CROIRE QUE LES CHOSES SE PRODUISENT TROP LENTEMENT OU TROP VITE EST ILLUSOIRE. LE SYNCHRONISME EST PARFAIT. CHAQUE CHOSE ARRIVE TOUJOURS EN SON TEMPS... RIEN NE NOUS ARRIVE QUI N'AIT D'ABORD ÉTÉ SENTI ET PENSÉ. POUR CRÉER LE FUTUR, IL FAUT Y CROIRE SANS RSERVE.


Auteur inconnu

jeudi 7 août 2014

L'arrivée

Dès l'arrivée j'ai perçu de nouveau la transformation. Les pensées de mon cerveau s'estompent, immédiatement, en permanence. Anesthésie générale...

Mais enfin, comment cela se peut-il
Elle ne peut donc le vivre ailleurs
Ce bonheur si intense
Insensé et innommable?
En amour, elle est en amour
Avec l'immatériel, l'intouchable
Elle qui désire tant toucher...
Mais elle ne se défendra jamais
Contre le beau
Déjà toute soumise en lui
Elle l'a tant et tant senti
Tant et tant souhaité, désiré,
Dès l'arrivée

Encore, encore, oui...
Insatiable elle se sent
Sachant qu'elle en redemandera
Suppliante et à genoux...



La médecine magique de mon vaste fleuve m'engourdit totalement. Puis, souvenirs doux ou noirs s'éclipsent, passé et présent se confondent, dispersés dans le brouillard... Y ai-je déjà  un seul instant pensé dans ma vie de ce passé, de mes souvenirs? Ne sont maintenant que résidus, presque imperceptibles. Lumière et noirceur font un grand ménage, le temps d'un éclair,  balayés à tout jamais par le vent, pour ne laisser place qu'à la source de vie, puissante et calme à la fois, si enveloppante.
Ainsi la voilà la source, pénétrant en mon corps, jusqu'à sentir circuler lentement ce sang dans mes veines. Je n'y peux plus, ce bonheur céleste... À me sentir comme une déesse, je peux tout, je vis tout, puissante, sereine et tout en amour, tellement en amour...

Le centre de détention est loin, tout comme le reste d'ailleurs. Impossible de penser, s'en serait d'une gêne, d'une telle indécence. En soi, cela semble un immense exploit de ne plus pouvoir penser, seulement vivre. Mais, en ces lieux s'y trouvent protection et magie blanche. Deux heures consécutives de méditation intensive n'aurait pu m'apporter autant de bien-être intérieur, c'est pas possible comme je me sens bien...

Au sommet de ma falaise surplombant le fleuve, plus rien ne m'atteint. Dans ma petite maisonnette bleue et blanche, l'immensité du fleuve et des montagnes à perte de vue me font sentir grande, gigantesque et densément vivante...

Les Éboulements, dans Charlevoix, espace de vie de mes arrières-grands-parents maternelles, lieu de naissance de ma grand-mère. Le sang de mes ancêtres coule à flot dans mes veines, en symbiose avec les champs vastes tout plein de vert, le vent candide du St-Laurent, l'église du village sonnant fidèlement l'angélus de midi et dix- huit heures, l'Isle-aux-Coudres d'où je peux observer battures et marées à chacune de ses extrémité puis, les montagnes à perte de vue.
________


Ce matin, j'ai rencontré une gentille personne qui portait le même prénom que moi et gauchère en plus comme moi. Nous discutions en souriant de tant de beau:

"Lorsque je viens ici j'ai toujours l'impression que le temps s'est arrêté en 1940..."

Et elle de me répondre:

" J'ai aussi la même sensation mais moi c'est en 1925!"

 Je dors merveilleusement bien et ne peux espérer  et imaginer de plus agréables vacances, dans la paix , la simplicité et le vent du large...

Les Éboulements, juillet 2014



11 commentaires:

Bouda a dit…

Ton écriture coule comme l'eau du fleuve... généreuse, puissante et sereine. Tu as tant et tant mérité ce morceau d'Éden. Je le savoure avec toi dans le souvenir indélébile de ce lieu béni.

Pierre Forest a dit…

C'est la mémoire de la terre qui conserve les souvenirs heureux qui se retransmettent aux générations suivantes, comme une sagesse amérindienne.

En passant, ce sont généralement les gauchers qui remarquent ceux qui le sont. Je le sais pour en être un également.

Pur bonheur a dit…

Que tu écris bien Nanou!
Que cet état de plénitude persiste! Tu le mérite!

Le factotum a dit…

Rien de plus beau que de pouvoir arrêter le temps, de profiter du moment présent, de s'accaparer de tous ses bienfaits.
Bonnes vacances.

Une femme libre a dit…

Ça donne envie de partir là-bas. J'ai honte un peu car je ne connais pas ce coin...

NanouB a dit…

ravie que tu te sois ressourcée dans ce lieu magique liée à tes origines

Bisous

Solange a dit…

Comme je te comprends, j'ai le même effet quand je vais dans le bas du fleuve, même décor mais en sens inverse. Profites bien .

Nanou La Terre a dit…

Ma chère Bouda,
comment ne pas se sentir sereine en cet endroit, tu l'as vécu aussi et c'est, pour employer ton expression "dure à battre... Ouin, dure à battre..."
Souvenir indélébile passés en ces lieux avec toi mon amie. Nous le méritions toutes les deux xxx

Pierre Forest,
ça doit être un peu ça aussi, raison de plus, le sang amérindien du côté de mon père.Et bienvenu dans le club des gauchers Pierre!

Pur Bonheur,
merci, merci beaucoup...Je pense bien que je mérite oui, et je veillerai à entretenir cet état!

Le Factotum,
arrêter le temps, et c'est instantané! Mes vacance sont terminées mais j'en garde un souvenir impérissable...

Femme Libre,
et bien, tu ne connais pas le coin! Je te donnerai mon filon...

Nanoubis,
et j'y retournerai régulièrement...




Nanou La Terre a dit…

Solange,
et le bas du fleuve, c'est magique aussi! Tout st beau le long du fleuve.

Zoreilles a dit…

Quand tu dis, « Au sommet de ma falaise surplombant le fleuve, plus rien ne m'atteint », je partage, à travers tes mots, cet état d'âme, que dis-je, cet état de grâce que j'ai déjà ressenti... et qui subsiste encore lorsque je replonge dans mes souvenirs.

Le décor, pour moi, est un peu différent, mais pas trop quand même, c'était aux Îles de la Madeleine, le lieu d'origine de mes parents, grands-parents, arrière et tous ceux qui sont venus avant moi pour semer la vie, l'espérance et l'amour.

Quel beau texte, Nanou. Il nous fait revivre de beaux moments!

Nanou La Terre a dit…

Zoreille,
Comme tes mots me font un petits velours au cœur. Je reconnais ta sensibilité et ta grande tendresse. Merci...
Et tu as parfaitement raison, c'est un état de grace qui n'a pas cessé, pendant 2 semaines et je vis encore les relents de paix et d'amour.
Oui, les Îles de la Madeleine, c'est tout à fait magnifique. J'y suis allée passer une semaine c'était déjà il y a trop longtemps. J'y retournerais demain matin. Endroit unique où le vent caresse sans cesse. J'ai bien vu que tu avais écrit sur les îles. J'y retournerai pour te lire et te faire un petit coucou. Quelle belle chance tu as d'y avoir encore de la famille! Je t'embrasse xxx