Croire que les choses se produisent trop lentement ou trop vite est illusoire. Le synchronisme est parfait. Chaque chose arrive toujours en son temps... Rien ne nous arrive qui n'ait d'abord été senti et pensé. Pour créer le futur, il faut y croire sans réserve. Auteur inconnu

mardi 26 mai 2009

Le Bed-in...

Dire à quel point le Bed-in a eu son effet sur moi?

Ouf...

C'était il y a 40 ans, aujourd'hui...Déjà. Ils m'impressionnaient ces deux-là. Je les trouvais, hum...osés, mais, c'était plus fort que moi, je les enviais. Il y avait ce quelque chose de tellement attirant, agréable et serein dans leur geste. J'étais bien, seulement à les regarder et je me disais que c'était çà la voie, la direction à prendre...

Il faut dire qu'à cette époque, çà faisait au moins 2 ans que je percevais et vivais la couleur du changement autour de moi. Au matin de l'adolescence, toute frêle encore et, fraîchement sortie de l'enfance, le réveil m'appelait... Un jour tout était gris, puis, tout à coup, il y avait plein de couleurs, plein de fleurs. Même mes parents se réveillaient. Tiens, un Dimanche matin, ma mère a dit:

" À partir d'aujourd'hui les enfants, vous n'êtes plus obligés de venir avec moi à l'église et si vous venez, vous pouvez manger avant d'aller communier."

Hein quoi? C'était la désorientation totale, qu'est-ce qui se passait tout à coup? Mais on y allait quand-même parce que c'était agréable, vivifiant, coloré; maman nous emmenait dans des messes à gogo, dans l'autre paroisse, là où c'était un petit peu moins endormant disons, avec des guitaristes et chanteuses aux cheveux longs. Même nos manuels de catéchisme se transformaient...

Puis, tout le reste a suivi. Les interdits devenaient permis. Un vent de liberté soufflait, emportant tout sur son passage,contaminant tout le monde.

Maman devenait dingue avec son extracteur à jus et nous faisait des boissons avec les oranges en entier, zeste compris! "C'est meilleur pour la santé" disait-elle. Papa "virait sur le top aussi" avec son jogging matinal, devant lequel, son insistance à nous faire participer était à ce point débordante que, chronomètre en mains, nous vérifions sa performance!

Tout revivait, c'était un éternel soleil partout. Comment dire...C'était un vent d'amour, oui c'est çà, un vent d'amour et de fraîcheur! Et je suis entrée dans le tourbillon, tout naturellement en savourant chaque instant de cette vague de soleil, et j'en ai profité à profusion, et j'ai expérimenté à souhait et vécu le moment présent. Et je suis heureuse d'avoir fait partie de cette génération de jeunes amoureux fous de l'amour et de la vie, même si nous étions un peu naïfs.

Et puisqu'il faut choisir, voici mes préférées de l'époque...Les emporter...dans la nuit des temps...Et, à écouter, de préférence, avec les écouteurs branchés sur...vos 2 oreilles...Surtout pour " Here comes the sun" C'est pas pareil... Tellement rafraîchissant et libérateur... Je vous le dis, mais, vous êtes libre de ne pas m'écouter.

Love/Lennon 1970
Here comes the sun/ Beatles/ Abbey Road/ Harrisson 1969





Fin!

dimanche 24 mai 2009

On se refait une beauté



Elle en a profité
Pour se faire aimer
En donnant des caresses
À sa nouvelle toiletteuse.
Je n'aime pas les coupes bichonnées
Et celle-ci me convient parfaitement.
Avec son petit foulard mauve
Rempli de papillons
Elle est adorable
Ma petite chienne...

vendredi 15 mai 2009

Angoisse nocturne

Nous fêtons l'anniversaire de Fafouin ce soir. Je lui ai parlé hier au téléphone. Il était chez son père qui devait le fêter mais était retenu à l'hôpital pour une opération mineure.

Que fais-tu?


Je suis avec des amis. Papa est encore à l'hôpital. Il devait me fêter mais là-bas c'est plus long que prévu. Il doit m'appeler en soirée.


Ton père t'as confié la maison?


Oui


Peux-tu m'en donner des nouvelles s.v.p. lorsque tu en auras?


Oui


Comment s'est passée ta journée de travail?


J'ai pris congé, c'est ma fête.


Ce n'est pas une raison pour manquer ton travail. Ce n'est pas une bonne idée. Il faut retourner au travail demain matin.


J'ai rendez-vous chez le dentiste à 10 hres 30 demain matin.


Tu les as prévenus?


Oui maman.


Il était coincé entre le cellulaire et le téléphone de la maison. J'entendais des "merci". Les gens l'appelaient pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Il est très populaire ce Fafouin.

J'ai eu le goût de m'en mêler, de l'inviter, mais stop, je m'arrête et y pense consciemment: il doit s'arranger avec la relation qu'il a avec son père. Il le faut, pas le choix. Trop souffert là-dedans à faire le triangle entre les deux. Çà se maintient, j'en suis fière et c'est correct comme çà. De plus, je le reçois demain soir avec sa petite amie.


Bon écoute, je sors pour une petite heure. Donne-moi des nouvelles d'accord et prends bien soin de toi. On se voit demain.


D’accord...


1 hre 30 du matin. Le téléphone...Mon conjoint répond...

Il n'est pas ici, il est chez son père. Qui parle?....Attendez, je vais vous passer sa mère.

L'angoisse. Et pourtant je reste calme tout ce temps. C'est un policier. Fafouin a dérapé... En compagnie de 2 autres jeunes, il s'est introduit par effraction dans une voiture, a volé les immatriculations du proprio et une paire de lunette. Ce sont fait prendre. Ils faisaient la fête, avaient bu, fumé. De plus, Fafouin s'est éclypsé, gênant le travail des policiers. Ses papiers, son sac, et sa passe d'autobus sont au poste. Bref, sera accusé de vol simple, possession de cannabis et d'entrave au travail des policiers...Et là, il est en cavale. C'est tout???? On se calme... Je parle à la policière:


Il faudra appeler son père. C'est lui qui a la garde.


Elle...


Voulez-vous venir récupérer ses effets personnels au poste?

Moi...


...

Ses effets personnels, ses effets personnels...Non, stop. Il y a 3 ans, je serais partie en pleine nuit pour aller les récupérer. Je prends une grande respiration, je me parle. Non... Reste stratégique, centrée sur ton équilibre et sur ce que tu veux qu'il apprenne. Il s'en portera beaucoup mieux, comme toutes les fois précédentes. Fais -lui confiance, fais-toi confiance...
Il y a trois semaines, j'avais lancé un ultimatum et imposé mes limites après plusieurs bévues et dérapages de sa part. Pas facile...


La semaine, tu dois aller coucher chez ton père. Il me fera plaisir de d'accueillir à coucher lorsque tu accepteras d'aller te faire aider pour ta consommation. Tu le sais, je suis toujours disponible quand tu veux pour toi, dans tout ce que tu entreprendras de positif. Penses-y...


Il se rebute, C'est le dénie. Pas grave, je tiens mon bout, sans forcer. Je le laisse mûrir tout çà et jongler un petit brin dans son coin...Une main de fer dans un gant de velours quoi, pas le choix...C'est ce que je dois faire.

Alors moi à la policière ...



Je n'irai pas chercher ses articles personnels. Je vais attendre la suite des choses... Appelez son père.


Donc, je me suis endormie là dessus. Mon fils est en cavale, il a fumé, bu. Belle nuit en perspective pour une maman. Mon corps s'engourdit, je ne sens plus mes bras. Je hais çà pour mourir cette sensation. C'est terriblement physique...Alors on recommence les rituels... Je prie, je prie et je prie, me tortille, me torture, imagine le pire scénario pour finalement dormir environ 2 heures.Vous savez, lorsqu'on s'endort enfin et que les oiseaux chantent...


Il est revenu chez son père aujourd'hui et m'a téléphoné.


Je dois aller chercher mes papiers au poste de police.


Hum...(calme)


Est-ce qu'ils vont me mettre les menottes?


Je ne sais pas...(calme)




Libération, bonheur, tension qui relâche après l'enfer de la torture nocturne...En même temps, je le laisse dans son jus... Je m'améliore.

Il est venu pour son souper de fête avec sa copine. Trêve, lui ai-je dit, c'est ta fête. Merveilleuse soirée. J'ai par contre insisté afin qu'il retourne coucher chez son père. J'ai besoin de refaire le plein d'énergie et de prendre du recul car ses déboires m'affectent trop. Pourquoi se met-il les pieds dans la merde? Je le regarde, me questionne. Il a une belle personnalité, semble équilibré, il est si beau, brillant... Mais pas toujours finalement...

J'sais pas ce qui m'a pris...

Phrase type de Fafouin, utilisée à toutes les sauces...Mon Fafouin que j'aime tant...

Je vais me foutre de nouveau le nez dans mes plate-bandes ce week-end. Cure thérapeutique assurée... Et la vie continue, et on reprend le bateau!




samedi 9 mai 2009

Le paroxysme de la distraction

Je suis reconnue pour être distraite...

C'est d'ailleurs une de mes marques de commerce. Il faut le voir d'une façon positive, c'est que je suis entièrement dépendante et au service de mon imagination. Je suis comme "pas là" en permanence. C'est comme si j'avais une 2e vie dans ma tête, indépendante de mon corps.

Dans ma tendre jeunesse, j'impliquais tout le monde dans mes folies imaginaires; transformation du sous-sol en scène de théâtre, déguisements, coiffures excentriques. Souvent, je restais dans mon délire jusqu'à l'heure du dodo.

Tiens, un jour il m'est arrivée de me transformer en diseuse de bonne aventure, installée confortablement au fond de la chute à linge avec toute une mise en scène élaborée. Cette journée-là, j'avais fait un peu d'argent de poche. Les jeunes du voisinage payaient volontier dix sous pour m'entendre leur raconter leur avenir. "La reine verte" de Pierre Henry, musique préalablement enregistrée sur magnétophone à bobine dissimulé derrière moi, semblait produire un effet du tonnerre sur mes clients. Et jamais personne ne m'a reconnu; raison de plus pour laisser planer le mystère à tout jamais...



Mon professeur de 6e que j'affectionnais particulièrement m'appelait "le satellite lunaire."Je prenais un plaisir fou à choisir la place la plus isolée de la classe afin de me permettre les plus belles escapades imaginaires. C'était très stratégique; le dernier pupitre dans la rangée de droite, à côté du mur, l'endroit de prédilection et, comble du bonheur, ce lieu n'était jamais choisi! J'aurais pu privilégier du côté des fenêtres mais risquais de me faire déranger par les autres. Tandis qu'au bord du mur, dans le fond de la classe, quel endroit moche, c'est comme une punition, il n'y a rien à voir, le risque est minime. Je pouvais donc quitter la Terre n'importe quand.

Bon, il y en aurait long à dire sur tous ces dérapages rocambolesques mais là n'est pas le sujet de ce billet. Pour dire à quel point il m'est aisé de partir loin... N'empêche, cette petite parenthèse est en lien direct avec la distraction. Effectivement, lorsque l'imagination s'impose de façon aussi permanente dans le cerveau, le corps se transforme en mode "automatisme inconscient."

Me voici donc ce matin au paroxysme de la distraction; je tente de composer un numéro de téléphone sur... ma calculatrice et, comble de la bêtise, m'irrite et me demande comment çà se fait que çà ne fonctionne pas!

Excusez-moi, y a-t-il quelqu'un dans ce cerveau-là...






vendredi 8 mai 2009

Nouvelle venue...

Au printemps de sa vie
Mesurant à peine un pouce et demie
Voici Tite Patte
Un petit coup de coeur
Que je suis allée chercher ce midi
Un petit hamster chinois...
Je me dis toujours
Que la maison
Affiche " complet"
Mais je ne me corrige pas
Les petits coups de coeur
Jamais je ne regrette...

mercredi 6 mai 2009

La fidélité...

Croquée sur le vif
D'une fidélité
À toute épreuve
Ma petite chienne
Qui dormait
Sur ma tête
Par un beau matin
Tout en soleil
Ah...
Le joli mois de mai...

vendredi 1 mai 2009

1939-45

Une aberration...

Et je n'ai jamais de contrôle sur mes émotions lorsqu'il est question de cette guerre d'atrocités. Pour vous dire à quel point; je visitais les Invalides, à Paris, il y a de cela une vingtaine d'années. Lorsque je suis entrée dans la section consacrée à la deuxième guerre mondiale, que j'aperçu dans une vitrine un costume nazi, un vrai, je me suis mise à trembler des pieds à la tête. Et tout au bout de l'allée, en retrait, il y avait ces posters qu'on tournent comme un grand livre, et à l'intérieur, les atrocités en photos.
J'ai cru devenir folle. J'ai dit à mon conjoint: " Vite, viens-t'en, on s'en va. "
Et je suis sortie en courant, paniquée et en larmes...

Expo 1967...Pavillon d’Israël...

Certains d'entre vous se rappelleront peut-être...

À l’entrée, tout est noir. Tout au fond, la photographie géante d’un enfant d’au plus 5 ou 6 ans. Et...quelque part, tout près, dans un cube vitré transparent, des souliers noirs lacés...des souliers d’enfants. C’est tout. C’est assez pour faire son effet, à tout jamais... Pourtant je savais ce qui s’était passé. Mais encore, j’avais besoin que la sécurité de ma vie, ma petite maman d'amour, vienne me le confirmer....

Maman, çà s’est passé pour vrai n’est-ce pas? Les petits souliers, c’est à qui?

Et maman, remplie de toute la bonté que je lui connais, de me répondre, les yeux remplis de larmes:

C’est au petit garçon que tu vois sur la photo et c’est pour rendre hommage à tous les petits enfants que des gens ont tués dans cette guerre.

Elle disait vrai, je savais... Et je suis restée très très longtemps devant cette paire de chaussures. Plus rien n’existait autour de moi. Je pensais à cet enfant-là, sur la photo, et à tous les autres. Je le regardais, puis fixais les souliers. Et je me rappelle m’être dit :

Je te jure que je vais me rappeler de toi pour toujours. Alors comme çà, si tout le monde oublie, je n’aurai pas oublié moi.

Promesse tenue. Je n’ai jamais, mais jamais oublié cet enfant sur la grande photo, ni les petits souliers.