Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

mercredi 1 avril 2009

Pour Luc

Je regarde,
Respire l'odeur suave de ce printemps
Oui, le jour est beau
Et pourtant
Je me retrouve
Sur ce terrain de boue.

Rien que de la boue...

Et à l'intérieur
Ton corps reprend lentement
La forme de la terre,
Pourrit, s'émiette, se dissout
De jour en jour...


Les images de notre folle jeunesse
défilent devant moi
Je n'ai d'yeux que pour toi
À chaque instant
Je reforme tes pas
Tu es passé par ici...et là aussi
La trace y est peut-être encore
Comme tout ne s'efface jamais tout à fait...


Ainsi me revoilà
Causant avec la mort.
Et rien ne prouvant
Que tu as existé...
Que de la boue
Et cette fine pluie.


Dans un moment de rage
J'ai trouvé une petite croix,
Y ai gravé ton nom
Puis déposé les petites fleurs...


Alors je retrouve un peu de paix
Car je sais
Que tu existes quelque part
Mon grand ami...



Nanou 1979




7 commentaires:

cryzal a dit…

Bel hommage our ton ami décédé...
il est d'autant plus important de le faire pour les gens de leur vivant

tu écris vraiment bien

bonnejournée

M comme...Maman a dit…

Tu as un réel don pour écrire des trucs qui donnent des frissons tellement c'est beau! Un magnifique hommage...

Nanou La Terre a dit…

Cryzal, M comme Maman,

merci de vos bons mots... Cet hommage était bien peu, comparé à ce qu'il était pour moi. Vous me donnez envie d'en parler de mon grand ami, ma moitié...parti depuis bientôt 30 ans.J'y verrai...

bouda a dit…

Les êtres aimés ne nous quittent pas... Ils délaissent simplement leur enveloppe charnelle.

Nanou La Terre a dit…

Bien sûr Boudha,
ils ne nous quittent jamais car la mort n'existe pas et je suis certaine que vous le savez... Je vous en parlerai dans un autre billet.

Bisous xxx

Anonyme a dit…

«Je n'oublierai jamais, vu d'en haut,
Cette petite croix que tu as déposée
De ta main frêle et tremblante
Sur le lit où l’on m’avait inhumé.
Là, où mon corps, reposait sans vie,
J’ai senti ta longue chevelure mouillée
Caresser la terre et la pierre glacée
Comme une Madeleine éplorée.

J’ai frissonné, j’ai crié plus fort que toi.
Ô la douleur de te voir souffrir!
Comment te bercer dans mes bras,
Te raconter, te consoler, porter ta croix?
Alors, tu as parfumé ma tombe
De petites fleurs que tu as recueillies
Et leur arôme, rempli de ton amour,
S'est imprégné jusque dans mon âme
Comme un baume sur une plaie ouverte.

De toute mes forces jaillissantes,
Encore à peine humaines,
Je t'ai inspirée en moi, en NOUS,
Jusqu'ici… pour l'éternité.
C'est à ce moment-là, en fait, avec toi,
Que j'ai pris mon dernier Souffle.
Non, mon fauve, ma sensible, ma parfaite,
Il n'a pas plu ce jour là, il n’a pas plu.

Quand tu t’es penchée vers moi
Comme un immense saule pleureur
Pour embrasser cette terre froide et humide,
Pendant que ton visage s’inondait de larmes,
J’y faisais pleuvoir les miennes par milliers
Pour offrir à ton corps une dernière caresse,
La seule grâce qu’il fût en mon pouvoir
D’accorder à celle que j'ai tant aimé.»

Nanou La Terre a dit…

Chère anonyme,

chère toi que j'ai vu verser toutes les larmes de son corps à l'intérieur d'elle-même lorsque je te regardais, seule, devant le trou béant, là où ton petit frère venait d'y être déposé...Comme c'est fantastique...Jamais jamais ils ne furent si présents...Mais oui c'est vrai, la mort n'existe pas...

Je t'aime tant

Nanou xxx