On ne calcule pas. En ces jours, en ces instants, il n'y a que l'amour qui existe.

Yang, mon conjoint m'appelle. J'étais au resto avec Manou, une autre grande amie.

-Rosie a appellé, elle ne va pas bien...

-D'accord...

On termine notre repas à la hâte. Comme il est long le chemin du retour. On dirait que tous se donnent la main en se plantant au beau milieu de la rue! Je me sens comme la boule qui va faire tomber les quilles si elles restent là devant moi. Faites de la place, çà presse, je dois arriver à la maison au plus vite. À l'intérieur de moi je me sens comme un TGV et pourtant je ne roule pas vite . Je donnerais la lune pour être chez moi, là, à cet instant même. J'y arrive enfin...

-Rosie?

-Oui...

-C'est moi...

-C'est inhumain, qu'est-ce qu'il faut faire?

...

...

- Je reste chez moi. Tu peux me rappeler n'importe quand.

-Mais, je ne peux quand-même pas t'appeler au beau milieu de la nuit!

- Oui!!! Écoute-moi, tu m'appelles à 22 hres, à 2 hres ou 4 hres du matin, peu importe OK!!!!Et si tu veux que je vienne, je viendrai.

-Je ne veux pas que tu gâches ta soirée avec Manou...

-Je ne gâche rien. Je reste chez moi c'est tout. Je ne peux pas sortir. Je veux rester disponible pour toi. Je t'aime, je vous aime...

-Je t'aime...

-Tout est correct OK?

Et Manou là-dedans...Elle a été d'une patience et d'une compréhension à toute épreuve...

Pour le peu de force qu'il lui reste, Rosie demeure au chevet de son fils. Elle se justifie et n'a pas à le faire, elle fait ce qu'il faut et M... aussi. Je ferais exactement la même chose. C'était hier soir.

Aujourd'hui j'entreprends tranquillement des choses pour mon fils, à mon rythme, essayant de garder le contact avec lui, aussi minime soit-il. Ma santé mentale est importante et la forme n'a pas de prix. Je me prépare donc en me disant que je prendrai au détour des forces pour elle aussi. Je saute dans mes espadrilles et hop, la petite marche rapide de 25 minutes avec Adèle. De retour, j'enfile mon sac et me dirige au gym en confiant mon cel à l'entraîneuse. Si Rosie appelle, si Fafouin a besoin de moi... Je termine avec mes 18 respirations lentes. Voilà, je suis connectée.

À l'instant même, je saute dans la piscine et ferai mes 400 brasses. Çà c'est mon dessert...Ensuite? Assise en écoutant le roulement de ma balançoire, je m'installerai avec un gigantesque livre de contes et légendes en écoutant Chopin. Pourquoi? Parce que c'est çà la vie et, que la vie, malgré tout, elle est très très belle.

Il faut trouver quelque part la force d'aller au delà de la souffrance et se donner les moyens de permettre à notre cerveau de s'aérer et à notre âme d'arriver à la plénitude et je vous jure, on y arrive!!!

lundi 20 juillet 2009

Le concours pas concours !

L'origine de ce billet provient d'un commentaire que Pur Bonheur avait laissé sur un de mes billets le bed-in , et l'idée finale d'un billet de Pur bonheur dans lequel elle avait mis une photo d'elle à côté d'une vieille voiture. Je me suis donc imaginée lancer un concours pas concours "Belles d'Ivory" comme le disait si bien Pur Bonheur. En accord avec elle et comme promis, voici ma photo. Bon, premièrement, je n'ai jamais aimé me faire poser en maillot, je me trouvais toujours grosse (!?). Alors, il a fallu que je m'arme de patience pour trouver enfin un cliché dans mes albums souvenirs. Faut pas tricher on s'entend. Celle-ci, prise à partir d'un appareil Polaroid, date de 1974. Vous pouvez remarquer les belles chaises d'époque et mes magnifiques sandales scholl. Celles qui en ont portées s'en rappellent sûrement...Bon sens que çà pouvait faire mal lorsque, par accident, le pied nous débarquait de la dite chaussure!
Bon, l'histoire de ce maillot et de cette photo est assez cocasse. Allons-y donc: Luc mon grand ami se moquait de mon beau maillot tout neuf. En fait, il le détestait. J'étais toute heureuse de lui annoncer que je venais de me procurer un bikini. " Mais ce n'est pas un bikini çà!" Et pour immortaliser la chose, on avait décidé de prendre une photo. Bien moi je l'aimais ce maillot et l'ai usé à la corde!!!

Concours pas Concours, car c'est sans prétention, pour s'amuser. Alors, pour celles et ceux (y en a peut-être des courageux?) dont l'idée plaît, sortez vos vieilles photos...


samedi 18 juillet 2009

Yang en camping


Je n'aime pas le camping. Mon conjoint s'est donc préparé un petit moment vacance-tente pour lui tout seul en début de semaine prochaine. Je sirotais une petite bière en lisant mon journal dans ma balançoire. Il faut entendre la conversation...

-As-tu hâte à la semaine prochaine?

-Bien oui, comme çà, tu m'auras pas dans les pattes toute la semaine.


-Tu sais bien que j'aime pas çà quand tu dis çà... Çà va faire du bien, tu vas pouvoir te retrouver.

-J'suis pas perdu.

!!!???

- Je te parle de te retrouver avec toi-même, çà fait du bien de temps en temps...

-J'ai pas besoin de me retrouver, un gars çà se perd pas.

(!!!???)

T'es pas sérieux là?

-C'est une blague voyons!

-Mais, çà été quand-même ta première réponse!

-J'ai répondu sans penser...

Hum... Saura-t-on un jour le fin fond de l'histoire... A-t-il vraiment répondu sans penser? Éprouve-t-il simplement une certaine gêne à avouer que çà lui fera du bien de se retrouver avec lui-même? Peut-être ne s'est-il jamais posé la question finalement....Et s'il arrivait là sans penser... Qu'est-ce que çà peut bien faire. Veux-tu bien me dire pourquoi je me casse la tête avec toutes ces questions... Laisse-le partir sans y penser, çà te fera du bien tiens...

Réf: Dessin du Yin et Yang par Amanda Beth Conrad Powell



dimanche 12 juillet 2009

Le regard de Fafouin

J'aime cette photo. J'ai souvenir merveilleux de cette journée, en juin 2008. Il recevait, pour la première fois de sa vie un Méritas pour trois matières scolaires et s'était présenté à l'avant, tout fier, en recevant son prix. Je ne suis pas de celles qui carburent à la performance, non. Voyez-vous, c'est que les regards étaient tournés vers lui pour quelque chose de très positif et çà, j'espère qu'il a pu retenir à tout jamais dans son coeur l'expérience et qu'il se dira un jour qu'il est toujours possible d'y revenir, peu importe le chemin qu'il choisira...


vendredi 3 juillet 2009

Surprenant Fafouin

Pendant un rare moment passé en compagnie de Fafouin, il me lance comme çà, tout bonnement:

- Maman, j'avais oublié de te dire, je suis allé voir Stevie Wonder hier soir...

-Ah oui? T'es allé au festival de jazz?!! Et qu'est-ce qui t'a décidé à aller passer la soirée là?

- Et bien, Oli et moi, on regardait la télé, puis, on l'a vu chanter et on s'est dit que çà avait l'air pas mal bon, alors, on a décidé d'y aller.

J'étais franchement impressionnée. Mon ado de 17 ans, accroc du rap qui s'en va voir Stevie Wonder, je rêve ou quoi? Puis, je me suis rappelée que mon fils a littéralement baigné dans le festival de Jazz de Montréal, dès son plus jeune âge et ce, jusqu'à l'âge de 11 ans, pré-adolescence oblige... J'élevais seule mon enfant, alors je m'arrangeais pour être bien et je peux dire que j'étais souvent dehors au grand air pendant la période estivale. En même temps, je trouvais important d'éveiller sa curiosité en lui faisant découvrir plein de choses intéressantes. Nous y passions des journées entières. Je partais le matin avec la poussette, un gros lunch et hop, on s'en mettait plein la vue et les oreilles! On peut dire qu'il en a passé du temps à sauter sur le gros clavier, dans l'aire de jeu du festival...

-Alors, raconte un peu, as-tu aimé çà?

-Ah oui beaucoup !

Est-ce qu'il chanté (et là je chante): " You are the sunshine of my life"

Il y pense brièvement et d'un ton très affirmatif:

-Oui oui, il l'a chantée, elle est connue celle-là!

-Comme je suis heureuse que tu aies pu apprécier. Et maintenant, essaie de garder ces sons et images bien encrés dans ta mémoire, car c'est pas tous les jours que quelqu'un peu dire: " Je suis allé voir Stevie Wonder." d'accord? C'est un grand tu sais!

Que d'émotion... Il m'étonnera toujours ce Fafouin, malgré ses difficultés et excès d'impulsivité. Puis, j'ai l'étrange impression qu'une histoire merveilleuse suit le flot de la vague en un perpétuel murmure, comme une musique... N'ai-je pas entendu mots semblables, venant de ma mère toute émue, lors d'une douce soirée d'été alors que je regardais Louis Armstrong s'essuyer le front avec son petit mouchoir blanc lors d'un spectacle à Expo 67...

-Nanou, préserve bien ces images dans ta mémoire...C'est un grand moment et on a beaucoup de chance d'avoir le privilège de le voir ce soir, devant nous...

Alors j'ai préservé, bon sens que j'ai préservé... le petit mouchoir blanc sous les réflecteurs, au beau milieu d'un ciel sans nuages... J'écris là et le vois dans un même instant..Quel souvenir magnifique et je peux affirmer que ce soir-là, j'étais particulièrement heureuse...

Alors, pour toi Fafouin d'amour et à tous ceux qui aiment le jazz...

Photo du haut: Fafouin, Festival de Jazz de Montréal, juillet 1994


lundi 29 juin 2009

Jopitoutou


Jopitoutou...

Le nom Jopi vient d'une marque d'oursons de qualité fabriqués dans les années 20. J'en possède un, légué par ma grand-mère, et je trouvais que le petit poussinot dans la vitrine lui ressemblait. Çà allait de soi. Il avait déjà son nom. Une petit coup de coeur. Jopitoutou avec son petit poil doré qui brille au soleil et son mowak sur la tête, Jopi l'unique... Il est parti tout doucement lui aussi, dans mes mains chaudes, et collé contre mon coeur...

Au revoir mon p'tit blondinet...

jeudi 25 juin 2009

Au revoir...

Je vivais avec mon conjoint de l'époque, Coco. C'est lui d'ailleurs qui m'avait annoncé la mort de Lennon, en rentrant à la maison. J'étais tout simplement effondrée de chagrin.

Il n'y avait pas d'ordinateurs à l'époque, ni guichets automatiques. Puis, les cassettes vidéos sont arrivées. On avait le choix entre le BETA et le VHS. On a choisi la qualité du BETA. Bip... Erreur. le VHS a pris le marché... Par la suite, ce fut le début des vidéos-clips. J'étais déjà adulte mais, j'avoue que j'appréciais. C'était vivant, rafraîchissant.

Je garde en mémoire cette semaine où nous attendions, fébriles et impatients, le nouveau vidéo-clip de Michael Jackson... Thriller... C'était d'autant plus captivant qu'il y avait des rumeurs à l'effet que ce clip durait très très longtemps et qu'il était vraiment spécial. Tellement spécial que les chaînes de télévision nous avertissaient à l'avance de la date et l'heure à laquelle le fameux vidéo allait être présenté pour la première fois à l'Amérique toute entière! Quand le moment fut venu, nous étions installés bien confortablement, et, bien honnêtement, il n'aurait pas fallu que personne vienne troubler notre attention!

Quelle performance, c'était génial... Encore cet hiver, j'ai insisté pour que Fafouin regarde ce clip. Il en était tout simplement sidéré. Aujourd'hui, j'étais assise simplement dans la balançoire quand...

J'ai toujours ressenti cet attachement spécial qui me lie aux gens qui sont nés la même année que moi. Çà me fait l'effet d'un jumeau ou d'une jumelle, d'un frère ou d'une soeur. 1958-2009. Tiens, terminé, fini... La dégradation physique et mentale, d'années en années, de ce talentueux chanteur et danseur me rendaient profondément triste. Quel homme en mal de vivre. Mais quel grand talent...L'argent ne pansera jamais les plaies du coeur...

Michael Jackson
Au revoir..
...

mercredi 24 juin 2009

Notre St-Jean



En cette journée de la St-Jean-Baptiste
Force est de constater
Qu'une grande majorité d'entre nous
Avons encore et encore oublié
Qui nous sommes.

Comme dit la chanson

"On y parle encore la langue de chez nous"

Peut-être... et pour combien de temps encore?

"Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs"

Alors, ici je viens chanter ma peine
Et mes espoirs aussi

PEINE

Ma peine de constater
Que le peuple québécois
De souche
Et de langue française,
Soyons francs
Ne jouons pas avec les mots,
S'est encore noyé dans la foule
Comme un pauvre idiot sans visage
Et se perd et se perd...

Ma peine de constater
Qu'on est si accommodant, si gentil
Au péril de perdre notre propre identité culturelle
Tellement on manque de colonne et de respect
Envers nos propres racines et traditions.

ESPOIR

Espoir qu'on se rappelle toujours d'eux
Braves et courageux
Et de ce qu'ils ont souffert
Afin de nous permettre à nous
D'être encore là
Ici et maintenant
Parce que sans eux
Nous serions déjà un peuple éteint

ESPOIR

Aurons-nous enfin notre fête
Notre vraie fête à nous un jour
Et... notre pays?

Et que ceux et celles
Qui viendront se joindre à nous
Pour venir fêter NOTRE langue et NOTRE culture
Soient les bienvenus!

Nanoulaterre

La chasse- galerie

..........


La langue de chez nous
(extraits)


"Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre des trésors de richesse infinie
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

Et de l'Île d'Orléans jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie"


Yves Duteil

mardi 23 juin 2009

Les petits culs secs


C'était il y a un peu plus de vingt ans, quelque part dans un recoin du bas St-Laurent, Le Bic, dans une salle paroissiale très reculée, je ne me rappelle plus laquelle, fouille-moi, en plein champs, la rencontre des familles XYZ. De là s'étaient rassemblées environ 300 convives, remplies de bonne volonté mais manquant un petit peu d'initiative, ma personne ne faisant pas exception. Nul ou presque ne se connaissait. Beau rassemblement en perspective. En fait, tout le monde était un peu coincé sur sa chaise. On ne savait trop quoi dire, ni comment donner un petit brin d'étincelle à l'athmosphère déjà alourdie par la gêne. Maudite gêne tient! Parler du beau temps, hein...Et après? C'était, franchement emmerdant et timidement repliant sous la chaise.... Secrètement, on se demandait comment allait se passer la soirée. On avait tous l'air de beaux beignets attendant qu'une âme charitable et intelligente sorte du placard une petite idée brillante...C'est là que les petits culs secs sont arrivés... Puis un, puis deux puis 3 petits culs secs! Faut dire que les organisateurs étaient très très généreux. Encore un petit peu de Caribou? Allez, çà fait du bien! Ils nous l'offraient avec un si beau sourire... Bien oui, encore un s.v.p... Ai-je besoin de vous signaler que l'atmosphère était passablement détendue au bout de 45 minutes? C'était l'euphorie totale. Les mots, éclats de rires, poignées de mains et becs s'entremêlaient, résonnant dans une harmonie parfaite de convivialité sans précédent! À un moment donné, fallait faire descendre tout çà et bouger un peu. Je peux vous dire que le petit timide, s'il en restait un sous la table, bien "y était pu là, tu penses bin" et à la limite, en train de danser sur la table voisine desservie! C'est là que les violoneux se sont mis de la partie pour nous faire danser dans un rythme que même le diable n'aurait pas pu suivre. Au petit matin, le diable n'y était pas mais le réveil oui, et assez brutal merci... Disons que j'ai regretté un petit brin l'abus des petites "gorgettes" de caribou mais bon... Je dis bien un petit brin, car le souvenir de cette mémorable soirée, j'en aurai de rappels heureux comme c'est pas possible...

Qui dit qu'il ne se passe jamais rien dans les vieilles salles paroissiales reculées et abandonnées au beau milieu des champs...

Ce souvenir enfoui me fut inspiré par une remarque d'une lectrice assidue...
Pur Bonheur, ce texte t'est dédié, merci...





dimanche 21 juin 2009

La grange

C'était l'été dernier. Je reviens tranquillement de je ne sais où quand, tout bonnement, je décide de quitter l'autoroute pour longer la rivière jusque chez moi. J'avais envie de liberté mais surtout, le besoin vital de prendre mon temps, tout mon temps. Ce petit coin, beaucoup plus à l'ouest, m'était inconnu. Alors, je ferme les valves de mon cerveau qui pense toujours trop pour simplement admirer, savourer et goûter le paysage qui s'offre à moi. Le fait de décider là, d'une trajectoire précise, en étirant le temps, me fait ce petit velours, l'effet d'un contrôle absolu sur ma vie. J'adore...
Tiens, qu'est ce que c'est? Une pancarte toute mignonnette fabriquée maison m'indiquant une grange... Curieuse, mon regard se pose sur l'endroit en question. Une étable immensément grande, est-ce possible, et, c'est ouvert! Empressons-nous... Je me précipite donc, stimulée par mon appétissante curiosité.

En entrant, un petit vent de fraîcheur bien installé vient à bout de l'humidité accablante de la journée, et pourtant, aucune trace d'air climatisé. Trois immenses salles où s'entassent des milliers d'objets de toutes sortes. Je sens que je vais m'y reposer, ma vie vibre au ralenti, je m'apaise, le temps de découvrir et de réfléchir sur tous ses objets qui dorment, hors du temps avec chacun un passé, une histoire. Et puis le chant des oiseaux rempli de l'écho des boisés, venant de la petite porte toujours ouverte... Margaret tient cet endroit, elle y habite même...Une gentille britannique d'origine, au français impeccable dans son accent charmant. Elle me raconte l'histoire de la grange, depuis ses débuts. Puis, je repars avec quelques petites bricoles, le coeur tout rempli de ces beaux moments inattendus et tendres.

J'y vais maintenant régulièrement... Comment pourrais-je me passer de la gentillesse de Margaret et de son accueil toujours aussi chaleureux... Et dire que j'aurais pu ce jour-là continuer sur l'autoroute terne sans même jamais avoir eu vent de cet endroit unique... La vie a de ces petits mystères bienheureux quelques fois...

Ce billet est dédié à Lulu, au fils du temps
et à tous ceux qui aiment les vieilles granges...


mardi 16 juin 2009

Papa...

-Nanou?

-Papa...

Il m'a réveillé brusquement de mon sommeil. Sa voix murmurait mon nom. Dans son intonation, j'avais le sentiment profond qu'il voulait bien s'assurer que je l'entendais, que son système de communication fonctionnait.

-Papa, tu es là...

Je n'ai pas cherché à savoir le pourquoi du comment. Depuis 3 jours, je m'endormais avec le nounours de mon garçon sur mon coeur, rituel de protection oblige. Et là, pour la première fois en 4 ans, papa était là, tout près de moi, si près... Je suis restée comme çà, me laissant transporter par sa présence, rassurée d'avoir enfin la certitude qu'il continue d'exister quelque part, encore et encore...

En ce matin, je regarde sa photo, mes larmes n'ont plus de fin. J'étais convaincue que ce papa, tourmenté par la maladie mentale et si déroutant dans la vraie vie, ne pouvait m'offrir une sécurité bienveillante dans l'au-delà. Secrètement, je me refusais cette ouverture, convaincue qu'il en était incapable, que sa souffrance terrestre avait été bien assez grande. Je n'osais le lui demander. Je m'étais résignée, je me suis trompée... Parce qu'à présent je sais, c'est une certitude... Il ne m'a jamais quitté, jamais oublié, m'enveloppant discrètement de sa présence.

Il n'attendait que mon signal. Il a vu juste...





lundi 15 juin 2009

En parlant des enfants...

Voici un texte tiré d'un livre que j'aime beaucoup et que je relis souvent. Il me soutient lorsque mon univers intérieur ferme les portes du soleil et que mon inquiétude de maman m'habite trop souvent...

"Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit: "Parlez-nous des Enfants"

Et il dit :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
De l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous,
Ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour
Mais non point vos pensées
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
Mais pas leurs âmes
Car leurs âmes habitent la maison de demain
Que vous ne pouvez visiter
Pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux
Mais ne tentez pas de les faire comme vous
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,
Comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini
Et Il vous tend de Sa puissance
Pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole
Il aime l’arc qui est stable."

Khalil Gibran, Le prophète



samedi 13 juin 2009

Les cimetières


Les cimetières ne sont pas des endroits aux morts, mais un hymne à la vie des gens qui ont comptés, qui ont fait une différence dans notre existence et, il s'y cache des trésors...Des êtres qu'on a le devoir de ne jamais, jamais oublier... Certains d'entre eux ont fait de nous de meilleures personnes...

mardi 9 juin 2009

Des briques sur ma tête

Fafouin venait coucher à la maison Dimanche soir car je l'accompagnais en cour lundi matin. Il devait effectivement passer pour une offense commise l'an dernier. La semaine précédente, j'avais communiqué avec son avocate pour lui demander s'il existait, en cour de la jeunesse, des peines directement reliées au méfait et pouvant aider le jeune dans ses difficultés. Dans le cas de mon Fafouin, c'est sa consommation excessive de cannabis. Elle avait été très gentille. Oui, effectivement, on peut suggérer ou même imposer une peine qui insite le jeune à se questionner, à se prendre en mains pour ses problèmes de consommation. Encore faut-il qu'il admette et qu'il veuille bien s'en sortir...

Donc, Fafouin arrive vers 22 hres 30 Dimanche soir. Il entre dans sa chambre et s'empresse de me montrer le petit débardeur rose en dentelle de sa petite amie. Il me regarde puis le presse sur son coeur...

-Tu l'aimes ta Catou n'est-ce pas?

-Oui maman...

-Je pense que c'est ton premier vrai amour?

-Oui...

-J'aime te voir comme çà. Je te trouve bien tendre, je trouve que c'est une bien belle qualité.. Je suis heureuse pour toi.

Je m'approche et l'embrasse tendrement sur la tête puis je quitte la pièce.

Le lendemain matin, nous déjeunons et quittons la maison pour mon endroit préféré...le palais de justice...

C'est long, çà s'éternise. Entrés dans la salle d'audience nous en ressortons sans avoir passé, son avocate étant occupée à régler à l'extérieur de la salle une affaire urgente. L'audience reprend dans 30 minutes. Je suis en pleine forme, calme, sereine et disponible pour mon garçon. L'équilibre quoi. Il est déjà tard, je n' ai pas prévu et c'est presque l'heure du diner. La fringale me prend et je demande à mon garçon s'il a de l'argent sur lui pour manger.

-Mais oui maman, pas de problème.

Il vide alors ses poches devant moi et me montre plusieurs liasses de billets de 20 dollars. Çà y est, mon équilibre disparaît, je vais m'écrouler. Je ne vois plus rien. Lorsque la surprise fait place à un choc brutal, provoquant à coup sûr et, simultanément, déception, colère, inquiétude et peine profonde on doit réajuster le tir rapidement, momentanément, pas le choix. Je suis dans un lieu public, au milieu d'autres jeunes, parents et avocats. La douleur intérieure si intense provoque en moi l'envie d'un long crie strident et primale. Au dedans, çà hurle comme c'est pas possible. Le rayonnement de mon équilibre disparait de mes yeux, je le sens, Fafouin aussi...Ils parlent le langage de la tristesse et la boule au fond de ma gorge s'établit en permanence. Je me sens incapable de m'ajuster. Intérieurement, mon équilibre me quitte.

Je savais que cet argent ne venait pas de son travail. Il en devait à son père et c'est ce dernier qui gérait momentanément ses finances. Donc, il venait d'ailleurs...

-Cet argent ne vient pas de ton travail Fafouin...

-Non...

-Alors, d'où vient-il?

-Je me suis débrouillé...

Çà suffisait, c'était déjà trop. Il venait de s'acheter un cellulaire, recevait beaucoup d'appels extérieurs, des inconnus. Son père avait des doutes et...voilà, je savais qu'à cet instant même il venait de déraper mais cette fois-ci, un pas risqué, dangereux, mon grand garçon, mon bébé...

Il est allé fumer une cigarette, je suis descendue en bas prendre un café. Mes sentiments étaient confus. Tout se bousculait. J'avais envie de le planter là et de lui dire de se démerder avec ses problèmes, la colère parlait. J'avais aussi l'idée de le brasser et de lui dire de se réveiller. Je ne l'ai pas fait, ce n'était pas le moment Je me suis tue, entrant, zombie, dans la salle d'audience, accompagnée de mon fils, entendu la sentence. Allez, qu'on en finisse, mon seul souci étant de sortir d'ici au plus vite. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. L'extérieur, l'extérieur, prendre l'air, vite çà presse... J'enfilai d'un pas rapide, mon fils suivait, inquiet et penaud, je le sentais...


-Il semble que ce soit ton choix de vie...

-Non maman...

-Alors, t'as de sérieuses difficultés au niveau de ta consommation!

-Pas tant que çà....

-Pas tant que çà? D'accord. Alors, tu te fais pincer dernièrement dans une voiture, à voler son contenu, nous venons de sortir de la cour tout juste à l'instant pour un délit de l'an dernier et là, j'apprends que... T'as raison, t'as pas de problèmes. Que puis-je y faire de toute façon!!!

-Mais oui, Ok, j'en ai un problème!

Alors là je m'effondre, çà sort comme çà, sans que j'y pense....

-Tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière de toutes tes belles qualités. Tu es un jeune garçon fantastique, avec une force incroyable. J'étais et je suis encore tellement fière de constater que tu possèdes une détermination à toute épreuve. J'en parle souvent à ton père, en fait, je n'ai jamais cessé de lui en parler, de tes belles qualités, ta sensibilité, ta créativité et je me demande maintenant comment tu comptes utiliser tout çà!!! Mais qu'es-tu en train de faire de ta vie Fafouin!!! C'est dangereux, cet argent est sale! Et moi, je ne peux rien faire pour te convaincre d'arrêter tout çà!!! Ce que je veux pour toi, c'est le meilleur.!Je t'aime tellement! Je veux que tu sois libre, je te veux heureux...

J'avance, ralentis, m'arrête enfin, en lambeaux, les bras presqu'au sol, je m'effondrais. Et la peine sortait là, toute crue, comme çà. J'aurais été au beau milieu d'une foule et m'en serais carrément foutu. Alors, il s'est avancé, m'a pris dans ses bras et m'a dit: " Ne t'en fais pas maman, çà va aller." Il me serrait si fort, je le serrais... Nous étions enlacés, il sentait mon amour pour lui, je sentais le sien. Que dire de plus, un moment d'éternité.

Que le sentiment d'amour lorsqu'il n'y a que le fond de l'âme qui parle de tout son corps...




vendredi 5 juin 2009

Les petits bonheurs du matin

Hop Adèle! Partons à l'aventure, il fait si beau et pas un seul nuage à l'horizon. Magnifique!

Il faut dire que ma petite marche du matin, en plus de me faire un bien énorme, est doublement stimulée par cette petite table de bois que j'avais scrutée la veille, sur la rue voisine, et dont le proprio, de toute évidence, allait déposer au chemin ce matin...

Tiens, jetons en passant un petit coup d'oeil aux ordures, après tout, c'est vendredi... Rien d'intéressant à l'horizon.

Les gens s'assagissent?

J'aime mes espadrilles de marche. Elles me donnent ce je ne sais quoi, un petit coup d'énergie vers l'avant. C'est bien pour dire, c'est pas pour rien qu'on les a inventées.


Tiens, la maison d'Agathe... Je m'y arrête, difficile d'y résister. C'est un jardin de fleurs, de lierres, d'arbustes et de vivaces avec ce petit côté asiatique qui le rend si unique. Mais surtout, cet espace est entretenu avec tant d'amour et passion. Çà se sent, çà se voit...

Lorsque notre jardin intérieur est entretenu avec autant de soin, on y découvre des trésors insoupçonnés. Alors, le jardin revêt une couleur unique. Et tout ce qui se trouve dans le jardin produit, à son tour, un effet bienfaisant sur le jardin des autres....

Tiens, Agathe est là, comme toujours, avec son beau sourire. Je m'arrête un instant, le temps de lui dire à quel point son royaume a un effet magique et apaisant sur moi. Nous parlons fleurs, jardin, échange. Elle va m'apporter de la ciboulette à l'ail et des petites fleurs aussi... De mon côté, j'ai hâte de lui montrer mes fleurs préférées dont je ne connais pas le nom...

Je tourne le coin de la rue. À ma droite, les deux femmes chauffeurs d'autobus scolaires jasent un brin en attendant leur marmaille du secondaire. Chapeau, admiration pour ces gens-là...

Me voici maintenant tout près du but. C'est quelle maison déjà? Je me replonge dans l'image de la veille en fermant les yeux... La petite table était collée contre un mur de la maison, à côté de son compagnon, Bac à recyclage, dans une entrée qui se trouvait à droite de la maison. On devrait se retrouver...hum... Çà y est, j'y suis! Bon... partie, envolée, adieu petite table, trop tard pour moi. Pas grave, on continue, il fait tellement beau!

Dans son petit camion rouge et blanc, mon facteur préféré, avec son gigantesque sourire... M'envoie la main, me dit un mot gentil en passant près de moi... J'entends maintenant un gros jappement féroce, déçue de constater que ces grognements lui sont destinés, je me questionne... Çà ne doit pas être joli tous les jours pour lui....pas drôle d'être un facteur. Et pourtant, il demeure toujours souriant, gentil... y a des gens comme çà...

Je file vers un raccourci dans le stationnement du dépanneur. Une femme en voiture me sourit et me laisse passer. On continue... Deux couples assis sur leur balcon me regardent et sourient... Bon sens que les gens sont de bonne humeur aujourd'hui! Puis j'y pense, c'est pas pour toi ce sourire, c'est pour Adèle voyons! C'est fou comme les gens se réveillent de leur léthargie lorsqu'on promène un petit chien tout mignon et irrésistible. Zoothérapie tient. "Bonjour Adèle!" Tellement que la plupart ne connaissent même pas mon nom mais reconnaissent celui de ma petite chienne. Çà leur fait du bien, c'est çà l'important.

La vie est simple. Il suffit d'avoir un petit chien pour rendre les gens heureux...

Oh lala... Au loin, le gros chien noir méchant qui veut toujours dévorer le mien, en compagnie de son maître aux jambes arquées. Bon, j'éduque mon chien:" tranquille Adèle, c'est un ami." Ouin, quel ami... Comme c'est étrange, on dirait que le chien a perdu sa bedaine, il est tout svelte! Bien c'est pas le bon chien tient, allume... Et son maître a les jambes croches aussi... Bien coudont...

On y arrive presque, déjà la maison au loin. J'en profite pour tester ma petite bête, un camion approche...." Adèle, assis, pas bouger..." Elle s'exécute gentiment. Bon, au moins je sais qu'elle n'ira pas se précipiter devant une voiture et se faire écraser comme une crêpe si j'ai la brillance de l'interpeller comme çà...

De retour à la maison, vivifiée et remplie de belles images mais surtout, heureuse d'avoir le privilège de prendre mon temps, tout mon temps, le matin, avant d'aller tranquillement offrir mes connaissances à ceux qui voudront bien les recevoir, enfouie dans ma caverne d'Alibaba, mon royaume, comme je l'appelle. J'apprécie, mais j'apprécie...tellement...

Il faut prendre le risque d'aller vers son propre appel intérieur afin de goûter aux vrais petits bonheurs de la vie...